Comment choisir son mode de garde ou la personne qui va s’occuper de mon enfant ? Pistes et témoignages

C’est LA grande question de tout parent qui doit reprendre le chemin du travail…

Comment choisir son mode de garde ? Crèche, assistante maternelle, garde partagée, autant de possibilités. Parfois, on n’a pas le choix, il n’y a pas de place en crèche, ni chez l’assistante maternelle alors on se voit contraint de se tourner vers une garde à domicile simple ou partagée avec une autre famille. Et dans ce cas, ou dans le cas de l’assistante maternelle, comment choisir la personne qui va s’occuper de mon enfant ? Comment peut-on être surs de ne pas s’être trompés ?

Le souci en France, c’est que la durée du congé maternité est si courte que les parents se trouvent contraints, souvent avant même la naissance de bébé, d’avoir déjà solutionné la question du mode de garde.

Or, on sait à quel point la naissance de bébé peut bouleverser nos principes, à quel point elle entraîne une matrescence chez les parents et à quel point nos critères peuvent être différents avant et après la naissance…

Souvent aussi, on se retrouve devant un marché de l’emploi tellement tendu qu’on a tout simplement l’impression de ne pas avoir le choix. On peut aussi être dans la situation où notre lieu de domicile ne nous laisse guère d’alternative. La peur de « ne pas trouver » finit vite par passer au-dessus d’un bon nombre de nos critères et au risque de s’en mordre les doigts derrière.

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Et quel parent ne serait pas stressé ! Il y a tellement de choses à prendre en compte, la tâche n’est vraiment pas aisée, et ce, pour plusieurs raisons :

  • Nous allons confier la prunelle de nos yeux
  • Nous allons confier le plus souvent un tout petit bébé, très souvent de moins de 6 mois
  • Nous ne connaissons même pas encore notre enfant
  • Nous ne connaissons même pas encore le parent que nous serons dans les mois qui vont suivre

Ces données rendent la tâche très difficile et à risque pour la suite. La peur de se tromper, la peur de nuire à notre enfant par méconnaissance, couplée le plus souvent au stress de la reprise.

A ces données s’ajoutent des données RH, nous allons devenir employeur, entrer dans un rapport employeur/employé. Dans le cas des crèches, nous allons entrer dans le cadre d’une structure avec des règles bien définies et à flexibilités variables.

Puis on part aussi avec ses propres préjugés, je vous partage sans honte les miens : les crèches sont bruyantes, les dames laissent les enfants pleurer, les enfants sont toujours malades, les nounous qui traînent au parc sans regarder les enfants, les nounous au kit main libres greffé à l’oreille, et j’en passe. Puis les histoires des uns et des autres aussi qui finissent de nourrir nos propres préjugés.

Finalement, entre l’angoisse du parent tout neuf de confier son bébé tout neuf et tout ce qui précède, il ne reste que peu de place pour la confiance et la sérénité…

Alors comment faire ?

Je n’ai pas de solution miracle. De notre côté, nous n’avions pas eu de place en crèche et nous avons opté pour la garde partagée à domicile avec une autre famille (2 familles qui partagent la même nounou). Le choix a été assez facile car le feeling est assez bien passé avec notre nounou pendant l’entretien pour les deux familles. Nous aimons à croire qu’elle a été bienveillante avec notre fille bébé, de toute façon nous ne le saurons jamais. Nous ne le saurons jamais car nous ne l’avons jamais espionné ou fliqué et qu’il est scientifiquement prouvé qu’un enfant peut développer un lien d’attachement même avec une personne qui le maltraite (je ne dis absolument pas qu’elle a maltraité ma fille, je n’y crois pas une seconde mais l’argument de « mon enfant ne pleure pas », ne signifie pas forcément que l’enfant se sent bien avec son gardien). Finalement, elle nous a planté comme des crottes au bout de 2 ans et demi quand le bébé est devenu bambin et qu’il a fallu s’impliquer davantage en termes d’activités et accompagnement. Et ça rien ne présageait de cette issue lorsque nous avons conclu notre contrat avec elle. J’ai pas mal de regrets, notamment celui de n’avoir pas fait d’adaptation avec notre fille, on a fait qu’une demi journée… Mais c’était à elle de nous guider, nous ne savions rien…

Avec du recul, je m’en veux un peu. Je m’en veux d’avoir confié ma fille à une totale inconnue. Je m’en veux de l’avoir confiée à une inconnue sans avoir fait d’adaptation ensemble. Je m’en veux de ne pas avoir été plus sure de moi. Je m’en veux de l’avoir confiée à une personne qui n’avait aucune connaissance en neurosciences. Je m’en veux de l’avoir confié à une personne que ça gonflait de lui expliquer les choses. Je m’en veux de l’avoir confié à une personne qui finalement n’y connaissait pas grand chose, voire rien, en psychologie de l’enfant et qui n’a jamais manifesté aucun intérêt pour évoluer, se former. Cette personne ne lui a sans doute pas fait de mal et ma fille a sans aucun doute passé de chouettes moments avec elle, mais maintenant qu’on fait le bilan, elle ne lui a pas apporté beaucoup non plus et l’aura quitté sans même lui dire au revoir alors qu’elle aura tant compté dans sa courte vie.

Je m’en veux mais je me pardonne car je ne savais pas à l’époque. Moi-même je ne savais pas tout cela. J’ai appris avec et aux côtés de ma fille, je me suis documentée, j’ai pris du recul. Aujourd’hui, il ne me viendrait plus à l’esprit de confier ma fille à une personne qui n’a aucune connaissance en neurosciences. Il ne me viendrait plus non plus à l’esprit de ne pas faire une adaptation d’au moins 2 semaines et d’être là, présente, pendant cette adaptation.

Alors comment faire pour faire le bon choix ?

Sans doute que vous serez dans la même situation que moi ou avec un peu de chance, vous aurez lu plus de choses que moi et serez plus à l’écoute de vos besoins et de ceux de votre enfant. Et auquel cas, malheureusement votre angoisse sur le gardien sera sans doute encore plus grande…Le revers de la médaille du parent informé !

Quelques pistes de réflexion :

  • être clair avec ce que vous souhaitez et vos « deal breakers » et ne pas lâcher sur vos principes. Evidemment, veillez à faire une liste « entendable » pour un gardien et qui ne contiennent que des points essentiels. On s’en fiche si elle refuse les grignotages entre les repas, notre enfant s’y fera. Par contre, les punitions, le laisser pleurer, etc sont des sujets sur lesquels vous devez être au clair avec vous même et avec le/les gardiens.
  • projetez vous. Ne vous contentez pas de poser des questions liées à la toute petite enfance si vous savez d’ores et déjà que votre enfant passera potentiellement plusieurs années avec cette personne. La personne peut être contre le laisser pleurer mais in fine vous parler de discipline, de nécessité de mise au coin etc.
  • le feeling : évidemment en premier lieu, le feeling. Si vous ne sentez pas la personne, tournez les talons. Ça a l’air tout bête comme conseil mais ne vous laissez pas impressionner par l’expérience d’une personne si vous ne la sentez tout simplement pas. Idem pour la collectivité, si vous ne sentez pas l’équipe ou le cadre…tournez les talons.
  • les recommandations : ne vous arrêtez pas à des recommandations papier. Appelez les anciens employeurs et tentez d’avoir plusieurs retours pour pouvoir vous faire votre avis.
  • pour les lieux collectifs, une discussion préalable avec le directeur/ la directrice de l’établissement peut être une bonne solution afin de se renseigner sur les règles et la flexibilité du lieu.
  • Prenez la période d’essai pour ce qu’elle est : une période d’essai. On a le droit de se tromper et c’est tout l’intérêt d’une période d’essai. Ça vous évitera à vous, votre enfant et à votre gardien des déconvenues plus tard.
  • l’adaptation est essentielle. ESSENTIELLE. Elle doit se faire en votre présence. Non, votre enfant ne va pas mieux s’adapter s’il ne vous voit pas. Mettez vous 2 secondes à sa place : vous l’emmenez dans un endroit qu’il ne connait pas, chez une personne qu’il ne connait pas et vous disparaissez ! Il a besoin d’intégrer l’endroit, de vous voir interagir avec le personnel et non de se sentir abandonné par sa seule figure d’attachement.

Le plus difficile : lutter contre l’angoisse du « je ne trouverai pas mieux ». Vous trouverez. Ça nécessitera peut être des aménagements petits ou grands, un temps de latence, un peu de stress supplémentaire mais vous trouverez. Vous vous en voudrez bien plus d’avoir laissé votre enfant avec une personne qui n’a pas écouté ses besoins que d’avoir galéré un moment avant de trouver la bonne personne. 

Au niveau du gouvernement, une prise de conscience a eu lieu sur la période 4 mois-2 ans avec l’initiative des 1000 premiers jours (plus d’infos ici et ici).  Cette réflexion  globale comprend une réflexion sur le fonctionnement des modes de garde. La demande du président ouvre une réflexion à plus long terme, puisqu’il s’agit de dessiner ce que pourrait être un nouveau service public de la petite enfance. En termes quantitatifs mais surtout qualitatifs. Reste plus qu’à espérer que les établissements d’accueil collectifs soient associés à cette réflexion et que quelque chose de concret finisse par en découler.

Loin de moi l’idée de nourrir votre angoisse, j’ai regroupé ci-après des témoignages de parents mais également de professionnels afin de peut-être vous aider dans votre choix et vos réflexions. Moi en tout cas, leur lecture m’a bien aidée et je remercie tous ceux qui ont accepté de partager leur expérience avec nous.

Ces témoignages permettent de confirmer qu’il faut suivre son instinct et ne pas essayer de se convaincre que nous sommes le soucis lorsque ça sent mauvais (c’est rarement le cas !). Les témoignages permettent également de prendre conscience qu’une équipe ou un gardien qui essaie de vous convaincre qu’elle sait mieux que vous est tout sauf une personne à votre écoute et que de facto, il y a de grandes chances qu’elle ne soit pas à l’écoute de votre enfant non plus. Enfin, les témoignages permettent de réaliser que des gardiens bienveillants, à l’écoute et dans la douceur, cela existe et qu’il n’y a donc aucune raison que vous ne trouviez pas votre/vos perles !

Les témoignages sont denses, il y en a beaucoup bien que je n’ai même pas publié l’ensemble de ce que j’ai reçu mais ils permettent de se rendre compte de la large palette de situations. Les témoignages des professionnelles permettent de mieux comprendre les métiers de la petite enfance, les formations associées et le niveau d’information des gardiens. 

Commençons donc par les témoignages de quelques professionnelles puis retrouvez juste derrière les témoignages de parents sur leurs diverses expériences de garde.

Témoignage de Sarah, Educatrice de Jeunes Enfants et Assistante Maternelle

Mon parcours : après mon Bac L, et une année de licence en psycho, et puis, c’était mon rêve et ma vocation, j’ai démarré 3 ans d’études d’EJE (Educatrice de Jeunes Enfants). J’ai travaillé dans plusieurs types de structures : RAM, crèches municipales, crèches privées, microcrèches. Ça ne me convenait pas trop de bosser en structures (j’explique pourquoi un peu plus loin) du coup je me suis lancée en tant qu’Assistante maternelle. J’ai travaillé 2 ans en tant qu’Assmat. Et maintenant je suis en reconversion pro pour accompagner les femmes dans leur sexualité et maternité. Je fais aussi un peu d’accompagnement parental !

La place de l’éducation non violente et des neurosciences dans mes acquis théoriques et pratiques : j’ai moi même reçu une éducation non violente, nourrie de réflexions autour des neurosciences dans ma famille, donc ça partait bien déjà pour moi à ce niveau là ! Dans mes études, c’était vraiment un puits sans fond de ressources à ce niveau là, j’ai adoré vraiment. Mais sur le terrain, même avec toute la «  bonne volonté » des professionnelles (femmes uniquement) que j’ai rencontrées, c’était loin d’être rose. Les projets pédagogiques n’étaient presque jamais respectés au sujet du positionnement pro et bienveillant. Les pros parlaient au-dessus de la tête des enfants de leurs soucis persos, critiquaient les parents devant les enfants, criaient parfois, et j’ai observé énormément de VEOs, et aussi malheureusement de la maltraitance physique grave deux fois. Je suis intervenue le plus souvent que j’ai pu mais les équipes font souvent bloc dans la justification et excluent le renouvellement des idées et de la pratique… Pas simple ! C’est ce qui m’a poussé à quitter cet environnement. Pour faire respecter enfin un projet pédagogique, du début à la fin ! J’ai donc écrit moi-même mon projet pédagogique d’accueil d’Assmat, bienveillant de A à Z, et je me suis lancée. Et ça a marché ! J’ai rencontré deux familles très engagées dans ces démarches également, et nous avons, ensemble, fait un bout de chemin super chouette. Ce sont des amis aujourd’hui. Et puis j’ai eu une fille ! Et du coup j’ai arrêté pour m’occuper d’elle à fond et faire une reconversion pro par la même occasion.

Ma vision de l’éducation : Ma vision de l’éducation est nourrie d’abord de lectures. André Stern, Catherine Gueguen, Maria Montessori bien sûr… et tant d’autres. Je lis quotidiennement. Je me nourris sans cesse. Je remets ma pratique en question constamment et pour moi, la base de mon positionnement est : Quel est le besoin de l’enfant ? Je fais très attention à dissocier le besoin de l’adulte du besoin de l’enfant. Pour moi c’est une des bases les plus importantes de la bienveillance au travail. Une des bases les plus essentielles de mon travail a toujours été l’observation. Pas juste « m’asseoir et chiller à regarder ce que l’enfant fait », mais vraiment « observer ». Observer ses déplacements, ses jeux, les mettre en lien avec l’évolution de son corps et de son cerveau; adapter constamment ma pratique et l’environnement que je lui propose à mes observations pour que ce soit toujours adapté à lui… L’observation est l’outil le plus merveilleux qui m’ait été donné d’utiliser. J’ai un mémoire complet à ce sujet si jamais ça intéresse quelqu’un ! Je suis profondément persuadée de la capacité innée de l’enfant à grandir solidement si l’environnement qui lui est proposé est fertile et sécuritaire à tous les niveaux, y compris et surtout émotionnels. Et je suis aussi persuadée que les modes de garde et écoles ne sont aujourd’hui pas à la hauteur de ce dont les enfants auraient besoin en terme d’accompagnement par les adultes. C’est dur d’être concise sur cette question ! J’espère que je n’ai rien oublié.

Y a-t-il du chemin à faire chez les pros de la petite enfanceET LA RÉPONSE EST… OUI ABSOLUMENT ! Pour plein de raisons.

– Déjà, on a pas tous la même formation. Et il y a vraiment trop trop trop de différences entre l’école et le terrain. Selon les parcours, certains ont eu une formation autour de l’éducation, la bienveillance et des neurosciences (EJE), d’autres plutôt axée santé et hygiène (Auxiliaires de Puériculture, Infirmières), d’autres encore ont reçu un petit mélange des deux (CAP Petite Enfance, Animatrice Petite Enfance), et enfin, d’autres encore ont reçu seulement 120 heures de formation (Assistantes Maternelles) pour s’occuper SEULES de 3 ou 4 enfants. Je tiens à dire ici, que même avec 3 ans d’études bienveillantes et une expérience béton sur le terrain + des convictions de malades, je me suis parfois sentie très seule et démunie dans mon travail d’Assistante Maternelle. Jamais au point de craquer, bien sûr, et heureusement, mais ça a fait des tsunamis dans ma tête plus d’une fois.

– L’autre problème pour moi, c’est que c’est un milieu quasi exclusivement féminin. Et franchement, c’est compliqué de bosser entre femmes parfois. Dans le milieu de l’éducation encore plus j’ai l’impression parce que toutes les valeurs des unes et des autres rentrent en collision. Et du coup ça donne des professionnelles qui parfois critiquent des méthodes éducatives des parents, devant leurs enfants ! (Type « tu te rend compte, il ne le couche qu’à telle heure !! » ou «  elle n’est vraiment pas organisée cette maman… » ou encore «  ils font n’importe quoi ces parents, ils vont se faire marcher dessus avec le carafon de leur enfant » etc. Ou même qui critiquent les enfants directement (type «  oh mais dis donc tu es vraiment insupportable toi, je ne sais pas comment font tes parents moi je ne pourrais pas » – et oui j’ai réellement entendu tout ça.)

– Et puis on se tire beaucoup dans les pattes, par derrière entre pros. Et beaucoup sont solidaires les unes des autres aussi dans la maltraitance, justifient les actes des autres sous prétexte qu’elles sont copines… C’est arrivé très souvent ! L’effet de « groupe » est très très très présent, et souvent négatif malheureusement dans ce contexte… et pas seulement auprès des enfants. La maltraitance entre pros existe aussi énormément. Un peu flippant… La totalité de mes amies EJE aujourd’hui (et elles sont très nombreuses), a connu des établissements maltraitants (envers les pros et les enfants). Les équipes sont souvent en souffrance et il faut les accompagner ! Vive l’analyse de la pratique, il faut la rendre obligatoire et payée !

– Ensuite, encore un autre problème : c’est carrément sous payé par rapport au travail fourni. Mais genre vraiment ! En tant que pro en crèche, déjà c’était pas énorme, mais surtout en tant qu’Assmat j’étais payée 3,5€/heure (+4€/jour + les repas) ce qui revient à pas grand chose. Comment on peut penser que son travail a de la valeur quand on est payé si peu ? Sans compter le peu de considération sociale pour ces travaux.

Je tiens à dire aussi, que j’ai rencontré des personnes EXCEPTIONNELLES, c’est vrai, des personnes incroyables dans tout ces métiers, qui font de leur mieux au quotidien, qui sont douces, bienveillantes, délicates, qui se remettent en question. Ça existe ! Et heureusement ! Elles ont toutes contribué à me former et à former d’autres avant et après moi et c’est bon !!! Dans chaque structure, même en profonde difficulté d’équipe, il y avait au moins une personne qui remuait la gadoue pour changer les choses. C’est un travail de fourmi, mais parfois ça marche, et ça c’est merveilleux. Merci et bravo à toutes.

Pour être nounou il faut 5 choses (ces informations m’ont été fournies par la PMI quand je suis devenue Assmat c’est très sérieux) :

  • savoir lire au moins une ordonnance;
  • savoir parler le minimum français pour pouvoir comprendre les infos des parents le matin
  • ne pas avoir d’animaux dangereux
  • avoir fait au minimum 60h de formation en petite enfance sur les 120 initialement prévues (on peut rattraper les 60h suivantes plus tard c’est pas pressé)
  • avoir un lieu de vie pas trop vétuste.

