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Le sommeil de bébé : les bases

Endormir un enfant est un art qui s’est perdu. Autrefois, ce savoir se transmettait de mère en fille, sous forme de berceuses, qui sont d’ailleurs parvenues jusqu’à nous. Ces femmes ne se faisaient pas de souci pour le sommeil de leurs enfants, parce qu’elles savaient ce qu’il fallait faire ; elles savaient aussi que le temps ferait le reste, Dr Rosa Jové, Dormir sans larmes

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J’ai écris cet article en m’aidant des différentes lectures faites sur le sujet tant dans les ouvrages que sur la toile mais je dois dire que celui qui m’a le plus éclairé pendant la rédaction est celui du Dr Jové, Domir sans larmes, dont vous retrouverez d’ailleurs beaucoup d’extraits et de références (pour un court résumé de lecture, c’est ici). J’ai également repris pas mal des concepts qu’elle met en avant dans son ouvrage tant je trouve que sa vision du sommeil est claire, simple et juste.

  • Avant propos : Le sommeil est un processus biologique et évolutif

Le sommeil est lié à notre développement, il est donc en perpétuelle mutation. Le sommeil est un processus évolutif qui s’adapte aux besoins de l’être humain : chaque âge a ses propres besoins. Ainsi, nous allons parler dans cet article du sommeil de bébé par comparaison au sommeil adulte mais une même analyse comparative pourrait être faite sur le sommeil adulte et le sommeil du vieillard.

Comprendre que le sommeil est un processus évolutif permet de comprendre que toutes les étapes de sommeil que l’être humain va traverser au cours de son existence ont leur rôle et leur importance. Ces étapes démarrent dès la grossesse et joue un rôle primordial dans la croissance et le développement de bébé.

Si vous avez compris le principe de processus évolutif, vous avez compris que, bien que cela puisse être tentant, agir sur la structure de sommeil de votre enfant en vue de la modifier emporte un risque de porter préjudice à la mise en place de ce processus biologique et naturel.

Un autre point qu’il convient de toujours avoir à l’esprit : le sommeil de bébé ne se rapprochera pas de celui de l’adulte avant l’âge de 6 ans environ.

Nous le verrons plus en détail dans la suite de l’article, mais comme l’écrit le Dr Jové, le sommeil de l’enfant peut être divisé en 2 étapes :

  • L’étape de la construction : entre la naissance et 7 mois, l’enfant construit son sommeil, il passe d’un sommeil biphasique à un sommeil polyphasique caractéristique du sommeil adulte. Pendant cette période, il se peut que l’enfant effectue des va-et-vient dans son apprentissage du sommeil, qu’il « change son rythme » (bien qu’il n’en ai pas encore réellement), il teste son sommeil et acquiert peu à peu la maîtrise du sommeil adulte ;
  • L’étape de la maturation : entre 8 mois et 6 ans, progressivement, l’enfant va acquérir toutes les phases du sommeil adulte et, chaque enfant à son rythme, va acquérir la maturité nécessaire pour apprendre à se rendormir seul lors des réveils nocturnes, dépasser ses angoisses en prenant confiance en lui.

Retenons que l’évolution du sommeil va de pair avec la maturation de l’individu, et en cette matière, c’est chacun son rythme !

  • Les cycles de sommeil chez l’adulte

Pour bien comprendre les cycles de sommeil de l’enfant, il faut d’abord connaître ceux de l’adulte. Puis par comparaison, nous comprendront pourquoi les enfants dorment comme ils dorment et pourquoi leur rythme de sommeil est nécessairement différent du notre.

De façon générale, notre sommeil est régi par une horloge physique interne appelée « horloge biologique » ou « rythme circadien ». Ce rythme conduit notre cerveau à chercher un état d’équilibre biochimique entre le sommeil et l’état de veille et quand c’est le sommeil qui l’emporte, nous sentons la fatigue.

Le sommeil se divise en 2 phases principales : le sommeil actif et le sommeil calme. Le sommeil calme correspond au sommeil léger et au sommeil profond durant lesquels l’activité cérébrale diminue et le sommeil actif correspond au sommeil paradoxal.

