Les lectures qui ont éclairé ma parentalité (2) : le respect de l’Enfant

Il s’agit ici dans cette série d’articles de vous partager les livres qui m’ont, chacun à leur manière et par leur contenu, permis d’éclairer, construire, déconstruire et forer le chemin de ma parentalité. Certains en me faisant l’effet d’un coup de poing, d’autres plus en douceur, d’autres encore en me poussant à m’interroger davantage sur certains aspects en particulier. Aucun ouvrage qui traite de la parentalité ne peut prétendre à la sainte parole, tout simplement car il y a autant de parentalités que de couples parents/enfants. Or, il est impossible de créer un mode d’emploi unique et uniformisé pour tous ces individus tant chacun est particulier, tant chacun chemine avec ses propres bagages et à partir de son propre vécu et enfant intérieur. Ceux qui s’y tentent sont toutefois nombreux et les rayons des libraires sont remplis d’ouvrages à ce sujet. La difficulté principale étant qu’à vouloir donner un guide universel, les auteurs finissent par nous conseiller le tout et son contraire, ou alors à donner des conseils et des directives si vagues (pour que chacun s’y retrouve) que cela revient à lire l’horoscope du Figaro censé s’appliquer à tous les Sagittaires de la planète, nous laissant finalement dans le flou le plus total quant à une réelle application pratique. Or, c’est bien cela que cherche le parent, du pratique ! Certains se lancent quant à eux dans les conseils pratiques mais encore une fois, leur ouvrage revient souvent à proposer aux parents un mode d’emploi pour des situations données. Or, tous les enfants ne ressentent pas les mêmes choses dans les mêmes situations, ne réagissent pas de la même façon face à une même situation. Ainsi, aucun de ces auteurs ne peut prétendre détenir la science infuse sur un sujet aussi délicat qu’est la parentalité car précisément la parentalité n’est pas une science. Et si toutefois elle était considérée comme telle, elle n’est surement pas une science exacte ni universelle.

La naissance de ma fille a été un double chamboulement : chamboulement lié à son arrivée et ma toute nouvelle maternité et chamboulement intérieur car je me suis vite trouvée confrontée à l’enfant intérieur qui sommeillait en moi, à ma propre enfance, à ma relation à mes parents. Voilà que tout d’un coup le parent que je pensais, que je voulais être est mort avant même d’avoir été. Au lieu de ça, je me trouvais face à ce petit être dépendant de moi et de mes capacités qui me semblaient tout d’un coup inexistantes car une petite voix en moi me dictait un comportement et tout le monde autour de moi s’évertuait à me dire l’exact contraire. J’étais perdue. Qui avait raison ? Sûrement pas moi…Je n’avais aucune expérience en tant que parent, en tant que mère.

Et pourtant, j’ai vite compris que cette petite voix, mon instinct maternel, était plus expérimentée que n’importe quel conseiller extérieur. Cette petite voix, elle savait décoder et lire le mode d’emploi que lui envoyait mon bébé, SON mode d’emploi, mieux que quiconque. Les enfants ne sont pas livrés avec un mode d’emploi, ils SONT leur propre mode d’emploi. Le tout est ensuite de l’appréhender et pour ce faire, j’ai compris doucement qu’il fallait être à l’écoute de son bébé. L’écouter et avancer à tâtons. Ensemble.

Mais ça n’a pas suffit. L’instinct maternel ne suffit pas. Le poids des traditions, des années d’éducation et les mythes qui entourent la parentalité ne nous ont pas fichu la paix du jour au lendemain. Ne correspondant pas à ce que me dictait mon instinct, j’ai alors cherché l’information ailleurs. Et je l’ai trouvée. Le premier bain fut celui de la parentalité dite « bienveillante » ou « positive ».