Il n’est JAMAIS demandé quelles sont nos pratiques. Il n’y a pas de contrôle, sauf dénonciation. Il n’y a pas de suivi obligatoire de la pratique.

Ce qui change réellement, c’est la personne. Si la personne qui est Assmat le fait pour gagner de l’argent uniquement avec la « facilité » d’accès à ce travail, c’est problématique (80% des Assmat que j’ai rencontré, et qui sont donc toutes maltraitantes, avec elles mêmes et/ou avec les enfants). Après, même sans études, si la personne a des valeurs et qu’elle est motivée, pas besoin de masse d’études. Mais c’est comme tout… Il y a des gens merveilleux partout. Et dans ce métier aussi !

Témoignage de Brendy, Auxiliaire Parentale

Mon parcours : j’ai 22 ans et je suis l’aînée de 4 frères et sœurs ainsi que la plus grandes de tous mes cousins/cousines. C’est donc d’abord en famille que j’ai commencé à garder des enfants. J’ai débuté la garde à domicile en 2018 en tant que « job d’été » : je gardais un petit garçon de 3 ans et son frère âge d’un an, cela a été une super expérience et j’ai réitéré l’été d’après en gardant un bébé de 4 mois à temps plein. En parallèle, je cherchais un travail dans la communication (ayant fait des études de com) mais ma recherche n’a pas abouti étant donné que c’est un milieu bouché. J’ai donc continué dans la garde d’enfants. Aujourd’hui, je garde deux enfants de 2 ans et 5 mois à domicile depuis février. J’ai un CDI à temps plein.

La place de l’éducation non violente et des neurosciences dans mes acquis théoriques et pratiques : étant encore assez jeune et pas encore maman, je me suis renseignée depuis peu au sujet de l’éducation non violente et plus globalement à propos du maternage (notamment grâce à des comptes comme le tien). Mais d’un autre côté, l’éducation que j’ai reçu reposait sur ces principes mêmes donc je n’ai fait qu’approfondir et consolider mes connaissances. C’est un thème qui m’intéresse beaucoup et je souhaite en apprendre davantage.

Ma vision de l’éducation : ma vision de l’éducation mûri de jours en jours à travers ce que j’apprends sur les réseaux sociaux, en lisant, en visionnant des documentaires… Ce que je sais, c’est que je souhaite à tout prix éduquer mes futurs enfants de façon bienveillante et non-violente en faisant du mieux que je peux.

Y a-t-il du chemin à faire chez les pros de la petite enfance ? Je ne me permettrai pas d’émettre un « jugement » sur les pros de la petite enfance, n’étant moi même pas « professionnelle ». Cependant, de ce que je vois, ma réponse tendrait plutôt vers le oui, il y a du chemin à faire. Exemple concret : lors de sorties avec les enfants que je garde j’ai déjà vu des ass mat/nounou mettre des fessées, laisser pleurer pendant de longues minutes un enfant etc…

Témoignage de Lise, Educatrice de Jeunes Enfants

Mon parcours : depuis très jeune (12ans environ), je sais que je souhaite travailler avec les enfants, je me renseigne et découvre le métier d’Éducatrice de Jeunes Enfants. En 2010, c’est parti pour 3 ans d’école avec de nombreux stages. Je touche à tout les secteurs crèche associative, municipale, en foyer, en pédiatrie l’hôpital neuro à Lyon. Afin de voir toutes les facettes du métier et celles qui me correspondent. Mais la réalité est bien la place en crèche à 95%, très peu de poste pour le reste. Mais ça me va, j’apprends pendant ces 3 ans à accueillir un enfant avec sa famille, essayer de tout mettre en œuvre pour respecter qui il est, comment sa famille l’éduque, assurer une continuité éducative, j’adore cette prise en charge individuelle, cerner les besoins des enfants. Créer des partenariats avec les différents acteurs du territoire aussi est un objectif en tant qu’Éduc. Nos apports théoriques portent beaucoup sur le développement cognitif, affectif et moteur de l’enfant de 0 à 7 ans. Nous voyons le lien d’attachement, les différents stades du développement, la psychologie de l’enfant, le sommeil. Des points santé, et alimentation, un peu sur l’allaitement. La communication globale, du management… En 2013, j’ai 22 ans et je ressors avec mon Diplôme d’État. 3 belles années de formations pour n’être reconnues que Bac+2. La réalité du monde du social et de la considération que le monde politique nous porte. Mais ce que je retiens de ces trois ans c’est ma posture professionnelle, j’ai appris à écouter, à observer et me mettre en retrait, à me montrer disponible et accueillante, être calme, la place de verbalisation des émotions et valoriser l’enfant mais aussi les parents, le respect du rythme de chacun et le remettre en question. Je trouve un poste rapidement en CDI dans une micro-crèche associative. Le principe même de la micro-crèche me paraît juste et me correspond. Mon rôle est de veiller à ce que l’équipe respecte le projet éducatif en adéquation avec le besoin des familles et des enfants. Mettre en place des activités en fonction des besoins, aménagement des espaces. La directrice n’est pas sur les lieux mais sur une notre structure. Je suis la plus diplômée et donc souvent amenée à manager l’équipe. Au départ cela me va. Nous avons un taux d’encadrement supérieur à la norme exigée. Nous sommes 4 pour 10 enfants. Et c’est important pour accueillir ces bébés qui ont tout juste 10 semaines. Je suis avec 3 personnes ayant le diplôme de CAP Petite Enfance. Je suis très vigilante pour ces nouveaux-nés à respecter leurs rythmes et leurs habitudes. L’équipe est réceptive à cela aussi. Nous arrivons à faire des accompagnements individuels pour les siestes, les temps de repas. Bercer un enfant si besoin, l’endormir au bras. Rester avec lui. La verbalisation quand un enfant pleure est vraiment pour moi primordiale et de même l’équipe était plutôt dans cette optique. Mais nous avons subi beaucoup de turn over. Notre directrice était particulière et nous avions plutôt un problème institutionnel. J’ai essayé de faire reconnaître mon poste à sa juste valeur et non comme EJE de terrain car je faisais son travail de directrice mais sans succès. En 2017, Je trouve ensuite un poste de directrice au sein du micro-crèche en construction. Le rêve, construire une structure à mon image ! La mise en route, le recrutement, l’achat du matériel, tout à penser. C’était génial. Nous étions 4, une personne ayant le diplôme d’auxiliaire puériculture, une qui avait celui du CAP Petite Enfance, une qui était formée en tant qu’Assistante Maternelle. L’exigence que j’avais sur la continuité éducative des familles pour leurs enfants, s’est partagée dans l’équipe et nous avons fait réellement du bon travail. L’équipe toujours au sol, parlant doucement, peu de limites mais un cadre, toujours laisser l’enfant autonome. Les enfants étaient calmes, peu de cris et d’interactions en tapant ou autre. De mon côté, il fallait faire du chiffre. J’avais la pression du remplissage, de prouver à nos collaborateurs financiers que la création de cette structure était justifiée. D’être trop polyvalente, j’en ai atteint mes limites et mon corps a dit stop. J’ai compris que la direction d’un établissement n’était pas pour moi. Alors je souhaitais donner un autre élan à mon parcours pro. Je me suis recentrée sur l’enfant et ses parents , et j’ai créé mon entreprise en Janvier 2020, Co’naissance, en étant Éducatrice de Jeunes enfants Libérale, afin de revenir aux bases de mon métier. Depuis j’accompagne les familles chez elles pour des situations où les parents ont besoin d’un regard extérieur, d’outils pour que celle-ci soit plus agréable, mais également en groupe sur différents thèmes (sommeil, alimentation, besoins et émotion, les règles et les colères, le portage et la motricité libre) à un « cabinet », des ateliers DME et des ateliers d’éveil parents/enfants. Et pour les structures d’accueil du jeunes enfants, je propose des ateliers d’éveil, des interventions sur les journées pédagogiques, accompagner les assistantes maternelles dans une pratique qui importe les parents. En parallèle, je me suis formée à l’allaitement (qui est très pauvre en apport théorique dans notre formation), au sommeil de l’enfant, à la CNV, à la pédagogie Faber et Mazlish et prochainement au portage. J’ai eu une petite fille en Avril 2019 et la maternité me fait évoluer aussi.

La place de l’éducation non violente et des neurosciences dans mes acquis théoriques et pratiques : en terme de théorique, l’éducation non violente a sa place, pas de chantage, pas de punition, pas de coups, pas d’humiliation, l’importance de la verbalisation des émotions. Mais peu mise en lien avec les neurosciences. On ne nous évoque pas Catherine Gueguen ou Isabelle Filliozat. Ainsi dans ma pratique, j’ai toujours été sensible à une éducation non violente et je me suis documentée en terme de neurosciences pour ajuster ma pratique en lien avec les ouvrages de Catherine Gueguen, Isabelle Filliozat, Céline Alvarez.

Ma vision de l’éducation : ma vision de l’éducation se base sur les neurosciences et est vraiment centrée sur les besoins de l’enfant et ses capacités. Si l’enfant s’exprime s’est qu’il a un besoin. La place de la verbalisation des émotions, les phrases affirmatives, valoriser l’enfant/encourager, entendre et répondre à ses besoins de proximité, de curiosité, le laisser maître de ses acquisitions tout en veillant à être présente, parler doucement, faire des gestes doux. J’essaye parfois je me trompe mais d’accompagner les enfants tel qu’ils sont.

∞ Y a-t-il encore du chemin à faire chez les pros de la petite enfance ? Oui il y a du chemin à faire dans le monde de la petite enfance. Beaucoup. Nous sommes sur des taux d’encadrement qui sont trop importants pour veiller à une éducation digne de ce nom, en structure. Peu de reconnaissance dans nos métiers notamment au niveau du salaire, peu d’analyse de la pratique pour extérioriser le quotidien, peu d’accès à la formation professionnelle et pour moi c’est aussi la clé de se remettre en question si l’école n’est pas à la hauteur. Des professionnelles absentes et pas remplacées. Remplir les structures pour avoir des subventions tout cela au détriment des enfants. Et des professionnels qui ne se sentent pas considérés, considèrent moins bien les enfants ou par défaut du mieux qu’elles peuvent avec les moyens qu’elles ont. Les formations des écoles pour moi ne vont pas assez loin dans le respect du bien être de l’enfant, dans « comment fonctionne un enfant ».

∞ Est-ce que je pense qu’un CAP petite enfance suffise ? Le diplôme ne fait pas le professionnel. En France nous nous rassurons avec les diplômes. Nous pouvons être de très bons professionnels sans diplôme précis, mais nous sommes obligés d’avoir des qualités humaines en adéquation avec l’enfant. Comment savoir si un professionnel agit dans le respect de l’enfant, en échangeant avec lui, et en l’observant dans sa pratique. Nous avons les périodes d’essai qui nous aident, et notre rôle en tant que parent c’est de prendre le temps d’observer, de discuter avec ce professionnel afin d’être sûr qu’il apportera le meilleur pour notre enfant. Cela demande du temps, mais c’est bénéfique sur du long terme. Alors pour moi, quand nous sommes à la recherche d’un mode de garde, comme il y a de tout aujourd’hui, c’est de prendre le temps d’échanger avec les professionnels, de lire le projet éducatif en structure, de demander une période d’adaptation digne de ce nom. Le but de l’adaptation est d’éviter que l’enfant stresse. Ainsi, de proposer une adaptation où l’enfant vit au moins de stresse 3x les mêmes moments avant d’en inclure un nouveau est très important. Alors l’adaptation ne se fait plus en une semaine. Cela permet aux parents de voir comment les professionnels interagissent avec les enfants et dans quel respect. En amont tout cela peut être discuté avec les professionnels afin que les bases soient posées.

Témoignage d’Alice, Educatrice de Jeunes Enfants

Mon parcours : je suis éducatrice de jeunes enfants (EJE) depuis 2012. J’ai à la base un bac L, j’avais fait mon deuil du travail avec les enfants depuis qu’on m’avait dit que c’était soit institutrice soit puéricultrice, l’enseignement ne me branchait pas et le côté très médical des puéricultrices non plus. Après deux ans inscrite en fac d’anglais je découvre le travail social et le métier d’EJE par hasard en faisant un baby sitting en centre maternel (lieu où sont accueillies des jeunes ou moins jeunes mères en difficulté enceintes ou avec leur jeunes enfants) et je me rends compte qu’il correspond parfaitement à ce que j’ai toujours voulu faire. J’ai d’abord travaillé dans une micro crèche pendant 1an, c’est difficile je n’y suis pas bien, je suis enceinte et pars en congé maternité en me promettant de ne jamais y retourner, ma patronne me harcèle et les conditions d’accueil ne respectent pas la législation. Quand ma fille a 11 mois je reprends le travail dans une crèche associative. Tout se passe bien. Je travaille un peu plus d’1an et je pars en congé maternité et accouche de mon fils en février 2016, nous changeons de région avec mon conjoint, je reste auprès de nos enfants et accompagne ma fille pendant ses deux premiers trimestres de maternelle. En février 2017, je suis une formation pour devenir monitrice de portage à l’école « porter simplement ». J’ai commencé mon travail de directrice adjointe dans ma crèche actuelle quand mon fils avait 1 an en mars 2017. depuis j’ai eu mon 3ème enfant (avril 2019) et j’ai pris un congé parental de 4 mois pour rester auprès de lui, accompagner la rentrée en petite section de mon fis et celle en CP de ma fille. J’ai repris le travail en janvier 2020.

La place de l’éducation non violente et des neurosciences dans mes acquis théoriques et pratiques : en formation d’EJE, la non violence est une base, on a des cours et des mises en pratiques sur la communication non violente, on nous apprend à mettre l’enfant au centre de la pratique et on nous enseigne son développement psycho moteur et psycho affectif, on a beaucoup de cours de psychologie, on apprend que l’enfant ne fait pas de caprice, qu’il ne calcule pas et ne manipule pas. On nous donne des bases solides mais c’est à nous d’approfondir ensuite, de nous positionner et de nous construire une identité professionnelle. On a beaucoup de cours différents, et on rencontre beaucoup de professionnel(le)s de différents milieux qui partagent avec nous leurs expériences et leur parcours. On rencontre des EJE qui travaillent dans tous types de milieux et de structures, une EJE d’hopital, une EJE de foyer de l’enfance, et même une EJE consultante en lactation en lieu d’accueil parent/enfant. Ça ouvre beaucoup de perspectives. Dans ma pratique quotidienne les neurosciences et la non violence sont ma base, j’accompagne chaque jour des enfants, des parents et des professionnelles, j’essaye de transmettre les connaissances que j’ai pour faire évoluer chacun sur un chemin auquel je crois beaucoup. Je fais beaucoup de recherche et de lectures sur ces sujets là, dans mon travail j’essaye de transmettre ça en réunion et au quotidien dans les échanges avec mes collègues, ainsi que dans les échanges avec les familles. J’ai dans mon bureau les livres de entre autre Catherine Gueguen, Arnaud Deroo, Myriam David, ils sont à disposition des professionnels de la crèche si elles veulent en profiter. Je suis beaucoup les écrits d’Eloïse JUNIER aussi, j’écoute des podcasts et je suis les publications de sites comme les professionnelles de la petite enfance pour partager les articles en salle de repos ou en réunion si cela correspond avec notre travail actuel. Je me sers de la CNV dans le perso mais surtout au boulot, dans les échanges avec les enfants, les professionnelles et les familles, j’essaye d’accompagner les professionnelles dans ce sens afin qu’elles comprennent l’intérêt pour elles et pour les enfants. Je transmets aussi autour du portage et de la sécurité affective, primordiale dans notre métier, j’ai pu faire acheter du matériel de portage à la crèche en montant un projet et je fais des ateliers réguliers pour les professionnelles qui souhaitent porter les enfants accueillis. Prochaine étape proposer des ateliers gratuits aux parents.

Ma vision de l’éducation : je suis pour une éducation respectueuse de l’enfant mais ancrée dans le réel également. Je materne mes enfants, je les allaite, je porte, je fais du cododo, je réponds à leur besoin je les respecte et les considère comme des personnes à part entière, bien entendu la violence sous toutes ses formes est bannie de notre maison. Mon conjoint est aussi EJE et on est sur la même longueur d’ondes. Pour autant on sait que le monde n’est pas comme ça et on le dit à nos enfants, notamment concernant l’école. On ne choisit pas son instit et parfois c’est compliqué mais on explique aux enfants que c’est aussi ça la vie, je ne pense pas qu’enfermer les enfants dans une bulle de bienveillance hermétique au monde extérieur soit bénéfique, par contre l’accompagnement et le dialogue dans les difficultés rencontrées en dehors de la maison est super importante pour moi, je les préserve en leur donnant les armes nécessaires à leur protection. C’est pas facile tous les jours bien sûr et on est loin d’être parfaits, il nous arrive de crier comme tout un chacun ou presque (respect à ceux qui ne le font jamais) mais on s’excuse toujours on met des mots sur tout, et on laisse la parole libre chez nous sur tous les sujets.

∞ Y a-t-il encore du chemin à faire chez les pros de la petite enfance ? Même si c’est en cours d’évolution il y a effectivement encore du chemin à faire chez les professionnels de la petite enfance, les anciennes formations n’étaient pas très fournies sur le développement de l’enfant et du coup pour certaines la pratique est basées sur des croyances anciennes et autres préjugés et non basées sur des connaissances théoriques ou scientifiques. Les professionnels de santé sont encore très prédominants dans le milieu, les puéricultrices sont aux commandes à la PMI et beaucoup sont en direction des crèches et même si la vision hygiéniste a bien évolué chez les jeunes puéricultrices, elle reste la base pour beaucoup. L’éducatif passe parfois un peu au second plan ou alors est réduit aux « activités » qu’il faudrait faire pour prouver qu’on fait quelque chose avec les enfants. Néanmoins les choses évoluent vraiment, la plupart des projets éducatifs sont basés sur les neurosciences, le respect de l’enfant et de son rythme, les formations continues sont nombreuses aussi sur le sujet. Les formations initiales changent aussi beaucoup alors je suis sure que petit à petit on y arrivera. On le voit en entretien d’embauche d’ailleurs, de plus en plus de jeunes professionnelles sont sensibilisées à la motricité libre même si elles ne connaissent pas forcément le mot, elles savent que les enfants ont besoin de leur doudou/tétine accessible en permanence dans la journée pour se rassurer par exemple, elles savent que la punition ne sert à rien et qu’il faut parler aux enfants calmement et à leur hauteur, verbaliser ce qu’on fait etc.