Les adultes alternent chaque nuit des phases de sommeil actif (ou paradoxal) et des phases de sommeil calme (sommeil profond). Si rien ne vient perturber notre sommeil, nous commençons chaque cycle par un sommeil léger puis de plus en plus profond caractérisant la phase de sommeil calme et nous terminons le cycle par le sommeil actif ou sommeil paradoxal caractérisé par des mouvements oculaires rapides correspondant à nos rêves.

Ainsi pour résumer, le sommeil adulte se compose donc de 5 phases : 4 phases allant crescendo du sommeil léger au sommeil profond englobés dans le sommeil calme puis la phase de sommeil paradoxal correspondant au sommeil actif.

Les cycles de sommeil chez l’adulte durent de 90 à 120 minutes selon le sujet et son âge.

Chaque cycle commence par 90 à 110 min de sommeil calme (sommeil léger puis progressivement profond) puis se termine par une phase de sommeil paradoxal de 10 min environ avant de redémarrer un nouveau cycle en sommeil calme. Pendant chaque cycle et pendant les phases composant chaque cycles se produisent plusieurs brefs réveils (de 6 à 10 réveils par nuits) qu’on appelle « micro-réveils ».

Chaque nuit comprend de 4 à 6 cycles en fonction de la durée de ceux-ci et du besoin de sommeil de chacun.

Si la durée des cycles est plutôt stable chez un même individu, il n’en va pas de même pour les phases qui composent le cycle : pendant la 1ère partie de la nuit, il y a une prédominance du sommeil profond puis à mesure que la nuit avance, les périodes de sommeil paradoxal deviennent de plus en plus longues pouvant atteindre jusqu’à 60 min !

Ainsi si on résume : un adulte qui dort 8 heures en moyenne passera environ 6 heures en sommeil calme et 2 heures en sommeil paradoxal. Il enchaînera 4 à 6 cycles de 90 min et les différentes phases (passage du sommeil léger au sommeil profond puis au sommeil paradoxal puis de nouveau au sommeil léger) inhérentes aux cycles seront ponctuées de micro-réveils. 

> Pourquoi l’homme (et non pas seulement l’enfant) a-t-il besoin des micro-réveils ?

Si les micro-réveils existent c’est parce qu’ils ont leur importance : ils sont nécessaires pour des raisons de contrôle et de vigilance mais également pour des raisons de santé. Ainsi, le changement de position est bon pour la peau, les muscles et les articulations.

> Quelle est l’importance du sommeil paradoxal ?

Le sommeil paradoxal est celui pendant lequel nous rêvons. Les spécialistes du sommeil qualifient le sommeil paradoxal d’exercice mental. C’est à ce moment là que notre activité cérébrale est à son maximum. Cette donc une phase capitale car c’est pendant son déroulement que le cerveau va tester des situations, assimiler les informations ingurgitées et apprentissages de la journée. En résumé, le sommeil paradoxal est essentiel à la maturation du cerveau.

Déjà in utero, le fœtus expérimente un très fort pourcentage de sommeil paradoxal. Certains chercheurs pensent que le sommeil paradoxal serait une source d’autostimulation pour le cerveau en croissance. En effet, plus l’être humain est jeune, plus la proportion de sommeil paradoxal est élevée. La période de la vie où les êtres humains dorment le plus longtemps, et au cours de laquelle le cerveau connaît son développement le plus rapide, est également celle où la proportion de sommeil paradoxal est la plus élevée.

Maintenant que nous avons en tête la composition du sommeil d’un adulte, intéressons-nous à nos enfants.

  • Le sommeil de bébé de la naissance à 3 mois environ

Les bébés naissent en sachant dormir. C’est d’ailleurs ce qu’il fera le plus pendant ses premières semaines de vie : un nouveau-né dort entre 14 et 20 heures par 24 heures.