Et j’ai fait l’écueil de la parentalité « tout ou rien », cette parentalité qui certes correspondait à ce que dictait mon instinct mais qui s’apparentait rapidement à un « package » où je pensais qu’il fallait cocher toutes les cases afin d’intégrer la catégorie des mère-veilleuses (pour un article là-dessus, c’est ICI). Moi aussi, j’ai lorgné chez le voisin avec envie et en pensant que l’herbe était bien plus verte chez lui. La réalité, c’est que j’ai fini par me mettre une telle pression, toute seule, que je me suis sentie nulle, dépassée.

Puis un jour, le déclic. J’ai décidé de lever le pied lorsque j’ai enfin compris deux choses. D’une part qu’il n’y avait pas de principes unanimes et universels et qu’il était impossible d’appliquer des principes communs à des êtres si différents. J’avais enfin compris que la clé de notre cheminement était dans la prise en compte de nos situations personnelles, de nos passés respectifs et de nos contextes familiaux. D’autre part, que quoi que je fasse, je ne pourrais jamais y arriver avec un réservoir maternel vide.

J’ai beaucoup lu, je me suis beaucoup informée, et je suis loin d’avoir terminé. Je chemine constamment pour moi, pour mes filles et pour ma famille. Aujourd’hui, je tisse la parentalité qui me correspond, qui nous correspond. Elle a pour base le respect et l’empathie et bien sûr la bienveillance (même si ce terme est tant décrié) à l’égard de chacun et notamment à mon égard, moi la mère, celle qui s’est tant oubliée pendant qu’elle s’évertuait à faire de sa parentalité une parentalité parfaite.

Voici donc les quelques lectures qui ont « éclairé » ma parentalité du point de vue du respect de l’enfant, qui m’ont permise de cheminer, de m’interroger et d’emprunter certaines voies plutôt que d’autres. Ces ouvrages m’ont permis de conforter mon instinct maternel et l’approche respectueuse que nous souhaitons offrir à nos enfants. Un respect de leurs besoins mais également de leurs envies et de leurs émotions, même les plus négatives. Elles m’ont permis de comprendre les racines de la violence à l’égard des enfants dans notre société, de m’interroger sur la place de l’enfant et de réaliser à quel point le poids de notre passé et des générations précédentes guidait encore notre accompagnement au présent. 

Il y a tant d’ouvrages disponibles, ma sélection ne fait pas foi d’une parentalité comme-ci ou comme ça. Votre parentalité, c’est vous qui la construisez avec vos enfants. Les ouvrages ne sont qu’un support au service de notre parentalité et non un guide et encore moins un mode d’emploi.

Par ailleurs, ces articles ont vocation a être complétés avec le temps et les nouvelles lectures qui m’accompagneront dans les prochaines années !

  • Serre-moi fort, Docteur Carlos Gonzales 

Depuis des siècles, médecins, éducateurs et parents ont souvent, consciemment ou non, une vision très négative de l’enfant. Selon les époques, les arguments varient, mais une constante demeure : une éducation réussie, c’est un enfant qui renonce à ses inclinations naturelles, forcément mauvaises, et qui se soumet à la volonté de l’adulte, souvent au moyen de méthodes d’une violence que l’on n’admettrait jamais vis-à-vis d’adultes.

img_8778Ce livre est une vraie petite pépite et son auteur, le Docteur Carlos Gonzales, une personne très censée dont la plume sarcastique et pleine d’humour rend la lecture de l’ouvrage très facile et agréable. Ce livre est divisé en deux parties. La première, composée des chapitres 1 et 2, porte sur les enfants, leur façon d’être, leurs attentes innées, leurs besoins et la manière naturelle dont nous devrions y répondre. Dans la seconde partie (chapitre 3), l’auteur fait l’inventaire et fustige les différentes théories portées et prônées depuis le siècle dernier, théories qu’il ne partage pas.

