Le contrôle des sphincters, l’acquisition de la continence ou encore la propreté

Encore un sujet sur lequel, avant d’être mère, j’avais certaines croyances et qui se sont avérées erronées ! Et je parle bien de croyances et non de connaissances car elles étaient basées sur ce que j’ai pu observer autour de moi et sur le discours des autres.

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Je vous le partage sans honte, je pensais qu’un enfant apprenait à être propre ! Au même titre, qu’il apprenait à marcher ou à dormir. Qu’il fallait dès lors le mettre régulièrement sur le pot afin qu’il apprenne !

Puis j’ai appris à faire la différence entre acquisitions et apprentissages et au fil de mes lectures, j’ai appris que pour la propreté, il s’agissait bien d’une acquisition et non d’un apprentissage.

Ce fût donc une acquisition pour elle et un apprentissage pour moi !

  • Le contrôle des sphincters 

La propreté correspond à l’acquisition du contrôle des sphincters. Les sphincters sont les muscles qui permettent d’ouvrir et fermer la vessie et l’anus. Et cette acquisition dépend naturellement de la maturation neurologique de l’enfant.

C’est donc un processus normal qui s’acquiert au terme de la maturation du système nerveux central. Ce n’est qu’entre 2 ans et demi et 3 ans que l’enfant va acquérir cette capacité physiologique. Cette maturation neurologique permet la perception de la plénitude vésicale ou rectale et autorise le contrôle moteur des sphincters vésicaux et anaux.

L’enfant doit être prêt dans son corps et dans sa tête ! C’est ce qui explique pourquoi la plupart des enfants qui ne sont pas forcés à la propreté retirent leurs couches du jour au lendemain sans aucun incident.

Pourquoi l’adulte ne doit-il pas agir sur cette acquisition ? 

L’acquisition de la propreté par « dressage », c’est-à-dire par intervention de l’adulte, ne permettra pas à l’enfant de prendre pleinement conscience des sensations de plénitude urinaire ou fécale. Je recopie ici un extrait d’un article qui explique très bien les raisons, à lire dans son intégralité ici.

« L’exigence que l’enfant s’exécute dans le pot à des heures déterminées par l’adulte et à l’époque où l’adulte juge qu’il est en âge de le faire, prive l’enfant de découvrir les possibilités de son corps, de prendre conscience du contrôle volontaire qu’il peut, à un certain degré de sa maturité, exercer sur ses sphincters.

Les méthodes habituelles séparent en deux phases distinctes le processus d’acquisition : Dans la première phase, la couche reste sèche parce que l’adulte instaure un réflexe conditionné à un âge trop précoce ou parce qu’il met l’enfant suffisamment fréquemment et longtemps sur le pot pour que celui-ci n’ait presque pas d’autre choix que de faire ses besoins sur le pot. Il arrive aussi que l’enfant, proche de l’âge de la maturité, obéisse et accepte l’habitude de ne pas uriner et de ne pas faire ses selles dans sa couche ou dans sa culotte. Mais même si l’enfant ne s’oppose pas à ces exigences dépassant sa maturité, ce n’est pas lui mais l’adulte qui contrôle ses sphincters. »

« L’apprentissage n’a pas épargné à l’enfant la difficulté de décider, et l’a maintenu dans un état de dépendance et de confusion en ce qui concerne ses fonctions corporelles. Car ce qui est physiologique est devenu relationnel. Il doit « faire » ou « ne pas faire » pour plaire à l’adulte. Ce qu’il aurait acquis plus tard par compétence, il le ressent comme une obligation imposée de l’extérieur. C’est ainsi que se créent des conflits lorsque l’enfant n’a pas su ou n’a pas voulu uriner ou déféquer quand on le lui imposait, et que, par hasard ou pour défendre son autonomie, il a fait dans sa culotte.

Les différents troubles du contrôle sphinctérien ne signifient pas seulement que l’enfant ne maîtrise pas ou mal ses muscles sphinctériens, ils sont aussi des signes de troubles profonds du développement relationnel et social liés aux sphères les plus intimes de sa vie psychique. Or, d’après nos expériences à Lóczy, ces conflits entre l’adulte et l’enfant à propos de l’acquisition du contrôle sphinctérien sont évitables. L’enfant ayant de bons rapports avec l’adulte acquiert ce contrôle sans aucun apprentissage venant de l’adulte. »

L’acquisition du contrôle sphinctérien : sans punition ni récompense ?, Judit Falk et Mária Vincze

  • Chez les Novas 

Informés avant même que la question ne se pose réellement, nous n’avons donc jamais fait de forcing sur le sujet avec Alexia. Mais nous avons toutefois dû freiner les grand-parents dont les croyances bien établies ont conduit à plusieurs tentatives de trône forcé.