L’horloge biologique des bébés commence à se définir entre 6 à 9 semaines et ne fonctionne de manière régulière que vers 4 ou 5 mois. Ainsi puisque, rappelons-le, l’horloge biologique est le principal régulateur de la structure de sommeil quotidien, cela explique pourquoi un bébé ne dort pas toute la nuit et pourquoi leurs séquences de sommeil sont chaotiques.

> Mais pourquoi les nouveau-nés se réveillent-ils si souvent ?

Un nouveau-né ne se réveille pas pour embêter ses parents, ces réveils fréquents lui sont nécessaires pour plusieurs raisons :

  • Il a besoin de s’alimenter fréquemment pour éviter l’hypoglycémie. C’est bien pour cela qu’est préconisé un allaitement « à la demande ». Son estomac est tout petit (IMAGE), ce qu’il est capable d’ingérer l’est tout autant et mathématiquement la digestion est extrêmement rapide. Un nouveau-né tète en moyenne pendant 20 à 50 minutes à chaque tétée, environ 8 à 12 fois par 24 heures (parfois plus).

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  • Il a besoin de se réveiller pour s’alimenter fréquemment pour sa croissance. Ayez à l’esprit que pendant sa première année de vie, un bébé triple son poids ! Jamais plus dans sa vie il ne grandira autant de façon naturelle !
  • Les réveils fréquents et les tétées à la demande qui les accompagnent permettent de favoriser la mise en place de la lactation chez la mère qui, rappelons-le, n’est pas établie avant en moyenne 4 mois.
  • Il se réveille par instinct de survie : l’homme est une espère altricielle, c’est-à-dire qu’il a besoin que quelqu’un s’occupe de lui pour survivre – les réveils fréquents sont un mécanisme naturel afin de s’assurer que cette personne est toujours à proximité.
  • Ses réveils sont nécessaires pour son développement. Chez un bébé la structure de sommeil facilite la croissance du cerveau et le développement physique. Pendant les courtes phases d’éveil, le nouveau-né découvre et développe son esprit et ses capacités cognitives, apprentissages qui seront ensuite consolidés pendant sa phase de sommeil paradoxal. Si bébé mange fréquemment et remplit son petit estomac c’est pour alimenter son gros cerveau !
  • Il se réveille pour assouvir son besoin de succion. Un nouveau-né n’a que 2 moyens d’expression : les pleurs et la succion. C’est par la bouche qu’il découvrira les diverses sensations (chaud, froid, doux, amer, lisse, rugueux,…), c’est également par la succion qu’il pourra se consoler, se rassurer, se détendre.
> Le sommeil du nouveau-né se divise comme suit :
  • 45 à 50% de sommeil paradoxal ;
  • 10 à 15% de sommeil transitionnel ;
  • 35 à 45% de sommeil calme.

La durée d’un cycle de sommeil chez le nouveau-né est de 50 à 60 minutes (contre 90 à 120 min chez l’adulte). Ainsi, le bébé pourra difficilement faire de très longues siestes. Mais surtout, la structure du sommeil du nouveau-né nous indique 2 choses importantes:

  • il peut avoir près de 2 fois plus de phases de sommeil paradoxal qu’un adulte au cours d’une même période (25% de sommeil paradoxal environ pour l’adulte).
  • il a une proportion de sommeil transitionnel importante et comme il est plus facile de se réveiller au moment du passage du sommeil calme au sommeil paradoxal, il y a donc plus de périodes critiques où bébé est susceptible de se réveiller.
> Maintenant que nous avons compris la structure de son sommeil, voyons quelles sont les caractéristiques du sommeil du nouveau-né :
  • Son sommeil est biphasique. C’est-à-dire qu’il ne comporte que 2 phases : sommeil léger et sommeil paradoxal (là où l’adulte, rappelez-vous, passe par des phases « escaliers » du sommeil léger au sommeil profond puis remonte en sommeil paradoxal en fin de cycle).
  • Son sommeil est ultradien : il ne fait pas la différence entre le jour et la nuit. C’est pourquoi un nouveau-né se nourri autant le jour que la nuit.
  • Son sommeil est polyséquentiel : le nouveau-né dort en plusieurs fois, là où l’adulte a un sommeil monoséquentiel (il ne dort que la nuit) ou biséquentiel (nuit + sieste). Ce rythme permet à bébé de se reposer périodiquement des nombreux stimuli dont il est bombardé dès sa naissance et bien sûr comme nous l’avons vu plus haut, d’assimiler pendant le sommeil les acquisitions faites pendant la phase d’éveil.
  • Le sommeil paradoxal est plus présent que chez l’adulte : comme vous l’avez maintenant compris, le sommeil paradoxal prédomine chez le nouveau-né et permet à bébé d’assimiler les apprentissages multiples de la journée et de développer son esprit.
  • Son sommeil débute directement en phase paradoxale : il s’endort presque toujours en sommeil agité car le nouveau-né n’a pas besoin de passer par la phase de sommeil léger qui permet de se reposer physiquement. Lui, a besoin de faire « mûrir » son cerveau et accède donc généralement plus vite ou directement à la phase paradoxale.

