La parentalité positive ce n’est pas pour moi !

Coucou ! Pouf t’es tombé dans le panneau du titre racoleur ! J’ai hésité avec « La bienveillance m’a tuée » et « Parentalité positive ou le burn out assuré », finalement chacun de ces titres aurait été bien pour le contenu que je vais y mettre parce que je ne suis d’accord avec rien de tout cela. Je n’aime pas utiliser ces termes qui sont complètement abstraits et en même temps qualitatifs. Tout comme je n’aime pas lire et entendre que ces termes causent la dérive de parents, en poussant même certains au burn out total.

Pourtant c’est super à la mode de critiquer « l’hyperparentalité » ! Les articles se multiplient doucement pour « dénoncer », « traîner dans la boue » cette parentalité dite positive et bienveillante. Ça vient tantôt des médias, tantôt de mères qui considèrent que suivre les préceptes de ces « modes d’éducation » les a poussé à bout.

Mais quelque chose m’échappe là-dedans. Qu’est ce que ça signifie au juste parentalité « positive » ? Y a-t-il une parentalité « négative » ? Et « bienveillante » ? Que recouvre exactement ce terme ? Quelle est la jauge de comparaison ? Quelle est cette jauge qui nous classerait dans le clan des mèr(d)es plutôt que des mères parfaites ?

Ces interrogations sont vraiment honnêtes et pas du tout ironiques car si je m’en réfère à mes lectures perso, jamais aucun texte que j’ai lu, ni aucun auteur ne m’a donnée l’impression que je devais suivre des préceptes précis ou une liste donnée pour que mon cheminement parental soit le bon.

Pourtant, moi aussi, j’ai fait l’écueil de la parentalité « tout ou rien », cette parentalité « package » où l’on croit qu’il faut cocher certaines cases afin d’être dans la catégorie des mère-veilleuses. Moi aussi, j’ai lorgné chez le voisin avec envie et en pensant que l’herbe était bien plus verte chez lui. Souvent d’ailleurs son herbe était peut-être plus verte mais il s’est avéré qu’il utilisait un désherbant que je n’aurais jamais accepté d’utiliser dans mon jardin.

J’ai beaucoup lu, je me suis beaucoup informée, et je suis loin d’avoir terminé. Je chemine constamment pour moi, pour mes filles et pour ma famille.

Et la réalité, et elle est moins sexy que les titres racoleurs, c’est que cette pression, je me la suis mise toute seule. Comme j’ai décidé seule de lever le pied lorsque j’ai enfin compris qu’il n’y avait pas de principes unanimes et universels et qu’il était impossible d’appliquer des principes communs à des êtres si différents. Lorsque j’ai enfin compris que la clé de notre cheminement était dans la prise en compte de nos situations personnelles, de nos passés respectifs et de nos contextes familiaux.

Il ne me viendrait donc jamais à l’esprit de mettre sur le compte de ces textes que j’ai lu, la faute de cette pression.

Mais je ne peux m’empêcher de m’interroger car cet écueil doit forcément venir d’ailleurs. Ce risque de « dérive » n’est-il finalement pas exacerbé par le fait qu’aujourd’hui coexistent vulgairement uniquement 2 possibilités : le package du bienveillant ou le parent négligeant ? On le voit bien dans le vocabulaire qui est employé, il est toujours tout l’un ou tout l’autre : bienveillance, hypermères, hyperparentalité, parentalité positive, etc.

Or, ce n’est pas ça la réalité. La réalité est toujours dans la nuance. Et cette nuance mériterait qu’on lui fasse un peu plus de publicité. Non, le parent qui adapte des théories issues de philosophies dites bienveillantes ou positives n’est pas mauvais parce qu’il n’applique pas de « package » prédéfini. Non, le parent qui applique aveuglément toutes les théories sans prendre en compte ses ressources propres et ses limites n’est pas forcément dans le vrai non plus. Et celui qui vous dit le contraire n’est pas dans le vrai non plus.

C’est toujours tout l’un ou tout l’autre : on n’a pas le droit d’être dans la bienveillance mais d’être ferme, on ne peut pas être contre les violences éducatives mais sanctionner. C’est faux. C’est également faux de penser que tous les théoriciens qui ont écrit sur l’enfant, son développement cognitif ou ses émotions ont pensé leurs théories hors de tout cadre parental. Sauf que notre société ne connaît que la dichotomie : violence/respect et crainte/autorité.

Je suis persuadée que si l’on donnait un peu plus confiance aux mères, aux parents sur leurs compétences et leurs instincts naturels, ces écueils seraient des cas bien plus isolés. Si l’on arrêtait de faire peser sur la mère autant d’attentes de résultat, elle ne se mettrait peut être pas autant la pression. Si l’on était dans l’accompagnement plutôt que dans le jugement et la comparaison. Si l’on était dans l’aide et le soutien plutôt que dans la critique.

J’aimerai lire des articles sur l’éradication des violences faites aux enfants, j’aimerai lire des articles sur l’amélioration des conditions de scolarisation des enfants, j’aimerai que l’on s’intéresse au burn out maternel et surtout à l’accompagnement des mères en post-partum. J’aimerai lire des articles sur comment aider les mères à recharger leurs batteries, sur comment alléger la charge maternelle. Bref, il y a tellement de sujets importants, mais ils sont moins racoleurs que de taper sur quelque chose dont on pourrait, si on prenait la chose différemment, tirer du positif.

Malheureusement ce constat est si facile à écrire mais si difficile à contrer.

Les principes et théories de ces philosophies ont été malgré eux érigés en dogmes absolus et inflexibles. Il s’est passé exactement la même chose avec la pédagogie Montessori : Maria Montessori n’a jamais souhaité que sa philosophie soit appliquée à la lettre, de manière inflexible et non évolutive contrairement à ce que nombre de ses successeurs ont fait.

Je continuerai à m’informer, à prendre ce qui me convient, à me réinterroger, à modifier la trajectoire et à cheminer mais toujours dans le libre arbitre et la nuance, à la lumière de nos situations personnelles, nos vécus et nos contextes familiaux. Ce cheminement continuera à se faire en prenant en compte chaque membre de mon foyer et les ressources et limites qui me sont propres compte tenu ce qui précède et je vous invite à en faire autant. La vérité n’est pas dans les livres, elle n’est pas chez le voisin, elle n’est pas sur Instagram. Ce ne sont que des outils dont nous disposons et dont pouvons nous servir mais toujours à la lumière de ce qui précède. 

 

 

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