Les émotions : comment accompagner nos enfants dans la reconnaissance et l’expression de leurs émotions ?

Les émotions ! Sujet ô combien délicat mais ô combien important, primordial même, dans le développement de nos enfants. Lorsque l’on sait la proportion d’adultes qui ne savent pas faire face à leurs émotions, les exprimer efficacement, qui ne se sentent pas légitimes dans leurs émotions parce qu’ils ont été contraints par des personnes ou par les événements de la vie à les taire, on sait rapidement mesurer l’importance de la tâche qui consiste à respecter et laisser nos enfants vivre librement les leurs. 

L’enfant est une personne. L’émotion est au cœur de l’individu, c’est l’expression de sa Vie. Savoir l’écouter, la respecter, c’est écouter sa personne, la respecter. Isabelle Filliozat, Au cœur des émotions de l’enfant. 

A mon sens notre rôle n’est pas d’apprendre à nos enfants à « gérer » leurs émotions. Les émotions ça ne se gère pas, ça se vit. Mais pour savoir vivre son émotion, encore faut-il être en mesure de l’identifier, se sentir légitime de la ressentir, s’autoriser à la vivre pleinement. Alors peut-être que je me trompe mais j’identifie mon rôle vis-à-vis de mes enfants comme celui d’un accompagnateur, un éclaireur tout d’abord dans le respect de ces émotions puis dans un second temps dans leur reconnaissance et leur expression. Je ne suis pas là pour te dire quelle émotion tu dois vivre ni comment tu dois la vivre. Mon rôle est de la respecter quand elle te parvient. Je suis là pour t’aider à reconnaître de quelle émotion il s’agit afin que tu aies en toi toute une palette à disposition. Je suis là pour t’aider à les exprimer sans contrainte et sans limite. Oui, au départ ta manière de les exprimer ne sera sûrement pas socialement acceptable mais plus tu grandiras, plus ton cerveau te donnera les capacités de vivre tes émotions pleinement et sereinement et de les exprimer facilement et naturellement. 

Mais reprenons les bases. 

Les émotions c’est quoi ? 

Je vais utiliser ici la définition donnée par Catherine Gueguen dans son ouvrage Pour une enfance heureuse tant elle est, à mon sens, claire et efficace : « Les émotions sont des réactions automatiques, elles jaillissent brusquement, nous surprennent souvent, sont de courte durée et ont une traduction corporelle, physiologique évidente. Par exemple, la peur, la colère, le dégoût, la surprise, la joie se traduisent par des sensations physiques qui nous permettent de les identifier ». Soline Bourdeverre-Veyssiere, dans son ouvrage J’accompagne les émotions de mon enfant, ajoute « L’émotion est donc ce qui nous met en mouvement, peut nous remuer. Il s’agit d’une réaction affective ». 

Pourquoi le jeune enfant est-il « sujet » et non « acteur » de ses émotions ? 

« Le petit enfant n’a pas, physiologiquement, la capacité de gérer l’ensemble des situations et des émotions auxquelles il est confronté […] L’enfant ne peut pas réagir comme un adulte. Ce n’est pas qu’il ne sait pas ou ne veut pas, c’est qu’il ne peut pas », nous explique Catherine Gueguen dans son ouvrage. Son cerveau est en maturation et tant qu’il n’aura pas atteint sa pleine maturité, les processus de gestion des émotions et des affects ne seront pas totalement fonctionnels et ne lui permettront pas de maîtriser ses émois. Il est dans l’incapacité de prendre du recul, se projeter, réfléchir de façon logique et raisonnée. Souvent, il ne comprend même pas lui-même ce qui lui arrive. Il est dans le présent. Il est comme l’écrit Filliozat « prisonnier de l’immédiateté de sa réponse émotionnelle, sans médiation de la pensée pour relativiser les choses, ou hiérarchiser les enjeux ». 

Plus scientifiquement, Gueguen nous explique que les neurones du cortex préfrontal, où s’établit une bonne part du contrôle rationnel des émotions, ne parviennent à maturité qu’au début de l’âge adulte. Ceci couplé aux connexions neuro qui sont encore peu développées chez l’enfant, permet de comprendre pourquoi l’enfant est si vite submergé par des tempêtes et des comportements directement issus du mode de fonctionnement du cerveau archaïque et émotionnel. 

Pourquoi faut-il respecter à tout prix les émotions de nos enfants ? 

« Respecter les émotions d’un enfant, c’est lui permettre de sentir qui il est, de prendre conscience de lui-même ici et maintenant. C’est le placer en position de sujet. C’est l’autoriser à se montrer différent de nous. C’est le considérer comme une personne et non comme un objet », Isabelle Filliozat, Au cœur des émotions de l’enfant. En minimisant leurs réactions ou leurs ressentis, on minimise non seulement ce qu’ils sont mais on prend surtout le risque de passer à côté d’une grande détresse.

Les caprices n’existent pas. Je pense que là-dessus on est (enfin) à peu près tous d’accord, à part peut-être quelques retardataires ! L’enfant communique via ses décharges et tempêtes émotionnelles qui ne sont que le reflet de son immaturité cérébrale. Alors je vous l’accorde, ce n’est pas chose aisée de comprendre et de décoder les messages d’un bambin de 18 mois mais ça n’enlève rien à la réalité : il communique. Et donc, par déduction logique, ne pas prendre au sérieux son émotion, sa décharge, sa crise, appelez-ça comme vous voulez, c’est lui envoyer le message qu’on ne veut pas communiquer avec lui, qu’on ne le comprend pas et que finalement nous ne sommes pas dignes de sa confiance. Embêtant pour une figure d’attachement…

