Notre récit de naissance (à deux plumes)

Après avoir écrit sur la grossesse (ICI), la préparation à l’accouchement (ICI), au post-partum (ICI), notre petite graine nous a rejoint et je peux enfin écrire sur sa naissance. Pour cet article, mon mari a accepté de se joindre à moi et y apportera le témoignage de son vécu de conjoint et d’accompagnant.

Par où commencer ?

Le démarrage conscient a eu lieu aux alentours de 6 heures du matin le jour J. Nous étions à J-10 du terme et j’avais accouché la veille du terme pour notre aîné, je ne m’attendais donc pas forcément à accoucher plus tôt mais une petite voix me disait depuis le début de cette grossesse qu’elle arriverait avant. Comme pour mon aînée, je n’ai pas vraiment eu de contractions prononcées les jours qui ont précédés. Du coup ce jour là, je reconnais directement ces contractions profondes, intenses. Celles qui te prennent aux reins. J’ai déjà accouché, je sais les reconnaître. Elles ne sont pas hautes mais me prennent dans le bas du dos. Je suis plutôt formelle, elles sont là. Cela ne signifie pas que je vais accoucher dans la journée, je le sais de par mes lectures que le travail peut commencer des jours à l’avance mais elles sont bien là. Je suis envahie d’une excitation intense. Elles sont rapprochées, je décide donc de réveiller Monsieur. Je lui dis « pas de panique, sache juste que j’ai des contractions qui se rapprochent et qui sont intenses. Tu te réveilles tranquillement et tu prépares les affaires, ok ? ». Il émerge doucement. Nous avions préparé les listes et certaines affaires mais c’était loin d’être prêt.

De mon côté (papa), il est 6 heures du matin, Madame me réveille pour me dire qu’elle a des contractions « mais pas les contractions de d’habitude », là je me dis « Ok…c’est parti ! », mais au fond de moi je me dis « Faites que ça ne soit pas parti… », histoire de profiter encore des derniers jours à trois avant la tempête qui s’annonce. Je décide tout de même de prendre les choses au sérieux, et la tête dans les nuages je commence à préparer la valise de maternité, que dis-je, la remorque de maternité…

Notre fille se réveille. Je lui explique que j’ai des contractions, ce que cela signifie pour moi, pour le bébé mais aussi pour elle. On se réveille doucement. On descend et j’appelle ma mère pour lui dire la même chose qu’à mon mari : « pas de panique, prépare toi tranquillement et vient chercher A. ».

Pendant ce temps là, je (papa) prépare les affaires,  d’après la liste exhaustive que m’a fournie ma femme, sachant qu’il fallait préparer les sacs pour la maman (salle de naissance et séjour à la maternité), pour le bébé (salle de naissance et séjour à la maternité), pour moi (slips, t-shirts, brosse à dent) et pour A. (double séjour chez les grands parents). Même si ma femme me dit que rien ne presse, je cours dans toute la maison, entre les paniers à linge, valises, trousse de toilette etc… (voir ICI pour la valise de maternité et quand vous aurez vu la longueur de la liste vous comprendrez ma peine !). Trois heures plus tard et pompe à vélo (??) dans le coffre, j’en avais fini de la préparation de nos affaires pour le plus beau des voyages.

Pendant que papa prépare les affaires, je joue avec A. et je fais des pauses à chaque contraction. Elles sont fortes, elles m’emportent. A. prend conscience de ce qui se passe et me prête une peluche pour que je la pose sur mon ventre pendant les contractions. Elle m’aide à souffler quand une vague m’emporte entre 2 monologues de Playmobils. Je ne suis pas vraiment dans ce qu’on peut appeler une bulle. Elle me ramène sans cesse à la réalité et fait appel à mon néocortex. Mais on ne peut faire autrement. Elle a besoin de moi. Elle a besoin de passer encore un peu de temps avec moi avant de partir pour ce qui sera notre plus longue séparation depuis sa naissance (4 nuits). Je suis heureuse qu’elle assiste à ces quelques scènes, tout devient concret pour elle. Elle n’a pas peur, elle est très sereine malgré la nouveauté de la situation. 

Ma mère arrive. Elle a apporté le petit déjeuner à ma demande. On petit-déjeune tous ensemble. Mes contractions sont toujours intenses mais beaucoup plus espacées. L’arrivée de ma mère achève ma bulle. On fait sans cesse appel à moi, tantôt ma mère, tantôt A. On explique une dernière fois à A. le déroulé des prochains jours et elles partent. Elle est avec ma mère, je suis sereine, je peux enfin me concentrer sur moi mais les contractions se font plus rares. La matinée avance et toujours un rythme espacé. Je suis terriblement déçue. Je n’ai pas envie de faire revenir A. alors que son départ et le déroulé de la matinée étaient idylliques.

