BABI : 14 témoignages de mamans de bébés aux besoins intenses

Après avoir écrit un article plutôt général sur le sujet (que vous pouvez retrouver ici), qui se bornait à décrire et définir cette notion mise en avant par le Dr Sears en nuançant le propos quant à la question de l’origine du besoin intense mais sans réellement entrer dans le débat de la notion, je me risque ici à une conclusion de ma réflexion sur la notion de BABI. 

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La principale critique à l’encontre de cette notion est la crainte d’enfermer bébé dans une case, de lui apposer une étiquette qui transpose le problème sur bébé alors qu’il y aurait en fait un travail à faire sur le parent.

Cette étiquette pourrait entraînerait également le risque de passer à côté d’un trouble « fonctionnel » (RGO, syndrome de KISS, etc) en s’arrêtant et se satisfaisant de cette explication.

Finalement le plus gênant dans le terme BABI, c’est bien le terme lui-même. Ce qui est gênant, ce qui chagrine les professionnels, c’est la crainte du raccourcis, que les parents étiquettent leurs enfants sans prendre la peine de travailler sur le fond.

On ne peut qu’être d’accord, il ne faut pas s’arrêter à cette notion. Il faut éviter le « ah ouf, mon enfant est un BABI, je suis rassurée, je n’ai rien fais de mal et l’introspection s’arrête là ». L’identification doit être considérée comme une étape vers une introspection plus profonde : est-ce que les demandes, les besoins de mon enfant résultent d’une émotion, d’un comportement, visible ou refoulé que j’ai ou que je n’ai pas, d’un manque, d’un trop plein ?

Je m’interroge alors sur la nécessité d’étapes intermédiaires dans la réflexion qui accompagne une parentalité respectueuse des besoins de l’enfant ?

Car finalement, le parent qui ne cherchera pas plus loin que le bout de son nez et se contentera de la qualification BABI, aurait-il plus interrogé ses capacités en l’absence de qualificatif ? Alors que le parent qui est en réelle remise en question ne s’arrêtera sans doute pas à ce qualificatif, il y a fort à parier qu’il s’en servira pour creuser plus encore sa relation avec son enfant afin de la faire progresser.

D’un autre côté, je rejoins les professionnels sur le fait de dire que d’autres étapes intermédiaires peuvent exister et qui ne nécessitent pas forcément le passage par la notion de BABI, que la notion de BABI serait plus une déviation qu’une étape intermédiaire. C’est évidemment le risque avec toutes les étiquettes. Mais mon interrogation reste entière sur la question du déclic ? Comment provoquer ce déclic chez le parent ? Comment sensibiliser les parents et mettre les besoins de l’enfant au centre de la réflexion ?

C’est, selon ces professionnels, le problème avec les notions de type « BABI », « parentalité positive », etc. Elles empêchent, selon eux, de placer le débat et la prise de conscience à sa vraie place en le « polluant ».

Pourtant pour la notion de BABI, et avec tous les risques qu’elle comporte, je m’interroge sur le réel danger. Car j’ai l’impression qu’au mieux elle sera une étape pour un changement plus profond et au pire elle permettra à un parent désemparé de reprendre son souffle. Et même si ce dernier s’arrête à l’étiquette, ce sera toujours plus bénéfique qu’un parent démissionnaire qui est persuadé que son enfant est difficile et problématique.

Je vous partage une réflexion, je n’ai pas encore d’idée arrêtée sur la question.

Le terme BABI n’a-t-il pas au moins ce mérite-là, celui de faire réfléchir et de soulager les parents au bout du rouleau ? Ce n’est finalement pas tout blanc ou noir comme le dépeignent certains professionnels en fustigeant la notion. Certains omettent bien souvent la nécessité d’une étape intermédiaire plus « générique » qui mène au cheminement, à la réflexion sur soi.

C’est difficile d’accepter d’être l’origine de quelque chose, c’est difficile de se remettre en cause et c’est encore plus difficile d’admettre que notre façon d’être, nos émotions se répercutent sur celles de nos enfants qui, telles des éponges, absorbent les flux.

C’est encore plus difficile quand on est déjà bien avancés sur la route de la parentalité bienveillante, positive, respectueuse, non VEO, appelez-la comme vous voulez, parce qu’il est encore plus difficile d’accepter que malgré le travail que les parents fournissent sur eux-mêmes, l’enfant manifeste toujours des besoins exacerbés.