La première partie met du baume au cœur des parents qui sentent qu’ils agissent contre leurs instincts ou que la société exige d’eux des choses qui ne sont ni naturelles ni innées. Dans le premier chapitre, l’auteur s’indigne contre la façon dont sont perçus les enfants dans notre société moderne et à quel point les tabous qui la régissent ont tous en commun d’interdire le contact physique entre la mère et l’enfant.

Dans le deuxième chapitre, l’auteur tente d’expliquer pourquoi les enfants sont comme ils sont et pourquoi c’est tout à fait normal. Il explique qu’à leur naissance, les enfants naissent tous pareils, sans avoir été marqués par des attentes culturelles mais bien par l’évolution naturelle (leurs gènes). Et à ce titre, il explique que la proximité mère-enfant, les pleurs de l’enfant dès l’éloignement de la mère sont « le comportement logique, adaptatif, celui que la sélection naturelle a favorisé des millions d’années durant parce qu’il favorise la survie de l’individu ». Cet ouvrage se veut donc terriblement rassurant quant à nos compétences parentales et au fait de suivre son instinct plutôt que des théories datant d’un autre temps et souvent pas si fondées que cela. C’est d’ailleurs tout l’objet du troisième chapitre où l’auteur reprend les grandes théories qui ont été appliquées à la parentalité depuis le siècle dernier et démontre en argumentant très justement que la plupart d’entre elles sont cruelles et devraient être aujourd’hui, à la lumière des neurosciences affectives, totalement désuètes et abandonnées. Il revient également dans ce chapitre sur tous les mythes les plus ancrés qui règnent dans le monde de la parentalité (le sommeil, l’autonomie, etc) et encore une fois apporte un éclairage rassurant et instinctif quant à leur application pratique. C’est un livre que je regrette de ne pas avoir lu avant la naissance de ma fille aînée, il m’aurait certainement évitée bien des doutes et des questionnements. Qu’à cela ne tienne, à la veille de la naissance de ma deuxième fille, il me permet de renforcer mes convictions et de me rappeler que le lâcher prise et l’écoute de mon enfant sont mes meilleurs alliées dans cette seconde maternité.

  • Le Concept du Continuum, Jean Liedloff

41b7n19YsxL._SX341_BO1,204,203,200_« L’auteure y dénonce les théories ou pratiques occidentales visant à séparer très tôt le nourrisson de sa mère. Au contraire, elle cherche à démontrer la nécessité de conserver le contact physique mère-enfant jusqu’à ce que l’enfant s’en détache seul. Son principal argument est qu’un nourrisson qui passe neuf mois au contact permanent avec sa mère ne peut être lui enlevé du jour au lendemain. Au lieu d’isoler l’enfant dans une chambre et un lit à part, sans contact avec un autre être vivant, Jean Liedloff propose de le laisser partager la vie de la mère tant qu’il le réclame. En effet, selon elle, lorsqu’il vient au monde, l’enfant a besoin d’être rassuré sur sa propre existence et sur l’amour qu’il reçoit. Sans être capable de conceptualiser ce besoin, il ressent l’absolue nécessité d’être entouré à chaque instant comme il l’était dans le ventre de sa mère. L’auteure conseille la mère de porter constamment son enfant pour qu’il découvre le monde à travers elle et appréhende ce qui l’entoure en toute sécurité. Lorsqu’il aura suffisamment confiance en ses propres capacités, il la quittera de lui-même pour explorer son environnement, tout en sachant à chaque instant qu’il peut revenir vers elle s’il en ressent le besoin. L’auteure fonde principalement sa démonstration sur le témoignage de son vécu dans la jungle amazonienne au contact de tribus (les Yekwanas et les Sanemas) dont elle a trouvé les membres particulièrement épanouis et heureux. »

Eveillé ou endormi, rien dans l’expérience de ses ancêtres ne l’a préparé à rester isolé et encore moins à pleurer sans susciter la moindre réaction d’un seul de ses semblables.