Sur le sujet du mode de garde et du choix de quel mode de garde choisir je dirais qu’il faut faire le point sur ses attentes clairement mais tout en ayant conscience des avantages et des limites de chaque mode de garde et en acceptant que de toute façon ce sera imparfait et que personne ne fera exactement comme les parents. Il faut être aussi conscient qu’il ne s’agit pas uniquement de diplômes, de formations, d’étiquettes mais avant tout d’humains et de personnes, de liens de confiance qui se tissent. Les enfants ont de formidables capacités d’adaptation et ils font très bien la différence entre les parents et les autres, ce qui compte c’est que le lieu d’accueil soit dans la bienveillance et que les parents soient en confiance, et même s’il est imparfait l’enfant y sera bien.

Témoignage de Joséphine, Assistante Maternelle

Mon parcours : titulaire d’un Bac Scientifique option LSF. J’ai fait de la garde d’enfants et du baby-sitting de 2008 à 2015. J’ai fait 1 an de fac de psycho (passionnant mais voulant travailler avec les tous petits, je ne voyais pas quoi faire d’une licence de psycho…). J’ai été maman la même année (2015), j’ai donc décidé d’être mère au foyer pendant 2 ans et de revenir à mon projet, mon rêve initial de petite fille « nounou » en pensant à ma nounou « Momo ». Ces 2 ans de mère au foyer m’ont permis d’explorer la pédagogie Montessori, l’éducation respectueuse et bienveillance, de m’adonner à 100% au maternage proximal et bien évidemment de maturer mon projet ass mat, me renseigner, faire les démarches, trouver un appartement spacieux, agréable etc. J’ai effectué ma formation ass mat en septembre 2017 et commencé mon activité en octobre 2017.

La place de l’éducation non violente et des neurosciences dans mes acquis théoriques et pratiques : l’éducation non violente et les neurosciences dans la session de formation que j’ai suivi ont été très absents. Je dirais même presque tabou, dans le sens où nous devons simplement répondre aux besoins essentiels des petits, respecter les directives des parents et faire taire nos principes, nous sommes employés, eux employeurs, nous devons leur proposer des activités stimulantes, leur apprendre à vivre en groupe, les préparer à l’école, la société, la vie. D’après les formateurs, il n’y a donc pas de place pour prendre en compte les tracas de chaque petit, les règles et les rythmes doivent être communs même si nous devons respecter les besoins individuels de chacun et surtout imposer notre autorité. Autant dire que cette formation m’a déçu et laissé un goût amer ! Sur le point pratique, l’éducation non violente est au cœur de nos journées, de nos rythmes, c’est même une priorité ! J’avais été sensibilisé aux neurosciences pendant mon année de psycho et j’ai continué de me renseigner, appris pour ma fille ! Je ne ferais pas autrement !

∞ Ma vision de l’éducation : j’ai une vision de l’éducation bienveillante, empathique, respectueuse, non violente. Je considère l’adulte comme un guide aidant les enfants à progresser, à s’élever, à s’autonomiser. A mon sens, le maternage proximal et tout ce qui en découle est primordial dans la vie d’un tout petit et d’un enfant ! Je fais du « nounou proximal » !

∞ Y a-t-il encore du chemin à faire chez les pros de la petite enfanceLe chemin à faire chez les professionnels de la petite enfance est encore énorme entre les équipes de maternité mal formées, renseignées et les pédiatres pas au goût du jour, les parents sont induits en erreur et mis en échec / difficulté…Du versant professionnel accompagnant, les assistantes maternelles (puéricultrices), elles sont finalement peu formées, ouvertes, sensibilisées aux pédagogies alternatives voir même craintives sur la motricité libre, le lit au sol, questions de sécurité, risques, dangers… un excès d’attachement, un manque d’autorité sera prôné s’il est évoqué une sieste en portage ou dans les bras, une abolition des cris et des punitions…Et chez les assistantes maternelles même problématique avec en plus une formation trop légère qui mène vers une route non respectueuse de l’enfant. Sans parler, pour certaines du manque de passion, motivation, intérêt…Ou alors peut être trop âgées donc appliquant une pédagogie d’un autre siècle…

Pour les parents, posez TOUTES les questions (formations supplémentaires, gestion des conflits entre enfants, avec les parents; pratiques éducatives etc) que vous souhaitez à votre futur ass mat ou à votre ass mat, n’ayez pas peur d’assumer vos choix éducatifs, si vous ne la sentez pas, passez votre chemin. Petite astuce, vous avez un doute sur le comportement de votre ass mat ou future ass mat?! Allez jeter un coup d’œil au parc… Pour les allaitantes, nous ne sommes pas formées à l’allaitement… Bon j’ai essayé d’être concise mais une passion est une passion, je pourrais faire des livres sur tout ça !

Témoignage de Charlotte, Directrice Adjointe de Crèche familiale

Mon parcours : je suis infirmière depuis 2001, j’ai travaillé 2 ans en gastro-entérologie pédiatrique à l’hopital Trousseau à Paris. Puis j’ai eu ma première fille, Flore et cela n’a plus été possible, mon hypersensibilité exacerbée m’a poussé à l’extérieur de l’hosto et j’ai réussi à trouver un poste en Petite Enfance dans une crèche familiale (assistantes maternelles) en tant que directrice adjointe, responsable médicale. C’est toujours mon poste aujourd’hui.

La place de l’éducation non violente et des neurosciences dans mes acquis théoriques et pratiques : Aucune. Infirmière diplômée d’Etat (IDE), tu ne fais que du médical. Si tu ne cherches pas à te former, ça ne vient pas à toi...en même temps mes études remontent. (Mamie ;-))

Ma vision de l’éducation : Une remise en question constante de l’adulte, l’éducation, c’est se poser des questions. Respecter l’enfant, ses besoins, c’est l’observer, l’écouter. C’est un challenge, c’est de l’empathie…Désolée pour le brain storming mais je ne suis pas une pro de l’écriture !

∞ Y a-t-il encore du chemin à faire chez les pros de la petite enfance ? Bien sûr, je bataille tous les jours au travail et cela m’épuise, surtout, je suis désolée de le dire mais l’âge n’aide pas et la remise en cause du fonctionnement classique les remet en cause en tant que mère en plus de professionnelles. J’ai fait intervenir une formatrice l’année dernière sur la « bientraitance, prise en compte des émotions de l’enfant ». Entre celles qui levaient les yeux au ciel lorsque la formatrice parlait et celles qui dès le lundi faisait tout l’inverse … c’est épuisant ! Je travaille dans les locaux d’une crèche collective et ce que j’entends me hérisse les poils.

Je pense que vais très bientôt jeter l’éponge et me tourner vers autre chose, je souffre chaque jour de ce manque de considération envers les enfants, les parents...Je profite de ce confinement pour y réfléchir. Je n’en peux plus d’entendre « caprices, il est difficile, insuportable… ». Je ne fais plus preuve de bienveillance envers les adultes. Désolée, c’était pas trop l’endroit pour s’épencher. Pour ma dernière, il était hors de qu’elle aille en collectivité, ma deuxième en avait trop souffert, nous sommes tombés sur la perle rare, sans vraiment chercher, une chance ! Elle nous a pris avec nos couches lavables, notre allaitement prolongé…Elle lit beaucoup, est curieuse, s’est formée Montessori et à la langue des signes à ses frais, il y a quelques années. A l’adaptation, elle avait même sorti un Mei-tai du temps de son fils qui a aujourd’hui 15 ans. Elle a été sélectionnée pour commencer une formation sur l’accompagnement parental (Dumonteil Kremer) à la rentrée. C’est avec des gens comme ça que j’ai envie de travailler.

Témoignage de Céline, Educatrice de Jeunes Enfants

Mon parcours : maman de 4 enfants nés entre 2009 et 2018, éducatrice de jeunes enfants de formation depuis 2006 et monitrice de portage et instructrice massages bébé depuis octobre dernier.

La place de l’éducation non violente et des neurosciences dans mes acquis théoriques et pratiques : pour moi l’éducation non violente a une place importante depuis déjà longtemps (avant d’avoir mes propres enfants). En fait j’ai toujours cherché à m’occuper des enfants des crèches où j’ai travaillé comme si c’était les miens dans le sens : parler correctement à l’enfant, le prévenir de ce que je vais lui faire, demander son consentement, l’aider à faire seul en fonction de ses capacités. En fait j’ai vu tellement de « douces violences » que je me disais toujours que je ne voudrais pas qu’on s’occupe de mes enfants de telle ou telle manière et pareil pour moi.

Ma vision de l’éducation : pour moi l’éducation passe par une perpétuelle remise en cause de nos croyances, de nos idéaux. On dit « avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants »… J’accompagne encore mon presque 2 ans pour l’endormissement (souvent jusque 22h) mais ça me paraît tellement normal de ne pas laisser un enfant pleurer. Comment l’aider à se construire en confiance si on le laisse ?

∞ Y a-t-il encore du chemin à faire chez les pros de la petite enfance ? Et oui il y a encore beaucoup de chemin : combien de fois j’ai vu des professionnels asseoir un bébé qui ne savait pas le faire, les attraper par derrière sans les prévenir, parler au dessus de leur tête pendant le change sans compter que les structures ne respectent pas le rythme des enfants : repas, sieste commune. Ok il y a des contraintes de locaux parfois mais quid quand il y a un dortoir séparé ou encore quand une professionnelle prend les mains et pieds d’un bébé de 6 mois pour faire les empreintes pour le cadeau de fête des pères et des mères ? D’accord c’est joli mais intérêt de l’enfant, son consentement? Faire l’activité sans aucune explication. Dans ma formation de massage bébé on voit bien la demande de permission et les signes…

Témoignage de Nathalie, Assistante Maternelle  

Mon parcours : j’ai fait un BAC L suivi d’un semestre LEA. Rentrée suivante j’ai entamé des études d’infirmière que j’ai stoppée au bout d’un an et demi. Ayant validé ma première année j’ai travaillé comme aide soignante 2,5 ans uniquement en remplacement pour voir un maximum de chose dans le but de reprendre mes études IDE. J’ai repassé le concours que j’ai eu mais j’ai annulé ma place pour tout plaquer et vivre ailleurs. J’ai fait un CAP Petite Enfance en un an durant lequel j’ai fait deux stages : un sur toute l’année en maternelle et un d’un mois en crèche. Puis j’ai demandé mon agrément d’assistante maternelle.

La place de l’éducation non violente et des neurosciences dans mes acquis théoriques et pratiques : l’éducation non violente est inexistante dans les acquis théoriques que j’ai reçu autant en école d’infirmière qu’en CAP Petite Enfance. La seule notion abordée est peut être de ne pas laisser pleurer un bébé mais n’est accompagné d’aucune ressource. En crèche, j’avais même appris comment mettre au coin de manière douce… Ne pas dire tu mais ton comportement et respecter un temps en fonction de l’âge de l’enfant. De Type 1 an 1 minute… Voilà voilà. Dans ma pratique au début de l’exercice de ma profession j’étais en mode super Nanny. Il fallait un cadre aux enfants. Il fallait leur apprendre les choses. Je n’avais aucune notion du respect de l’enfant en tant que personne à part entière ou de respect de ses besoins qu’il était capable dès nourrisson de gérer. Ce que j’appelle moi le « dressage bienveillant ». Une main de fer dans un gant de velours. Il est 14h je sais mieux que toi que c’est l’heure de la sieste alors dort. Et puis je suis devenue maman d’un petit garçon qui n’était pas du tout ce à quoi je m’attendais. Une dépression post partum, une thérapie et la découverte des chaînes YouTube et des comptes Instagram plus tard j’avais enfin fait ma matrescence et 3 ans plus tard c’est tout mon être qui a changé; mode de consommation, état d’esprit, vision de l’éducation.

Ma vision de l’éducation : pour moi il n’y a pas d’éducation. On n’éduque pas un enfant, on l’accompagne. Je ne suis qu’au début de mes connaissances et je tâtonne avec mon fils. J’essaie d’appliquer ce que je sais en terme de faire confiance à l’enfant, en terme d’observation et d’écoute, en terme de gestion de ses émotions et des miennes, en terme de combat contre moi-même tributaire d’une éducation VEO sous toutes ses formes (de la claque en passant par les mises au coin, les punitions, l’obligation de manger, de dormir à heures décidées, etc…). Je dis je tâtonne avec mon fils car je n’ai pas ce doute avec les enfants que j’accueille. Je vois 3 raisons à ça :

– Pour le moment je n’ai aucun parent qui soit dans cette prise de conscience de l’enfant en tant qu’individu et ils sont tous dans la pratique de VEO au mieux disons en usant de douces violences (même si pour moi une violence reste une violence; elle ne peut pas être douce) jusqu’à ceux qui avouent mettre des fessées (et là c’est si dur… qui suis-je pour appeler la PMI ? Qui suis-je pour leur faire la morale ? J’avoue avec une grande honte que je ne fais rien en dehors d’avoir les tripes nouées. Je n’ai d’un côté aucune excuse pour ne pas agir et d’un autre côté je n’ai personne sur qui me reposer pour agir. La PMI étant autant les garants de la protection de l’enfance mais également mes supérieurs et font la pluie et le beau temps au niveau de mon boulot).

– Je n’ai pas le même affect et le même attachement pour mes enfants que ceux des autres. Même si j’essaie d’être juste et de répondre de manière égale aux besoin de chaque enfant, je reconnais qu’un autre bébé qui pleure me prendra moins aux tripes que mon bébé à moi. Ce qui ne m’empêche pas d’être en empathie avec cet autre bébé et répondre à ses besoins avant mon bébé selon la situation et le jugement que j’ai sur le moment de qui a le plus besoin.

– Les enfants des autres rentrent rarement en opposition avec moi et les choses sont beaucoup plus fluides avec les enfants des autres qu’avec mes enfants. De la manière que je n’ai pas le même attachement aux enfants des autres qu’à mes enfants, les enfants des autres n’ont pas les mêmes enjeux avec moi qu’avec leurs parents. Je ne suis pas leur figure d’attachement donc j’avoue avoir la chance de n’avoir eu jusque là quasiment que des enfants plutôt cool.

Y a-t-il du chemin à faire chez les pros de la petite enfance ? Je pense sincèrement que tout est à faire auprès des pros. Je viens de Vendée et dans mon coin l’éducation bienveillante n’est ni plus ni moins que des enfants rois qui n’ont pas de cadre… Je connais plusieurs assistantes maternelles de mon coin et elles en sont encore toutes à la méthode super Nanny car quasiment toutes avec des enfants de plus de 15/16 ans. Alors elles apprennent aux enfants à dormir en laissant pleurer version 5-10-15, elles mettent au coin, un enfant qui s’éloigne se fait gronder, les cailloux ne doivent jamais rentrer dans la bouche et ils se font gronder voir remettre en poussette quand elles en ont marre de répéter. Pour certaines le concept de motricité libre est un peu flou. Beaucoup de transat, de chaise haute et de parc. Il y a des formations qui émergent mais peu font l’effort de se former et les thèmes dans la bienveillance sont encore trop peu nombreux. L’allaitement n’est pas très bien suivi et les bébés allaités sont catalogués trop en demande, trop chiant, trop pleurant etc. (Oui parce que le portage c’est même pas la peine d’y compter). Et moi qui dort avec mes enfants je suis une extraterrestre. Les enfants (les miens et ceux que j’accueille) dorment dans des lits au sol. Je n’ai aucun lit à barreaux et ça n’existe presque que chez moi ! J’ai une collègue avec qui je m’entends vraiment très bien qui fait son chemin petit à petit. Elle apprend des choses à mon contact et s’y met petit à petit. Elle fait partie des plus jeunes.

Témoignage de Caroline, Auxiliaire Parentale

Mon parcours : mon métier initial est coiffeuse, après un trop plein du monde de la beauté j’avais besoin de gros changement. J’ai réalisé un bilan de compétences avec pôle emploi, et c’est tout naturellement suite à ça et ma grossesse que je me suis lancée dans la garde d’enfants.

La place de l’éducation non violente et des neurosciences dans mes acquis théoriques et pratiques : l’éducation non violente est pour moi toute naturelle. J’ai été marquée par des gifles de mon père étant enfant, je ne souhaite pas retranscrire à mon fils la (les) peur(s) que j’ai eu. Quant aux neurosciences, j’ai découvert cela pendant ma grossesse, je me suis donc grandement intéressée durant celle-ci. Pour la « pratiquer » (je ne trouve pas le terme exact) et voir des résultats plus que positif avec mon fils, et des retours positifs des enfants autour de moi et des parents employeurs, je ne peux que encourager les parents à s’informer. 

Ma vision de l’éducation : pour moi, l’éducation est un accompagnement de l’enfant. Actuellement je ne peux parler que pour les tous-petits (-3ans). Je les laisse souvent faire, si ils ont besoins d’aide je suis là, je montre s’ils sont dans l’incompréhension, ils découvrent eux-mêmes, et je n’interviens que lorsqu’ils sont en danger. L’échange est primordial, aussi bien ass mat-enfant que ass mat-parents employeurs, cela permet de poser les choses afin d’éviter les conflits, même si il y en a toujours malgré tout.

Y a-t-il du chemin à faire chez les pros de la petite enfance ? Oui ! Quand j’entends certains témoignages de mon entourage, ça me fait vraiment peur. 

Témoignage de Laurence, travaillant en PMI

Mon parcours : j’ai fait l’école infirmière avec comme projet de devenir puéricultrice. Après des années d’animation dans un quartier défavorisé j’ai su que c’était plutôt du côté du social que je voulais m’orienter par après. Lors de mon école d’infirmière, j’ai fait un stage fabuleux dans un centre parental accueillant majoritairement des mères adolescentes. J’ai ensuite fait un an d’école de puéricultrice et cela fait maintenant plus de 6 ans que je suis en PMI et j’adore.

La place de l’éducation non violente et des neurosciences dans mes acquis théoriques et pratiques : mon école date d’il y a 7 ans, à l’époque c’était une notion qui n’était pas abordée en cours. A présent à l’école de Strasbourg, je sais que ça fait partie intégrante du cursus. Ils ont même fait intervenir la réalisatrice du film « Même qu’on naît imbattable » (ndlr Marion Cuerq). Moi-même persuadée des bien-fondés de cela, je me suis beaucoup documentée sur le sujet. J’ai suivi une formation cette année fabuleuse sur l’attachement où toutes ces données figuraient.

Y a-t-il du chemin à faire chez les pros de la petite enfance ?  On est qu’au début… il y a énormément de sensibilisation à faire oui!