Et puis autre point TRES important : respecter son émotion et être à l’écoute n’implique pas systématiquement la satisfaction de la demande en question. Ce n’est pas parce que vous allez accompagner votre enfant dans la décharge, que vous allez respecter ce qu’il ressent et être à l’écoute, que cela signifie que vous devez accéder à la demande qui a occasionné la crise. Tout est encore une fois dans la verbalisation. Parfois les décharges ne sont pas liées à une demande, c’est le cas notamment des « décharges » du soir après la garde ou l’école, où l’enfant a besoin de décharger les stimuli, de relâcher auprès de ses figures de confiance les tensions éventuelles et les événements de sa journée. Mais lorsque c’est le cas et que sa demande ne peut être satisfaite, le refus ne doit pas empêcher l’accueil empathique. Filliozat écrit très justement à ce titre « il arrive que ses demandes ne puissent être satisfaites, il est fondamental que sa colère soit toujours entendue ».  Gueguen ajoute que « consoler un enfant « chamboulé » participe à la maturation de son cerveau ».  De même, ce n’est pas parce que vous allez accompagner votre enfant dans son émotion qu’il s’agit d’accepter tous les comportements et réactions qui pourraient en découler. Soline Bourdeverre-Veyssiere cite à ce titre très justement Haim Ginott (psychologue et auteur) lorsqu’il écrit « Toutes les émotions sont légitimes, mais les comportements ne sont pas tous acceptables ». Ainsi, nous sommes là pour guider nos enfants : ta colère est légitime mais le fait que tu me tapes pour l’exprimer n’est pas acceptable, je vais t’aider à trouver d’autres moyens d’évacuer. Le dernier en date ici : jeter des glaçons contre le mur extérieur de la maison ! 

Je vois venir les mères stressées : on parle ici du principe général. On a le DROIT d’avoir du mal, on a le droit d’avoir des downs, on a le droit d’avoir des jours, même beaucoup de jours, sans. Ce ne sont pas ces jours-là qui nous définissent en tant que mère, en tant que parent. Alors, rassurez-vous : votre enfant a besoin aussi de savoir que son parent vit et s’autorise également ses émotions. Nos enfants n’ont pas besoin d’être face à des robots lisses et parfaits qui ne ressentent que de la joie. Car n’oublions pas que la grande majorité de leurs apprentissages se font par le biais des neurones miroirs. Bon je ne dis pas qu’il faut qu’on se roule par terre comme eux hein, mais n’ayons pas peur d’exprimer nos émotions, elles sont tout aussi légitimes que les leurs ! Et n’ayons pas peur de parfois buter contre un mur. Comme dirait N. Mandela « Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends ». Je suis d’ailleurs intimement persuadée que si ma fille exprime et verbalise si bien ses émotions à 3 ans et demi, c’est en partie car je lui fais régulièrement part des miennes. Quand je suis en colère, je lui dis, je lui parle, je lui explique. Quand je suis fatiguée, je lui dis. Quand j’ai crié sur son père ou que je suis fâchée contre lui et qu’elle me regarde d’un air interloqué, je lui explique. Bref, vous avez saisi le message, ce qu’on raconte à propos de nos enfants vaut pour nous aussi. Même si c’est difficile car nombre d’entre nous n’ont pas eu un accès libre à leurs émotions pendant leur enfance et que c’est (encore) un travail de titan à faire sur soi, à côté de tout le reste. « Quand le parent ne reconnait pas ses émotions, la tentation est forte de les projeter sur les enfants. C’est leur faire porter ce qui ne les concerne pas« , nous apprend Filliozat. Vous savez, c’est le fameux « tu fais tout pour me mettre en colère ». Minute papillon, on respire, est-ce bien vrai ? Ou étais-je déjà en rogne de ma journée ou contre ton père et juste ton action ou inaction m’a servi de prétexte pour exploser ?  Mon gosse est-il vraiment insupportable ou ce sont mes limites qui sont atteintes ce soir ? 

Pourquoi ne faut-il pas avoir peur des émotions et chercher à les éviter, les enfouir ? 

Comme l’écrit très justement Isabelle Filliozat, « l’émotion a un sens, une intention. Elle est guérissante. Les décharges émotionnelles sont le moyen de se libérer des conséquences d’expériences douloureuses […] la répression des émotions est nocive. Elle nous entraîne dans toutes sortes de processus défensifs, de répétitions douloureuses, de compulsions et de symptômes physiques ». 

Les émotions, c’est la vie. C’est l’expression de nos besoins. Ecouter et accueillir les émotions de nos enfants, c’est les aider à se construire en tant que personne. Comme il est tout aussi important d’écouter et accueillir ses propres émotions. Combien d’adultes sont incapables de faire des choix, exprimer une préférence parce qu’on a parlé et ressenti à leur place lorsqu’ils étaient enfants ? 

Mais alors comment l’aider ? 