Alors parfois, pour que ce chemin se fasse, on a besoin de prendre la nationale plutôt que l’autoroute, sans pour autant considérer qu’il s’agit d’une déviation.

Une autre piste de réflexion consiste à s’interroger sur la réelle existence du BABI : finalement, tous les bébés ne seraient-ils pas des BABI ? Ceux dont on répondrait aux besoins, auraient confiance en leurs figures d’attachement et manifesteraient des besoins plus exacerbés que ceux dont les besoins demeureraient sans réponse.

Je ne sais pas.

Peut-être également que tout n’est qu’une question de tempérament.

Plusieurs interrogations restent ouvertes. Et je pense qu’un jour je retravaillerai l’article du blog lorsque mes réflexions sur le sujet auront mûri.

En attendant, et parce que ça fait toujours du bien de savoir que l’on n’est pas seules, je vous propose 14 témoignages de mamans qui ont accepté de se confier sur les besoins de leurs enfants et leur façon d’appréhender ces besoins.

Témoignage de Flora infirmière anesthésiste en pédiatrie et maman solo de Robin 16 mois :

img_7789« Après avoir passé 10 jours à la maternité pour infection materno fœtal où on avait trouvé un petit rythme, le retour à la réalité fut difficile. Je me suis retrouvée avec un bébé impossible à poser jour et nuit. Le seul fait d’aller aux toilettes était une mission. J’avais ce petit bébé qui me semblait tellement différent de tous ceux que j’avais croisé. Il hurlait en voiture, en poussette. Je ne comprenais pas, normalement un bébé ça dort ! Et encore plus en voiture ou en ballade en poussette ! Je passais mes nuits sur Google, au bout d’une énième recherche ou j’ai tapé « mon bébé veux les bras mais me repousse », je suis tombé sur la « définition » du BABI et là je me dis mais c’est fou, on dirait mon fils (à part le fait de crier fort/pleurer et les problèmes nocturne et oui il se réveillait deux fois à l’époque et à heure fixe, ça n’a évidement pas duré !). J’ai fini par arriver à le poser la nuit à force de persévérance à côté de moi ou blotti contre moi. J’ai passé ses 3 premiers mois à lutter contre lui car il commençait à la crèche et j’avais peur, peur qu’il ne dorme pas (ne dormait qu’en écharpe), peur qu’on le laisse pleurer toute la journée etc.. Je voulais qu’il s’endorme seul etc.. Je n’ai évidement jamais réussi. Jusqu’à ses 8 mois si je le posais 15 min sur un week-end c’était exceptionnel ! 8 mois c’est l’âge ou il s’est mis debout. J’ai finis par vendre la poussette, lire tout un tas de livre sur le maternage proximal, arrêter le lit à barreau et passer en cododo exclusif. A 16 mois je le porte beaucoup moins mais chaque seconde passé ensemble lui sont consacrées, il progresse tranquillement dans son sommeil, la crèche se passe très bien, il a marché à 12 mois, toujours allaité, pleure très rarement, très sociable mais reste très intense au quotidien. Avec du recul et mes différentes recherches, je me dis que c’est juste un enfant normal et que les autres s’adaptent mieux à notre société. »

Témoignage de Valentine, maman d’Eva 15 mois : 