Mais les contractions ont beau être espacées, elles sont toujours aussi intenses et longues. Je dis à mon mari que ce n’est pas possible d’avoir ce genre de contractions et de ne pas accoucher dans les 24h. J’essaie de me persuader moi-même que malgré l’écart entre les contractions, je vais bientôt accoucher. La journée continue et je suis toujours à 1 ou 2 contractions par heure, mais ces contractions durent très longtemps : 1 minute en moyenne. J’appelle la maternité, je leur demande ce qu’ils en pensent. On me conseille de bouger, marcher, m’activer. Ce que je fais. Nous prenons notre voiture sportive tape-cul et nous allons chercher tous les colis en attente aux différents points relais. Les contractions se rapprochent. Bingo. Fin d’après-midi, nous allons faire un tour en centre-ville. Les contractions se rapprochent encore. Je m’arrête toutes les 10/15 min pour souffler dans les bras de mon amoureux. On finit par rentrer et on commande des burgers et frites maison  dans notre restaurant fétiche avec l’espoir que ce soit notre dernier repas avant de rencontrer notre petite fille. A la moitié de mon burger, je ne peux plus manger, les contractions m’en empêchent. Je suis heureuse. C’est bien pour ce weekend finalement. Je rentre dans ma bulle. Dans notre bulle. Nous sommes tous les 3.

La journée pour moi (papa) se résume à être présent pour mes femmes. C’est mon devoir d’être la pour elle-s. J’ai eu la chance d’avoir moi-même une superbe préparation à la naissance à travers des supports virtuels et des lectures, et je remercie mon épouse de m’avoir embarqué dans cette préparation ! J’ai appris beaucoup de choses sur la physiologie de la naissance (qui n’est pas une pathologie) et je recommande vivement à tous les partenaires de lire sur la grossesse et la naissance, cela leur permettra d’être eux-mêmes mieux préparés pour comprendre par quels états va passer leur bien-aimée, et comment lui venir en soutien.

Nous sommes dans notre bulle tous les trois. On se dit que si d’ici 30 min les contractions continuent sur le même rythme, on décolle.

Les contractions se rapprochent sans cesse. Finalement, on n’attend pas, on décolle 5 min plus tard. Vu comme les contractions se sont intensifiées et rapprochées d’un coup, j’ai peur d’accoucher dans la voiture ou sur le parking.. A ce moment la dans la voiture nous sommes tous les deux dans l’expectative : « penses-tu que c’est pour ce soir ? », « est-ce qu’on n’y va pas pour rien ? ou trop tôt ? ». Nous serons vite éclairés. A l’arrivée à la maternité, je suis à une contraction toutes les 3/4 min et elles durent en moyenne 1 minute !

On m’installe directement en salle de naissance. Je suis à 5. Je suis heureuse. C’est pour bientôt ma petite fille. Les contractions sont hyper intenses. Ce n’est pas de la douleur. C’est intense. Je n’ai pas d’autre mot qui me vient lorsque j’y pense. C’est intense et puissant.  

Quand la sage-femme a examiné ma femme, j’ai trouvé que le temps s’était arrêté. Je voyais la sage femme se concentrer et compter dans sa tête, 1,2,3… cet instant a duré des heures pour moi. Lorsqu’elle a annoncé qu’elle était à 5, j’étais vraiment soulagé. Ma femme n’a pas parcouru tout ce chemin pour rien avec des contractions depuis 6 heures du matin, certes espacées, mais hyper intenses, puissantes et longues à la fois.  Mais le plus dur/rude est encore devant nous…Pendant qu’on commence à s’installer, je vais chercher les affaires dans la voiture, et j’en profite pour passer un rapide coup de fil aux grands-mères : « C’est pour ce soir » !

La salle nature est libre alors on m’y installe conformément à mon projet de naissance (à retrouver ICI). Le feeling passe directement avec la sage-femme et l’infirmière. Je suis heureuse des personnes qui vont m’accompagner pour ce voyage jusqu’au sommet. On me pose un monitoring intermittent que je ne garderai que quelques minutes (2 feuillets !). Je n’arrive pas à trouver une position qui me convienne. Mon corps me pousse à rester debout et je serre les cuisses. Je dis un peu perdue à la sage-femme et à mon mari « je ne comprends pas pourquoi je serre instinctivement les cuisses, ne devrais-je pas avoir besoin de faire l’inverse pour accoucher ?? ».  La sage-femme me rassure, la position chasse-neige ouvre le bassin et me conseille de suivre les appels de mon corps. Elle me propose de me pendre à un draps suspendu. Enfin une position qui me convient ! Je me sens bien debout suspendue par les bras. J’ai fait passer le draps sous mes aisselles de sorte à former une corde qui passe sous ma tête et sur laquelle je peux me reposer. 