Le sommeil du nouveau-né est adapté à ses besoins. C’est pourquoi il est important de comprendre comment il fonctionne et quels sont ces besoins afin d’être en mesure d’y répondre malgré la fatigue des premiers mois.

Le Dr Jové écrit à cet égard dans son ouvrage Dormir sans larmes : « il y aura toujours des professionnels pour tenter de faire dormir l’enfant plus longtemps, en lui offrant une alimentation plus riche, ou en fixant des horaires rigoureux à ses repas. Tout ce qu’ils risquent d’obtenir, en fin de compte, c’est la fin de la lactation et, dans certains cas, des troubles intestinaux, toutes choses peu souhaitables pour une nouveau-né. Et dans le cas improbable où l’on parviendrait à le faire dormir davantage, ce ne serait guère mieux, car il n’est pas bon que le nouveau-né dorme plus longtemps quand ce sommeil est artificiellement induit. »

  • Le sommeil de bébé entre 4 et 7 mois

A partir de 4 mois environ, bébé demeure éveillé pendant de plus longues périodes. Ses épisodes de sommeil se prolongent et diminuent en nombre. Son cerveau améliore sa capacité à occulter les stimuli risquant de le réveiller et la proportion de sommeil profond augmente graduellement. Ainsi, c’est au cours de cette période que le sommeil évolue le plus et où vont apparaître toutes les composantes qui caractérisent le sommeil de l’adulte : une périodicité jour/nuit, acquisition du rythme circadien, de la régulation de la température, des rythmes cardiorespiratoires et des sécrétions hormonales.

  • L’enfant acquiert un rythme circadien (différentiation jour/nuit) : c’est biologique, c’est aux environs des 4 mois que s’achève la maturation du noyau suprachiasmatique du cerveau, véritable horloge biologique de notre corps (quand je vous dis que rien n’arrive par hasard !)
  • Le nombre d’heures consacrées au sommeil baisse : de 14 à 20 heures, on passe de 10 à 15 heures.
  • Son sommeil passe de biphasique à polyphasique : il commence son sommeil par un sommeil léger avant de passer en sommeil paradoxal et diversifie peu à peu ses phases de sommeil en se préparant à acquérir tout le panel du sommeil adulte (rappelons que le sommeil adulte comporte 4 phases + la phase paradoxale).
> Mon enfant dormait bien depuis la naissance puis vers 3-4 mois, il a cessé de bien dormir et a commencé à se réveiller, pourquoi ?

Vers 2 mois, le sommeil du nouveau-né commence à intégrer des phases de sommeil plus profond et le parent a ainsi l’apparence que son enfant « dort enfin ». Mais vers 3-4 mois, parfois 6 mois, le sommeil devient un peu plus léger et les parents penseront que bébé a « perdu le rythme ». Or, il n’en est rien. Ce n’est pas une régression, il doit simplement passer par différentes structures de sommeil afin d’acquérir la structure de sommeil plus complexe qu’il aura à l’âge adulte. Et cet apprentissage passe par l’acquisition du sommeil léger (rappelons que le nouveau-né passe directement en sommeil paradoxal), et du panel de phases qui composent le sommeil adulte. Cette période est donc une période de transition entre le sommeil du nouveau-né et la suite et se caractérise par son instabilité. L’enfant teste son sommeil, il apprend à passer d’une phase à une autre en plus d’acquérir de nouvelles phases.