img_7790« On a m’a dit qu’Eva était compliquée. Qu’elle a « son petit caractère ». Beaucoup ont halluciné lorsque je leur ai expliqué notre rythme. Il m’est arrivé de me faire traiter d’esclave et souvent je ne me suis sentie ni comprise ni respectée. Déjà à la maternité, il m’était impossible de la déposer dans son lit. J’ai passé 4 nuits sans dormir, tétanisée à l’idée de l’entendre pleurer et trop angoissée pour me laisser aller à dormir avec elle. A notre retour, j’ai pu me reposer mais la journée je survivais, bloquée avec elle contre moi, tétant, dormant. Je ne pouvais pas la laisser dans une chambre ni dans un lit. Eva dormait sur son père ou contre moi. Les mois ont passé. A partir de 8 mois, elle a commencé à apprécier de jouer seule et feuilleter ses livres, mais il faut que je sois près d’elle, par terre, prête à la câliner. La nuit, il est impossible de la laisser dans sa chambre ou dans son lit, la plupart du temps mon bébé dort en tétant contre moi. Vivant loin de nos familles et amis, jamais Eva n’a été gardée par quelqu’un d’autre. Jamais je n’ai pu déléguer ou prendre plus d’une heure pour moi. Mais depuis longtemps, j’ai accepté ce mode de vie et il me semble naturel. Si naturel, que lorsque ma pédiatre m’a annoncé qu’Eva était un BABI, il y a quelques mois, j’ai été surprise. Pour moi, je ne faisais que mon rôle de parent : la protéger, la nourrir, répondre à ses besoins. A mes yeux, Eva n’est pas un enfant difficile ou fatiguant. Elle est elle-même et mon devoir est de l’accompagner, de lui tenir la main afin qu’elle s’épanouisse. Un bon parent est un parent qui s’adapte à son enfant. Ça n’est pas à nos bébés de s’adapter à nos vies ou à notre rythme. Aujourd’hui, elle a 15 mois. On dit d’elle qu’elle a son « petit caractère ». Moi je ne vois qu’un bébé plein de vie, qui rit aux éclats, hurle lorsqu’elle veut téter, s’aventure partout, dévore les livres, s’émerveille devant les animaux, pleure lorsqu’on la touche sans lui demander. Vous pensez qu’elle a des besoins intenses. Pour moi, Eva a ses propres besoins et je ne veux pas qu’on la mette dans une case. Eva est un soleil et je me sens chanceuse d’être sa maman ».

Témoignage de Diane, maman de S, 13 mois :

img_7791« Dès la maternité, nous nous sommes rendus compte que notre petite S. était hypersensible. Elle sursautait très facilement au moindre bruit, avait besoin d’être longtemps bercée, prise dans les bras, ne pouvait téter que dans un calme absolu, avait un besoin constant d’être apaisée contre nous. Nous avons très vite compris qu’il faudrait l’accompagner en douceur, limiter les stimulations et répondre à ses besoins intenses. Ses cycles de sommeil étaient très courts, elle ne dormait quasiment qu’en portage ou dans les bras, tétait très fréquemment et était facilement sur-stimulée. Les 3 premiers mois furent physiquement et émotionnellement éprouvants, il faut le dire. On tâtonnait, on s’interrogeait, on doutait aussi.. Et puis le terme de BABI est sorti. Une pédiatre du lactarium, que j’étais allée consulter, épuisée, me demandant si ce rythme de tétées n’était pas en fait dû à un problème de lactation (il s’est avéré que non. S. étant étant fortement stimulée la journée, en oubliait de téter et se rattrapait toute la nuit). Nous n’aimons pas trop les étiquettes, mais ce terme nous a permis de mettre un mot sur notre quotidien, de comprendre. Il nous a permis aussi de garder le cap face à des conseils et des remarques du genre « il faut l’habituer à (au bruit, s’endormir toute seule, rester tranquille sur son tapis d’éveil, ne pas trop téter et j’en passe). Mais nous nous sommes informés sur le développement de l’enfant. Puis nous avons vite compris que nous sommes ceux qui connaissons le mieux notre fille, que le parentage proximal est ce qui lui convient le mieux et nous permet de vivre en harmonie tous les trois. Nos piliers : tétées à volonté, cododo, portage, écoute, lâcher prise, et beaucoup de verbalisation. Lorsque j’entends que les BABI sont des enfants difficiles, je ne suis pas d’accord. Ma fille n’est pas difficile, ce sont certaines choses qui pour elle sont difficiles, parcequ’elle vit tout à 100%, tous les sens affûtés. C’est à nous de l’accompagner pour qu’elle puisse vivre tout cela sereinement. Elle a aujourd’hui 1 an, nous répondons tjrs pleinement à ses besoins et c’est une petite fille souriante drôle, curieuse, sociable et heureuse ».

