Lectures sur le sommeil

J’ai beaucoup écrit sur le sommeil et je reçois souvent des demandes de conseil sur les lectures relatives au sommeil, alors voici un article de mes must-read (ou presque) sur le sommeil !

Avant de passer à la liste (qui ne va pas être très dense vu le peu d’ouvrages de qualité trouvés sur le sujet !), je pose quand même ici les bases pour qu’on soit tous sur la même longueur d’ondes et tous dans le même état d’esprit. Pour ceux qui débarquent sur le Blog, vous ne trouverez pas ici de conseils consistant à laisser pleurer votre enfant (cruel et violent selon moi, pour plus d’informations, c’est ici) ni de modes d’emploi sur comment « apprendre » à dormir à votre enfant. Pour moi, la clé d’une parentalité sereine concernant le sommeil c’est de tout simplement s’informer et comprendre.

  1. Comprendre comment se structure le sommeil d’un enfant en fonction de son âge
  2. Accepter que celui-ci soit différent du notre et bien sûr totalement socialement inadapté (sinon ce serait trop simple !)
  3. Lâcher prise car TOUS LES ENFANTS DORMENT UN JOUR  !

Alors commençons par quelques généralités sur le sommeil.

  • Le sommeil est lié à notre développement, il est donc en perpétuelle mutation. Le sommeil est un processus évolutif qui s’adapte aux besoins de l’être humain : chaque âge ayant ses propres besoins.
  • Ainsi, bien que cela puisse être tentant, agir sur la structure de sommeil de mon enfant en vue de la modifier emporte un risque de porter préjudice à la mise en place de ce processus biologique et naturel.
  • Le sommeil de bébé ne se rapprochera pas de celui de l’adulte avant l’âge de 6 ans environ. 6 ans ! Et nous, nous luttons contre des bébés de 6 mois…!

Le sommeil de l’enfant est divisé en 2 étapes :

  • L’étape de la construction : entre la naissance et 7 mois, l’enfant construit son sommeil, il passe d’un sommeil biphasique à un sommeil polyphasique caractéristique du sommeil adulte. Pendant cette période, il se peut que l’enfant effectue des va-et-vient dans son apprentissage du sommeil, qu’il « change son rythme » (bien qu’il n’en ai pas encore réellement), il teste son sommeil et acquiert peu à peu la maîtrise du sommeil adulte ;
  • L’étape de la maturation : entre 8 mois et 6 ans, progressivement, l’enfant va acquérir toutes les phases du sommeil adulte et, chaque enfant à son rythme, va acquérir la maturité nécessaire pour apprendre à se rendormir seul lors des réveils nocturnes, dépasser ses angoisses en prenant confiance en lui.

Ainsi, un enfant qui ne s’endort pas seul ou qui se réveille encore la nuit avant 6 ans ne devrait pas inquiéter ses parents.

Combien de parents ont cette information ?

Enfin, l’évolution du sommeil va de pair avec la maturation de l’individu, et en cette matière, c’est chacun son rythme ! Ce qui explique que tous les enfants de 3 ans n’en sont pas au même stade, au même âge. C’est marrant parce que le fait que les enfants ne marchent pas au même moment n’inquiète personne, par contre un enfant qui se réveille toujours la nuit…

Bref, vous l’aurez compris, il ne devrait y avoir rien à vendre en matière de sommeil. Celui qui vous promet ça, s’appelle un marchand de sommeil et je vous invite à le fuir comme la peste si vous ne voulez pas y laisser 300/400 euros et un enfant traumatisé (pour plus d’information c’est ici).

Et malheureusement, en matière de livres c’est pareil ! Combien de bouquins aux titres alléchants et vendeurs cohabitent dans les rayons de la Fnac et de Culutra ?

J’ai fait l’expérience en tapant dans leurs moteurs de recherche « livre sommeil enfant » et le moins qu’on puisse dire, c’est que les marchands de sommeil sont tout aussi présents dans le monde de l’édition : « Méthode chrono-dodo », « Cet enfant qui ne dort pas (pour en finir avec les nuits sans sommeil) », « Aider votre enfant à bien dormir », « Le sommeil de mon enfant (Et si bien dormir, cela « s’apprenait ») »… pour n’en citer que quelques uns.