∞ Est-ce que je pense qu’un CAP petite enfance suffise ? Je ne sais pas si un CAP est suffisant mais rien n’est jamais suffisant pour personne.. tout évolue tellement vite.. mais je sais que la formation délivrée chez nous aux assistantes maternelles se basent à présent sur la libre motricité, les neurosciences, le respect des besoins de l’enfant.. après c’est comme tout, ça plante des graines, celles convaincues le transmettent dans leur pratique.. les autres l’auront entendu.. mais ne l’appliqueront pas forcément…

Témoignage de Louise, Auxiliaire Parentale

Mon parcours : adolescente je travaillais en tant qu’aide animatrice dans un centre de loisir. A 18 ans j’ai commencé à faire du baby-sitting les week-ends ainsi que les mercredis et les soirs. A l’âge de 20 ans, toujours passionnée par la garde d’enfant j’ai choisi de passer mon CAP Petite Enfance. Actuellement, je garde un garçon de 13 mois en plus de mon fils de 1 an.

La place de l’éducation non violente et des neurosciences dans mes acquis théoriques et pratiques : une place hyper importante, avant d’avoir mon fils j’avais déjà quelques notions mais depuis que je suis maman ça a réellement pris une place très importante. Je me documente souvent et me remets en question chaque jour.

Ma vision de l’éducation : pour moi l’éducation, c’est veiller aux développement de l’enfant, à sa sécurité tant émotionnelle que physique.

Y a-t-il du chemin à faire chez les pros de la petite enfance ? Oh oui je pense sincèrement, il y a peu d’informations, mais il y a aussi les pros qui ne font pas ça par passion ! La garde d’enfant c’est un travail que l’on doit faire avec passion, les enfants le ressentent énormément. Ça ne doit pas être un fardeau !

Témoignage de Marine, Assistante Maternelle

Mon parcours : après des études scientifiques (Bac S, DUT et Licence pro dans la biologie) j’ai travaillé en tant que technicienne en laboratoire de biologie spécialisé en anatomopathologie. J’y ai travaillé de 2006 à 2015. À la naissance de mon premier enfant (juil 2015), j’ai pris 1 an de congé parental pendant lequel j’ai débuté ma 2nde grossesse. À la naissance de mon 2ème enfant (mars 2017), j’ai choisi de nouveau de prendre un congé parental. J’ai demandé mon agrément d’assistante maternelle à l’été 2018, tout en restant en CP dans mon entreprise jusqu’au 3 ans de ma fille. J’ai accueilli un bébé de tout juste 3 mois en novembre 2018 et jusqu’en septembre 2019 (fin de contrat prévue dès le départ) tout en gardant à plein temps ma fille et mon fils après l’école. Aujourd’hui, je n’ai pas repris d’accueil pour me consacrer à ma 3ème grossesse et j’envisage de reprendre en septembre 2021.

La place de l’éducation non violente et des neurosciences dans mes acquis théoriques et pratiques : lors de ma formation d’assistante maternelle, l’éducation non violente a été abordée sous le seul prisme des violences éducatives ordinaires par un intervenant (1h30 maximum). La violence/maltraitance physique a été davantage abordée, en particulier le syndrome du bébé secoué. De mon côté, j’ai depuis mon enfance je crois, baigné dans une éducation non violente avec ma mère, et elle est donc ma normalité envers mes enfants et ceux que je côtoie et pourrai accueillir. Quant aux neurosciences, c’est à peine cité en formation. J’en apprends plus par mes lectures (articles internet principalement) depuis que je suis maman et par ma présence à plusieurs interventions d’une professionnelle organisées par le Relais des assistantes maternelles de ma ville en tant qu’assistante maternelle.

Ma vision de l’éducation : je considère que c’est un travail d’équipe entre parents et enfant. On s’apprend l’un l’autre un tas de choses dans le respect, l’observation et le temps. Un enfants apprend par l’exemple alors à nous de montrer ce que l’on veut de lui. C’est difficile, et oui, quelque fois explosif, il faut l’accepter.

Y a-t-il du chemin à faire chez les pros de la petite enfanceAu niveau des assistants maternels c’est évident. Jusqu’à fin 2018, une fois l’agrément obtenu (et validé par la formation de 120h puis la présentation à une partie de CAP Petite Enfance sans nécessité de l’obtention !), aucune formation et/ou remise à niveau théorique et pratique, n’était obligatoire. On trouve heureusement un catalogue assez fourni de formations, régulièrement proposées par les Relais Assistante Maternelle (RAM) ou les conseils généraux desquels notre agrément dépend, mais rien d’obligatoire. Je suis obligée de reconnaître que j’ai côtoyé plusieurs assistantes maternelles qui auraient besoin d’approfondir les sujets des neurosciences psycho affectives et de la bienveillance en général. Pour les autres pros de la petite enfance (en crèche ou autres structures), je n’ai pas d’expérience ni de connaissances sur leur formation.

Aux parents qui emploient une assistante maternelle, je dirais de se renseigner auprès des RAM au sujet de ces formations et de les proposer à votre salariée si elle n’en connaît pas l’existence et/ou si elle n’en fait jamais. Dans mon secteur, elles sont gratuites (financées par le conseil général) et ont lieu les samedis. 

Témoignage de Caroline, Educatrice de Jeunes Enfants, Directrice Adjointe en crèche municipale

Mon parcours : j’ai toujours voulu être éducatrice de jeunes enfants ! J’ai fait un bac S, car j’adorais les sciences. Ensuite j’ai obtenu mon diplôme d’auxiliaire de puériculture (1 an d’études), puis dans la foulée mon diplôme d’état d’éducateur de jeunes enfants (3 ans d’études). J’ai travaillé pour le moment uniquement en crèches et micro crèche. Je suis actuellement directrice adjointe d’une crèche municipale.

La place de l’éducation non violente et des neurosciences dans mes acquis théoriques et pratiques : mon école d’éducateur de jeunes enfants était déjà très axée autour de la bienveillance, la communication et la psychologie de l’enfant. Ensuite j’ai eu la chance durant mes diverses expériences (stages et professionnelles) de rencontrer des personnes qui ont enrichies mes connaissances notamment sur les neurosciences. J’ai même eu la chance de rencontrer lors de formations pros Josette SERRE et Anne-Marie FONTAINE. Du coup l’éducation non violent et les neurosciences ont une place primordiale !

Ma vision de l’éducation : en tant que parent (je suis maman d’une petite fille de 11 mois) et professionnelle de la petite enfance, nous sommes des « modèles » pour nos enfants. De part aussi le symbolique et l’imitation, ils reproduisent ce qu’ils voient, ce qu’ils entendent et surtout notre comportement en général et également envers eux-même. Il est donc vital que notre éducation puisse permettre à nos enfants de faire de demain un monde meilleur. Nous sommes les piliers de nos enfants, sur lesquels ils doivent pouvoir s’appuyer. Même si nous ne sommes pas parfaits, nous nous devons d’être là pour eux. Je suis pour une éducation bienveillante, dans l’écoute, la communication, l’empathie et l’amour !

Y a-t-il du chemin à faire chez les pros de la petite enfanceOui malheureusement il y a encore du chemin. Malgré une bonne avancée ces dernières années je trouve ! Heureusement aussi que les formations évoluent également et permettent aussi une prise de conscience de la part des professionnels, une remise en question et une recherche d’informations.

Les parents, n’hésitez pas à vous informer et à demander de l’aide si besoin !!!! On apprend aussi énormément en devenant parents ! Et on se questionne tout le temps (et même en tant que pro de la petite enfance). Ce n’est pas une honte de se poser des questions ! Et surtout cela peut arriver de faire des erreurs ! Communiquons avec nos enfants ils en ont besoin. Faites aussi confiance à votre intuition, car vous êtes ceux qui connaissez le mieux vos enfants !

Témoignage de Léa, Assistante Maternelle

Mon parcours : j’ai commencé le baby-sitting à 14 ans et ai passé mon BAFA à 17 ans tout pile et ai fait pas mal de vacances en centre de loisir. J’ai eu un bac S, je voulais être vétérinaire et je suis allée a contre cœur dans une fac de bio..où j’ai passé 6 mois. Je voulais m’orienter vers un CAP Petite Enfance mais ma mère m’en a dissuadé « tu vas pas faire un cap après un bac S ! ». En mars 2019, je suis en formation pour 3 semaines, en avril 2019 je suis assistante maternelle et je commence à accueillir bébé A., puis bébé M. en mai. J’ai alors 24 ans, 5 ans après mon premier désir de m’orienter dans cette branche, je fais enfin de ma passion mon métier.

La place de l’éducation non violente et des neurosciences dans mes acquis théoriques et pratiques : pour la partie théorique j’avais, au tout départ, une vision très traditionnelle de l’éducation, à base de VEO et de respect des adultes, l’éducation que j’ai eu en fait..Puis je me suis renseignée, petit a petit j’ai fait du chemin grâce, dans un premier temps à mes formateurs de BAFA, à des lectures, à des comptes comme le tien, celui d’Anaïs (@les instants de bonheur) et bien d’autres. L’électrochoc a vraiment été dû aux illustrations de Fanny Vella « et si on changeait d’angles « . J’ai encore du chemin à faire mais j’apprends tous les jours, en particulier grâce aux enfants. Pendant ma formation d’assistante maternelle, j’ai eu l’agréable surprise d’entendre parler des neurosciences, on nous a parlé de ce qu’il se passait dans la tête des enfants, des ravages que cause la théorie de laisser pleurer, de l’accompagnement des émotions.. J’ai pu ouvrir un peu le débat sur la motricité libre et la DME. On nous a parlé des VEO et des douces violences, des besoins physiques et affectif des enfants. Dans la pratique je ne suis pas à la lettre tout ce que j’ai appris, je pratique la motricité libre à fond, le portage avec grand plaisir, c’est d’ailleurs ce qui a permis à bébé A. de faire des siestes pendant les 6 premiers mois d’accueil, la DME, je fais tout mon possible pour permettre la continuité de l’allaitement, des choses qui m’étaient très importantes dans l’accueil que je propose. Auprès des enfants j’essaie surtout de les laisser faire leurs découvertes, je les observe et suis présente, les rares interdits sont expliqués et tous dû a un danger que je ne peux pas écarter (j’ai un escalier non protégé où elles n’ont pas le droit d’aller seules sans moi, mais puisque je suis toujours dans cette pièce avec elles, elles y vont régulièrement, et je leur ai appris à monter et descendre de façon sécuritaire) je leur explique tout ce qui se passe, tout ce que je fais. Je me demande toujours comment j’aurais réagi face à un adulte, comment j’aimerais qu’on réagisse avec moi. Je verbalise tout. J’essaie de ne pas interpréter, et je reprends les « c’est pas grave » qui échappent de monsieur lorsque qu’il est là. J’écoute leurs besoins au maximum. Et, chose qui est assez difficile pour moi, je m’excuse. Lorsque je lève la voix, ça peut arriver en cas de fatigue, lorsque je leur ai dit non et me rend compte que ce n’était ni juste ni justifié, lorsque j’ai un geste « violent » envers elles (que je les porte sans les prévenir par peur d’un danger par exemple). Et je vois le résultat, elles me font confiance, elles évoluent, elles grandissent, elles ont confiance en elles.

∞ Y a-t-il encore du chemin à faire chez les pros de la petite enfanceHooooo oui ! Déjà rien qu’au sujet de l’allaitement, je vois beaucoup trop d’ass mat qui « imposent » le biberon pour le lait maternel, voir qui demandent un bébé sevré avant le début de l’accueil… En formation on nous a parlé des bienfaits du lait maternel mais pas de la façon dont on pouvait contribuer à la continuité de l’allaitement, ni des contenants alternatifs. Le portage est encore trop mal vu à mon sens, on m’a dit, en formation encore, que le portage était trop intime et réservé à la maman (donc en plus le papa n’a pas de place ?). Le respect des enfants est une notion très abstraite pour beaucoup, j’entends au RAM beaucoup de « mal » dit des enfants au dessus de leur tête. J’ai eu l’occasion d’aller à la crèche également, j’ai vu des VEO et un système d’usine, le rythme des enfants n’est pas respecté, elles n’en ont pas le temps. Un geste violent est géré par de la violence.

Un mot aux parents qui pensent à un ou une assistant(e) maternel(le) : ne vous précipitez pas, ne prenez pas en compte uniquement l’expérience, discutez, n’hésitez pas à parler de ce qui est important pour vous, même si cela vous parait futile, ça ne l’est pas. Faites vous confiance, faites confiance à votre enfant et prenez le temps, pour vous, pour votre enfants et pour la personne que vous aurez choisie. Si vous ne vous sentez pas bien avec une personne cherchez en une autre, ça ne veux pas dire que celle ci n’est pas compétente, mais ce n’est pas celle qui vous convient. Suivez votre instinct et n’ayez pas peur de faire respecter vos choix.

Témoignage de Laura, auxiliaire de crèche

Mon parcours : j’ai passé mon CAP petite enfance en 2016 par correspondance en travaillant à côté en tant qu’animatrice (en MJC et périscolaire) auprès des 3-6 ans. Ma première expérience a été en micro-crèche. CDD de 6 mois, remplacement congé maternité, j’avais la possibilité de me former c’était le rêve. L’expérience à été désastreuse. Je suis partie au bout de 4 mois, harcèlement moral pour ma part, et maltraitance (j’insiste vraiment sur la maltraitance, on était même au-delà des VEO) pour celles des enfants. J’ai persévéré malgré tout et j’ai trouvé une place dans une crèche municipale dans un petit village. Là ça a été pour moi une révélation. L’enfant, le respect de chacun et de son rythme. Nous avions des analyses de pratiques avec une psychologue spécialisée toutes les 6 semaines à qui nous pouvions exprimer nos difficultés, elle nous expliquait pourquoi et comment réagir. J’ai vraiment appris mon métier ET appris ce qu’était réellement un enfant à ce moment là. Ma troisième et dernière expérience à duré très peu car j’ai arrêté de travailler pour m’occuper de mon fils, en micro-crèche également. Le désir était, encore une fois, le respect de l’enfant et tout était mis en place pour répondre aux besoins de chaque enfant (en micro-crèche qui plus est nous avons moyen de réaliser encore plus de choses vu le nombre d’enfants).

La place de l’éducation non violente et des neurosciences dans mes acquis théoriques et pratiques : j’ai vraiment eu la chance de l’apprendre sur le terrain. Je n’ai pas souvenir d’avoir lu quoi que ce soit là dessus dans mes cours. Depuis cela fait partie intégrante de ma vie, en tant que professionnelle avant d’arrêter de travailler mais également en tant que maman désormais.  Je mets en pratique ce que j’ai appris, je lis, je m’informe. Lorsque je travaillais j’ai pu remarquer de façon assez flagrante la différence entre les enfants de la première micro-crèche (violence +++), et la crèche municipale (bienveillance +++). Autant au niveau langage, que moteur, mais également dans la façon de se comporter entre eux (moins de pleurs, verbaliser +, aller plus facilement vers les autres etc..).

Ma vision de l’éducation : nous accompagnons aujourd’hui les adultes de demain. Quand on voit les dégâts que font les VEO, la violence, physique ou psychologique (ayant moi même été violentée je peux en témoigner) je suis persuadée que les accompagner (non les éduquer), les respecter et respecter leur développement, les aimer inconditionnellement, parler, être honnête aussi (pas parfait ça c’est pas possible..) fera que toutes ces qualités qu’on leur transmet seront innées pour eux là où elles demandent du travail et de la réflexion chez nous. ET EDUCATION BIENVEILLANTE NE VEUT PAS DIRE LAXISME.. Ce sont les adultes de demain et nous pouvons en ce sens œuvrer à faire changer les choses. Prendre conscience et ne pas reproduire les erreurs du passé. On en a les moyens maintenant avec tout ce que l’on sait.

∞ Y a-t-il encore du chemin à faire chez les pros de la petite enfance ? Clairement oui… Heureusement il n’y a pas que ça, mais malheureusement dans ce que j’entends dans mon entourage, ce n’est pas la majorité.. et de toute façon tant que toutes les structures ou ass mat n’auront pas cette prise de conscience là, il y aura du chemin. Mais c’est tout un travail à faire en amont : former les professionnels quels qu’ils soient et pourquoi pas avoir carrément une épreuve là-dessus aux examens… A mon sens il y a des choses qui ne s’apprennent pas, mais il y a des choses qui ne sont pas innées non plus. Un diplôme permet au moins d’avoir quelqu’un de formé qui « valide » la personne. Quand on voit que les ass mat sont uniquement obligées de se présenter (même pas de réussir, juste se présenter à l’épreuve. En tout cas quand j’ai passé mon diplôme c’était comme ça), ben ça pose question… Il y en aura sûrement de très biens dans le lot, mais combien.. Pour moi le diplôme apporte au moins une « certification » et aide à avoir confiance en tant que parent. On a l’impression de laisser son enfant à un(e) professionnel(le) et non à la voisine.

Si je devais donner des conseils aux parents c’est surtout écoutez vous, et écoutez vos enfants. Si vous remarquez des changements de comportement, où que quelque chose vous pose question, creuser. Et suivez votre instinct. Même si retirer son enfant et chercher un autre mode de garde peut être compliqué niveau organisation, je l’entends, est-ce que ça vaut le coup de laisser son enfant en souffrance entre de mauvaises mains. Avoir une liste de questions sur les sujets importants peut aussi aider à cerner les personnes à qui vous laisserez la prunelle de vos yeux. Et si jamais vous constater de la violence, où n’importe quel signe de maltraitance, quoi que ce soit, n’hésitez pas à contacter directement la PMI.

Témoignage de Noëlie, Assistante Maternelle

Mon parcours : j’ai 27 ans. Je suis une jeune ass mat, depuis Juillet 2018. Après le bac, je suis partie en Licence de Psychologie. Je n’ai pas validé ma troisième année, ça ne me plaisait pas vraiment. En parallèle, j’ai tenté 2 fois le concours d’auxiliaire puériculture. Ensuite, ras le bol des études, je voulais enfin exercer auprès des enfants. Je suis allée en CAP Petite enfance, passé en 1 an. C’est grâce aux nombreux stages, que j’ai compris que je voulais travailler auprès des enfants, mais de chez moi, avec mon projet pédagogique à moi et personne d’autre. Le temps d’avoir mon propre logement, j’ai fais environ 3 ans de garde d’enfants au domicile des parents. Une fois un logement à moi, j’ai passé une première partie de la formation AM et j’ai été dispensées du reste, grâce à mon CAP.

La place de l’éducation non violente et des neurosciences dans mes acquis théoriques et pratiques : je suis « nouvelle » dans ce domaine là. Sujet peu abordé en formation. Je me suis renseignée par moi-même suite à ma grossesse, en octobre 2019. En théories, je maîtrise. En pratique, j’apprends encore tous les jours. C’est compliqué d’aller à l’encontre du modèle qu’on à eu toute sa vie !

