Allaitement et Fêtes : puis-je boire et manger de tout ?

Les fêtes approchent à grands pas, vous vous êtes privé de beaucoup de choses pendant les fêtes précédentes si vous étiez enceinte et maintenant vous allaitez.. Or Tata Ginette et mamie Josette vous ont dit qu’en allaitant, vous allez encore devoir vous priver !

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Qu’en est-il réellement ?

  • Allaitement et aliments interdits

Listériose, toxoplasmose…ces mots réveillent en vous des angoisses ?

Aux chiottes !!!

Vous n’êtes plus enceinte, vous n’êtes plus soumise aux mêmes contraintes contrairement à ce qu’on peut lire partout sur la toile. Encore une fois, la méconnaissance de l’allaitement et de ce qui l’entoure conduit à lire pas mal d’énormités sur le sujet.

Comme le dit l’un des concepts de la Leche League : « une bonne alimentation signifie un régime varié et bien équilibré, composé d’aliments servis dans un état aussi proche que possible de leur état naturel »

Ainsi, première chose à savoir, en tant que tel, aucun fruit ou légume, aucun aliment n’est déconseillé pendant l’allaitement. C’est à dire que les aliments, quels qu’ils soient, mangés par la mère, ne devraient pas entraîner de réaction particulière chez bébé, sauf à ce qu’il n’aime pas le goût du lait suite à l’ingestion de cet aliment. Et là,  pas de règles, c’est propre à chaque enfant et au goût qu’il est en train de se constituer. Les magies de la diversification par le lait maternel !

En revanche, ce qui est possible, c’est que bébé soit allergique à un aliment. Ces allergies ne passent en général pas inaperçues : problèmes digestifs (régurgitations, RGO) ou réactions cutanées (plaques, eczéma) en première ligne.

Dans la première année, on estime que seulement 5 % des bébés allaités vont avoir une telle réaction, l’aliment responsable étant le lait de vache dans la majorité des cas.

Soupçon d’allergie !

Si votre enfant semble réagir à un aliment que vous mangez, il est suggéré de renoncer à cet aliment pendant un certain temps et de surveiller la réaction de votre bébé. La plupart du temps, les symptômes disparaîtront généralement en 24 à 48 heures. Toutefois, s’il s’agit d’un aliment que vous consommez régulièrement, par exemple les produits laitiers, cela peut prendre de deux à trois semaines pour que toute trace ait disparu de votre métabolisme.

  • Allaitement et aliments à éviter

Si aucun aliment n’est vraiment à proscrire, sauf cas d’allergie manifeste, certains aliments peuvent être à éviter, ou du moins leur consommation excessive.

Il en va ainsi notamment de la caféine. En-dessous de cinq tasses de café par jour, la caféine ne cause pas de problèmes à la plupart des femmes allaitantes et leurs bébés. Au-delà (et il convient de prendre en compte toutes les sources de caféine – café, thé, coca, etc), elle peut entraîner une sur-stimulation du bébé voire de l’insomnie, des coliques, un taux de fer plus bas dans le lait. Cinq tasses par jour, ça laisse une belle marge même pour les plus accro au café !

Pour le reste, ce ne sont que des mythes bien implantés : épices, eau gazeuse, ail. Dans la majorité des cas, bébé a déjà été habitué à ces goûts pendant la grossesse et il n’y aura aucun effet lors de l’allaitement.

Finalement, pour chaque aliment, la règles est la même :  la clé est de remarquer toutes réactions anormales de votre bébé et de réduire la consommation en conséquence. A bat les règles générales, chaque bébé est unique et réagit de façon unique aux goûts qui lui sont présentés.

  • Allaitement et alcool

L’alcool et les français, une véritable histoire d’amour. Nombre de mamans n’allaitent pas car elles n’en peuvent plus de se priver encore alors qu’elles ont dû se priver pendant toute la grossesse. Car rappelons-le : l’alcool est absolument à proscrire pendant la grossesse.

C’est un sujet tant délicat que controversé. Et on peut lire de tout à ce sujet.

Mais la seule vraie information à retenir est la suivante : l’alcool passe dans le lait, où il se retrouve à un taux similaire à celui présent dans le sang.

En revanche, il n’en modifie ni la composition ni la qualité

Concrètement, qu’est ce que cela signifie ?