A l’écoute de notre fille, nous avons constaté lorsqu’elle a commencé à annoncer un besoin avant qu’il n’arrive. A partir de ce moment-là, nous lui avons mis à disposition un pot et un réducteur de toilettes (au choix). C’était avant l’été 2018, elle avait donc environ 16 mois. Nous lui avons expliqué à quoi cela servait et qu’elle pouvait l’utiliser si et quand elle le voudrait.

Par curiosité sans doute, elle a voulu aller sur le réducteur plusieurs fois. Le pot, jamais. Seulement habillée ou pour jouer.

L’été 2018, nous avons profité du fait qu’elle pouvait se balader nue pour qu’elle puisse faire ses besoins sans couches.

Vers ses 20 mois, elle est passée par une phase de déni lié aux cacas. A chaque caca dans la couche, elle niait et refusait le change. Cette phase n’a pas duré longtemps et nous sommes revenus à un statu quo. Ni réducteur, ni pot.

Jusqu’à fin juin 2019 (27 mois) et une demande expresse de sa part d’aller sur le pot ! En quelques jours c’était plié, elle ne voulait faire que sur le pot à la maison. Nous qui pensions qu’elle préférerait le réducteur, elle a opté pour le pot.

Elle ne portait donc plus de couches en journée à la maison. Elle en reportait une pour les sorties, les siestes et les nuits.

Mi-août 2019 (presque 29 mois), premières journées complètes sans couche et 2-3 jours plus tard, premières nuits complètes sans couche ! Je n’étais clairement pas prête pour les nuits !

AUCUN incident !

Depuis, tout roule. Elle a eu quelques nuits avec incidents lorsqu’elle a été malade et quelques incidents au levé de sieste mais c’est tout.

Je suis extrêmement fière, certes. Mais surtout bluffée de constater qu’une fois encore l’état de la science se confirme.

  • Notre équipement

Pour cette étape, nous nous sommes équipés de plusieurs pots : un chez nous et dans la nouvelle maison, un à chaque étage, un chez chaque grand-parent.

Nous avons également un réducteur au cas où elle souhaite passer aux toilettes et un réducteur spécial déplacements qu’on prend avec nous pour assurer l’hygiène, si elle souhaite aller aux toilettes ailleurs qu’à la maison (sauf au parc, elle fait pipi dans l’herbe et elle adore ça !)

Chaque lit de la maison est paré de son alèse et son lit à elle est complété d’alèses jetables pour les cas d’incidents (vu le peu d’incidents qu’il y a eu, on est toujours au premier paquet, et nous avons choisi les Dry Nites car elles sont dotées de bandes adhésives et donc ne bougent pas lorsque l’enfant fait l’horloge durant la nuit !)

potty_training_pants_3_pack_puddle_pigs_Pour nous aider lors des premières siestes et nuits sans couches, nous avons utilisés des culottes d’apprentissage de la marque Bambino Mio. Elles sont vraiment top : faciles à mettre, hyper douces et pouvant être lavées en machine et mises au sèche-linge ! Elle ne retiennent pas tout mais permettent de retenir les petits incidents et donc de minimiser les gros ! Surtout, lors de gros incidents nocturnes, elles retiennent assez pour que bébé ne soit pas trempé. Ajoutons aussi que les motifs sont vraiment chouettes si bien qu’Alexia ne voulait porter que ça pendant un moment !

Lorsque nous allons quelque part (sauf le cas du parc près de la maison), nous emmenons avec nous un change complet en cas d’incident.

  • Conclusion 

Le conclusion, je pense que vous la devinez ! Rien ne sert de presser le développement de nos enfants !

Je suis très heureuse d’avoir lu à ce sujet bien assez tôt pour n’avoir jamais stressé sur le fait qu’elle soit encore en couches à 2 ans malgré les doutes et angoisses que les autres ont bien essayé de nous transmettre.

Rien ne justifie que l’on presse la maturation de nos enfants surtout lorsque l’on sait que ce n’est pas bon pour leur développement. Il faut avoir confiance en eux et remplir notre rôle d’accompagnateur. Ils ne doivent pas faire dans le pot pour nous faire plaisir mais parce qu’ils sont en capacité psychique et physique de le faire.

 

Sources :

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