C’est finalement le plus difficile. Nous sommes tous logés à la même enseigne : les premières fois, on assiste impuissants, démunis à cette « crise ». On ne comprend même pas toujours ce qui la provoque. On ne sait pas ce que l’on doit faire. On avance tous à tâtons ! Aucun de nos enfants n’est livré avec un manuel ou un mode d’emploi et ce qui fonctionne avec la fille du voisin ne fonctionnera pas nécessairement, et même ne fonctionnera sans doute pas, avec ma fille. On aurait tendance à vouloir éteindre le feu, instinctivement. Parfois, instinctivement on voudrait reproduire le schéma que l’on a nous même connu enfant : interdire, sanctionner le pyromane. Pourtant, on voit bien que ce feu a besoin de brûler, il doit juste être maîtrisé pour ne pas se propager. C’est en tout cas le rôle que j’ai choisi en observant ma fille : toujours la laisser exprimer son émotion et être dans l’accompagnement, même si c’est dur de la voir dans ces états, même si c’est difficile d’observer sans réellement agir, car c’est une réalité : ce manque de contrôle est très déstabilisant. Mais c’est le prix à payer pour la laisser dire sa souffrance, se libérer de ses tensions et finalement se retrouver. Certains enfants ont besoin de contenance. Ce n’est pas le cas de ma fille. Si je la touche pendant une décharge, j’enclenche la vitesse et l’intensité supérieure. Alors je sécurise, je la mets hors de danger, je lui parle, je lui dis que je suis là quand elle s’en sentira prête. Lorsqu’elle s’affère à jeter des choses, je la détourne vers les objets qui sont les plus sécuritaires. Je l’aide à mettre des mots sur ses émotions par suggestion. Comme l’explique très justement Catherine Gueguen dans son ouvrage Pour une enfance heureuse : « il faut du temps pour qu’un enfant sache mettre des mots sur ses émotions. Progressivement, s’il est soutenu par un adulte bienveillant, il apprendra à sentir et à discerner de façon très précise ce qu’il ressent, à le nommer. Quand l’adulte met des mots sur les émotions de l’enfant, en lui demandant toujours de confirmer si c’est bien ce qu’il ressent […] il aide l’enfant à identifier ses émotions, à sentir ce qui se passe en lui et à le partager ». 

Au secours, mon enfant tape, mord, griffe 

Comme le souligne Soline Bourdeverre-Veyssiere « derrière chaque comportement « inadapté », il y a un besoin non comblé ». Il convient dès lors de rechercher ce besoin qui peut être assez directement lié comme la faim, la soif, le besoin de sommeil, le besoin de contact ou encore le besoin d’autonomie entravé par des gestes d’autrui, besoin d’attention devant un parent occupé à autre chose. Parfois le lien n’est pas aussi direct et le geste est lié au jeu ou encore à l’imitation. 

Quoiqu’il en soit, il convient de stopper le geste et d’expliquer calmement que le geste est inapproprié tout en accueillant l’émotion liée. Et là encore, comme pour tout en matière de parentalité, la clé est dans la répétition. Rares sont les enfants qui assimilent dès la première fois ou même la 5e fois que ce geste doit être évité. Mais rassurons-nous, ces comportements sont tout à fait normaux et font partie intégrante du développement. 

Bien sûr autour de 18 mois/2 ans, j’avais l’impression qu’elle n’en avait que faire de mes paroles, que je ne servais tout bonnement à rien. Je me sentais si impuissante, je me suis tant de fois remise en cause. Puis petit à petit, à force de répétition (encore et toujours, je pense que c’est le mot clé dans la parentalité aux côtés de « patience » !), je me suis rendue compte que mes paroles comptaient bien plus que je ne le pensais. Vers 3 ans et demi, le langage grandissant aussi, les « tu me diras quand tu voudras un câlin » qui ne trouvaient jamais vraiment de réponse, se sont trouvés une réplique « je voudrais un câlin maintenant ». Toujours vers cette période et l’explosion du langage, combinés à un travail sur le vocabulaire autour des émotions, la verbalisation par nous adultes des nôtres également, nous avons passé une nouvelle étape : celui de la verbalisation des émotions. Et quelle joie pour le parent !! Quelle satisfaction d’enfin savoir pourquoi ! Et stupéfaction souvent de se rendre compte que ce n’est pas la cause que l’on pense qui est à l’origine de la décharge.

Nous approchons désormais des 4 ans et les tempêtes émotionnelles sont toujours présentes mais elles sont bien moins fréquentes, bien moins nombreuses, bien que leur intensité demeure variable. Et c’est toujours un travail de titan qui ne supporte pas de relâche. On avance avec le diptyque ou le triptyque en fonction des situations. Le diptyque : j’anticipe et j’évite, que j’appelle le best case. Vous savez celui qui nécessite que le parent soit au top niveau forme et patience, niveau maîtrise de ses propres émotions, bref la situation idéale qui n’arrive que trop rarement…! Puis le bien plu courant triptyque : je respecte/j’accueille/j’accompagne qui se transforme régulièrement en polyptique avec je crie/je m’énerve/je m’en veux/je m’excuse/je me sens nulle. Celui-là est bien plus monnaie courante mais on y travaille ! En revanche, j’observe avec grande fierté et satisfaction pour ma fille à quel point elle en acquiert peu à peu la maîtrise, comme elle tente d’utiliser les outils de langage et de communication mis à sa disposition, comme elle sait justement identifier, poser des mots simples, là où même certains adultes seraient dans le flou ou dans l’impasse. La route est encore longue, son cerveau est loin de la maturité, mais l’évolution est visible et le jeu en vaut vraiment la chandelle. 

Le plus difficile pour moi a toujours été la décharge en extérieur. A la maison, avec le temps, on apprend assez facilement à créer une bulle le temps que la crise passe et qu’elle trouve les moyens de se récupérer. Mais dehors, il faut ajouter le facteur regard des autres et manque d’intimité. On voudrait disparaitre car bien souvent le regard des autres n’est pas bienveillant ni envers l’enfant ni envers le parent. Mais ça aussi, nous avons appris à l’affronter et à passer outre avec le temps bien que ce soit vraiment l’un des éléments les plus challengeant à mon sens.

Petit aparté sur le « il faut lui apprendre la frustration » : fake news ! La frustration est partout pour un enfant ! Absolument tout autour de lui de sorte qu’il n’est nul besoin d’en rajouter. C’est déjà suffisamment difficile comme ça. Les méthodes visant à apprendre la frustration en laissant l’enfant livré à lui même, en lui refusant un marque d’attention, de tendresse ou pire en le punissant, ont fait la preuve de leur inefficacité. Tout ce qu’on peut y gagner, c’est de ruiner le lien de confiance qu’on s’évertue à créer par ailleurs. Useless. 