J’avais lu ce livre lorsque mon aînée avait environ 1 an et je l’avais trouvé bouleversant. Il avait touché en plein dans le mille la mère en colère qui s’éveillait en moi depuis la naissance de ma fille, la mère louve qui découvrait son maternage, la mère qui se trouvait tiraillée entre ses instincts et ce que la société attendait d’elle. Bref, il était venu mettre de la pommade sur mes plaies et me conforter dans l’approche qui était en train de m’envahir. Puis le temps a passé et je m’étais dit qu’il faudrait que je le relise à l’occasion car mon cheminement a continué son cours et près de 3 années se sont écoulées avant que je ne le rouvre.

La constance et la disponibilité de sa mère lui donnent toute son assurance pour explorer le grand monde […] Sa maman s’occupe de lui simplement parce qu’il existe ; son existence est une raison suffisante pour lui garantir son amour. Sa disponibilité inconditionnelle reste constante […].

Et alors 3 ans plus tard ? Même constat ?

Pas vraiment. Je le trouve toujours super intéressant, c’est indéniable. Mais si on le lit comme un ouvrage strictement « éducatif », les formulations employées peuvent rapidement paraître « culpabilisantes » pour les jeunes mères. Alors oui, je sais, la culpabilité est un sentiment personnel blablabla. Ce n’est pas le propos. Le fait est que chacun commence son cheminement quelque part et ce qui peut sembler intuitif et inné à certains ne l’est pas pour d’autres et ce, pour multiples raisons. Et précisément, le maternage, le contact accru avec son enfant et le lâcher prise à cet égard peuvent pour des raisons de contexte familial par exemple, être totalement innovants pour certaines mères. Ainsi, lire certains paragraphes de ce qui reste un superbe ouvrage peut facilement les conduire à se penser nulle et pas à la hauteur. Alors, si vous lisez mes mots avant de lire le livre, gardez cela en tête lors de votre lecture : prenez du recul lors de la lecture et ne vous appliquez pas à la lettre les théories qui y sont portées par l’autrice. D’une part, elles sont bien plus larges que le simple maternage. L’autrice souhaite mettre en exergue à quel point la nature antisociale et criminelle peut se développer lorsque les attentes du continuum ont été déçues. Elle raconte une expérience, ses conclusions quant aux besoins de notre espèce. Il convient également de conserver en mémoire que l’ouvrage a été écrit en 1975 et lorsqu’elle parle des mères contemporaines, elle parle de la mère américaine des années 80 et des pratiques du maternage de cette époque. Elle est là pour éveiller les consciences, faire des constats et busculer, comme beaucoup de théoriciens. A nous ensuite d’en extraire ce qui nous parle et d’appliquer ce qui nous convient compte tenu de notre passé, notre contexte familial et nos capacités à l’instant T. Ces capacités sont évolutives comme notre cheminement et il est toujours primordial de se laisser le temps sans vouloir sauter des étapes qui viendraient compromettre notre bien-être.

Ce que je retiens principalement de cet ouvrage ?

L’évolution de la société nous a conduit à nier nos instincts les plus primaires mais également à nier les besoins les plus primaires de nos enfants. Aujourd’hui, nous avons besoin que l’on nous prouve les bienfaits d’une théorie de l’attachement plutôt que les méfaits d’une autonomisation et d’un éloignement. C’est un peu le monde à l’envers. Cet ouvrage traite du continuum. Sommairement cela représente ce qui est inscrit en nous de façon innée et découlant de nos ancêtres, de leurs pratiques et conditions de vie. Ce continuum fait que l’enfant vient au monde avec un certain nombre d’attentes elles-aussi innées et qui sont invitées à être confortées par son environnement. Or, aujourd’hui, certains environnements vont dans le sens d’une déception de ces attentes. En comparant le quotidien d’enfants dont les attentes innées sont confortées et comblées à celles de leurs contemporains pour lesquels ce n’est pas le cas, l’autrice vient donc poser le constat de l’importance du contact accru mère-enfant dans la confiance en soi et les autres de l’enfant ainsi que son détachement autonome ultérieur, son équilibre émotionnel et psychique.