Une fois que l’on comprend que bébé passe par cette période transitoire et de test, il faudra en plus analyser la situation pour avoir une compréhension globale de son « changement de rythme ». En effet, cette période correspond très souvent avec la reprise du travail pour maman, ou encore l’introduction des solides, changements qui peuvent perturber le sommeil de bébé.

> Mon enfant s’endort et au bout d’une heure, une heure et demi se réveille systématiquement, pourquoi ?

Dans une grande partie de la littérature dont on dispose, les auteurs font d’ignobles généralités : à 4 mois, les enfants ne doivent plus se réveiller, ils doivent faire leurs nuits, à 6 mois les enfants ne doivent plus être allaités, à 2 ans ils doivent être propres.

Or, si tout était aussi simple, ça se saurait. Mais ça ne choque personne bizarrement.

Alors que si on disait comme acquis qu’à 30 ans tout le monde devrait être marié, à 18 ans tout le monde devrait avoir son bac, à 15 ans plus personne ne devrait pleurer à l’occasion d’une prise de sang, etc le public s’offusquerait que l’on mette dans le même panier une population sans tenir compte des individualités de chacun.

Et bien pour les bébés c’est exactement la même chose. Excepté les cas de troubles du sommeil, les réactions des bébés varient simplement en fonction du degré de maturité de l’enfant. Certains enfants arrivent tout de suite à se rendormir seuls, d’autres n’y arriveront pas avant longtemps. Et ce n’est ni à cause des parents, ni à cause du cododo, ni à cause de l’allaitement, ni à cause du chat, ni à cause du chien.

Le jour où l’enfant se rendormira seul après un réveil arrivera TOUJOURS.

Nous nous réveillons tous pendant la nuit, et ce, plusieurs fois. Et la seule différence réside dans le fait que l’adulte a appris à maîtriser la technique du rendormissement, qu’il est libéré de ses angoisses de séparation. Laissons à nos enfants le temps de l’apprendre aussi, à leur rythme.

Sachez que seulement 10 à 15% d’enfants de 7 mois sont capables de dormir 10 ou 12 heures d’un trait, sans réveils.

Cela montre que ces bébés là (et leur chanceux parents :)) sont une exception et non la règle.

  • Le sommeil de l’enfant de 8 mois à 2 ans

Cette période est la plus chamboule-tout pour bébé parce qu’elle est marquée par énormément de nouveautés et d’occurrences, pour n’en citer que quelques-unes :

  • L’introduction des solides
  • L’angoisse de la séparation : bébé comprend que sa mère et lui sont 2 personnes distinctes. Et notons que l’angoisse de la séparation ne dure pas 48h, elle peut s’étendre sur une très longue période et on considère que ce n’est que vers l’âge de 2 ans que l’enfant accepte sans trop d’angoisse l’absence de ses parents.
  • L’acquisition du 4 pattes et/ou de la marche
  • Les poussées dentaires
  • Apprentissage du contrôle sphinctérien (communément appelée l’acquisition de la « propreté », terme que je déteste) : si à 2 ans de nombreux enfants ne contrôlent pas encore leurs sphincters (et ce n’est absolument pas grave, au contraire), beaucoup sont déjà en mesure d’annoncer le pipi ou le caca, il s’agit là du début de l’apprentissage du contrôle sphinctérien.

Le Dr Jové résume bien cette période « c’est une étape marquée par l’angoisse de l’enfant, où le conflit entre « je veux » et « j’ai peur » revient à chaque décision. Le sommeil, bien sûr, s’en ressentira. »

>  Et ainsi, pendant cette période le sommeil se caractérise comme suit :
  • Son sommeil est marqué par l’angoisse et il redoute le moment du coucher : il comprend que la nuit marque une période de séparation avec ses parents (d’où l’importance du cododo pendant cette période, même de façon transitoire ou occasionnelle).
  • Son sommeil est marqué par l’agitation : les nombreux apprentissages dont nous avons fait la liste se retrouvent assimilés pendant la phase de sommeil paradoxal. Je n’ai dès lors pas besoin de vous faire un dessin sur la quantité astronomique de nouveauté que l’enfant doit assimiler la nuit entre 7 mois et 2 ans.

