Mon projet de naissance physiologique et respectée en milieu hospitalier

Comme je vous le contais dans l’article sur la préparation à la naissance (à retrouver ICI), pour notre aînée, tout a été classico-classique, on n’est pas sortis de l’autoroute ! Confirmation de grossesse, petit tour à la Fnac rayon parentalité, achat des bouquins classiques et best-sellers (et pas forcément best contenu hein !), inscription à la maternité, suivi par sage-femme libérale, cours de préparation à la naissance dans le parcours classique, accouchement classique (arrivée beaucoup trop tôt comme toutes bonne primipare qui se respecte, renvoyée chez moi, revenue, péridurale précoce, rupture de la poche des eaux sans nécessité, ralentissement des contractions, ocytocine de synthèse), suites de couche compliquées moralement car peu d’accompagnement et peu d’informations. Bref, c’est triste de l’écrire mais : le parcours classique de bon nombre de femmes en France.

Sauf que maintenant j’ai un Bac+4 en parentalité (avec ma presque 4 ans) et donc je pars avec un peu plus d’assurance, d’information et de connaissances sur tous les sujets touchant la parentalité et notamment l’accouchement. Cette fois-ci je ne veux pas arriver à mon propre accouchement en me faisant prendre en charge et répondre à la question « vous avez un projet de naissance ? » par « euh non, qu’est ce que c’est ? ».

  • L’aboutissement de cette préparation : notre projet de naissance

Comme évoqué, c’est l’un de mes gros regrets pour la naissance d’A. Je ne savais même pas que les projets de naissance existaient ! Or, il me semble que lors de toute préparation à la naissance ce sujet devrait non seulement être évoqué mais les parents devraient être encouragés et guidés dans sa rédaction. C’est quand même de la naissance de notre enfant dont il s’agit et pouvoir en être pleinement acteur devrait être primordial !

Bien qu’il se développe, le projet de naissance est encore assez rare. Selon une enquête de l’Institut national de la santé et de la recherche (Inserm) seulement 3,7 % de parents rédigeaient un projet de naissance en 2016. C’est bien trop peu ! Je n’ai pas trouvé de chiffres actualisés mais je peine à croire que ce chiffre ait gonflé de manière considérable. 

  • Alors un projet de naissance, qu’est ce que c’est concrètement ? 

C’est un document dans lequel le/les futurs parents inscrivent et expliquent leurs souhaits et non-souhaits relatifs à la naissance et plus largement au séjour à la maternité. Il est transmis à la maternité, le plus souvent au cours de l’entretien prénatal avec la sage-femme qui suit la grossesse à l’hôpital. C’est un document qui est censé être issu d’un échange avec la sage-femme : vous lui faites part de vos souhaits et elle vous informe sur les pratiques et protocole de l’hôpital dans lequel vous allez accoucher, il s’agit donc de trouver une formulation qui convienne à tout le monde.

Pour celles et ceux qui se font ou se feront accompagner d’une doula, elle vous sera d’une aide précieuse dans l’établissement de votre projet. Elle pourra vous fournir des templates divers ainsi que vous aider à structurer et hiérarchiser vos besoins et envies.

Bien évidemment, certaines choses peuvent être refusées par la maternité souvent pour des raisons de sécurité ou d’urgence ou car pour une raison x ou y, ils n’y sont pas favorables au sein de leur service. Et c’est d’ailleurs aussi un critère qui doit guider le choix de la maternité. Certaines maternités sont complétement fermées aux projets de naissance alors que d’autres les encouragent vivement. Dans certaines maternités, certaines règles inflexibles pourront finalement ne pas vous convenir et a contrario, dans d’autres, certains de vos souhaits seront déjà présents dans le protocole de la maternité indépendamment de votre projet de naissance (c’est le cas le plus souvent pour les lumières tamisées, musique, etc).

D’où l’importance de l’échange avec le personnel avant la rédaction définitive du projet ! Je pense que le projet de naissance ne doit pas être vécu par le personnel comme une liste d’ordres mais un outil de dialogue : il doit leur permettre de comprendre l’histoire de la famille, ses souhaits et percevoir de quelle manière ils peuvent s’intégrer dedans et accompagner au mieux le projet.

Attention, ce document n’a aucune valeur juridique.

Mais, gardez en tête que le projet de naissance, ou du moins une grande partie de ce qu’il contient, se place sous l’article L.1111-4 du Code de la Santé publique qui dispose que toute personne prend, avec le professionnel de santé et compte tenu des informations et des préconisations qu’il lui fournit, les décisions concernant sa santé et qu’aucun acte médical, ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans sans consentement libre et éclairé, ce consentement pouvant être retiré à tout moment.

  • Comment le rédiger ? 

De notre côté, nous nous sommes fait accompagner dans un premier temps par notre amie doula sur les prémices du projet de naissance et les différentes options qui s’offraient à nous. Elle nous a fourni quelques exemples afin de nous faire une idée des différentes possibilités. Lors de notre première consultation à l’hôpital, nous avons abordé les grandes lignes également et avons convenu avec la sage-femme d’un entretien dédié vers le milieu du 8e mois pour en discuter plus en détail et échanger sur un projet définitif. Cela nous a laissé le temps de terminer la préparation virtuelle de Quantik Mama (dont je vous parle ICI) et de digérer toutes les informations qu’elle contient, de terminer nos lectures et de prendre un peu de recul avant de poser les choses par écrit.  