Témoignage d’Aude, maman de Nathan 12 mois :

img_7792« Nathan est mon premier enfant. Il est né un petit peu plus tôt que prévu suite à une menace d’accouchement prématuré. Il a eu une période où il était très difficile de le réveiller. Depuis le terme prévu, il est devenu quelqu’un d’autre : il est très sociable, toujours souriant et très investi. Il est irréprochable pour un bébé mais même en tant que personne adulte chez les autres : pas un cri si on ne l’encourage pas à le faire, il peut rester assis sur mes genoux à écouter les autres parler des heures, que des sourires, il semble plutôt arrangeant avec les autres. Il est qualifié de toutes les qualités possibles après plusieurs heures en sa compagnie. Les visites chez le pédiatres disent toujours la même chose, petit gabarit, petit dormeur, mais très éveillé et très tonique. Il fait les choses en temps et en heures, il se fait comparer à mes frères et sœurs. Il ne supporte juste pas d’être allongé sur le dos. Impossible pour lui : il hurlait de douleur dès que son dos touche même le plus doux des tissus, alors on s’arrange autrement. Nathan a toujours adoré l’eau. Il est inscrit aux bébés nageurs depuis plusieurs mois et on ne rate jamais une séance. Il nage avec une frite sous les bras depuis quelques semaines, et les maîtres nageurs étaient très étonnés de la vitesse avec laquelle il se développait. Par contre, en vacances, il ne supporte pas de toucher le sable, mais c’est vrai qu’il a des petites manies : il ne supporte pas d’avoir les mains sales, ou des choses qui touchent ses pieds. Il a besoin d’avoir quelque chose de dur devant lui avant d’avancer. Nathan c’est quelqu’un de juste et de droit. Il ne fait pas les choses à moitié. Il est toujours souriant. Il ne rit pas, il se tord de rire. Il a une horloge dans le ventre d’ailleurs, à 12h15 il se tord de faim, à 22h00 il tombe endormi. Mais le moindre bruit, la moindre lumière le réveille, c’est qu’il a l’ouïe fine ! Les horaires sont sacrés. Et si on dépasse d’une minute plus rien ne le calme. Je me réinvente pour réussir à apaiser la tempête qu’il a laissé sortir. De même lorsqu’il se réveille la nuit, s’il n’arrive pas se rendormir seul il faut être prêt, parce qu’il n’arrive pas se calmer seul. On lit la fin du monde dans ses petits yeux bleus. Chaque émotion le submerge pour le meilleur comme pour le pire. Lorsqu’un jour, j’ai voulu parler de mon quotidien à quelqu’un d’autre que mon compagnon, j’ai eu le droit à beaucoup de jugements sur Nathan et sur mon éducation : c’est un comédien, il en profite, il cache bien son jeu cet enfant difficile, je ne devrais pas le porter en portage ou à bras, je me laisse mener en bateau, ça ne sera jamais mieux tant que je ne sèvre pas, il peut bien pleurer un quart d’heure puisqu’il se calme ensuite que dans mes bras, c’est à la limite si je ne savais pas être mère ! Alors je ne parle plus de mes difficultés qu’avec ceux et celles qui comprennent. Et qui ne juge pas un bébé sur ses difficultés. Aujourd’hui, à la veille de ses un an, je suis plus apaisée parce que j’ai compris. J’ai compris qu’il n’y a pas d’étiquette pour le stigmatiser. Qu’il est un bébé et n’a pas de problème médical. Mais il n’est pas réduit à quelqu’un en bonne santé : il a besoin de moi, d’être rassuré et apaisé. Peut être plus que les autres enfants de son âge. Mais ça ne me dérange plus de m’organiser autour de lui, de ne pas avoir l’intérieur rangé parfaitement de mes rêves. De pleurer de fatigue parfois le soir entre son coucher et le retour de mon conjoint : j’ai le droit de me sentir dépassée. C’est mon investissement sur l’avenir. Plus tard il sera bien dans sa peau et heureux : c’est là mon rôle de mère. »

Témoignage de Laura, maman de Charlotte, 7 mois et demi :