Selon Julian des Ajuriaguerra «  l’importance des phénomènes qui caractérisent la 2e année de vie varie selon le degré de maturation générale de l’enfant, et notamment selon sa capacité de perception, son aptitude à établir des relations avec les objets, et à maîtriser son anxiété. »

A 18 mois, 40 à 60% des enfants se réveillent encore.

C’est beaucoup.

  • Conclusion

Avant de conclure, voici pour résumer en image les cycles de sommeils en fonction de l’âge chez l’enfant:

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Source

La conclusion de cet article est simple : il faut laisser libre court au potentiel biologique de chaque enfant. Le rythme d’acquisition du sommeil est différent pour chacun.

Une étude finlandaise portant sur 270 bébés âgés de 0 à 12 mois, avaient donné les résultats suivants (1990) :
– jusqu’à 3 mois, les bébés dormaient un total de 15 h en moyenne (fourchette de 12 à 20 h), 90 % se réveillaient au moins 1 ou 2 fois par nuit,
– de 3 à 5 mois, près des trois-quarts se réveillaient 1 ou 2 fois,
– de 6 à 8 mois, les deux-tiers se réveillaient 1 ou 2 fois,
– de 9 à 12 mois, 47 % se réveillaient 1 ou 2 fois.

Du coup, la question qui vient naturellement à l’esprit, c’est : si tant de bébés se réveillent la nuit, n’est-ce pas parce que cela répond à un besoin physiologique ?

Le rythme de sommeil de l’enfant est très différent de celui de l’adulte. Mais il est différent parce qu’il est adapté aux besoins de l’enfant en fonction de son âge. Nous l’avons vu en introduction, le sommeil est un processus évolutif.

En plus de cet évolution biologique et naturelle, il diffère selon chaque enfant et son degré de maturité tant émotionnelle que physique.

C’est ce qui explique que pour une catégorie d’enfants du même âge, les enfants ne dorment pas de la même façon. C’est ce qui explique également qu’au sein de cette catégorie d’enfants du même âge qui ne dorment pas de la même façon certains savent se rendormir seuls et d’autres non. Certains ont besoin de contact pour dormir, certains dorment seuls comme des chefs.

Tout dépend de la maturité de l’enfant observé.

Ainsi, ce n’est pas parce que votre enfant a DÉJÀ 10 mois et que TOUT LE MONDE dit qu’il devrait faire ses nuits que celui-ci a nécessairement la maturité émotionnelle nécessaire pour y parvenir.

Je conçois qu’il est très tentant de vouloir calquer le sommeil de nos enfants sur le nôtre. C’est même parfois indispensable car la société actuelle nous impose une structure de sommeil et d’éveil indépendamment de notre volonté. Elle nous impose SES heures de sommeil et nous n’avons d’autre choix que de nous y plier. Et ainsi lorsque l’enfant n’arrive pas à intégrer le moule qu’on voudrait le voir intégrer, ce moule que nous avons besoin qu’il intègre pour pouvoir faire face à nos obligations quotidiennes, cette même société nous pousse à conclure qu’il souffre de troubles du sommeil.

Les troubles du sommeil existent bien (pour un article dédié, voir ici en cours de rédaction) mais avoir un enfant qui n’arrive pas à se synchroniser à la structure de sommeil que nous voudrions le voir appliquer, n’en fait malheureusement pas partie.

Les problèmes viennent toujours de ce que les parents ont besoin de dormir à des heures qui ne sont pas celles de l’enfant, lequel, en effet, ne peut pas comprendre qu’il est antisocial de se réveiller à 3 heures du matin, avec l’envie de jouer, Dr David Haslam

 

Sources :

 

 

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