  • Les outils au service des émotions

Comprendre ce qui se trame derrière les émotions est l’étape la plus importante mais ce que nous les parents souhaitons savoir c’est comment les accompagner au mieux ? Comment les aider à exprimer sans parler à leur place ? Comment les soulager ? Comment garnir la palette d’émotions identifiables ? 

Pour cela, j’ai regroupé ici plusieurs outils que je trouve top pour appréhender les émotions et qui peuvent servir de support tant à l’identification qu’à la verbalisation des émotions. Evidemment nul besoin de les avoir tous ! Je n’en ai moi-même sélectionné que quelques-uns parmi une plus large offre encore. 

    • La roue des émotions L’autrement dit (à découvrir ici)

img_6060Cet outil est super pour deux raisons : il est utilisable très longtemps et il est utilisable tant par l’enfant que par l’adulte. En effet, contrairement à d’autres jeux ou outils, il n’est pas spécifiquement dédié à l’enfant qui découvre les émotions. Et Dieu sait que nous, parents, nous pouvons très régulièrement en avoir besoin pour nous, mais aussi pour nous aider à garnir notre palette, notamment en termes d’identification des besoins. 

De quoi s’agit-il ? 

La roue des émotions est composée de 3 disques imbriqués qui peuvent bouger de manière autonome, et il n’y a aucune « bonne réponse », c’est-à-dire que toutes les combinaisons sont possibles. Il vous faut tenir le bras et le premier disque, tout en cherchant l’émotion, puis le besoin. Du coup, vous avez votre « combinaison » (sensation-émotion-besoin) du moment. La Roue n’est pas prédictive, elle ne prédit pas le besoin, c’est à nous d’y associer le besoin identifié.

imageLa Roue des émotions est un outil qui nous ramène d’abord aux sensations (c’est le cercle du milieu, point de départ de la démarche), invitant l’utilisateur à ressentir les indices donnés par son corps (« Je me sens tendu, j’en ai plein le dos, etc. » pour la version adulte. Tandis que la version enfant, le symbolise par l’utilisation de la météo). C’est une invitation à écouter et ressentir les messages donnés par notre corps. Ensuite, la seconde roue attire l’attention sur l’émotion qui correspond à cette sensation. Enfin, la 3e roue, la plus grande, propose de trouver le besoin sous-jacent à l’émotion. La dernière étape consiste à trouver le moyen de combler ce besoin. 

Il ne s’agit donc pas seulement ici de nommer une émotion mais de prendre conscience de nos sensations, de nos émotions et des besoins inhérents à celles-ci pour y répondre de façon adaptée. Il permet donc d’aller plus loin que la simple identification des émotions et de pousser la réflexion jusqu’au besoin non comblé qui a occasionné la chaîne émotionnelle. 

A partir de quel âge ? 

Je dirais qu’avant 3 ans, je la trouve quand même un peu complexe même si on peut se contenter de la première roue (météo des émotions) et guider l’enfant sur la suite. A partir de 3 ans, l’enfant est en mesure d’étoffer son vocabulaire des sensations et donc la deuxième roue devient vraiment intéressante. Enfin, pour l’âge max, je pense qu’il n’y en a pas ! Moi-même je trouve cette roue utile, surtout pour la partie identification des besoins. C’est donc un outil super évolutif et dont l’usage peut tant être familial que professionnel. A ce dernier titre, « L’Autrement Dit » est actif dans l’accompagnement à la parentalité, dans l’éducation à l’empathie et dans le développement personnel. Ce soutien se décline à travers diverses activités : ateliers, formations, conférences et téléconférences, journées pédagogiques, animations dans des structures scolaires, extrascolaires, des institutions, des crèches, ou encore en accompagnement individuel et thérapie (psychomotricité relationnelle, thérapie systémique brève, TCC, entre autres). N’hésitez pas à consulter leur site pour plus d’informations. 

    • Pipouette (à découvrir ici)

Pipouette qu’est ce que c’est ? 

img_5712C’est un lapin et ses 4 visages interchangeables pour exprimer les 4 émotions fondamentales : la joie, la colère, la peur et la tristesse. Cette peluche permet à mon sens pour les plus petits d’introduire les émotions « de base », pour les un peu plus grands de la verbaliser autrement qu’avec des mots lorsque ce n’est pas encore possible ni voulu par l’enfant et pour les plus grands d’aider à la verbalisation en constituant un socle de départ pour démarrer la verbalisation. 

Chez Pipouette leur mantra c’est « tes émotions sont belles, vis-les »

Quelques mots des créateurs « Nous croyons que permettre aux enfants d’aujourd’hui de connaître leurs émotions, de les vivre dans leur corps et dans leur cœur et de se sentir en sécurité avec elles, c’est leur donner encore plus de chance de devenir demain des adultes confiants, bien avec eux-mêmes et bien dans leurs relations avec le monde qui les entoure. Nous croyons que partir à la découverte de notre monde émotionnel se vit par le jeu, par le partage, par le beau et par l’éveil des sens. Nous croyons que vous avez toutes les ressources en vous et que les enfants sont magiques pour nous montrer le chemin. Mais nous savons aussi ô combien les émotions de nos enfants peuvent nous dépasser, susciter de l’incompréhension, nous renvoyer à nos propres émotions. On voulait vous dire qu’on est là pour vous. »

Nous avons reçu Pipouette dans le cadre de la rédaction de cet article et il s’agit donc de l’appréhension de l’objet par une enfant de 3 ans et demi. Je trouve cette période extra pour tester l’objet car ma fille est entre deux stades : elle est toujours trop jeune pour ne pas se faire submerger par ses émotions mais elle les verbalise très bien (bien mieux que nous parfois…!).  Elle est donc le cobaye idéal pour tester l’outil ! 