Lors de cet entretien avec la sage-femme, nous sommes venus avec une ébauche de notre projet de naissance. Elle a commencé par nous présenter la manière dont se passent les choses au sein de la maternité ainsi que les points sur lesquels l’équipe de la maternité était inflexible et qui étaient non négociables. Ces points sont au nombre de 3 et nous les avons trouvés acceptables compte tenu de nos souhaits : pose d’un cathéter, traitement par antibio de l’éventuel streptocoque B et injection d’ocytocine post-sortie d’épaules et pré-délivrance placentaire. 

Pour tout le reste de nos souhaits, la sage-femme nous a indiqué qu’ils étaient acceptables et acceptés dès lors que je n’étais pas sous péridurale. En effet, l’analgésie péridurale ajoute un certain nombre de contraintes, elles aussi, inflexibles et une surveillance accrue de la part de l’équipe médicale.

Dans notre maternité, le projet de naissance est joint au dossier et la sage-femme et l’équipe qui nous accompagneront le jour J en prendront directement connaissance à notre arrivée. J’ai donc commencé notre projet de naissance par un récit succinct de l’accouchement de notre aînée et des raisons qui nous ont conduit à préférer aujourd’hui un accouchement physiologique, le moins médicalisé possible et le plus respectueux possible des processus naturels. Nous avons ensuite décrit en quelques lignes les raisons qui nous ont conduit à choisir cette maternité plutôt qu’une autre. Ensuite, une liste de ce que nous souhaitons à tout prix éviter : 

  • Injection d’ocytocine
  • Episiotomie sans urgence médicale avérée
  • Rupture de la poche des eaux sans signe d’appel
  • Etirement du vagin à la sortie de bébé
  • Traction sur le cordon pour décoller le placenta

Puis, un petit topo sur la péridurale et mon envie d’accoucher sans dans la mesure du possible mais également mon besoin à ce que l’équipe m’encourage en ce sens et particulièrement dans les moments les plus intenses. 

Nous n’avons pas eu besoin de préciser que je souhaitais le moins de touchers vaginaux possible ou encore que nous souhaiterions être le moins dérangés possible pendant le pré-travail car cela faisait déjà partie de la politique de la maternité. 

Nous avons donc terminé le projet de naissance par 2 listes : une liste concernant maman et une liste concernant bébé. 

Du côté de maman : 

  • Porter les vêtements de mon choix (validé sauf en cas de péridurale)
  • Monitoring intermittent (ils n’ont que ça à la maternité choisie)
  • Possibilité de boire et de manger pendant le travail (pas d’eau glucosée) (validé sauf si péridurale, dans ce cas là pas de snack)
  • Liberté de mouvement pendant le travail et l’expulsion (validé et encouragé !)
  • Liberté d’aller aux toilettes (validé sauf si péridurale)
  • Liberté dans la position d’accouchement (validé et encouragé !)
  • Lumière de la salle d’accouchement la plus douce possible et qu’une fois bébé dehors, la lumière reste douce et tamisée le plus possible afin de permettre à notre nuée d’ocytocine de prospérer en vue d’une délivrance du placenta optimale

Du côté de bébé : 

  • Qu’on lui laisse sa couche de vernix (validé car déjà la politique de la maternité)
  • Que le cordon ne soit clampé que tardivement et que bébé en tire tous les bénéfices possibles (validé car déjà dans le protocole, la maternité choisie laisse le cordon battre jusqu’au bout)
  • Qu’en dehors de toute pathologie ou nécessité impérieuse, bébé ne soit pas séparé de maman et ne subisse pas d’intubation et d’aspiration (gastrique ou nasale)
  • Qu’en cas de césarienne d’urgence, papa soit présent et suive bébé pendant les séparations éventuelles avec maman et que le peau à peau lui soit proposé le plus rapidement possible (validé sauf si urgence extrême). 

J’ai trouvé quelques exemples de projets de naissance sur ce site pour celles et ceux que ça intéresse.

Nous avons donc eu un super accueil de notre projet de naissance et sommes ravis de la maternité choisie. Je me sens d’autant plus sereine dans l’attente du jour J en sachant que le lieu qui va nous accueillir fera de son mieux pour nous accompagner conformément à nos souhaits. 

Enfin, et je le précise tout de même, tout ceci n’est qu’un projet. Il faut garder en tête que le jour J peut ne pas se passer nécessairement comme vous l’aviez imaginé de A à Z, parfois même pas du tout pour un tas de raisons qui vous sont extérieures. Mais cela n’enlève rien à l’intérêt d’un projet de naissance et au fait de dialoguer avec les équipes pour qu’elles fassent de leur mieux pour y coller au maximum en composant avec les événements du jour J ! 

 

3 commentaires sur “Mon projet de naissance physiologique et respectée en milieu hospitalier

  1. Merci pour cet article.

    C’est intéressant de rappeler qu’il est aussi possible de faire un projet de naissance en cas de césarienne programmée. C’était mon cas et j’ai pu demander plusieurs choses (en accord avec ma sage femme évidement) : garder au moins un bras de libre pour pouvoir caresser notre bébé, ne pas donner de biberon et permettre la tête d’accueil au plus vite, que tout nous soit expliqué pendant la césarienne, que le papa puisse rester avec le bébé à chaque instant etc.
    Cela a été très bien accueilli par l’équipe (pour une césarienne qui finalement a été réalisée en urgence de nuit) et respecté. Je suis sure que mon vécu de mon accouchement aurait été différent sans cette petite préparation que j’ai pu faire avant le jour J.

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