img_7793« Charlotte est née à terme par césarienne, elle n’arrivait pas à s’engager dans mon bassin. Au fil des premières semaines j’ai remarqué qu’elle pleurait énormément, après un diagnostic de classiques «coliques» puis léger RGO, je voyais bien qu’il n’y avait pas que ça. Impossible de la poser sans cris voire qu’elle râle. 1/2/3 ou 4h pour l’endormir et des siestes de 10 minutes..des débuts bien difficiles. Finalement après quelques recherches sur Internet (j’étais contre au départ) je me rends compte qu’elle a beaucoup de signes du syndrome de Kiss, hyper extension, troubles du sommeil, difficultés pour prendre le sein gauche et pincement lors des tétées, inconfort.. J’ai donc pris rdv chez le spécialiste belge du syndrome qui me l’a bien confirmé. Dès la première manipulation, énorme changement mais c’est vraiment à la 2e séance que j’ai vu la différence! Enfin des sourires, des rires! Un tout autre bébé ! J’en aurais pleuré de joie ! Bref, je suis bien contente de m’être écoutée tant pour le rdv que d’être restée à ses côtés à essayer de l’aider malgré l’épuisement, les cris et les pleurs car elle souffrait vraiment (et ce n’était pas des «caprices»!). On croise les doigts que ça continue à bien aller. »

Témoignage d’Ophélie, maman de Maël, 18 mois :

img_7794« BABI ou bébé aux besoins intenses. Je n’aime pas ce terme. Cette étiquette que l’on colle aux enfants. Selon moi un enfant a des besoins parfois intenses auxquels la faim ou le change ne peuvent pas répondre. Mais pourtant, force est de constater que Maël a des besoins de contact, de réassurance et d’adaptation plus importants que la plupart des enfants de son âge. Il est extrêmement exigeant. Impatient. Intransigeant. A 17 mois, Maël est incapable de s’endormir seul et la majeure partie du temps au sein. Quand les nuits sont bonnes, il dort par tranche de 2h avant le prochain réveil lacté auquel je dois répondre au risque de déclencher une colère monumentale et explosive. En journée, il a besoin que je sois constamment auprès de lui. Il joue très peu seul, ça dure au mieux 10min. Les séances de jeux finissent toujours au sein. Le quotidien avec Maël est…intense. Il laisse peu de place au répit. Ses émotions sont parfois difficiles à entendre car elles se manifestent directement par des cris et gros pleurs. Nous, parents sommes épuisés physiquement et moralement. Parfois démunis face à autant d’intensité. Mais Maël est aussi un soleil dans notre quotidien. C’est le genre d’enfant qui explose de rire face à tes pitreries, qui serre les poings de bonheur lorsqu’une émotion positive le submerge. C’est aussi le genre d’enfant qui te ferait presque mal tant il t’enlace pour te faire un câlin. Plusieurs dizaines de fois par jour. Qui fait preuve d’une empathie incroyable à l’égard des autres, au point de pouvoir pleurer parce qu’il voit un copain pleurer. C’est enfin l’enfant plein de vie qui est curieux de tout. Qui ne s’arrête pas une seconde, hormis quand il dort (peu !) pour découvrir de nouvelles choses. Il veut apprendre, toucher, manipuler, sentir. A outrance. Mais qu’est-ce que c’est bon ! Autant que ça en est épuisant ! Je voudrais conclure en disant que nous avons parfois besoin d’être entendus quand on dit que notre enfant est intensément demandeur. Nous n’avons pas envie que vous balayiez nos propos par des « c’est normal, un enfant c’est épuisant ». Il faut véritablement le vivre pour le comprendre.. »

Témoignage d’Anaïs, maman de Gabriel, 11 mois :

img_7795« Dès la maternité nous avons entendu « Dis donc il a du coffre ce petit ! ». Je ne sais pas si Gabriel est ce qu’on appelle un bébé avec des besoins intenses, ce qui est sûr, c’est qu’il exprime ses émotions de façon intense. Il s’est toujours exprimé avec cris et hurlements quand quelque chose ne va pas. Mais il a également souri et ri aux éclats très tôt. On ressent beaucoup de sensibilité chez lui, et de grands bouleversements quand une émotion le traverse. Cela entraîne effectivement un besoin d’accompagnement pour traverser ces émotions négatives. On essaye d’y répondre en étant présents (ne jamais le laisser pleurer seul dans son coin, surtout quand il se réveille en sursaut de sa sieste), on lui explique ce qu’on pense qu’il ressent, on lui parle beaucoup dans ces cas-là (cela l’a souvent plus apaisé qu’une berceuse), quand c’était encore un nourrisson, un bruit blanc l’a souvent aidé à se recentrer quand il montait trop haut. Il a également beaucoup déstabilisé son assistante maternelle au départ, celle-ci se sentant désemparée car elle n’arrivait pas à calmer une sorte de colère quasi-permanente. Gabriel n’a que 11 mois..On ne sait pas encore ce que ça donnera par la suite, mais on ose croire l’accompagner de notre mieux pour lui apprendre à gérer ses émotions et donc exprimer ses besoins aussi intenses soient ils, le plus sereinement possible, avec ou sans nous. »