img_5818Nous l’avons laissée appréhender Pipouette sans trop en dire au départ. Elle a découvert la peluche, les différents visages, a directement nommé les différentes émotions. Pendant les premiers jours, elle a même souhaité que Pipouette n’ai pas de visage… ! J’étais un peu embêtée !! Mais on l’a laissée faire et au bout de quelques jours, elle a décidé que Pipouette serait triste. A la question du pourquoi, elle répondait que Pipouette se faisait taper. En bonne mère stressée pour sa progéniture, je me suis alors demandée OMG et si ma fille se faisait latter la tronche à l’école !!? Mais non, ouf ! Par contre, nous avons appris à la fin de la semaine qu’un garçon de sa classe en tapait régulièrement un autre et que visiblement ça avait marqué A. Ni une ni deux, on s’en est servi pour rappeler l’interdiction de taper et évoquer la tristesse de se faire taper comme la tristesse possible de celui qui tape. Premier test plutôt concluant pour Pipouette ! 

Depuis Pipouette a intégré notre quotidien. Parfois elle ne la touche pas pendant plusieurs jours, parfois elle ne la lâche pas. Mais elle joue bien son rôle de déclencheur de verbalisation sur les émotions. On s’en sert parfois dans le jeu, parfois dans des moments plus sérieux. Mais mon mari et moi sommes unanimes sur l’objet : ce n’est pas qu’une vaine promesse en coton bio ! Il s’agit d’un vrai outil de verbalisation 🙂 

Côté compo et fabrication, Pipouette s’engage pour une production et une consommation responsable. Toutes les matières sont certifiées GOTS et les encres sont labellisées Oeko-Tex. Les produits sont imaginés et dessinés à Paris et confectionnés en Union Européenne.

A partir de quel âge ? 

Les créateurs indiquent 0 à 8 ans pour l’utilisation de Pipouette. Je dirais que son utilisation précoce (18-24 mois) peut être intéressante pour nommer les émotions de base et les associer à l’expression faciale concernée. Mais je trouve que c’est surtout à partir de 3,5-4 ans, que son vrai potentiel peut se découvrir puisqu’on entre dans la phase de verbalisation des émotions et comme je vous le décrivais plus haut, Pipouette s’est avérée très utile dans l’aide à l’expression et à la narration de situation ayant occasionné une émotion. 

    • Pack émotions Bougribouillons (à découvrir ici)

J’adore soutenir les initiatives qui me parlent et ce kit en faisait partie. Et encore plus lorsque j’apprécie de façon globale le travail de l’auteur/créateur ! J’ai donc participé à la cagnotte Ulule du projet qui a été couronné d’un succès de dingue ! Le pack est désormais commercialisé de façon autonome. Bougribouillons, alias Virginie Maillard, je l’ai découverte avec le livre Bébé a faim (que vous pouvez retrouver dans l’article dédié, ici). Elle réalise un travail précieux pour fournir supports et ressources liés au respect de l’enfant aux pros de la petite enfance. 

Ce pack spécialement dédié aux émotions contient plusieurs outils dont l’usage peut être tant individuel dans un cadre familial que collectif et chacun des produits peut être acheté séparément. 

    • La roue des émotions 

mini_roues_emotions1-1La roue offre deux faces. La première montre les 4 émotions de base (peur, tristesse, joie et colère) et conviendra davantage aux tout-petits (à partir de 15 mois environ). La seconde face, avec ses 16 émotions, sera plus adaptée aux enfants plus grands (autour de 3 ans). Bien entendu, ces âges sont indicatifs. Chaque enfant s’éveillera à la parole, à la conscience des émotions et au besoin de les verbaliser suivant son propre rythme et l’environnement dans lequel il évolue.

    • Les échelles des émotions

mini_echelle_colere_1-1Le pack contient 4 échelles des émotions de bases : peur, joie, tristesse et colère. L’idée est de balader une photo de l’enfant sur les échelles afin de l’aider à identifier son émotions et son intensité. Ce support commence à être intéressants autour de 3 ans puisque l’on y aborde l’intensité de l’émotion.

    • Les cartes des émotions 

mini_les_emotions_cartes_imp_3Ce jeu contient 20 cartes de personnages avec les cheveux longs et 20 cartes de ces mêmes personnages avec les cheveux courts. De quoi ouvrir la discussion sur les stéréotypes avec les plus grands, ou encore, jouer à faire des mises en paire. Ce jeu contient également 2 cartes proposant différentes suggestions sur l’utilisation des cartes, pour vous guider dans leur utilisation.

Elles peuvent être utilisées dès tout-petit. Certains enfants de 15 mois seront très à l’aise avec quand il faudra attendre 2 ans ou plus pour d’autres 15 mois très à l’aise. Avec les plus petits, on peut commencer par ne jouer/proposer que certaines émotions à l’enfant.

    • Jeu magnets émotions Apli Kids

img_2268Nous avons shoppé ce jeu lors d’une vente privée sur Bebeboutik lorsqu’A. avait environ 18 mois et vraiment je ne le regrette pas. Ce fût notre « entrée en matière » pour les émotions. Le jeu est marqué 4+ mais vraiment il est exploitable bien avant ! Outre l’aspect ludique avec le côté tableau magnétique et la multitude de combinaisons possibles, la palette des émotions proposées est suffisamment large. Il permet une vraie approche ludique des émotions. 

Je vous mets le lien Fnac mais il est régulièrement en vente privée sur Bebeboutik ! 

    • La météo des émotions de Clerpée (à découvrir ici)

437537-d3ac9f517f3b46df894ca50132449292_720xIl s’agit d’une sorte de memory des émotions avec 2×12 cartes représentant différentes émotions. Les cartes sont accompagnées d’un guide ressources avec 20 pages d’idées de jeux (mime, mémory…) et une page dédiée par émotion avec le vocabulaire pour enrichir et alimenter la verbalisation ainsi que plein plein d’idées pratiques, d’idées et de pistes de réflexion autour de l’accompagnement des émotions.