Ma vision de l’éducation : c’est tout joli dans ma tête mais c’est difficile à retranscrire ! Déjà, pour moi, éduquer son enfant, c’est l’accompagner dans ses expériences, son autonomie, ses besoins sans instaurer une relation de dominé/dominant. Je veux que ma fille sache qu’elle est notre égale, et qu’elle ne soit jamais freinée dans ses expériences ou autres juste parce que c’est « une enfant ». Je cite ma fille, mais évidemment c’est aussi le cas pour tous les enfants que je côtoie ! Je veux laisser vivre les enfants. Les laisser découvrir telle chose à leur rythme, les laisser faire leurs propres expériences et erreurs, tout en les accompagnant. L’éducation représente aussi un amour inconditionnel. J’aime les enfants. Et je me fais violence au quotidien pour ne pas les blesser avec des VEO, ou reproduire certains schémas de mon éducation.

∞ Y a-t-il encore du chemin à faire chez les pros de la petite enfanceOui, même s’il y a des progrès. Quelques formations nous sont proposées, dernièrement par exemple, c’était sur la communication avec l’enfant. Mais ce n’est pas assez. Et je ne connais pas le contenu de ces formations, si ça se trouve, des horreurs y sont enseignées ! Je pense que les changements arrivent aussi avec la « nouvelle génération » d’AM.. On va pas se mentir, la plupart des anciennes AM, n’ont pas envie de se faire ch** à changer ou se renseigner. Ce n’est ni pendant ma formation ou par la PMI que j’ai appris ce qu’étaient les neurosciences affectives ou les VEO. Dans un monde parfait, pour devenir AM, en plus de la formation, on devrait être obligée de lire « Pour une enfance heureuse » !

Pour bien choisir son Assistante Maternelle, il faut établir une relation de confiance et lui dire d’entrée de jeu ce que vous ne souhaitez PAS. Ne pas hésiter à faire plusieurs entretiens pour savoir si vous êtes sur la même longueur d’onde. 

Témoignage de Sarah, Psychomotricienne

Mon parcours : j’ai un Diplôme d’Etat de psychomotricité qu’on obtient au bout de 3 ans d’études. Avant ça j’ai eu aussi une Licence STAPS (Sciences Techniques des Activités Physiques et Sportives) mention APA-S Activités Physiques Adaptées et Santé (en gros c’est une spécialité pour personnes en situation de handicap, personnes vieillissantes ou isolées comme en prison ou hôpital psychiatrique par exemple). J’ai toujours voulu me spécialiser vers les enfants d’ailleurs tous mes stages étaient avec les enfants (CMPP, SESSAD, IME …), mais après avoir vécu la réa et neonat avec Jaïro, j’ai eu besoin de changement !

La place de l’éducation non violente et des neurosciences dans mes acquis théoriques et pratiques : franchement aucune information sur l’éducation non violente ça c’est certain. En revanche, nous avons beaucoup de cours sur le développement de l’enfant et ses apprentissages tant en psychomotricité qu’en STAPS.

Ma vision de l’éducation : je ne sais pas si pour moi c’est une vision, ça se rapproche plutôt d’un savoir être et d’un savoir faire qu’on acquiert grâce à nos enfants. On commence par se poser des questions, analyser comment tout s’est passé dans notre enfance à nous puis faire le tri entre ce que l’on aimerait reproduire ou non. On se renseigne, on lit, on réfléchit et surtout on n’a jamais mieux appris qu’avec nos enfants. En tout cas c’est comme ça que ça se passe chez moi, et on expérimente, on se foire complet, on s’excuse auprès de Jaïro et on recommence, mais en mieux (enfin, je crois … -perpétuelle remise en question haha-) Je crois que le principe de notre éducation avec Will c’est : être à l’écoute, répondre au maximum aux besoins de Jaïro, la communication et la bienveillance autant qu’on le peut.

Y a-t-il du chemin à faire chez les pros de la petite enfance ? Bien entendu ! C’est à mes yeux incontestable déjà pour le simple fait que la science évolue de jour en jour. Voilà pourquoi nos métiers nécessitent des DPC (développement professionnel continu), que nous devons obligatoirement faire tous les ans (normalement !). Il faut continuer de nous former, de lire, d’apprendre ! Mais à mes yeux une des meilleures écoles, c’est l’école de la vie. Ce qu’on y apprend en tant qu’individu auprès des autres ou même ce que nous transmettons est si riche !

Un grand merci à toutes les professionnelles qui ont témoigné dans le cadre de cet article. Leurs témoignages sont précieux et permettent de comprendre les différents métiers de la petite enfance, les enjeux et lacunes de chaque formation ainsi que de constater qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire dans ce domaine pour atteindre un niveau acceptable de respect de l’enfant. Mais ce que je retiens avant tout, c’est que des perles, il en existe, et ce, de plus en plus ! 

Place maintenant aux témoignages de parents. Certains ont vécu de super expériences avec les gardiens de leurs enfants et d’autres de beaux désastres. Encore une fois, l’idée n’est pas de nourrir votre angoisse mais par ces témoignages, de vous permettre de prendre conscience de la place que vous devez donner à votre instinct de parent ainsi qu’aux exigences que vous êtes en droit d’avoir s’agissant de vos enfants. Ils permettent également de réaliser qu’après une expérience désastreuse, il peut y avoir la garde idéale. Ecoutez-vous, écoutez vos enfants. 

Témoignage de Charlène, début de garde aux 3 mois de son fils

« Augustin est né en juin 2015, on voulait le placer en crèche mais nous n’avons pas eu de place. Nous avons donc cherché la nounou de nos rêves, la Mary Poppins en qui nous pourrions avoir confiance pour laisser notre premier enfant à 3 mois afin que je reprenne le travail. Nous vivons à la campagne, dans une petite ville mais beaucoup d’ass-mat. On en a rencontré une dizaine alors que j’étais encore enceinte. A chaque entretien on avait une liste de questions longue comme le bras…on a fait des pré-sélections et on en a finalement choisi une, celle qui répondait à tout nos critères. Elle proposait plein d’activités de toutes sortes, participait au relais d’ass-mat de notre ville, était souriante, avenante, rassurante. Quand nous lui avons dit qu’on voulait que ce soit elle qui s’occupe de notre bébé, elle était ravie. Elle nous a tout de même signifié que même si le contrat n’était pas encore signé, nous avions un accord oral et que ce serait moche de la planter durant l’été… Ça m’a étonnée. Bien sûr que nous nous sommes engagés, on avait trouvé notre nounou et on voulait pas la lâcher ! Pendant l’été 2 crèches de notre secteur nous on proposé une place pour Augustin. On a hésité, franchement, et on s’est dit qu’on s’était engagés auprès d’elle et qu’on ne pouvait pas lui faire ça. Et finalement nous étions rassurés de savoir qu’Augustin serait dans une maison avec 2 autres enfants et pas noyés au milieu de 20 autres enfants dans une structure de crèche. On se rassurait comme on pouvait. L’été passe, septembre arrive, l’adaptation de passe à merveille, hormis la culpabilité de le laisser chaque matin, mais ça c’est un autre sujet ! Elle m’envoie des photos de lui, me donne des nouvelles régulièrement. Tout va bien. Point négatif : Augustin fait ses siestes dans un lit parapluie alors qu’elle nous avait assuré qu’il aurait un lit en bois. Nous sommes déçus, mais on passe dessus, on ne veut pas passer pour des relous…15 jours d’adaptation puis le contrat débute le lundi 14 septembre. Et le mercredi 16, mon mari m’appelle après avoir récupéré le chaton et me dit : « nounou ne peut plus garder Augustin, il lui demande trop d’attention. Il pleure beaucoup,… » WTF? Trop d’attention ? Mais il a 3 mois, évidemment qu’il demande de l’attention ! Le soir même je l’appelle, elle m’explique que c’est trop Augustin 3 mois en + d’un petit de 6 mois et d’une petite de 3 ans. Je suis sur les nerfs. En colère contre elle. Je laisse la prunelle de mes yeux pour la première fois car je dois travailler et elle nous lâche ? Elle qui nous avait dit « on s’engage l’un envers l’autre hein ? Ne me lâchez pas d’ici septembre  » En colère contre moi car j’ai refusé deux (deux!) places en crèches car je ne me voyais pas la lâcher en cours de route, c’était pas correct. Elle ajoute qu’elle peut assurer le préavis de 15 jours le temps qu’on se retourne. No way Mary Poppins de pacotille, je récupère les affaires de mon si petit dès le lendemain, lui signe ses papiers en bonne et due forme, lui accorde un licenciement plutôt qu’une démission pour qu’elle touche des droits au chômage et je ne remets plus les pieds chez elle…Hors de question que je laisse mon bébé à cette personne. Nous avons dû retrouver une nounou en vitesse et faire appel à super mamie pour garder le chaton entre temps. Nous avons fini par trouver quelqu’un en qui nous avions suffisamment confiance, sans être totalement emballés par ce qu’elle proposait. Je me suis mis à 80%, mon mari enseignant à aménagé ses horaires pour limiter au max le temps chez nounou. L’année s’est bien passé, rien a lui reprocher, Augustin y était bien, nous étions sereins. Elle a déménagé en mai donc nous avons une nouvelle fois fait appel à super-mamie pour la fin de l’année scolaire. Entre temps on nous a proposé une place en crèche pour septembre, on a bien évidemment accepté avec joie ! L’histoire se finit bien heureusement mais dites-donc ce métier d’assistante maternelle, c’est un vrai métier, il ne faudrait pas l’oublier! Beaucoup (trop) de femmes le deviennent pour rester à la maison, élever leurs propres enfants et avoir une paie à la fin du mois. Augustin s’est éclaté à la crèche et nous aussi. Je m’y suis même investie pour organiser toutes les animations (spectacle de Noël, kermesse, …). Et devinez qui en faisait partie aussi ? Notre fausse Mary Poppins ! Je n’ai pas honte de dire à quel point c’était jouissif de la voir si mal à l’aise quand je suis arrivée à la réunion d’organisation du spectacle de Noël. J’ai kiffé ! J’ai kiffé de ne pas lui renvoyer son sourire, j’ai kiffé entendre les puéricultrices de la crèche me dire devant elle qu’Augustin est un amour de petit garçon si facile à vivre. Et j’ai kiffé quand l’année suivante je suis retombée sur la maman du petit garçon qui était chez cette nounou en même temps qu’Augustin, et qu’elle m’a annoncé qu’elle avait retiré son fils dès qu’elle avait appris que la nounou avait mis fin à notre contrat. Et toc ! Et pour les deux filles, nées depuis, je n’ai pas cherché à les laisser à une nounou, elles sont en crèche et même si la première année est moins facile pour un nourrisson, j’ai totalement confiance. Une ass-mat ? Plus jamais ! »

Témoignage de Camille, début de garde aux 6 mois de son fils

« Mon fils, Milo, qui a 12 mois, est gardé depuis octobre 2019, il avait 6 mois. J’avais pris un congé parental de 4 mois, par souhait mais surtout par besoin. Papa infirmier, et moi aide-soignante, travail 1 week-end sur 2… On ne savait même pas comment faire avec ça, vu que les assistantes maternelles sont rares voire inexistantes à travailler le week-end (et nos familles respectives sont loin). Mon conjoint a réussi à changer de poste, et à passer en horaire de journée, à la semaine, du coup on s’est lancés. J’ai vu 3 nounous avant de trouver la bonne (j’ai eu de la chance..). Les 3 premières n’étaient pas du tout en adéquation avec ma vision de l’éducation. Laisser pleurer, caprices à 6 mois s’il réclame les bras,.. Très peu pour moi donc. La 4ème fut la bonne. On a eu tout les 2 un énorme coup de cœur pour elle. Elle a une petite fille d’un an de plus que notre fils. Elle est auxiliaire puériculture de formation, et s’est reconvertie en assistante maternelle pour avoir plus de temps de qualité avec les enfants. Elle est à fond portage, motricité libre, DME, allaitement, dans la bienveillance et l’écoute de l’enfant au maximum. Elle ne punit pas, ne gronde pas, elle verbalise tout, signe… La nounou de rêve, en tout cas pour nous. Elle nous a proposé de suite une adaptation longue, au rythme de Milo. On a fait ça sur 1 mois. Au début on ne se fixait pas vraiment d’horaires, la 1ere semaine, j’allais le chercher parfois au bout d’1h30 ou 2h. Et puis petit à petit il a réussi à s’adapter, et à vraiment apprécier les moments passés avec elle. Les siestes étaient le plus compliqué, mais comme c’est une nounou parfaite, elle est allée à son rythme, et les 2 premiers mois, il a fait toutes ses siestes sur elle en porte bébé (ventral ou dorsal), jusqu’à ce qu’il arrive à s’endormir seul sur un lit au sol. Voilà pour la première, c’est un témoignage 2 en 1 puisqu’elle est tombée enceinte, et ayant déjà eu une grossesse à risques, elle allait s’arrêter fin avril. On a dû chercher à nouveau une nouvelle nounou, pour faire son remplacement (jusqu’en janvier 2021 donc). Je passe les émotions diverses par lesquels nous sommes passés… Nous avions 2 mois et demi pour trouver une nouvelle perle rare. On a été obligés d’élargir les recherches aux villes voisines, puisque la plupart étaient complètes niveau effectif ou alors ne collaient pas du tout niveau éducation. Au bout d’une semaine, nous avons trouvé. Alors, la nouvelle est également dans une démarche bienveillante, adore le portage, la motricité libre, accepte la DME même si elle n’a jamais pratiqué, et surtout très à l’écoute et très douce. Finalement au vu des derniers événements, il a fallu démarrer plus tôt que prévu avec la nouvelle, la première étant enceinte et donc à risques, elle a dû s’arrêter dès la deuxième semaine de confinement (et pas de confinement pour nous, étant infirmier et aidé soignante…). On a été obligés de faire un adaptation très accélérée. Une matinée et une journée, et c’était lancé. J’ai personnellement était très angoissée de le laisser si vite à une personne « inconnue » mais il s’est finalement très vite adapté, il a réussi à faire la sieste dans un lit au bout d’une semaine. Les 1ers jours c’était porte-bébé, puis sieste dans ses bras sur le canapé, puis sieste dans le lit avec elle à côté, et maintenant il s’endort quasi seul et dort seul aussi. Le plus difficile est pour nous finalement, puisque nous avions créé beaucoup de liens avec la 1ère, et que nous avions réellement eu un coup de foudre pour elle (oui oui, carrément). »

Témoignage de Laura, début de garde aux 3 mois de son fils

« Mon fils Maël avait 3 mois au moment des faits, il en a 9 aujourd’hui. J’ai perdu mon emploi pendant ma grossesse, employée de crèche en CDD et enceinte, j’ai été mise à la porte. J’ai donc trouvé un nouveau poste à temps plein à 8 mois de grossesse dans une micro crèche en création, le job rêvé. CDI, temps plein, petite structure, bienveillance, respect mutuel, plein de projet etc… L’ouverture devait se faire au mois de septembre, mon fils aurait 3 mois à ce moment là, c’était parfait niveau timing. Je me suis donc mise en quête d’une nounou, ayant travaillé en crèche je voulais trouver pour mon bébé quelque chose de plus « cocooning », et je savais également, ayant eu une mauvaise première expérience en micro crèche, que celles-ci n’étaient pas gage de qualité et qu’il était difficile de savoir ce qu’il s’y passait. Je me suis donc tournée vers l’alternative de l’assistante maternelle. Vu le peu de temps dont je disposais pour trouver un mode de garde, et avec les vacances d’été qui arrivaient, j’ai pris RDV avec la première nounou que j’ai trouvé qui partageait un peu mes valeurs (motricité libre, bienveillance etc.. sur le papier tout du moins). Nous nous sommes rencontrées après mon accouchement, Maël avait une dizaine de jours. J’ai d’abord été perturbée par son discours contradictoire, bienveillance mais punition, motricité libre mais dans un parc etc.. A ce moment là mon instinct de maman me disait que quelque chose clochait. Mais on était pris par le temps, et mon job de rêve arrivait. Elle était douce dans sa façon de lui parler, je me suis dit que j’étais peut être trop sensible avec les hormones, et mon mari lui n’était pas plus inquiet que ça. J’en ai conclu que le problème devait venir de moi. Les semaines passent, je vois l’arrivée du travail pointer le bout de son nez, et le moment où je vais devoir laisser mon bébé avec appréhension. La période du post partum est pour moi très compliquée (la matrescence, je le sais maintenant) et je suis tiraillée entre reprendre le travail et l’incapacité à laisser mon si petit, trop petit bébé. L’adaptation commence par 2 heures où je reste avec lui. Plutôt bien passées, nous échangeons au sujet de Maël, ses habitudes etc.. Le lendemain il reste 3 heures un après-midi. Tout se passe bien mais je me rends compte en sortant de chez elle que la couche n’a pas été changée et qu’elle est pleine de pipi mais de caca également. Bon, je prends sur moi, ça peut arriver.. Le 3ème jour il reste 3 heures encore, le matin cette fois. Je récupère mon fils, ma belle mère était présente. Je sonne, j’entre, les plus grands sont à table avec la nounou. Nous sommes reçus et les transmissions se font dans le hall. les enfants sont donc seuls à table dans le salon.  Elle me sourit et me dis « Je vais le chercher, il est au garage ». Je souris, pensant à une plaisanterie. Je la vois se diriger vers son garage, là encore je ne réagis pas, pensant qu’elle va chercher quelque chose pour elle ou les plus grand. Et je la vois revenir avec mon tout petit bébé de 3 mois… Il s’était endormi dans la poussette pendant la promenade et pour ne pas le « réveiller » elle l’avait mis au garage. Mon tout petit bébé était dans ce garage noir, à l’autre bout de la maison, toutes portes fermées, seul, dans une poussette canne, depuis je ne sais combien de temps. Sur le coup je n’ai pas su réagir, j’ai été comme assommée.. C’est plus tard que la colère est montée.. mon mari était au travail, moi chez mes beaux-parents, pour eux c’était « pas si grave ».. je m’emportais pour bien peu. Le problème venait donc encore de moi ? Mon mari est rentré, il a pris mon parti, à appelé la nounou pour avoir des explications, j’en était moi bien incapable vu la colère que j’essayais de gérer. Pour elle c’était normal, elle faisait ça pour tout les enfants. Suite à cela j’ai retiré mon bébé de chez elle, j’ai fais une dénonciation à la PMI. J’aurai du m’écouter. Aujourd’hui Maël a 9 mois. J’ai trouvé une nounou extraordinaire tout de suite après cette histoire, et après quelques mois de travail je me suis rendue compte que pour moi la reprise était inenvisageable. J’avais besoin de temps, de temps avec mon bébé et de temps pour digérer cette matrescence difficile. J’ai donc arrêté mon activité pour l’instant, je garde mon fils avec moi, et il va quelques heures par semaine chez sa nounou extraordinaire, j’ai gardé ses heures étant donné qu’il y allait déjà depuis un moment avant que je cesse de travailler et qu’il y est très bien. »