Témoignage de Laurie, maman de Noé 15 mois :

img_7796« Depuis tout petit, notre fils a eu un besoin de proximité important. Nuit en cododo avec endormissement au sein, siestes en porte bébé uniquement, nombreux réveils nocturnes.. Cela ne nous a jamais posé problème, au contraire j’adorais ces moments, cette bulle de tendresse avec notre bébé. En grandissant, et surtout au début de la marche, cela a commencé à être un peu plus compliqué à gérer, nous nous sentons souvent dépassés. Notre petit garçon est une vraie pile, il ne s’arrête jamais. Il court sans cesse, escalade tout, crée des dangers là où il n’est pas censé y en avoir.. Il ne se pose jamais. Il vit et exprime ses émotions de manière très intense. Son besoin de proximité est toujours fort, nous restons près de lui pendant ses siestes et pendant l’endormissement. Il dort maintenant dans son lit, encore dans notre chambre, et demande généralement à rejoindre notre lit en milieu de nuit. Cela a généré beaucoup de questionnement et d’incertitudes. Et si c’était nous, parents, qui n’avions pas les épaules suffisantes ? Et si nous avions « généré » cela en étant trop à l’écoute de ses besoins ? Mais comment pourrait-on être trop à l’écoute des besoins d’un bébé ? Alors nous avons pris du recul et observé notre bébé. Et ce qu’on remarque, avant tout, c’est un enfant qui respire la joie de vivre, un enfant gentil et empathique, curieux de tout, drôle… Ses besoins, si intenses soient-ils ne viennent pas de l’éducation que nous avons choisi. Ils font juste partie de lui, à nous de composer avec et de nous adapter ! Ce n’est pas toujours simple, parfois la fatigue prend le dessus mais le voir si épanoui nous conforte dans nos choix! »

Témoignage de Lucy, maman de Sandro, 9 mois :

img_7797« J’ai eu une grossesse surprise avec MAP à 27 SA. Grossesse plutôt stressante ou chaque mardi j’avais rdv avec mon gynécologue pour savoir si bébé devait recevoir la piqûre pour les poumons..raison de ses besoins aujourd’hui intenses ou non, nous ne saurons jamais. J’ai énormément lu avant et pendant la grossesse sur la psychologie et les besoins des bébés/enfants. Sujet qui me passionne. Nous étions déjà tournés vers un maternage proximal avec le papa..et fort heureusement!! Sandro est né presque à terme, un bébé en pleine forme, mais qui, même à la maternité, refusait qu’on le pose. Nous avons immédiatement répondu à tous ses besoins, naturellement. Plus les jours passent plus ceux-ci devenaient intenses, impossible de le poser, de le mettre dans un transat, de lui faire faire sa sieste seul. Jour et nuit il était collé exclusivement à moi jusqu’à ses 3 mois où il a accepté aussi les bras de papa sans pour autant s’endormir avec. Notre quotidien jusqu’à ses 7/8 mois on été cododo collés, écharpe de portage la journée pour se promener, dormir, et toujours beaucoup d’attention. C’est également un bébé qui refuse la poussette et la voiture. Chose dont on a beaucoup été surpris au début. Nous avons été exténués, à bout, il faut l’avouer face à ce bébé qui nous demande énormément. Mais c’est un petit garçon plein de vie, qui sourit toute la journée, pleure très peu (oui oui on répond à tous ses besoins et ça règle tout ou presque), il est curieux, un vrai rayon de soleil. Ça a été difficile au début car très différent des bébés autour de nous, mais nous ne changerions notre fils pour rien au monde, tout est intense, et l’amour qu’il nous apporte aussi. »