Nous avons acheté ces cartes assez tôt, je crois qu’A. n’avait que 18 mois et elle n’a donc pas accroché tout de suite. Comme pour tout fail immédiat, je n’ai pas forcé et j’ai reproposé plusieurs fois ultérieurement. Ce n’est qu’autour de 3 ans qu’elle a réellement accroché et elle apprécie depuis énormément de jouer au memory des émotions et de retrouver les paires en nommant l’émotion concernée. 

De mon côté, j’aime bien le petit format et le côté coloré des cartes ! Il s’agit d’un chouette outil pour aborder une palette variée d’émotions. Les produits sont créés et imaginés à Nantes, fabriqués en France. 

  • Les signes au service des émotions des tout-petits 

On a vu beaucoup d’outils pour apprendre à identifier et verbaliser ses émotions mais la plupart de ces outils sont des supports pour la transmission. Ils ne permettent pas nécessairement à un enfant qui ne parle pas encore d’exprimer ce qu’il ressent. Or, les émotions ne débarquent pas à 3 ans de nulle part ! Elles existent déjà in utero et tout au long de la vie de chaque individu. Et il y a un moyen super de permettre aux enfants d’exprimer et de verbaliser leurs émotions avant l’acquisition du langage parlé, ce sont les signes !

Didier van Cauwelaert

J’ai la chance d’avoir dans mon entourage une spécialiste du sujet, Marie Littlebunbao, auteure et professionnelle LSF,  qui nous explique en quelques mots ci-après ! 

Comment et à quel âge peut-on commencer à introduire les signes avec bébé ? 

Marie : Je conseille dès la naissance pour prendre doucement l’habitude de signer et parler en même temps, afin de l’inclure dans le quotidien et ses petits rituels. Le bébé apprécie très souvent les comptines signées qui vont l’apaiser et l’éveiller aussi même tout petit. Le cerveau, lui, va commencer à mémoriser les signes et la signification vers 6 mois, pour arriver à les reproduire aux alentours de 9-10 mois.

Quel est l’intérêt de signer avec un bébé ? 

Marie : Tout d’abord les signes vont permettre au bébé de communiquer ses besoins avant qu’il ne sache parler, il va pouvoir exprimer qu’il a peur, qu’il a faim, qu’il a froid, qu’il a besoin d’un câlin, tissant ainsi une relation de confiance avec les personnes qui le comprennent et apaisent plus rapidement ses besoins. Cela va donc réduire les pleurs, l’intensité des frustrations, créer une complicité avec les personnes qui signent, augmenter le temps de qualité, parce que quand on signe avec son bébé : on a nos yeux plantés dans les siens, tout notre corps est en communication avec lui, concentré dans cet échange bien ancré dans ce précieux moment. 

Est-il nécessaire de signer tous les mots ou peut-on se contenter de ne signer que les émotions par exemple ? 

Marie : Il n’est pas nécessaire de tout signer, on va s’adapter à son enfant et voir les mots, les besoins qui sont les siens. Mais ce n’est pas une obligation. On peut tout aussi bien décider de n’apprendre que les émotions, elles sont si intenses pour eux que signer les émotions permet un travail clé chez l’humain : comprendre ce que l’on ressent, nommer ces émotions pour le bébé va nous permettre nous parents de les apaiser ou leur apporter des moyens d’accueillir ce qu’ils ressentent.

Mon enfant va-t-il quand même verbaliser ensuite ? 

Marie : Oui bien-sûr! Les États-Unis ont un recul de plus de 25 ans sur cette pratique auprès des bébés. Les signes n’entravent pas le développement du langage oral au contraire les bébés signeurs développent un grand appétit pour la communication, la confiance étant plus ancrée, on remarque qu’ils prononcent leurs premiers mots au même âge que les autres si ce n’est un petit peu plus tôt. 

Vous pouvez retrouver toute l’expérience de Marie à travers son super bouquin, ici, mais également via ses cours à télécharger ici, et son appli Littlebunbao Signes à retrouver sur les plateformes de téléchargement des applications de votre mobile.  

  • Sélection de livres autour des émotions 

Comme pour les outils et jeux ci-dessus, cette liste n’est absolument pas exhaustive et il existe une multitude d’ouvrages sur le sujet !  Je vous liste ici ceux que nous avons particulièrement apprécié. 

  • Pour les enfants
    • Pour les plus petits : les imagiers Nathan avec les visages

img_7151C’est pour moi le meilleur outil de démarrage pour les émotions. Dès 6 mois ! Ces livres permettent aux enfants de se familiariser avec les expressions du visage et donc les émotions associés avec en support des photos de vrais bébés (et non des illustrations). Nous les avons acheté lorsque A. avait 6 mois et on les a utilisé pendant trèèèèès longtemps ! 

    • La couleur des émotions

img_6682Le grand classique ! Les émotions abordées par le Monstre des couleurs et la petite fille. Je le trouve vraiment chouette car il permet de détailler ce que provoque chaque émotion en nous et de verbaliser avec l’enfant. Je n’ai pas pris la version animée car j’avais peur qu’elle ne l’effraie avec les immenses pop-ups. 

Il nous a valu de bons fous rires aussi, sur la tristesse notamment. Un soir pendant la lecture je lui demande « et toi A. quand est-ce que tu es triste ? » et elle me répond : « quand tu veux pas me donner des chips !! » 

    • Le loup qui apprivoisait ses émotions

img_6726A l’école, sa maîtresse se sert beaucoup de la collection des Loups donc nous avons pris celui qui abordait les émotions.  Ce ne sont clairement pas mes ouvrages préférés car il y a toujours quelques phrases et mots employés qui m’agacent mais A. accroche vraiment bien et le trouve drôle donc le contenu capte son intérêt à chaque fois.  Alors je fais comme d’habitude, je change un peu les tournures des phrases qui me déplaisent et le tour est joué  et on obtient un ouvrage chouette et drôle sur les émotions ! 