Je ne vais pas vous mentir, je n’ai pas lu tous ces livres avant de rédiger cet article. Souvent, il suffit de lire le résumé et/ou le sommaire, parfois même quelques pages au pif pour se rendre compte très rapidement que le livre propose soit de manière directe, soit de manière détournée ou indirecte une méthode incluant du laisser pleurer. Et il y a encore aujourd’hui une partie des professionnels de santé qui demeurent sceptiques quant aux réels effets du laisser pleurer et ses conséquences chimiques sur le cerveau de l’enfant alors même que celles-ci sont scientifiquement démontrées. Et honnêtement, et personnellement, l’existence ne serait-ce que d’un doute sur les effets sur le développement de mon enfant me feraient réinterroger ma pratique. Si vous appreniez que la tétine que vous donnez à votre enfant contient potentiellement un composant nocif pour le cerveau de votre enfant continueriez-vous à lui proposer cette tétine alors que d’autres alternatives existent ? J’en doute fort. Alors pourquoi continuer à appliquer des méthodes consistant à mettre nos enfants en état de stress émotionnel et fragiliser la confiance qu’ils peuvent avoir dans la seule personne de confiance qu’ils connaissent ? Vous ne le saviez pas ? Rien ne sert de se flageller pour quelque chose que l’on ignorait, le tout est d’agir pour l’avenir.

Cela ne signifie pas que l’on n’a pas le droit d’être fatigué, cela ne signifie pas non plus que l’on n’a pas le droit de péter un plomb. EVIDEMMENT qu’il vaut mieux laisser pleurer son enfant quelques instants que de lui crier dessus, le secouer ou commettre l’irréparable. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit. On parle plus haut du laisser pleurer comme méthode d’apprentissage, de dressage au sommeil, du laisser pleurer utilisé de façon « éducative ». Un enfant pleure pour d’innombrables raisons et notre rôle est de tenter de le comprendre et de l’accompagner du mieux qu’on le peut. Parfois, on se sentira impuissant, c’est certain mais on sera là pour l’envelopper de nos bras rassurants, et c’est tout ce qui compte.

Après ce long préambule enflammé, parlons lectures !

La réalité, c’est que je pourrais m’arrêter à un seul bouquin pour cette liste tant il est complet, bien écrit et documenté. Mais j’ai fait l’effort de l’étoffer un peu quand même 🙂 Les livres de cette liste sont connus pour être contre le laisser pleurer (plus ou moins en réalité) et il se trouve donc que celle-ci est plutôt courte..! Encore une fois, je vous partage mes lectures, il se peut que vous ayez connaissance d’une pépite que je n’ai pas lu et dans ce cas je vous prie de m’envoyer les références illico par le biais du formulaire en fin d’article svp 🙂

  • Dormir sans larmes, Docteur Rosa Jové

« Parfois, on ne parvient à combattre ses instincts parentaux qu’en se persuadant que les intentions et les conduites parfaitement normales des enfants ont pour seul but de nous faire tourner en bourrique. Rien de plus facile que de fausser le message des bébés : ils ne parlent pas, je parle à leur place. Aucun enfant ne se réveille pour le plaisir de se réveiller, ni pour nous embêter. Nous sommes tous programmés pour nous réveiller quelque neuf fois par nuit – la seule différence entre les enfants et nous, c’est que nous, nous maîtrisons d’ores et déjà la technique pour nous rendormir. Et eux, non. Il s’agit d’un processus évolutif. Donnez-leur le temps. »

img_1381S’il y a bien un livre, le seul livre qu’il suffit de lire sur le sujet, c’est bien celui du Docteur Jové. Ce livre est tout simplement un essentiel. Alors non, il ne livre aucune méthode, aucun mode d’emploi miracle (si tant est que l’on considère le fait de laisser pleurer son enfant comme miraculeux et non cruel). Il se contente d’expliquer très simplement et très concrètement comment est structuré tant le sommeil de l’enfant que de l’adulte et permet de comprendre que le sommeil est un processus évolutif sur lequel nous ne devrions pas agir sous peine de porter atteinte au développement de son enfant. On comprend alors très bien pourquoi notre enfant se réveille, mais surtout on comprend que c’est NORMAL ! Il permet d’accepter la situation du fait de sa normalité et de lâcher prise. Il s’articule autour de 3 chapitres : « s’informer », qui est une pépite d’information sur l’état de la science concernant le sommeil; « évaluer », qui permet de reconnaître les « vrais » troubles du sommeil et de comprendre que dans 98% des cas, nous ne sommes absolument pas en présence d’un trouble du sommeil mais d’un problème de synchronicité du sommeil de bébé avec le sommeil attendu par le parent; et « intervenir », qui permet de pointer du doigts les méthodes de dressage du sommeil et de laisser pleurer qui sont délétères tant pour le développement de l’enfant que pour sa relation avec ses parents.