Témoignage de Sabrine, maman d’une petite fille de 12 mois :

img_7798« Nous avons tout de suite remarqué que tu étais un bébé particulièrement éveillé. Tu nous fixais de tes grands yeux perçants, tu souriais à la voix de ton père.. Tu étais un bébé si calme que ça en impressionnait tout le monde. Et puis un jour, tout à basculé. Tu as littéralement arrêté de dormir à 1 mois, avant de retrouver petit à petit le sommeil..uniquement sur moi. Tu me faisais comprendre que tu avais besoin de moi pour te sentir suffisamment en sécurité pour baisser ta garde et te reposer. Mon bébé glouton, ou bébé morfalou comme j’aimais t’appeler. Impossible de prendre une douche, d’étendre une machine ou de finir un repas sans que tu ne réclames à téter. Un besoin constant d’être rassurée. J’ai longtemps culpabilisé, je me demandais pourquoi moi je ne m’en sortais pas avec un seul bébé alors que je voyais des mamans épanouies à tête de leurs tribus. Et puis, je me suis rendue compte que notre situation n’était pas banale. Le jour où on m’a confirmé que tu étais une BABI, un bébé aux besoins intenses, mon bébé aux besoins intenses, tout le poids sur mes épaules et dans mon coeur s’est envolé ! J’ai enfin eu le déclic pour apprendre à t’apprivoiser, à m’adapter à toi. Cette proximité et cette exclusivité n’ont fait que renforcer notre relation. C’est parfois (souvent) épuisant, mais je sais, mon amour, que tu en as besoin. Je vois bien que plus tu es réconfortée, plus tu trouves la force nécessaire pour évoluer. Je suis ta maman et je n’aurais de cesse de t’apporter tout l’amour, toute la tendresse, toute la douceur dont tu as besoin pour grandir et t’épanouir. Je suis tellement fière de toi, ma fille. Petit à petit, je te vois prendre suffisamment confiance en toi, grâce à ta confiance en moi, pour évoluer. Jour après jour, tu me surprends. Jour après jour, tu m’impressionnes. »

Témoignage de Lisa, maman d’Aaron 11 mois :

img_7799« Après deux jours de travail, Aaron arrive enfin ! On a passé un peu plus d’une semaine à la maternité, et déjà, j’avais compris que ce n’étais pas un gros dormeur, rien à voir avec les bébés de mon entourage..Il ne dormait pour ainsi dire pas, plus d’une vingtaine de tétés dans la journée, et la nuit une dizaine, il passait ses journées entre mes bras et mon sein, les siestes..3 ou 4 de 10 minutes, j’en ai entendu des.. « Laisse-le, il va tomber d’épuisement « , « Tu le prends trop » et j’en passe..J’ai toujours été une anti cododo.. Et puis une semaine après sa naissance, il a quitté son lit qu’il ne supportait pas et a fini dans mon lit. J’ai acheté une écharpe de portage, et je n’ai écouté que mon fils et ses besoins.. Et je le porte très très souvent, il dort avec moi, et si j’ai le malheur de quitter la pièce sans lui.. Je suis suivie, je ne peux rien faire sans l’avoir avec moi, ou dans les bras.. Je me suis posée un tas de questions jusqu’à ce que je commence à me renseigner et à me faire confiance avant de réaliser que mon fils étais tout à fait normal et que je ne faisais pas mal les choses, j’ai juste un bébé qui a besoin de moi et de mes bras. »

Témoignage d’Amandine, maman d’Adam, 12 mois :

img_7800« Adam est un enfant qui aime bouger, il est actif, il aime beaucoup que l’on joue ensemble, il rigole facilement, c’est un bébé qui aime découvrir de nouvelles choses. C’est un enfant qui dort peu en journée, si je le laisse faire une sieste « seul » une fois qu’il s’est endormi c’est comme si son radar se déclenchait lorsque je m’éloigne et il se réveille. Rares sont les siestes de plus de 30 minutes. Par contre en portage, il peut dormir 2h, plusieurs fois dans la journée. En voiture c’est souvent compliqué, il arrive tout de même à s’endormir quelques fois mais souvent il chouine, pleure et il continuera tant qu’on ne l’a pas enlevé. Ce qui me semble difficile c’est ce besoin perpétuel de contact, de prise aux bras, je m’en veux à l’idée même de penser cela alors l’écrire est pour moi si difficile mais je pense qu’il ne faut pas avoir honte. 12 mois que je ne peux pas me rendre aux toilettes ou prendre un petit déjeuner parce qu’il a besoin de mes bras. Évidemment je le fais car je suis à son écoute et mes besoins passent après mais parfois cela me pèse. Heureusement, il aime passer des moments avec papa et cela me permet de m’accorder du temps pour faire du sport ce qui me permet de décrocher un peu depuis peu. Chaque chose en son temps évidemment aujourd’hui c’est ainsi mais nous savons que ce n’est que passager. »