    • Mille émotions pour Petit Noun 

img_6677Petit Noun est un hippopotame qui rencontre différents animaux animés par différentes émotions tout au long de sa journée. Il leur apporte réconfort et douceur avant de lui-même trouver réconfort dans les bras de ceux qui l’aiment. Entre émotions, empathie et altruisme, les illustrations du livre sont aussi belles que le message qu’il porte. 

Magnifique album donc sur le thème des émotions. Sur un fond romancé, on aborde les émotions de base.

    • Bienvenue Tristesse 

img_6678Encore un très bel album dédié cette fois-ci à la tristesse. Celle qui survient sans qu’elle n’y soit invitée, celle que l’on peut apprendre à accepter et même à aimer, lui laisser un peu de place et puis aussi la laisser partir. Encore de très belles illustration, c’est un livre très doux avec un beau message sur les émotions et particulièrement sur l’aspect positif des émotions que l’on a tendance à étiqueter comme négatives, telle la tristesse. 

    • Le livre de mes émotions de Gründ 

Le-livre-de-mes-emotionsDans ce livre, on suit Simone et les émotions qu’elle va ressentir pendant une semaine. L’autrice reprend l’ordre des jours de la semaine et à chaque jour elle associe un événement courant et une émotion qu’il génère chez l’enfant. Elle y aborde donc 7 émotions différentes. A chaque fois, les déclencheurs qui font naître cette émotion sont bien décryptés et les sensations associées également. 

Le livre me plaisait beaucoup lorsque je l’ai feuilleté rapidement et ce qui me plaît finalement beaucoup moins c’est que d’une part, l’enfant est transformé en émotion alors que précisément il est important d’expliquer à nos enfants qu’ils ne sont pas l’émotion : ils ressentent l’émotion mais elle ne les définit pas; et d’autre part, dans les « aides à la gestion de l’émotion », le livre insiste trop à mon goût sur le fait qu’il faut vite faire partir, disparaitre cette émotion plutôt que le fait de l’accueillir et d’apprendre à l’évacuer pour se récupérer. 

    • Dans mon petit cœur

img_6679Nous adorons cette collection !

Nous avions déjà celui qui relate l’arrivée de la petite sœur (que vous pouvez retrouver ici) alors je n’ai pas hésité une seconde à prendre celui-ci ! Et encore une fois, wouah !, les illustrations et les textes sont à la hauteur. C’est vraiment un magnifique album sur les différentes émotions qui peuvent se présenter à nous vécues au travers des yeux et du cœur d’une enfant.  Je crois que c’est mon livre préféré sur les émotions. 

    • Les émotions dans la collection Mes p’tits pourquoi ?

img_6681C’est un livre que nous avons depuis longtemps, il est chouette car il aborde un large panel d’émotions et pas seulement les grands classiques de la colère, tristesse et joie, le tout autour de la rentrée scolaire et d’une journée d’école. Si l’on met de côté les pages 16 et 17 qui sont à déchirer (elle regrette d’avoir fait un caprice, elle en a honte, etc), le reste est intéressant car pour chaque émotion, un  palette de vocabulaire de sensations est également associée.  

  • Agathe et les petits bonheurs 

img_5577Bien qu’être un outil dans l’accompagnement des émotions ne soit pas son objectif premier, ce petit ouvrage de Catherine Dumonteil Kremer permet d’aborder d’excellente manière une émotion que l’on omet assez régulièrement car il s’agit d’une émotion positive : la joie. Ainsi, chaque soir, Agathe et sa famille se rappellent les petits bonheurs qui ont embelli leur journée, ceux qui leur ont procuré le plus de bonheur. Il est donc super pour aider l’enfant à exprimer ce qui lui a procurer de la joie, du bonheur. 

***

Dans les ouvrages que j’avais sur ma liste, il y avait également Mes émotions avec Gaston la licorne, Trop d’émotions qui inclut des exercices de sophrologie pour apprivoiser les sentiments, Aujourd’hui je suis… et Le livre qui dit non !

  • Pour les parents ou accompagnateurs 

L’accompagnement des émotions nécessite aussi que le/s parents s’informent. L’information permet de ne pas se trouver démuni et face à l’incompréhension lors des tempêtes émotionnelles de nos enfants qui sont, elles, inévitables. A ce titre, il y a également beaucoup d’ouvrages mais si vous ne deviez en lire que quelques uns, je recommanderai ceux-là tant ils sont abordables et clairs. 

    • Au cœur des émotions de l’enfant d’Isabelle Filliozat 

Les parents sont souvent démunis devant l’intensité des émotions de leur enfant. Ils cherchent volontiers à les calmer, à faire taire les cris, les pleurs, l’expression de l’émoi. Or l’émotion a un sens, une intention. Elle est guérissante. Ce livre très concret tire ses exemples du quotidien, aide les parents à comprendre la peur, la colère, la joie, la tristesse et le besoin de l’enfant d’exprimer ces sentiments. Tout cela pour mieux l’accompagner vers l’autonomie et vers davantage d’harmonie familiale.

img_1035Isabelle Filliozat est psychothérapeute et, je pense, l’acteur prônant une éducation « positive » le plus médiatisé. Son ouvrage a le mérite de permettre une entrée en matière concrète et abordable. Là où le Docteur Gueguen explique, Isabelle Filliozat tente de proposer du pratico-pratique. Son ouvrage se focalise sur les émotions des enfants et elle propose une approche basée sur 7 questions à se poser pour répondre à (presque) toutes les situations. Cette approche est intéressante en ce qu’elle permet de replacer l’enfant au cœur de nos réflexions et de nous interroger sur le pourquoi de nos réactions. L’autrice détaille ensuite les différentes émotions (peur, colère, joie, tristesse, dépression). Encore une fois, tout au long de l’ouvrage, son approche est vraiment concrète et permet aux parents de se reconnaître dans les diverses situations. C’est pourquoi, c’est indéniablement un « must-read » !