Témoignage de Vivian, début de garde aux 12 mois de sa fille

« Après un an de congé parental il était temps de trouver un mode de garde pour ma fille. La maman d’une très bonne amie était disponible en journée et on s’était mise d’accord pour qu’elle garde ma fille chez elle, même si elle habitait à l’autre bout de la ville. On s’était dit avec mon mari que ce n’était pas grave, on lui faisait confiance et on voulait que ce soit elle qui la garde et pas quelqu’un d’autre. Malheureusement nous n’avons pas pu la faire garder par elle car c’était vraiment trop compliqué, on allait passer trop de temps dans les transports en commun… Et là, c’était le drame, nous n’avions pas d’autres solutions car je n’avais jamais fait la démarche auprès de la mairie. Il FALLAIT que je trouve une solution en une semaine car je reprenais le travail. Après plusieurs jours de recherche frénétique sans aucun espoir je trouve une micro-crèche (10 enfants maximum) à 15 minutes de chez moi. J’ai eu de la chance car elle venait tout juste d’ouvrir et il y avait encore des places disponibles. Nous sommes tous allés visiter la crèche. Lors de la visite ma fille a exploré tout l’endroit et elle était ravie de voir tous les jouets et ce qui était mis à disposition pour jouer. Il faut savoir que ma fille n’a jamais voulu être portée par quelqu’un d’autre que mon mari ou moi et encore moins aller explorer des endroits qu’elle ne connaît pas. On était ravis de sa réaction ! Pour nous c’était sa façon d’exprimer son accord et cela nous a beaucoup rassuré. Nous avons fait la familiarisation en une semaine (mon employeur a accepté de me laisser commencer une semaine plus tard) et ça s’est super bien passé ! Elle a accepté qu’on la porte, qu’on lui donne à manger et qu’on joue avec elle. Aujourd’hui nous sommes ravis de notre choix et notre fille s’épanouie énormément ! Nous savons que c’est le meilleur mode de garde pour elle, une petite structure avec des personnes bienveillantes qui sont là pour elle tous les jours et qui l’accompagnent au mieux dans son développement. »

Témoignage de Lisa, début de garde aux 18 mois de sa fille

« J’avais pris un congé parental et je l’ai mise dans une MAM avec 2 assistantes maternelles lorsqu’elle a eu 18 mois. Sauf que, bébé avec de gros besoin d’attention, de câlins, de présence. Pour l’entretien ça s’était super bien passé, le courant était nickel, elle me disait qu’elle avait aussi eu un bébé avec de gros besoins qu’elle portait beaucoup du coup, et qu’elle allait faire la même chose avec Alyana, pour la rassurer. On a commencé l’adaptation, premier jour horrible de la laisser pour 2 heures, elle est restée devant la porte à m’attendre en pleurant jusqu’à mon retour, les jours d’adaptations se sont suivis et se ressemblaient. Sa nounou me disait qu’il fallait lui laisser du temps, qu’elle allait s’y faire… et j’ai écouté… je n’ai pas fait confiance à ma fille qui me réclamait et me disait qu’elle ne voulait pas y aller. Et on a commencé à voir des changements dans son comportement, elle ne me demandait plus de venir jouer avec elle, quand elle était avec moi c’était toujours au sein, elle dormait encore plus mal qu’avant (oui c’était possible). J’en ai parlé avec la nounou qui me disait que oui c’était une enfant discrète et souvent en retrait, qu’elle ne pouvait pas toujours la porter car il y avait d’autres enfants. Après en avoir discuté avec ma fille au bout de 5 (trop long) mois, elle m’a dit que nounou la laissait toujours toute seule et qu’elle devait jouer dans son coin. J’ai licencié la dite nounou le jour suivant, hors de question que cela dur plus longtemps. Depuis on a cherché une autre personne, passé de nombreuses entretiens et elle a choisit celle qui la garde aujourd’hui et chez qui elle va avec plaisir depuis le premier jour de garde. Moralité : on doit toujours faire confiance à son enfant, je suis désolée pour elle d’avoir autant attendu pour licencier sa nounou. Je pensais vraiment que c’était normal puisqu’elle me disait que dès que j’avais franchi la porte elle allait jouer et c’était juste le temps de la poser.« 

Témoignage de Jeanne, début de garde aux 5 mois de son fils

« J’ai repris le travail vers ses 4-5 mois. Nous avons trouvé une nounou de 40 ans environ, fraîchement diplômée. Paul est toujours allaité exclusivement. Les journées se suivent mais ne se ressemblent pas, parfois il pleure toute la journée, parfois non. Elle l’a gardé durant 4 mois et au fur et à mesure des détails nous ont « alertés ». Déjà, on s’est rendus compte qu’elle lui donnait la tétine dans notre dos. Ensuite, elle le mettait devant les écrans, et aussi, quand j’arrivais dans l’après midi, elle était allongée et les bébés pleuraient dans leurs lits, elle disait « ah ils viennent juste de se réveiller » mon œil… Ou alors quand on récupérait Paul, l’autre bébé hurlait et au lieu de faire rapidement le point, elle passait du temps à nous parler de tout et de rien en disant « oulah, elle doit être violette à force de crier comme ça »… Bref. On a rompu le contrat…J’ai remis une annonce sur nounoutop en notifiant que c’était un bébé allaité, en DME qu’on ne laissait jamais pleurer et qu’on ne voulait pas d’écran. Une assistante maternelle m’a répondue : marraine d’allaitement, ok DME, à fond dans le Montessori bref, la nounou dont je rêvais. Temps d’adaptation assez long chez elle, 15 jours minimum. Les débuts ont été difficiles, Paul pleurait énormément, il lui a fallu plusieurs mois et aujourd’hui tout se passe à merveille, il ne pleure même plus quand on le dépose. Elle note tout dans un cahier et quand elle a d’autres enfants présents, elle ne nous fait pas attendre et se dépêche pour être disponible pour eux. »

Témoignage de Camille, début de garde aux 8 mois de son fils 

« Je suis maman d’un petit Raphaël qui est né en novembre 2018. J’ai pris un congé parental et je n’ai repris le travail qu’en juillet 2019. Depuis sa naissance, ça a toujours été compliqué de le faire garder, même par mes parents ou mon frère /ma sœur. Alors je savais que ce serait compliqué de le faire garder chez une inconnue. Pour faire une transition en douceur, il était convenu que mes parents le garderaient pendant l’été et qu’il irait chez une assistante maternelle en septembre. Pendant l’été, Raphaël s’est bien adapté, même si les repas et les siestes étaient un peu compliqués. Nous voilà donc arrivés au premier jour de l’adaptation. Nous avions rdv à 9h. C’est moi qui ai accompagné Raphaël. En arrivant, je découvre l’assistance maternelle dehors avec la poussette et les 2 autres enfants qu’elle garde, je comprends qu’il faut que je dépose mon fils dans la poussette et que je parte. Je suis un peu surprise mais sur le coup je me dis que ça doit être comme ça une adaptation…! On devait retourner le chercher à 11h. J’étais avec mon mari, et en arrivant on a entendu les pleurs de Raphaël. Ça ne nous a pas vraiment inquiété, on savait que ce serait difficile pour lui. On a sonné et là, quand la nounou nous a ouvert, elle faisait une tête… Agacée ! Et elle nous a dit qu’il fallait qu’on arrête de céder à tous ses caprices, qu’il fallait qu’on arrête de le prendre trop dans nos bras, qu’on devait le laisser pleurer sur son tapis de jeu pour qu’il apprenne à rester seul, qu’on le laisse pleurer dans son lit jusqu’à ce qu’il s’endorme…Et que si c’était trop dur, il fallait qu’on mette un casque sur nos oreilles pour ne pas l’entendre. Je n’osais rien dire, j’avais mon bébé dans les bras et je n’avais qu’une envie c’était de partir ! J’ai passé le reste de la journée en larmes… Je voulais tout arrêter mais mon mari voulait réessayer. En discutant sur instagram, je me suis rendue compte qu’une adaptation ne se passait pas comme ça normalement. Alors le lendemain, (moi je travaillais) mon mari lui a demandé si c’était possible qu’il reste un peu pour que Raphaël découvre la maison avec une figure rassurante. Elle lui a répondu « comment voulez-vous qu’il s’habitue si vous êtes toujours là ! ». Il a dû encore une fois laisser Raphaël dans la poussette et partir. Au bout d’1h c’est la nounou qui a appelé en lui disant de venir plus tôt parce qu’elle n’arrivait pas à calmer Raphaël. Il a eu le droit encore une fois à une leçon de morale… (Et moi aussi par texto…). Ensuite elle nous a proposé de refaire une tentative un soir, pour s’occuper de Raphaël sans avoir les autres enfants. Elle a encore appelé mon mari pour qu’il vienne le chercher plus tôt. Là, de toute façon mon mari était d’accord pour arrêter et la nounou nous a dit aussi que c’était la première fois qu’elle rencontrait un enfant comme ça, qu’elle ne se sentait pas capable de s’en occuper….Je me suis sentie tellement soulagée !! Au premier rdv, je me suis sentie blessée parce que j’ai eu le sentiment qu’elle n’avait laissé aucune chance à Raphaël avant de lui poser une étiquette d’enfant roi ou d’enfant compliqué. Au dernier rdv j’ai eu l’impression qu’elle avait quand même compris qu’il y avait autre chose. Bref, Raphaël est retourné chez mes parents et ça se passe très bien! Cet été on change de région, et j’ai peur de ce qui nous attend pour trouver un mode de garde pour Raphaël… »

Après ce témoignage, je souhaiterai juste préciser un petit point : votre enfant n’est pas difficile à faire garder. C’est un nourrisson qui a besoin de sa mère, son odeur et son contact. A moins que ses grand-parents ne vivent avec lui ou ne soient présents tous les jours, ils sont autant des inconnus que n’importe quels copains. Alors ne nous étonnons pas qu’un enfant de 8 mois réagisse à ses grand parents comme à des inconnus s’il est laissé seul avec eux sans adaptation aucune. Il lui faut en tout état de cause un temps d’adaptation avec eux aussi !

Témoignage de Clotilde, début de garde aux 9 mois de ses filles 

« Je suis maman de jumelles âgées de 16 mois. Elles ont été gardées en crèche municipale à partir de leur 9 mois, en septembre 2019. L’adaptation à été progressive et longue car nous en avions la possibilité; en juillet et en août elles ont été à la crèche ponctuellement et à temps plein à partir du mois de septembre. L’adaptation s’est donc très bien passé, elles n’ont jamais pleuré en me quittant et les retrouvailles ont toujours été dans la joie. J’ai tout de même observé un petit changement à la maison suite à ma reprise du travail début octobre. À ce moment là ce n’était plus uniquement moi qui les déposait ou allait les chercher à la crèche mais aussi le papa, les mamies et tata. Mes filles ont eu un besoin accru de passer du temps avec leur maman mais cela n’a pas posé de problème sur les moments à la crèche. L’équipe est super, à l’écoute, bienveillante et je dirais même maternante, je laisse mes filles avec une grande confiance et je vois qu’elles sont heureuses d’y aller. C’est très agréable. À l’heure actuelle elles sont à la maison avec nous et j’avoue avoir un peu peur du retour « à la normale » car n’ayant vu personne d’autres que leurs parents pendant le confinement je me demande comment va se passer le retour à la crèche… surprise mais c’est une autre histoire, je m’écarte du sujet. »

Témoignage de Charlotte, début de garde aux 4 mois de sa fille 

« L’été dernier lorsque que j’étais enceinte une de mes amies nous a conseillé une nounou super. Nous avons pris contact avec elle et nous l’avons rencontré. Le courant est passé immédiatement. Nous étions vraiment sur la même longueur d’onde. À la naissance de ma fille je l’ai prévenu, je lui ai ensuite présentée. La garde devait commencé en janvier. Je devais reprendre le travail le 21 janvier donc nous avons décidé de faire l’adaptation les 15 jours avant. Le premier jour j’ai laissé ma fille 1 heure. Quand je suis allée la chercher elle ne pleurait pas mais pendant plus d’une heure ensuite elle avait encore des sanglots dans la gorge. Je précise également que travaillant en hôtellerie et étant mal accompagnée j’avais décidé de sevrer ma fille. Mais elle a refusé ce sevrage…. Suite aux conseils de la pédiatre, j’ai donc commencé la diversification à ses 4 mois. Les jours suivant l’adaptation, j’avais une boule dans le ventre. Comme un mauvais pressentiment. 4 jours plus tard je devais déposer ma fille à 11h et la nounou avait oublié et était en activité à l’extérieur avec les autres enfants. Je l’ai donc rejointe.. Là elle m’a dit que si ma fille continuait à refuser le bib elle ne pourrait pas la garder. J’étais à J-4 de ma reprise….. Et le coup fatal ce même jour quand je suis allée chercher ma fille la nounou me raconte « vu qu’elle ne voulait pas le bib je lui ai enlevé son doudou pour qu’elle n’ait plus votre odeur ». J’étais dans un état second, j’avais bien compris qu’elle avait puni ma fille de 4 mois. J’étais dans tous mes états. J’ai appelé mon chéri pour tout lui raconter et pour lui dire que ça n’allait pas le faire. Il était avec un ami à lui qui nous a donné le numéro de son ancienne nounou. Je l’ai contacté le lendemain matin. Elle n’avait plus de place mais une de ses amies oui. Nous l’avons rencontré le lendemain et depuis ça se passe très bien !! Ma fille est épanouie. Elle mange et je vois qu’elle est bien !! »

Témoignage de Maëlle, début de garde aux 12 mois de sa fille

« Ma fille va avoir un an, j’ai pris un congé parental et suite à la perte de mon travail après ma grossesse nous n’étions pas encore au clair sur le mode de garde de notre bébé. Mon mari travaille à l’université et il se trouve que l’on nous a proposé une place dans la crèche parentale de l’université. Ayant peur de finalement ne rien trouver le moment venu, on s’est lancé dans « l’aventure ». Je dis bien aventure car pendant ma grossesse l’idée même d’une crèche parentale me semblait saugrenue, je ne comprenais pas qui acceptait de payer et EN PLUS venir plusieurs fois par mois s’occuper de son enfant et de ceux des autres. Aujourd’hui je pense que je n’avais juste pas pris conscience de ce que la parentalité changerait chez moi et bien entendu mon point de vue sur le temps que l’on passe avec son enfant a bien changé quand l’enfant est devenu réel 🙂 Tout ce pavé pour vanter les mérites de ce mode de garde : Les personnels sont formés, je pense qu’évidemment la bienveillance de ceux-ci dépend comme partout des structures mais tout de même le fait qu’il y ait peu d’enfants (15 max en même temps) leur laisse du temps pour bien les connaître et leur apporter tout le soin nécessaires et répondre à leurs besoins. Et justement cette réponse aux besoins est aussi assurée par les parents, chacun se relaie sur une demie journée, ce qui nous permet de voir évoluer nos enfants dans un nouvel environnement et aussi de connaître tous les enfants que notre bébé côtoie. C’est, je trouve, quelques chose de rassurant mais aussi qui permet d’impliquer le parents pleinement dans la vie de son enfant, ses évolutions, ses besoins. Il n’y a pas de coupure: que fait-il? Comment mange-t-il!? A t’il ce qu’il faut? Etc. Dans les questionnements a propos de ce fameux travail/maternage je trouve que c’est vraiment un compromis top, rassurant. Bien entendu cela reste compliqué pour certains emplois du temps de parents…c’est probablement là la principale limite. Pour autant je pense que c’est vraiment un système à réhabiliter ! »

Témoignage de Camille, début de garde aux 6 mois de son fils

« Mon fils est né préma et a fait 1 mois de reaneonat. Enfant qui régurgitait beaucoup donc chouinait un peu car il avait de temps en temps mal au ventre.  Il dormait bien et mangeait très bien ! Il a été chez une assistante maternelle à partir de ses 6 mois et 2 mois et demi après le début de la garde, elle n’a plus voulu le garder. Un jour je vais reprendre Elias chez la nounou et je l’entends hurler de dehors, je frappe, je sonne, elle met du temps à venir. Je me dis qu’il a dû se faire mal. Elle ouvre la porte et me dit « On va arrêter le contrat, je ne peux plus le garder, il hurle comme ça tout le temps, on arrête tout de suite ». Il est à terre sur le dos, rouge, les yeux fixent en hurlant. Je ne l’ai jamais vu comme ça. Je le prends et il se calme au bout de 10 secondes. On parle d’un bébé qui est hyper sociable, positif. La nounou disait parfois en souriant « des fois je lui dis qu’il est chiant avec moi, qu’il doit arrêter de pleurer »… Je pense qu’elle était beaucoup trop dure, elle ne savait pas le rassurer. Quand il chouine un peu il suffit de lui parler positivement pour qu’il sourit de nouveau. Maintenant, il a 3 ans et sa deuxième assistante maternelle s’en occupe super bien ! Mais ça a été dur pour moi de refaire confiance car c’est mon 1er enfant. Mon deuxième est aussi gardé chez elle. J’avais trop peur de redevoir faire des démarches et en chercher une nouvelle car ça fait flipper. Après coups je ne comprends pas la réaction de la première nounou. Je ne l’avais jamais vu dans un tel état. A bout elle était ce jour là! J’ai appelé le RAM pour prévenir et on aurait dit que c’était la faute de mon fils car toutes ses gardes s’était toujours bien passées avant. J’ai pas poussé plus loin sur le moment. Maintenant je regrette de pas avoir beaucoup plus averti du comportement de la nounou. Je me suis toujours dit qu’il aurait fini en bébé secoué si elle n’avait pas craqué devant moi ce jour là. »