Sur le Blog, vous pouvez retrouver plein d’articles également, et largement inspirés de son bouquin pour certains, ici, ici, ici, ici et encore ici!

  • Etre parent la nuit aussi, Docteur William Sears

« Les problèmes liés au sommeil surgissent lorsque les périodes de réveil de votre enfant la nuit dépassent votre capacité à vous y adapter. »

img_1380Le Docteur Sears est très connu outre Atlantique. Il est à l’origine de ce qu’il appelle « l’art parental favorisant l’attachement », un style parental, qui pourrait être assimilé au « maternage proximal », qui, selon lui, permet de vivre une relation épanouie avec son enfant en répondant à tous ses besoins et en laissant libre court à son instinct. Il est à l’origine de nombreux ouvrages sur la parentalité et l’allaitement. Dans Etre parent la nuit aussi, Sears aborde notamment le sujet du sommeil et la façon dont le sommeil anarchique du nourrisson peut nuire à la relation parent-enfant et à sa bonne mise en place. Le premier chapitre est donc consacré à sa théorie de l’art parental favorisant l’attachement, le concept, ses récompenses pour les parents et les avantages pour les enfants. Le second chapitre porte sur le sommeil de bébé et sur ses particularités. Il rappelle qu’il faut avoir des attentes réalistes en matière de sommeil car chaque bébé est différent et qu’un bébé qui dort toute la nuit n’est pas la norme. Il est ensuite question dans le chapitre 3 des avantages du sommeil partagé et de ses bénéfices pour l’enfant. Le chapitre 4 propose aux parents des conseils pour aider bébé à s’endormir et à rester endormi. Il y aborde l’heure du coucher, les rituels du coucher, la détente ainsi qu’une partie sur comment rendormir bébé. L’auteur concentre un chapitre 5 sur les méthodes du « laisser pleurer » et fustige ces méthodes. Le chapitre 6 traite des bénéfices de l’allaitement nocturne sur le sommeil de l’enfant et de la mère. Le Dr Sears propose également aux parents une liste de causes du réveil la nuit des enfants (émotionnelles, physiques, environnementales et physiques) ainsi qu’une liste des troubles du sommeil courants chez l’enfant (chapitres 7 et 11). Le chapitre 8 fait un focus sur le bébé aux besoins intenses. Les chapitres 9 à 16 traitent de divers sujets connexes, tels que le rôle de l’allaitement dans l’espacement des grossesses (méthode MAMA), le syndrome de mort subite du nourrisson, le parent seul, la mère qui travaille, le voyage avec les enfants ou l’enfant malade ou hospitalisé.

Sous des airs de livre un peu démodé, l’ouvrage du Dr Sears contient un grand nombre d’informations importantes et conforte les parents qui ont emprunté la voie du « maternage proximal ». J’ai hésité à le mettre dans les « must-read » mais tout compte fait, il y a toute sa place car il est très complet et très rassurant sur tant sur l’instinct maternel que sur les compétences parentales.

  • Un sommeil paisible et sans pleurs, Elizabeth Pantley

« Le problème réside dans notre perception de la manière dont un bébé devrait dormir, de même que dans notre propre besoin d’une nuit de sommeil ininterrompu. »