Témoignage de Laetitia, maman de Lily-Rose 18 mois :

img_7801« Dès la naissance de Lily-Rose, j’ai senti que quelque chose était différent. Ses premières tétées duraient entre 6 et 7h. Je ne pouvais pas la poser. J’appelais les infirmières la nuit pour pouvoir aller aux toilettes, elles me la portaient. Elle sursautait au moindre bruit. Dès que la porte s’ouvrait, elle se réveillait et pleurait. De retour à la maison, ça a continué. Peu de sommeil, très vite réveillée. Un bébé très « éveillé » comme on me disait. J’ai vite investi les moyens de portage et elle y passait sa journée. C’est simple, je ne pouvais JAMAIS la poser. Jamais. Je ne pouvais pas non plus m’asseoir. Il fallait toujours que je sois en mouvement. Sinon elle pleurait. Elle n’a jamais voulu aller dans sa poussette. Les trajets en voiture étaient pénibles pour elle comme pour nous. Et ça a continué… Aujourd’hui elle a 18 mois. Chaque jour, il faut sortir sans exception. Il faut toujours faire de nouvelles choses et bouger. Elle fait son petit programme (elle parle très bien) et met son manteau. Je ne peux jamais aller aux toilettes seule, prendre une douche seule est très rare. Je n’ai pour ainsi dire, aucun temps pour moi. Aucun répit. Aucun. Il fait le vivre pour le comprendre. Je vis à 1000 à l’heure, pour elle et avec elle. Lily-Rose vit toutes ses émotions de manière exacerbée. Sa joie comme sa tristesse sont d’une intensité communicative. Tout comme son amour, sa bienveillance avec autrui et son empathie. C’est une merveilleuse petite fille qui épate les gens par sa franchise, sa joie de vivre, son énergie, son autonomie..Mais qui nous épuise aussi chaque jour. Le sommeil est encore très compliqué. Les nuits sont courtes et hachées. Plusieurs réveil..jusque 20. J’ai découvert le terme de BABI vers ses 6 mois. Ça été pour moi une bouée de sauvetage, à un moment où je coulais littéralement.. Non ce n’était pas ma faute. Je pleure souvent, d’épuisement, de « pourquoi moi », d’impuissance face à tant d’énergie. Et je pleure aussi souvent d’amour, car de l’amour elle en a à revendre. Son cœur en déborde… »

Témoignage de Chrystelle, maman de jumeaux de 24 mois :

img_7802« A la naissance de mes jumeaux et au fil des semaines, j’ai bien senti que mes bébés avaient des besoins particuliers. Je n’arrivais jamais à les poser, ils passaient 24h/24 greffés à mes seins, j’ai d’ailleurs dormi 5 mois en position assise avec mes deux chéris dans le creux de mes bras. Les journées étaient toutes aussi intenses que les nuits, si j’avais 2 min les mains libres pour manger un bout de pain j’étais heureuse. Nous nous sommes d’abord demandés si ce n’était pas dû à un reflux en consultant de nombreux spécialistes mais tous nous ont répondu que non. Nous avons également consulté un ostéopathe, un micro kiné et actuellement nous testons la kinésiologie. L’ostéopathe nous avait dit à leurs 3 semaines de vie que Gabriel serait un bébé avec un besoin de contact très important, effectivement, il avait vu juste. C’est parfois déroutant, on se demande pourquoi notre enfant est si «angoissé ». Mais j’ai appris à me dire que ce n’était pas de ma faute et qu’il fallait que je lâche prise. En grandissant, j’ai réussi à les poser de plus en plus mais encore aujourd’hui, à 2 ans, ils ont un besoin de contact très important. Leur hypersensibilité est, pour moi, une force qu’ils apprendront à maîtriser en grandissant. Ce sont déjà des petits garçons dotés d’une grande empathie et très soucieux des autres. Alors oui, ils ne dorment toujours pas la nuit, le sevrage est pour l’instant difficile à envisager mais je suis fière de mes deux petits gars! »

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