Témoignage de Sonia, début de garde aux 3 mois de son fils

« Mon bébé a 3 mois et ça sonne déjà la reprise. Je m’estime chanceuse j’ai posé 4 semaines de CP après la fin de mon congés mater, histoire de profiter un peu plus. Il est petit, allaité et tellement fusionnels comment nous séparer ? J’angoisse chaque jour un peu plus alors que plusieurs solutions s’offrent à moi. Une assistante maternelle ? Oui et en même temps je n’arrive pas à accorder ma confiance à une seule personne. Celles que je rencontre ne me plaisent pas. A la question « laissez vous bébé pleurer ? » Elles me répondent toutes « bien sûr un peu forcément on est obligé ». Alors bon, j’ai mal au cœur je ne suis pas prête. Les crèches municipales ? Je me pose même pas la question j’ai procédé à mon inscription trop tard (enceinte de 6 mois quand même), je n’ai pas de place. Puis avoir une place en cours d’année ça revient au miracle alors bon. Je n’ai pas de famille à proximité, donc il va falloir trouver une solution. Puis deux semaines avant de reprendre une micro crèche s’ouvre. Je pré inscris mon enfant sans grand espoir. Je suis immédiatement rappelée et immédiatement prise. Trop contente ! L’adaptation se passe très bien. J’explique que mon bébé est encore allaité et que je souhaite tirer mon lait pour lui donner: elles sont Ok. Elles m’expliquent qu’elles agissent dans une démarche d’éducation bienveillante, positive, qu’elles pratiquent la motricité libre. N’y connaissant rien j’avoue qu’au début ça me parait presque farfelu, un poil « bobo chic » puis le tarif est exorbitant (1456€ pour 50h de garde chaque jour 8h30 – 18h30). Pourtant je me laisse convaincre et pétard je ne regrette pas. Mon bébé est heureux épanoui. Il évolue à vitesse grand V et est sans cesse stimulé, éveillé. Elles me donnent des idées d’activités selon son âge, de lecture, des conseils, m’encouragent dans mon allaitement. Elles sont d’un renfort et d’un accompagnement précieux. Il joue, fait des activités sensorielles, va à la maison de retraite, fait ateliers poterie et musique chaque semaine, va à la ludothèque, au théâtre… Ils sont au maximum 10 et il y a une dame pour deux/3 enfants ce qui permet un accueil individualisé et personnalisé et une attention très particulière à chaque enfant. Un an et demi après, j’ai une place en crèche municipale et la différence de tarif me laisse hésitante. Finalement je retire bébé avec un pincement au cœur et vais pour l’adaptation en crèche municipale. On a tenu une semaine. La surcharge d’enfant et la flexibilité d’horaires très large ne laissent que peu de places aux activités. Si petit bébé réclame pourtant ses « tatas habituelles » et ses copains. Au bout d’une semaine je sens la différence alors tant pis pour le budget, je demande à la directrice de la micro crèche si c’est possible qu’il revienne. Il est accueilli avec beaucoup de chaleur, et elles ont toute compris notre décision d’être partis et ne nous en ont pas voulu du tout. Bébé a très vite retrouvé ses marques. Je le laisse les yeux fermés et pour lui c’est « trop cool la crèche ». Il a fêté trois anniversaires là-bas. Maintenant j’angoisse en pensant à septembre. C’est un nouveau pas mais quand on tombe sur une équipe si géniale difficile de se dire qu’on doit les quitter. »

Témoignage de Claire, début de garde aux 10 mois de sa fille

« J’ai une petite fille qui va avoir 2 ans fin mai. Jusqu’à ses 10 mois, étant intermittente du spectacle, elle a été gardée peu de fois (lorsque son père ou moi n’étions pas dispo) par mes parents, ma belle-mère ou des amis proches. Vers ses 6 mois, j’ai ressenti le besoin de la faire garder plus régulièrement car c’était compliqué professionnellement parlant et je pense que je faisais une légère dépression post-partum (non diagnostiquée). On a donc essayé de trouver un moyen de garde. Depuis début avril 2019, ma belle-mère est en pré-retraite et a pu prendre Lily 1 jour/semaine. On a pu aussi bénéficier d’un jour/ semaine avec la crèche d’entreprise de mon conjoint. A partir de ses 10 mois, elle a commencé à être gardée régulièrement 1 jour par sa mamie, 1 jour à la crèche. Chez sa mamie tout se passe bien, elle est ravie d’y aller. A la crèche d’entreprise, l’adaptation s’est très bien passée, elle était avec les tous petits (dans le cocon) où ils étaient 5 ou 6 pour une auxiliaire. Leurs rythmes étaient respectés et on ne les laissait pas pleurer. Comme, elle était la plus grande et que les auxiliaires nous disait qu’elle « s’ennuyait », nous avons fait le forcing pour la passer avec les plus grand (10-18mois). Ce ne fut pas notre meilleur choix parental… A partir de là (mi-juin), on a entendu « elle est pénible, elle ne veut pas faire la sieste en même temps que les autres » « ben non, elle a rien fait, elle rampe votre fille »…Elle hurlait tellement dans le dortoir qu’ils ne la mettait plus à la sieste et qu’elle finissait pas s’endormir sur un tapis dans un coin. C’était crise de larme le matin et le soir et un supplice pour mon conjoint lorsqu’il la déposait. De plus, il a vu des comportements très douteux de la part des auxiliaires envers les enfants (cri, tape…). Début juillet, on a pris la décision de la retirer de cette crèche et de chercher un autre moyen de garde. Ce fut très compliqué car nous sommes dans une grande ville avec peu de moyen de garde (1an ½ d’attente pour la crèche municipale) et nous ne cherchions pas un temps complet. Par chance, nous avons trouvé une micro crèche. Pas plus de 10 enfants pour 3-4 auxiliaires, accompagnement au sommeil, allaitement friendly, ateliers pour les parents, informations sur le développement de l’enfant, portage physio… Lily a commencé en septembre dernier (2jours /semaine), l’adaptation a été longue pour qu’elle soit le plus en confiance possible. Aujourd’hui, elle adore y aller, et on est très content de l’équipe. A la fête de Noël, elle était plus sur les genoux des auxiliaires que avec nous. On ne regrette absolument pas de s’être écouté et de l’avoir changée de mode de garde.« 

Témoignage de Laura, début de garde aux 6 mois de sa fille 

« Alors âgée de 6 mois ma fille a fait son entrée dans une MAM (Maison d’Assitantes Maternelles) pour être gardée 3 jours par semaine. D’inspiration Montessori, respectueux des besoins et rythme de l’enfant, portage etc. Un packaging bien attirant sur le papier. Ma fille a dès sa naissance eu un grand besoin de proximité, de contact au risque de déclencher une grande détresse chez elle. Là-bas elle passait plusieurs heures dans la journée en écharpe de portage, ne pouvait pas être posé. Dans cette structure de garde il y avait au total 7 enfants dont ma fille pour 2 assistantes maternelles. Selon les jours, au final elles avaient souvent 5 enfants en garde. Est-ce que j’ai fait la sourde oreille, voulue croire que la situation allait s’améliorer, ou m’a-t-on caché des choses et enjolivé le contexte. Toujours est-il qu’après des mois de gardes là-bas, on m’annonce que ma fille demande beaucoup beaucoup trop les bras, qu’elle instaure une ambiance pesante avec ses hurlements si elle n’est pas dans les bras, trop proche d’une des 2 assistantes maternelles elle impose donc à la seconde de devoir gérer seule le reste du groupe. Le couperet tombe sans prévenir, sans nous avoir vraiment évoqué une situation ingérable : nous avions alors 15 jours pour trouver un nouveau moyen de garde. La rupture est difficile tant pour ma fille très attachée à l’une des assistantes maternelles et pour moi. Remise en question, culpabilité d’avoir fermé les yeux sur une situation que je voyais être difficile, colère contre cette structure d’avoir sans cesse minimisé les journées compliquées. Je ne souhaite à aucune maman/papa de devoir vivre une situation pareil et surtout bébé/enfant… « fille insupportable qui n’arrête pas de hurler », « impossible à poser », « accapare », « et les autres on doit les délaisser pour ta fille ? »,  « ne supporte pas qu’on donne du temps et des regards aux autres » , « ingérable ». 15 jours avant le confinement ma fille a fait son entrée chez une assistante maternelle qui garde 3 enfants dont ma fille. Une petite semaine d’adaptation et une complète. Trop tôt pour dire qu’elle s’est sentie à l’aise là-bas, toujours des larmes de crocodiles le matin en la déposant mais, une petite fille plus souriante le soir et croyez-moi ou non qui a commencé à faire ses nuits. Une assistante maternelle non inquiète de devoir donner autant les bras, surprise d’un besoin si intense mais heureuse de l’accueillir chez elle. Je retire de cette expérience difficile plusieurs choses, du positif du négatif et une grosse remise en question. J’aime autant mon travail tout comme je déteste déposer ma fille pour une journée de garde. Je m’en veux de lui imposer ce rythme de vie tout comme je suis fière de mon métier. Dilemme et réflexion sans fin. Que mon témoignage serve au moins à pousser les parents à se faire confiance ainsi qu’à leur enfant. Non le laisser en larmes tous les matins ce n’est pas normal (et peut-être que de le mettre en garde non plus me diriez-vous). Fini les jouets en bois, la nourriture bio, le portage, les siestes sur un matelas au sol, et la soit disant bienveillance place à une femme prête à écouter et suivre les besoins de ma fille et ça c’est le plus important. Ecoutez-vous, faites vous confiance, trouvez le rythme qui vous apporte le plus de bien être à vous et votre enfant. Soyez fières de travailler ou non. Si votre instinct vous dit que quelque chose ne va pas alors soyez en certaine c’est que quelque chose ne va pas. J’ai aussi accepté que la situation ne pouvait pas être parfaite, que le moyen de garde parfait n’existait pas tout comme moi je ne suis pas une maman parfaite lorsque je suis avec ma fille. De souhaiter un moyen de garde en tout point raccord avec mes valeurs n’existait pas et surtout égoïste de ma part. »

Témoignage de Chloé, début de garde aux 3 mois de sa fille

« Nous avons eu une place en crèche et nous étions ravis car on n’était vraiment pas chauds pour la nounou. Notre fille est allée à la crèche à partir de 3 mois et ça a été un crève cœur pour moi de la laisser aussi tôt. Notre 2ème fille est née il y a bientôt 2 mois et je ne voulais pas revivre ça avec elle, je la garde jusqu’en septembre au moins! Au début, ce n’était pas facile de la laisser. Elle était toute petite, je ne connaissais pas la structure et elle non plus. Finalement l’adaptation s’est bien passée et on a vite pris nos marques. Il faut dire qu’elle va dans une petite crèche où il y a 30 enfants max répartis en 2 groupes: les petits et les grands. Il y a 2 assistantes maternelles référentes par groupe, plus la directrice qui va d’un groupe à l’autre, et il y aussi 2 stagiaires qui sont là pour du long terme et 2 assistantes (je ne sais pas comment les appeler, mais elles n’ont pas le même statut que les autres). Ce qui fait pas mal d’adultes par groupe au final. Chaque assistante mat reste 2 ans par groupe, mais elle tourne avec 1 an d’écart ce qui fait que les enfants ne se retrouvent pas avec 1 adulte dont ils n’ont pas trop l’habitude. En réalité, ils connaissent tous les adultes de la crèche car le matin c’est portes ouvertes et ils peuvent aller d’une salle à l’autre, selon les ateliers et leurs envies. Ma fille se sent très bien à la crèche, elle a maintenant bientôt 3 ans et c’est sa deuxième maison. Même si elle est contente de passer plus de temps avec nous pendant les vacances, je n’ai jamais le cœur lourd de la laisser car je sais qu’elle va passer une bonne journée, avec ses copains et copines et qu’elle va faire plein d’activités. Elle a noué une relation très mignonne avec une des dames qui s’occupe d’elles, et qui a toujours été dans son groupe. Nous apprécions beaucoup aussi cette personne et je ne sais pas à qui elle va manquer le plus quand ma fille ira à l’école! Tout le personnel, mais cette dame en particulier, nous a épaulé face aux changements familiaux (décès de mon père, naissance de la petite soeur) et tempêtes émotionnelles (terrible 2 par exemple). J’angoisse un peu de l’entrée à l’école car je sais qu’elle peut discuter avec les adultes de la crèche de ses peurs, interrogations et elle n’aura pas la même écoute à l’école. Elle a aussi appris énormément de choses à la crèche: du vocabulaire, des chansons mais aussi la vie en communauté. En bref, nous sommes ravis de cette expérience. Nos choix d’éducation ont toujours été respecté, ma fille est épanouie et j’espère de tout coeur que la période de confinement sera terminée avant la rentrée à l’école pour qu’elle puisse encore profiter de ce cocon. Et je croise les doigts pour que ma 2ème fille ait une place à son tour dans cette structure!« 

Témoignage de Marie, début de garde aux 3 mois de son fils

« Armand est né le 30 Décembre 2018. Avant sa naissance, nous avons formulé une demande d’accueil en crèche dans notre ville. Nous sommes passés en commission 2 fois et avons essuyé 2 refus pour manque de place. C’est dur à digérer mais c’est comme ça. Nous avons donc cherché un autre mode de garde. J’ai fait le tour des assistantes maternelles de ma ville, mais pour un accueil en Mars, personne n’était disponible. Une seule m’a dit qu’elle pourrait éventuellement s’arranger pour le prendre en plus, selon les horaires des autres parents. Elle pouvait jongler avec les âges, le mien étant très petit, les autres étant grands, elle réussirait à le garder. Elle nous avait été vivement conseillée par plusieurs personnes (parents, directrice d’école, amis…). 1er RDV avec elle en Février, j’ai pleuré tout le long à l’idée de le laisser. Elle a essayé de me rassurer mais je sentais une boule dans mon ventre qui me plombait. Mon conjoint mettait ça sur le dos de la fatigue et de mes difficultés à le laisser. J’avais l’impression de l’abandonner au mauvais endroit… 2e RDV j’y vais seule, pour passer du temps avec elle, échanger sur ses pratiques, apprendre à la connaître. Et là je la vois en action. Elle privilégie un enfant plus qu’un autre, elle laisse pleurer dans son lit un enfant qui s’est réveillé mais pas à la bonne heure selon elle. Au téléphone avec une maman qui veut venir chercher son fils plus tôt elle l’envoie balader. Je suis effarée… Mais je me dis que c’est sûrement moi qui déconne… 3e RDV, je lui dépose Armand quelques heures. Pour me changer les idées, je vais au collège où je travaille juste à côté, en pleurs, je sanglote dans les bras des secrétaires et je leur fais part de mes doutes. Mais elles la connaissent aussi de réputation, et essayent de me rassurer. Une me dit quand même que je devrais rester plus longtemps avec Armand si ça ne va pas. Ce jour là en allant le chercher, je suis en même temps qu’une autre maman (ma future voisine, youpi…) maltraitante (qui insulte et frappe ses filles). La petite (d’un an à peu près) joue avec la porte, la mère lui dit d’arrêter, la nounou l’attrape violemment et la donne à sa mère qui la met au coin en lui tapant la tête le long d’un placard, et la nounou lui dit que si elle se tenait tranquille ça n’arriverait jamais… Moi j’ai Armand contre moi et je le serre tellement fort qu’il pourrait re-rentrer dans mon ventre !! On continue l’adaptation, et là, un jour où il devait y passer l’après midi (13h-17h), je reçois un TEXTO à 15h qui me dit « venez le chercher ça ne va pas ». Mon sang ne fait qu’un tour, je saute dans la voiture et arrive en 30 secondes à l’autre bout de la ville pour trouver un bébé affamé en pleine crise comme jamais… Soit disant il ne voulait pas boire mon lait, soit disant il ne boirait jamais au biberon à cause de moi, mon allaitement allait devoir s’arrêter net si je voulais le faire garder, je le mettais en danger à cause de mon allaitement… Je donne la tétée à 15h, debout dans la cuisine parce qu’elle était en train de faire son ménage. Et elle m’explique qu’il allait falloir le caler mieux que ça, parce qu’il serait souhaitable qu’il dorme en même temps que les autres pour qu’elle puisse faire son ménage. Moi c’est mon 1er, je ne suis pas encore sûre de moi, je lui dis que je ferai ce que je peux. Je lui laisse à la fin de la tétée vu qu’il devait y être jusqu’à 17h. Je reviens à 17h et retrouve un bébé en pleurs, ENCORE. Elle me le colle dans les bras en me disant « reprenez-le, il ne fait que de pleurer votre gamin, je ne peux même pas le poser pour m’occuper des autres, il ne supporte rien ». Je suis partie de chez elle sans attendre d’explications et je me suis juré de ne JAMAIS y retourner. C’était un vendredi. Je raconte tout ça à mon conjoint (et lui explique que les odeurs de parfums d’intérieur chez elle me gênent, que la télé allumée toute la journée va à l’encontre de nos désirs, que son ton et sa façon de parler sont irrespectueux, que le vocabulaire qu’elle emploie n’est pas adapté… Je lâche tout ce que je ressens). Il comprend que ce n’est pas juste moi. OUF !! Le lundi matin j’appelle à la crèche totalement désespérée et la directrice me dit qu’une place s’était libérée (en fait, un congé maternité s’est transformé en congé parental donc la place est libre pour Armand), qu’elle attendait juste le feu vert de la commission pour m’appeler !! Je me suis mise à pleurer de soulagement. A 13h on faisait l’inscription, le lendemain on commençait l’adaptation. Et là, la révélation. Je le laisse en totale confiance au personnel d’une gentillesse incroyable. Il devient la mascotte, c’est le plus petit mais il est très éveillé et charme tout le monde. Pour éviter toute violence de ma part, mon conjoint se charge d’aller expliquer à la nounou qu’on ne lui laissera finalement pas Armand, qu’il a eu une place à la crèche et que c’était mieux ainsi. Par chance on n’avait pas encore signé le contrat ! Elle lui lâche tout son fiel, je n’en aurai pas les détails, mon conjoint avait peur que je ne débarque chez elle. Avec le recul je me dis que j’aurais dû la dénoncer. »

Témoignage d’Andréa, début de garde aux 4 mois de sa fille

« Léonie est allaitée depuis sa naissance. Je devais reprendre le travail à ses 4 mois début janvier, on avait trouvé une assistante maternelle juste avant sa naissance. Sauf que. Léonie pendant la période d’adaptation (qui avait été prévue sur 3 jours seulement pour ne pas avoir d’adaptation sur 2019 et 2020, une mauvaise idée), n’a jamais voulu prendre de biberon chez cette personne. A la maison elle ne voulait pas prendre ni softcup, ni tasse 360, ni biberon…Et l’assistante maternelle que nous avions trouvé stressait de ce refus, du coup cela stressait aussi Léonie je crois, et sur le 2e jour d’adaptation quand je suis arrivée pour la récupérer au bout de 3h, je l’ai trouvée en train de hurler, avec spasmes de sanglots, la totale. J’ajoute que l’assistante maternelle avait 3 bébés en bas age dont Léonie (tous entre 3,5 mois et 4,5 mois). Lors du 3e jour d’adaptation, elle a choisi de rompre le contrat, ce qui m’a finalement soulagée car je n’arrivais pas à laisser ma fille sereinement. Mais du coup j’ai dû prendre deux semaines de congés en dernière minute pour chercher une autre assistante maternelle. Au final on en a trouvé une, très patiente et très posée, qui n’était pas effrayée par le fait que Léonie ne boive pas tout de suite. On a fait une semaine d’adaptation au lieu de 3 jours, et au bout d’une semaine Léonie buvait 50mL de lait au biberon, à mon plus grand soulagement. Maintenant Léonie a 19 mois, elle est toujours gardée chez cette assistante maternelle (bon pas pendant le confinement), et cela se passe toujours extrêmement bien. Au final, tout ça n’était qu’un mal pour un bien, mais cela prouve encore une fois qu’il faut faire confiance à notre instinct. »