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Elizabeth Pantley est spécialiste des questions familiales et éducatives et coach parentale.  Elle n’est donc pas de la profession médicale contrairement aux deux auteurs précédents. Elle propose dans son ouvrage une approche basée sur l’observation du rythme du sommeil de son enfant pour mieux l’aider à s’endormir en trouvant des solutions adaptées. Elle a le privilège d’une préface écrite par le Dr Sears himself (voir ci-dessus) ce qui normalement devrait être un gage de qualité quant au contenu de son ouvrage. L’originalité de l’ouvrage d’Elisabeth Pantley réside dans son approche « pratique ». En effet, l’auteur invite son lecteur à établir un plan personnalisé de sommeil pour son enfant à partir d’une diversité d’idées et de suggestions. Ce côté pratique est complété tout au long du récit de témoignages de « mères témoins » ayant testé la « Méthode Pantley ». Elle s’adresse principalement aux mères épuisées et excédées par le manque de sommeil et se défend de proposer une solution miracle. Sa solution de « sommeil sans pleurs » est un programme en 10 étapes pour amener bébé à faire ses nuits. Ces 10 étapes peuvent être résumées en 4 grandes phases : la phase d’observation, l’analyse de la situation actuelle, l’élaboration du plan et la mise en pratique de celui-ci. Concrètement sa méthode se base principalement sur l’observation de son enfant, la connaissance de ses signes de fatigue et la proposition d’une ribambelle de solutions dans lesquelles les parents doivent pouvoir piocher afin de réussir à faire correspondre le sommeil de leur enfant au plus près de leurs attentes. De façon générale, j’ai été gênée par les solutions proposées pour les nouveau-nés, tels que « couvrir les bruits de la maison par des bruits blancs », « essayer de ne pas laisser votre bébé dormir trop longtemps quand il fait une sieste », si la sieste dure trop longtemps « réveillez doucement votre bébé et encouragez-le à rester éveillé et à jouer », pour réveiller bébé quand il est temps de manger « langez le bébé ou essuyez-lui le visage avec une débarbouillette mouillée », toujours pour le réveiller « faites bouger les bras et les jambes du bébé en un mouvement tout en douceur », « tenez bébé en position debout et chantez-lui une chanson ». Et je trouve que la plupart des conseils prodigués dans cette section font primer le besoin de sommeil de la mère sur le bien-être du nourrisson. Pour les enfants plus grands, forte recommandation d’amener bébé à s’attacher à un objet, technique de retirer le sein ou la tétine et d’appuyer sur la mâchoire de bébé pour la fermer le temps que l’envie de succion passe, transporter un bébé qui dort d’un lieu à un autre (surprise garantie au réveil…), promettre une récompense à l’enfant qui accepte de dormir seul (j’ai du mal à voir comment ça peut aider sur le long terme si l’enfant n’est pas prêt). Pour conclure, le point positif de cette méthode : l’objectif zéros pleurs. L’auteur souhaite vraiment aider ses lecteurs à atteindre leur objectif de sommeil sans que bébé n’ait à pleurer (d’où le nom de sa méthode). Toutefois, il est à noter qu’elle propose tout de même une méthode aménagée de la méthode du « laisser pleurer » dans les cas extrêmes dans lesquels aucune des solutions proposées n’aurait fonctionné et que les parents demeurent toujours épuisés. Pour être tout à fait franche, je ne trouve pas sa méthode révolutionnaire contrairement à ce que j’ai pu lire comme avis sur le bouquin avant de l’acheter. Elle fustige les marchands de sommeils qui proposent des solutions miracles mais son ouvrage n’est pour moi pas une nouveauté et sans proposer une méthode miracle, elle propose beaucoup de solutions qui relèvent du bon sens. Alors je trouve qu’elle capitalise un peu, comme les marchands de sommeil, sur le volet « désemparé » du parent…Toutefois, le fait de faire une fiche du sommeil actuel de bébé et d’en réaliser une après avoir fait des changements/efforts, permet certainement d’apprécier plus clairement les changements. Ainsi si elle ne propose pas une méthode révolutionnaire, il faut également lui concéder qu’elle ne vend pas non plus du rêve puisqu’elle énonce dès l’introduction et jusqu’au bout de son ouvrage que celui-ci n’a pas pour but de proposer une méthode miracle court-termiste. Seulement, à mesure que le parent rencontre des difficultés dans la mise en place de la méthode, la bienveillance des solutions de départ laisse place à des solutions proches de ce que proposent les méthodes de dressage du sommeil.

  • Conclusion

Malheureusement, la liste s’arrête là. Je ne suis pas tombée sur d’autres bouquins qui, à mon sens, traitent du sommeil sans vendre du rêve ou proposer des techniques qui n’incluent pas de près ou du loin du laisser pleurer. Mais je serai ravie d’étoffer la liste si vous avez des suggestions qui vont dans ce sens (cf formulaire en fin d’article) !

Retrouvez les autres articles du Blog sur le sommeil : 

 

 

 

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