Mais à la lumière du continuum et de ses millions d’années, seule notre minuscule histoire semble s’être radicalement écartée des normes établies depuis longtemps dans l’expérience humaine et pré-humaine.

  • La domination adulte, Yves Bonnardel

41ES5VUAqWL._SY291_BO1,204,203,200_QL40_ML2_La domination adulte est une des manifestations de l’âgisme, qui regroupe les discriminations fondées sur l’âge qui structurent nos sociétés. Les enfants sont réputés particulièrement vulnérables et écopent sous ce prétexte d’un statut, dit « de mineur », qui leur retire l’exercice des droits dont jouissent les majeurs, les adultes. Ce statut entérine en fait diverses formes de sujétions… et partant, de violences. La famille et l’école sont parmi les lieux privilégiés d’exercice de l’ordre adulte. Yves Bonnardel questionne ici l’idée d’enfance elle-même, celles de minorité (versus majorité), de protection de l’enfance et même d’éducation, pour mettre à nu les processus de domination à l’œuvre dans les rapports adultes/enfants. Non, nos sociétés ne sont pas bien-intentionnées envers les enfants ! Ainsi, pour construire un monde qui n’opprime plus les enfants, il propose l’abolition des lois âgistes et, plus généralement, d’en finir avec le statut de mineur et avec la domination adulte.

Éditeur et essayiste, Yves Bonnardel travaille à des sujets aussi divers que l’esclavage des animaux, la domination masculine, l’institution de l’enfance, la discrimination nationale, le système pénal ou la Françafrique. Critique de l’idée de nature, partisan d’un véritable universalisme, il est persuadé que les mouvements progressistes ne peuvent continuer à faire l’économie d’une profonde remise en cause des dominations qui structurent nos sociétés.

J’ai trouvé cet ouvrage très difficile à lire tant en termes de contenu qu’en termes de mise en page. Toutefois, le contenu est d’un intérêt majeur. Il permet de replacer la situation des enfants, des mineurs pour reprendre le termes employé par l’auteur, historiquement, d’en comprendre l’évolution et de mieux appréhender la situation actuelle, et ce, à l’échelle mondiale. Personnellement, je l’ai surtout trouvé intéressant d’un point de vue éducation bien que cela ne soit pas un ouvrage sur l’éducation ou l’accompagnement des enfants. Comprendre le système éducatif, scolaire, français, son histoire, sa mise en place et bien sûr la nuance entre éducation et apprentissage. Il conduit nécessairement à s’interroger ou se réinterroger sur de nombreux points, sur notre acceptation de la norme, notre inclusion dans le moule définit par la société ainsi que l’autorité et la soumission requise de la part des enfants au sein de celle-ci. Cet ouvrage est une vraie déclaration de guerre à l’âgisme et aux discriminations fondées sur l’âge et posent de nombreuses questions dans nos rapports quotidiens avec nos enfants.

Bon à savoir : sur le site de la maison d’édition le Hêtre Myriadis, sur envoi d’une copie de votre pièce d’identité à contact@lehetremyriadis.fr, ce livre électronique sera offert à tout mineur qui souhaite le lire.

  • C’est pour ton bien, Alice Miller 

L’opinion publique est loin d’avoir pris conscience que ce qui arrivait à l’enfant dans les premières années de sa vie répercutait inévitablement sur l’ensemble de la société, et que la psychose, la drogue et la criminalité étaient des expressions codées des expériences de la petite enfance