Témoignage de Laure, début de garde aux 4 mois de son fils

« Pour mon fils de 4 mois j’ai vu énormément de nounous et j’ai eu beaucoup de mal à trouver… J’ai eu le coup de cœur pour une dont son mari a été muté donc finalement on ne pourra pas faire avec elle. On reprend les recherches, on en trouve une pour laquelle on est pas hyper convaincus mais le minimum de ce qu’on souhaite est là donc on la choisi. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Déjà je ne suis pas très à l’aise avec elle, je ressens une gêne. Puis quand je retrouve mon bébé et qu’il demande à téter elle refuse car cela « choque » les autres enfants. Dans le petit cahier qu’elle a je vois que mon bébé ne boit que 200ml en 10h et dort 20min seulement… quand mon conjoint le récupère il dort dans la voiture, à peine arrivé à la maison il prend 200ml, le bain, re 200ml et il part pour la nuit jusqu’à la prochaine tétée si besoin. En somme mon mari le voit à peine c’est bib-dodo-bib pas le temps de jouer ni rien il faut que bébé rattrape ce qu’il na pas eu de la journée. Je m’inquiète mais je me dis que c’est sûrement le temps qu’il s’habitue. Puis un jour j’ai oublié de lui donner assez de couches donc entre midi et 2 je vais lui en acheter et déposer et en déposant les couches j’entend de dehors mon fils hurler… J’attends quelques minutes et rien ne se passe. Je l’appelle, elle commence à discuter donc je lui dis « non ça va pas je suis devant chez vous et mon fils pleure là » elle me répond qu’il cherche son sommeil mais je lui demande quand même d’aller le rassurer ou faire quelque chose. Je retourne au travail la boule au ventre je n’avais qu’une envie récupérer mon fils…. le prendre dans mes bras. Ensuite plusieurs réflexions de sa part : je suis trop proche de mon fils (c’est une blague ??). Je veux continuer l’allaitement exclusif et elle me dit « faudrait peut être écouter votre bébé il a faim faut lui donner de la purée »…Mon temps partiel fait qu’une semaine par mois elle ne l’a pas … elle ne trouve pas ça bien car il « perd » l’habitude. Alors je lui propose de lui redonner une fois pendant cette semaine afin de garder un rythme et elle me dit « jeudi c’est bien je vais au jardin des nounous » je lui explique que je ne pense pas que c’est l’idéal car le but est qu’il prenne du temps avec elle et chez elle pour avoir des repères. On décide de fixer un rdv pour parler de nos désaccords. A ce rdv je lui explique que je suis mal car il mange peu et dort peu car elle fait beaucoup de sortie et d’activités pour les grands. A ce moment elle m’apprend qu’en effet elle le réveille pour sortir et me dit « je ne vais pas m’empêcher de sortir pour lui et priver les autres enfants ». C’est la phrase de trop elle ne reverra plus mon garçon. Reprennent les recherches de nounou…. je trouve un couple d’ass mat je suis rassurée car leur maison est vraiment adaptée et je me dis que à 2 ils y arriveront peut être mieux. Je leur explique que désormais je ne souhaite que le minimum c’est a dire que mon fils boive son lait et dorme…. on est d’accord on commence avec eux. Au départ c’est compliqué il fait des crises d’angoisse dès qu’elle l’approche du lit (forcément l’autre nounou le laissait seul hurler) mais elle, elle reste à côté de lui, le rassure, cherche des solutions…. et son mari trouve l’idée de mettre de la musique classique miracle Mozart l’endort parfaitement. Et le biberon niquel il prend tout ce que je donne !! Mon conjoint voit la différence il récupère de chez nounou un bébé reposé avec qui il a le temps de jouer un peu le soir. Voilà aujourd’hui c’est tjrs ce couple qui a la garde et je vais au travail sereine et je le vois épanoui. »

Témoignage de Stéphanie, début de garde aux 6 mois de son fils 

« Notre fils Louis a commencé son adaptation à la crèche le 20 février dernier. Malheureusement, nous avons dû l’interrompre le 28 février car les méthodes et l’absence d’adaptation aux besoins de l’enfant nous ont particulièrement choqués. Notre fils a besoin d’être rassuré et de temps pour s’attacher à des adultes qu’il ne connait pas. Ce n’est probablement pas le seul bébé dans ce cas. Lors de la toute première heure d’adaptation, il nous a été demandé de partir directement, sans rester avec lui et les éducatrices pour l’accompagner dans sa découverte du lieu et des personnes. Nous avons respecté cela, en demandant toutefois d’être appelés après 10 minutes de pleurs. 35 minutes de hurlements se sont écoulées avant que l’on nous demande – enfin – de venir le rassurer et le récupérer2e heure d’adaptation, nous faisons part de notre étonnement et partageons avec les éducatrices notre sentiment selon lequel, notre fils a besoin que nous soyons présents pour l’aider à comprendre la transition entre le domicile et la crèche. Comme dans l’intégralité des autres crèches, soit dit en passant… On nous accorde 20 minutes. Nous demandons de nouveau à être prévenus après 10 minutes de pleurs intenses, ce qui ne sera jamais le cas. Je retrouve mon fils dans un état de grande angoisse après cette heure. On m’explique que si mon fils pleure, c’est parce qu’il est en colère (!!). On me reproche le fait « qu’il y [ait] un lien très fort entre [mon] fils et [moi] ». On me prévient fermement que le lendemain, je ne pourrai pas rester, que « la règle, c’est 15 minutes » et que j’ai « déjà eu de la chance de rester un peu plus ». Personnellement, peu m’importe de rester peu, longtemps, pas du tout. Il ne s’agit pas ici d’un caprice d’adulte, mais bien de s’adapter au mieux aux besoins d’un bébé de 6 mois ! 3e heure d’adaptation, idem, les hurlements se produisent après 30 minutes et durent jusqu’à ce que je le récupère. 4e heure d’adaptation, idem. 5e heure d’adaptation, idem. À la fin de l’heure, sa référante m’invite à l’écart afin de discuter. Elle m’indique alors qu’un bébé pleure car c’est son moyen d’expression. Que plus tard, il parlera, mais que maintenant, il pleure. Soit. Est-ce pour autant une raison pour le laisser systématiquement hurler 30 à 40 minutes, qui plus est contrairement à nos demandes ? Nous connaissons notre fils et ses réactions. Les neurosciences parlent aussi d’elles-mêmes en ce qui concerne les dommages causés aux bébés qu’on laisse pleurer trop longtemps ! Le problème vient du fait qu’on ne laisse pas pleurer notre fils « plus de trois minutes ». Nous n’avons pas de règle à ce sujet et intervenons quand nous le jugeons nécessaire, selon ses pleurs, afin de le rassurer et de lui faire acquérir confiance en lui et en l’adulte. Le problème vient du fait qu’il tète mon petit doigt et non une lolette. Croyez-moi, je préférerais bien largement ne pas avoir à me couper le doigt pour que mon fils s’apaise. Évidemment nous avons essayé – et essayons encore – l’intégralité des modèles de lolettes sur le marché. Preuve en est les 3 ou 4 exemplaires que nous avons mis à disposition des éducatrices ! Évidemment nous essayons aussi de lui faire découvrir ses propres doigts et son pouce ! Le problème vient du fait que je le mets au sein dès qu’il pleure. Ce n’est absolument pas le cas ! Parce que je suis une maman allaitante, je mets mon bébé au sein dès qu’il pleure ? Ce jugement me semble très déplacé. Il ne faut pas le prendre dans les bras dès qu’il pleure. Une fois de plus, ce n’est pas le cas ! Je suis sortie de cet échange particulièrement choquée de constater qu’au-delà de laisser hurler notre fils, les éducatrices portaient un jugement sur nos supposées méthodes d’éducation, sans connaître la réalité des choses. Évidemment, cela fait perdre une grande confiance en soi et en ses capacités de parents et ne permet pas de tisser de lien de confiance avec l’équipe éducatrice. À cela, nous devons ajouter que le comportement de notre fils a radicalement changé. Dès sa deuxième heure de crèche, notre fils a commencé à se réveiller en hurlant 3 à 5 fois par nuit, de telle sorte qu’il ne nous était plus possible de le calmer rapidement et simplement comme cela fonctionnait auparavant. C’est toujours le cas… Également, il a désormais très peur devant des inconnus au point d’en hurler d’angoisse dès qu’il voit certaines personnes. Afin d’avoir un regard objectif sur la situation, nous avons contacté une connaissance éducatrice au sein d’une crèche publique. Ses mots ont été sans appel : notre fils subit de la maltraitance, il est dans une situation de danger affectif et émotionnel. Notre pédiatre nous a très vivement recommandé de retirer notre fils de cette structure. Ces deux professionnelles (ainsi que chaque personne à qui nous avons fait part de la situation et de nos interrogations et craintes) ont été particulièrement interpellés par de telles méthodes. « 

Témoignage de Marjorie, début de garde aux 8 mois de sa fille

« Notre fille avait une place chez une ass’ mat de notre village (et aussi amie de ma maman). On a commencé l’adaptation à ses 8 mois, alors que j’avais repris le travail à ses 5 mois. C’est papa qui a tout géré à la maison durant les 3 mois. Calista est une petite fille allaitée, très demandeuse de contact et qui dort peu (une babi ?!). Elle refuse pratiquement tout les contenants, avec son papa elle n’accepte que le verre ou le dal… Première difficulté pour la nounou, elle n’a jamais vu ça ! Cependant très a l’écoute elle fait son maximum bien qu’elle nous confie être inquiète car Calista lui prend énormément de temps (elle a un autre bébé de 10 mois et un petit garçon de 2ans et demi). 2 mois plus tard, premiers signaux d’alerte… Elle commence à me donner des directives : si elle ne dort pas dans son lit chez nous et qu’on ne fait « pas d’effort » pour arrêter l’allaitement ça va être compliqué pour elle de continuer à la garder. Alors c’est pas bien, mais on ment… « Ah si si elle dort dans sa chambre et elle mange bien à la maison, d’ailleurs je ne l’allaite presque plus »…. A ses 11 mois, la nounou demande une réunion, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Je n’ai plus confiance en elle, bien qu’elle assure avec les autres enfants, elle est débordée par la notre. Je m’empresse de trouver une place pour ma fille, je me tourne vers la crèche. On coupe court avec l’ass mat, lors de cette réunion ces mots ont dépassés sa pensée (notre fille d’un an doit être suivie par un pédopsychiatre, et moi je dois suivre une thérapie car je suis incapable de couper le cordon …. Bref !). Et finalement, en quelques semaines, depuis que notre fille a commencé la crèche tout va pour le mieux. Elle y fait même des siestes ! On la sent comme apaisée, moins stressée par la séparation. Et maintenant, elle a 27 mois, elle adore aller à la crèche ! Le petit plus : elle dort seule dans un lit de grande pour la sieste sur une durée de 2h à la crèche, mais elle est toujours allaité et dans notre lit à la maison…. Comme quoi c’est possible de s’adapter au monde extérieur en étant proche de ses parents ! »

Témoignage de Chérazade, début de garde aux 11 mois de son fils

« Mon terme était prévu pour le mois de Janvier 2019, j’étais au chômage et donc je prévoyais d’inscrire mon fils à la crèche en septembre. J’avais téléphoné alors que j’étais enceinte mais on m’avait dit de rappeler avant l’inscription. Je le fais en août, pensant être encore dans les temps. J’ai une réunion en septembre pour faire un dossier, un rdv en octobre pour faire valider le dossier et premier passage en commission en novembre : pas de place, évidemment car déjà c’est tard et en plus je ne travaille pas. Bon je ne me démonte pas et vais chercher une assistante maternelle, j’ai encore un tout petit peu de temps devant moi. On en rencontre plusieurs mais aucune ne m’inspire confiance. Puis on en rencontre une, qui a un certain âge mais qui a l’air douce, elle me dit qu’évidemment on ne laisse pas pleurer les enfants, qu’à son âge (11mois) il n’a pas besoin de télé, on est en Décembre, il me reste un peu plus d’un mois d’allocation chômage, mais je n’arrive pas à me lancer sérieusement dans des recherches d’emploi tant que mon fils n’est pas gardé. Et le pompon c’est que cette assistante maternelle habite à 50m de chez nous. Alors on se dit qu’on devrait tenter. Je crois que c’était la pire chose que j’avais faite : l’adaptation se passe mal, n’y connaissant rien j’ai fait l’erreur de le laisser seul presque 1h le début (qu’est-ce que je m’en veux !!!), il n’a pas arrêté de pleurer, donc le lendemain je vois avec elle pour rester peut être 2/3 jours durant toute l’heure pour le rassurer. Elle accepte mais au bout du 2ème jour, elle n’arrête pas de me répéter que si je reste, mon fils va s’habituer et que c’est normal qu’il pleure un peu, que je devrais partir. J’ai le cœur en miette, au bout du 4ème jour je le laisse 15min puis 30. La deuxième semaine d’adaptation est chaotique, elle m’appelle un première fois car il pleure trop et qu’elle n’arrive pas à le calmer. Au fond de moi, je me dis qu’on va arrêter ça ne sert à rien. Elle me rappelle une deuxième fois et quand je vais le chercher, il est dans un état pas possible, elle me dit qu’il semblait fatigué, qu’elle l’a mis dans le lit dans la chambre et qu’elle l’a laissé pleurer pour qu’il dorme. J’ai vu rouge, je lui expliqué qu’on ne faisait surtout pas ça qu’on le lui avait dit, elle me répond que les enfants apprennent comme ça car elle l’a fait avec ses propres enfants et en regardant mon fils elle lui dit « Bah oui sinon tata elle ne fait pas de sieste non plus ». Comment décrire la violence de ce que j’imaginais lui faire dans mon esprit…On décide d’arrêter pour de bon, je n’ai aucune confiance en elle et aucune envie de lui confier mon enfant. Je fais des petites missions de travail en attendant un mode de garde régulier, on rencontre encore des assmat mais aucune ne m’inspire, donc on patiente en priant tomber sur une perle. En Mars, on la trouve, elle a une petite fille en bas âge et garde un petit garçon. L’adaptation se passe à merveille, elle est douce, elle joue avec lui et mon fils semble l’apprécier, il pleure 20 secondes quand je m’en vais mais s’amuse juste après, il s’est même endormi chez elle ! Je suis aux anges et je recommence à planifier mon avenir professionnel. Et puis est arrivé le coronavirus après tout juste deux semaines de gardes. Au choix : c’est un signe pour que mon fils ne soit jamais gardé ou alors j’ai la poisse en ce moment d’un point de vue professionnel. »

Témoignage d’Hélène, début de garde aux 4 mois de son fils

« Je suis maman d’un petit Yaël né le 20 mai 2018, Yaël est accueilli dans une crèche municipale depuis ses 4 mois à temps plein. La crèche était notre premier choix pour le faire garder, cela nous rassurait de savoir qu’il sera confié à une équipe avec plusieurs regards possibles et non pas à une seule personne en qui je n’aurais pas confiance au début car je sais que trop bien que derrière les apparences parfois jolies peuvent se cacher des personnes malveillantes. Nous avons cette chance, Yaël est dans la crèche municipale à 150m de mon bureau. La période d’adaptation s’est faite sur les deux semaines avant que je reprenne le travail. Une semaine 30 min par jour avec moi ou le papa et la deuxième semaine progressivement il a été laissé dans sa section de 30 min à 4h sur la fin de semaine. Yaël était comme un poisson dans l’eau, quand j’étais présente il faisait sa petite vie pendant que j’échangeais avec sa référente sur ses habitudes etc. La deuxième semaine le fait qu’on soit absent ne l’a pas dérangé, pas de cris ni de pleurs au moment de notre départ. N’arrivant pas à tenir en place et ayant la chance d’avoir à proximité des lieux d’accueil enfants parents Yaël a eu l’habitude durant le congé maternité d’y aller plusieurs fois par semaine pour des atelier massage, psychomoteur ou simplement de l’accueil libre avec d’autres enfants et parents. La crèche propose une référente pour Yaël, elle le suivra sur les 3 ans de crèche. Yaël a un lien fort avec sa référente mais ça ne l’empêche de s’ouvrir aux autres membres de l’équipe. Yaël est content d’aller à la crèche, le matin quand on le dépose dans la salle il nous fait un signe de la main pour nous dire au revoir et il part jouer avec ses copains, clairement on existe plus mais ce n’est pas grave, pour nous c’est qu’il a suffisamment confiance en lui, en l’équipe et dans les copains présents. On a la chance d’avoir une structure bienveillante, à l’écoute, lorsqu’une difficulté apparaît on en parle ensemble, on essaie de trouver des solutions ensemble adaptées. Le parcours de santé de Yaël a été chaotique la première année avec des rendez-vous nombreux avec des spécialistes et des petites hospitalisations. La crèche a toujours fait du lien avec nous pour suivre l’état de santé de Yaël afin de pouvoir répondre au mieux à ses besoins. Le médecin de la crèche nous a écouté et c’est bien grâce à elle qu’on a finalement trouvé de quoi souffrait Yaël depuis tout ce temps car pour les autres professionnels ce n’étaient pas leurs stats donc pas possible. J’avais pour projet d’échanger en langue des signes avec Yaël, la crèche nous a suivi dans ce projet bien que le personnel ne soit pas formé. Je leur ai créé et acheté des outils et supports visuels pour que l’équipe puisse interagir avec lui. L’équipe a joué le jeu et au final cette expérience avec Yaël a amené la crèche à se positionner pour former le personnel aux signes associés à la parole prochainement. Quand ma vie professionnelle est venue se mêler à celle de la crèche je craignais que la relation avec l’équipe et la directrice soit modifiée. Mais au final nous avons posé un cadre afin de maintenir un équilibre et jusque là ça fonctionne. L’autre famille que j’accompagne est au courant que mon fils est dans la même section que leur fille. Si on doit discuter de la situation c’est toujours sans Yaël, une fois que j’ai Yaël je suis uniquement sa maman pour l’équipe. Aujourd’hui, l’équipe se mobilise pour soutenir Yaël qui souffre d’un petit trouble de l’oralité, nous rencontrons l’infirmière de la crèche une fois par mois depuis peu afin d’échanger sur l’accompagnement du trouble de l’oralité qui est une de ces spécialités. »

 

 

 

 

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