Pour bien vous expliquer, je reprends ici un calcul proposé par l’auteure du Blog Aimer Est Toujours Rose (vous pouvez retrouver son article sur le sujet ici) que je trouve très bien fait et très parlant :

Lorsqu’un adulte de corpulence moyenne avale un verre d’alcool (peu importe que ce soit du vin, de la bière, de la vodka.. les doses de bar respectent le même dosage d’alcool pur -10g- donc ça revient au même), son taux d’alcool est de 0,2g par litre de sang. 1 L = 1000 ml. Le taux dans le lait est le même que celui du sang; et un bébé allaité prend plus ou moins 100ml par tétée (tout le monde suit au fond ?) En tétant sa mère, le bébé avale donc environ 0,02g d’alcool…

Le lait de cette mère est encore très très très très loin de la limite légale d’1.2° (toute boisson en dessous est considérée non alcoolisée car elle n’a pas d’impact mesurable sur l’alcoolémie)(avec la formule usuelle, si le bébé du paragraphe ci-dessus pèse environ 8kg -grosso modo un bébé de 6 mois- son taux d’alcoolémie est de 0.00g. Il faut aller jusqu’aux centième de gramme pour trouver une trace d’alcool; 0.004g… comme s’il avait bu un jus de fruit laissé au frigo plus de 48h, ou croqué un bout de fruit extra mûr.)

Rappelons qu’un degré d’alcool équivaut à 8g d’alcool par litre… encore 7,8 grammes de « marge » avant que le lait soit donc considéré comme alcoolisé !

Donc, il ne faut pas lire ici : allaitez et mettez vous des caisses. Non, l’abus d’alcool est dangereux pour la santé de tout-un-chacun, et donc même pour une femme qui n’allaite pas !

Il faut simplement lire qu’un verre d’alcool occasionnel n’est ni dangereux, ni contre-indiqué lorsque l’on allaite.

Il n’y a pas non plus de « temps » à respecter avant de redonner la tétée à bébé. Comme il n’y a pas non plus à tirer et jeter le lait si vous avez consommé un peu d’alcool ou encore de complémenter bébé avec du lait en poudre pour pouvoir boire un coup.

Dernier point à noter, la réponse à l’ingestion d’alcool est différente chez les femmes allaitantes et chez les femmes non allaitantes. Une étude a montré que la biodisponibilité de l’alcool était moindre chez les femmes allaitantes : le pic sanguin serait moins élevé, et l’élimination plus rapide.

Sachant que d’autres facteurs peuvent influencer : la quantité d’alcool absorbée et la rapidité à laquelle il est absorbé, le fait que la mère soit à jeun ou non, son poids et sa masse grasse notamment..

Le vrai danger de l’alcool est donc ailleurs : il est dans l’inhibition du réflexe des parents et dans l’éventuel cododo.

On boit donc avec modération, non pas car on allaite, mais car on doit s’occuper d’un enfant. Et si on pratique le cododo, on ne s’imbibe pas sous peine de ne plus respecter les règles de vigilance qui sont de rigueur lorsqu’on pratique le sommeil partagé.

Voilà, bonnes fêtes lactées ! 

 

Sources:

2 commentaires

  1. je suis d’accord que les commentaires non demandés, non sollicités, c’est pas cool. Maintenant, avec vos convictions, je pense que votre regard négatif sur les autres mères (biberons par ex) doit être super lourd et je me dit que finalement, elles aussi elles doivent redouter votre présence a Noel type « et l’autre qui va mal me regarder parce que je donne le biberon »…en fait je trouve que le non-jugement, ca va dans les deux sens. mais vous êtes tellement réprobatrice dans vos propos contre une certaine éducation que je pense que vous êtes aussi dans le jugement. Vous en avez le droit. Mais du coup, je comprend pas que vous vous plaignez du jugement d’autrui. Je vous le fait remarquer en toute bienveillance.

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    • Bonsoir, pas sure d’avoir compris le commentaire car pas de lien avec l’article sous lequel vous commentez. J’imagine que vous commentez celui sur le petit guide de survie qui est estampillé à prendre au second degré ! Mais les commentaires comme le votre sont inévitables même lorsqu’il s’agit d’humour visiblement. Et ils sont réellement fatiguant, en toute bienveillance n’est ce pas. Alors vous « pensez » que mon regard négatif « doit être super lourd », et vous vous dites que je porte un jugement, vous n’en savez rien. Vous n’en savez rien parce qu’à aucun moment je n’ai émis quelconque jugement. Je ne me suis jamais permis de dire à quelqu’un qui ne partage pas mes principes d’éducation que la manière dont il procède est mauvaise alors qu’a contrario je m’en suis pris des remarques de la part de ces personnes sans leur avoir jamais rien demandé. Sans entrer dans le débat ici, je pense que le ratio jugement et questions/avis mal venus sont bien plus élevés statistiquement pour les mères qui sortent du moule Nestlé, c’est un fait. Et d’ici quelques jours, plein de mamans vont devoir se justifier sur leurs choix et le but de cet article était de les faire rire en exagérant les traits et en faisant en sorte que lorsqu’elle recevront une telle remarque elles le prennent avec humour et rétorquent par un sourire. Si ça ce n’est pas de la bienveillance, je ne sais pas ce que c’est. A bon entendeur.

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