9782700703726C’est le genre d’ouvrage coup de poing qui met une claque. Je le savais avant de le lire et ayant été prévenue j’ai été un peu moins choquée tout en restant bouleversée par le contenu qu’il relate. Dans cet ouvrage, l’autrice nous narre les racines de la violence dans l’éducation de l’enfant, dénonce les méfaits de l’éducation traditionnelle, qui a pour but de biser la volonté de l’enfant pour en faire un être docile et obéissant et montre comment, fatalement, les enfants battus battront à leur tour, les menacés menacerons, les humiliés humilieront. Elle explique surtout comment toute violence est liée à une blessure de l’enfance, à l’enfant meurtri. On comprend mieux à la lecture de cet ouvrage à quel point certains principes « éducatifs » sont ancrés et pourquoi ils persistent chez les générations passées et dans la majeure partie de la génération actuelle également. Il y a tant à déconstruire et cet ouvrage permet de mettre en lumière les racines et le pourquoi. Âmes sensibles s’abstenir !

  • La Fessée, Olivier Maurel

Quels sont les principes à suivre pour guider un enfant sans le frapper ? Les principales sont extrêmement simples et à la portée de tous. Les difficultés ne commencent qu’avec la mise en œuvre. Le principe d’une éducation sans violence tient en trois mots : respecter l’enfant. La mise en pratique de ce respect est aussi très simple à définir : traiter l’enfant comme nous voudrions qu’il nous traite.

la-fessee-questions-sur-la-violence-educativeDans cet ouvrage Olivier Maurel se penche sur les questions relatives à la violence éducative. Il part du constat que presque partout les enfants sont traités avec une brutalité que peu d’adultes subissent. Pire encore, il constate que peu de monde s’en soucie réellement… Pourtant, comme il souligne justement, on ne peut plus avoir de doutes aujourd’hui sur la nocivité des châtiments corporels et violences infligés aux enfants tant les recherches les plus récentes sur le fonctionnement du cerveau sont claires et unanimes. Dans son ouvrage il revient donc sur cette notion de violence éducative. Que recouvre-t-elle ? Quelles sont ses conséquences ? Peut-on éduquer sans frapper ? L’ouvrage a ceci d’intéressant qu’il est rédigé sous forme de questions/réponses et permet donc une lecture personnalisée au bon vouloir du lecteur et à son rythme. La seconde partie recense les pratiques et violences à travers le monde et nous fait réaliser qu’un monde sans violences ce n’est certainement pas pour demain…

  • Il n’y a pas de parents parfaits, Isabelle Filliozat 

La vie psychique des enfants est complexe. La vie psychique des adultes aussi. La relations entre les deux, plus encore. Nos enfants nous parlent de nous. Qui sont-ils ? Leur histoire commence par la nôtre. L’enfant porte en lui tout son arbre généalogique.

71bOJ31GnLLDans cet ouvrage, Isabelle Filliozat traite de l’impact de notre propre enfance sur notre style éducatif et comment s’en dépatouiller. Elle y explique que nous butons sur les résonances de notre propre histoire et que nous agissons d’après les modèles parentaux issus de notre propre enfance.

La première partie se penche sur la relation des parents face à leurs enfants, sur ce qui nous empêche parfois de nous comporter comme nous l’aimerions face à nos enfants. Elle revient dans ces chapitres sur tout ce qui peut entraver et complexifier la relation parent/enfant. La deuxième partie traite des causes de nos débordements : épuisement maternel, père absent, hormones, démons du passé, etc. Enfin, dans une troisième partie, elle revient sur les besoins spécifiques à chaque âge et ce que ces étapes peuvent réveiller en nous. L’ouvrage se termine par un « coaching book » dans lequel l’autrice nous propose des exercices pratiques pour agir concrètement et devenir le parent que nous souhaitons être.  

Le livre est assez facile à lire. Comme d’habitude Isabelle Filliozat écrit de façon abordable et les chapitres sont clairs et concis. Les exercices pratiques plairont aux lecteurs avides de solutions concrètes. Comme d’habitude, j’aime l’approche grand public de Filliozat. Elle traite efficacement de tous les sujets importants liés à la parentalité en ayant toujours en ligne de mire le respect des besoins de l’enfant.

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