Lorsque l’on s’intéresse aux émotions de nos enfants, cela conduit inévitablement à s’intéresser à nos propres émotions. Pour poursuivre le travail et l’analyse, Isabelle Filliozat propose un autre ouvrage qui s’adresse bien plus à notre enfant intérieur : Il n’y a pas de parents parfaits

    • Pour une enfance heureuse de Catherine Gueguen 

Repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau. […] Les dernières découvertes scientifiques sur le développement et le fonctionnement du cerveau bouleversent notre compréhension des besoins de l’enfant. Elles démontrent qu’une relation empathique est décisive pour permettre au cerveau des enfants et des adolescents d’évoluer au mieux, en déployant pleinement ses capacités intellectuelles et affectives.

img_1036Ce livre est vécu comme une révélation par de nombreux parents. Et pour cause, il aborde de façon très claire et abordable l’état des neurosciences affectives aujourd’hui. Dans son ouvrage, le Dr Gueguen commence par faire un état des lieux des relations adulte-enfant, le rôle de la société, du quotidien, de notre propre enfance. Puis, elle explique de manière simple et efficace de quelle manière est structuré le cerveau immature de l’enfant et ses conséquences sur ses interactions sociales, ses réactions et bien sûr, ses émotions. Un chapitre entier est consacré au stress et à ses conséquences sur le cerveau de l’enfant. Puis l’autrice s’intéresse aux neurones fuseaux, qui permettent la transmission de l’information, et neurones miroirs, qui jouent un rôle dans l’imitation et le déchiffrage des intentions et émotions d’autrui. Le livre aborde ensuite les molécules du bien-être et leur rôle dans la vie relationnelle, l’importance du jeu dans les rapports et apprentissages de l’enfant et enfin, un chapitre entier est consacré aux violences éducatives ordinaires (VEO) contre lesquelles l’autrice milite activement.

    • J’accompagne les émotions de mon enfant de Soline  Bourdeverre-Veyssiere

De façon générale, les émotions sont placées sur une échelle antagoniste, dans une certaines logique de dualité teintée d’une pointe d’héritage manichéen. Bonnes ou mauvaises. Agréables ou désagréables. Utiles ou inutiles. A favoriser ou à éviter. Il est intéressant de noter qu’elles apportent toutes une pierre à l’édifice de la construction de l’individu. 

img_6224Ce livre est une super entrée en matière pour aborder les émotions. Il commence par un chapitre consacré à la définition des émotions. Le second chapitre porte sur l’intelligence émotionnelle et explique à quel point il est important de la nourrir. Le chapitre 3 est pour moi le chapitre clé de l’ouvrage. L’autrice y aborde l’accompagnement dans l’apprentissage de la vie émotionnelle. Puis un chapitre dédié à l’école et enfin, un chapitre qui aborde les 4 émotions dites de base (colère, peur, tristesse, joie). 

L’ouvrage est assorti de très nombreux outils pratiques et ludiques afin d’accompagner les enfants dans leurs émotions. L’autrice cible pour chaque outil l’âge à partir duquel il peut être proposé à l’enfant et il y en a pour tous les âges. Ce que j’ai particulièrement aimé a été l’outil qui liste un vocabulaire très fourni d’émotions car force est d’admettre que nous, parents, disposons d’un vocabulaire et d’une palette plutôt pauvre en termes de vocabulaire des émotions. Dans la palette d’outils, il y en a vraiment pour tout le monde et notamment de nombreuses idées pour les enfants à partir de 3 ans, âge où commence généralement la reconnaissance et verbalisation des émotions. Il est également super fourni pour la tranche 5/6 ans et je vais sans faute ressortir le bouquin lorsqu’A. aura cet âge pour lui proposer certains des exercices qui l’aideront à coup sûr à encore mieux reconnaître et exprimer ses émotions.

Bref, pour ceux qui cherchent un ouvrage unique qui combine explications abordables et claires ainsi que des aides pratiques, n’hésitez pas une seconde ! 

  • Dessin animé Vice Versa

Vice-Versa-M6-Un-festival-d-emotionsCôté dessin animé, nous avons regardé avec A. le dessin animé Vice Versa et vraiment je recommande +++ ! Pour l’âge, tout dépend de la sensibilité de votre enfant. Nous l’avons visionné à 3 ans et demi car nous la sentions prête. Elle a beaucoup aimé, posé beaucoup de questions. Le dessin animé est vraiment bien fait et les émotions de base très bien expliquées. 

3 commentaires sur “Les émotions : comment accompagner nos enfants dans la reconnaissance et l’expression de leurs émotions ?

  1. Article très riche et très complet. Les retours d’expériences sont très intéressants, merci beaucoup ! On va pouvoir affiner notre sélection d’outils pouvant faciliter cet accompagnement. 😊

    Aimé par 1 personne

  2. Je termine enfin la lecture de cet article et je te remercie pour sa qualité. Je suis devenue fan de ton blog ! Merci de m’avoir fait découvrir tous ces outils pratiques et surtout la roue des émotions, je pense l’utiliser pour mon couple (bébé est trop petit pour le moment), ça peut aider en ce moment où on est tous les deux crevés. J’ai hâte de lire le prochain article !

    Aimé par 1 personne

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