Ma femme était à ce moment-là incapable de s’allonger, elle avait besoin de rester debout et de bouger entre les contractions. Toutefois lorsque les contractions arrivaient, la position debout était difficile à tenir. Elle avait beau s’attraper à moi, ce n’était pas confortable pour elle, d’où l’excellente idée de notre sage-femme, qui l’ayant observé, lui propose d’utiliser les draps suspendus.  Avec du recul, je me suis rendu compte que ce n’est pas tellement notre sage-femme qui nous a guidé lors de l’accouchement, c’est bien mon épouse qui a dicté toutes les étapes. La sage-femme a surtout su l’accompagner durant tout le processus et être à son écoute. Elle arrive encore à gérer l’avancement mais les contractions s’enchaînent, et les pauses dont il est tant question dans les livres et préparation à la naissance, sont de plus en plus courtes. Le rythme s’accélère, elle commence à entrer dans la spirale de la naissance. 

Je n’ai pas le temps de souffler que la vague suivante arrive. Je vocalise. Mon dos me brûle littéralement. Je le dis à mon mari et il me vaporise de l’eau au brumisateur dans le bas du dos. Quel bonheur. Ca brûle tellement. Au bout de quelques minutes, je me dis qu’il est temps de lâcher prise, d’arrêter de contrôler mes cris, mes peurs, d’ouvrir mes sphincters. C’est parti. Je gémi, je cris, je hurle même. Je suis animale. Bye bye néocortex, bye bye l’extérieur, je ne suis plus connectée qu’à moi-même. 

Ca y est, ma femme commence enfin à lâcher prise, bravo ma chérie !! Les cris et les hurlements ne me choquent pas du tout. Je l’ai lu et entendu durant la préparation à la naissance et c’est tout à fait normal. On comprend tout l’intérêt de la préparation à la naissance pour le partenaire. Les hurlements étaient de plus en plus forts, au point qu’on l’entendait dans les salles voisinent, mais je n’ai stressé à aucun moment. Au contraire, les cris me rassuraient : « tu es sur la bonne voie ma chérie ».

Elle me dit qu’elle a très chaud,  elle transpire, mais elle a surtout chaud dans le bas du dos. Je n’arrivais pas à croire qu’on pouvait avoir chaud dans cette zone là. Lorsque je l’ai touchée, elle était littéralement brûlante. C’est là qu’on réalise toute l’importance du sacrum, cette vertèbre sacrée, tant décrite dans les manuels de préparation. Vite, on demande du brumisateur aux soignantes.  Ma femme et ma fille sont complètement actrices de cet accouchement, et moi j’essaie de faire tout ce qu’un partenaire peut faire à ce moment-là pour leur faciliter la tâche. Je suis présent, en soutien, en support, même si ca reste un acte unique entre la mère et l’enfant. Alors, je lui parle, tente de la rassurer, je suis son plus fidèle supporter, je l’admire, qu’est ce qu’elle est magnifique, je suis tellement fier de ce qu’elle gravit, je l’AIME. !!! Je suis moi-même bourré d’ocytocine !

J’essaie aussi de me rendre un minimum utile et commence à rafraichir mon épouse : le visage, et le bas du dos. Entre les contractions, je lui appliquais du brumisateur sur le bas du dos puis je ventilais cette zone avec ma main en alternance. Je ne sais pas à quel point c’était efficace (d’un point de vue physiologique/médical), mais elle disait que ca la soulageait. Pendant les contractions, je restais près d’elle, je l’enlaçais et je lui posais délicatement la main sur le sacrum en indiquant le chemin de la sortie à notre bébé – chose que nous avions vu en séances d’haptonomie. Je sens que le sacrum bouge à chaque contraction, il recule pour laisser la place au bébé, et se loge en quelques sortes dans le creux de ma main. C’est extraordinaire !! A chaque contraction, il recule de quelques micro-millimètres, mais je le sens se décaler. Un fois de plus, je ne suis pas choqué, ni stressé mais au contraire heureux car je sais que c’est normal et qu’on avance bien. Alors plutôt que d’appuyer sur cette vertèbre, j’essaie d’appliquer ce que nous avions vu en haptonomie et j’essaie de la tirer pour faire plus de place au bébé. Tout du long, dans mes pensées, je reste en contact avec la maman, le bébé, et A. qui est chez ma belle-mère.

Je gravis le sommet. Chaque vague est plus intense que la précédente. Quand vont-elles cesser ? Je commence à faiblir puis je sens quelque chose entre mes jambes. La sage-femme me dit que ce n’est pas le bébé, c’est la poche qui gonfle, sort et re-rentre, elle a rarement vu ça et s’émerveille devant l’événement. Moi je fatigue. Je continue à pousser instinctivement. Mon corps me pousse à pousser. Je ne contrôle rien. Je ne suis plus aux manettes de mon corps. Il fonctionne tout seul, il sait faire. Je suis toujours debout, suspendue aux draps par les bras, je me tortille. 

 Mais ma femme commence à faiblir, j’ai l’impression que ses jambes la lâchent pendant les contractions qui se font de plus en plus fortes, et elle porte alors tout son corps à la force de ses bras.

Ma sage-femme voyant ma fatigue augmenter me propose de passer sur les genoux en m’adossant au niveau des coudes sur la chaise devant moi. Cette position me convient. On continue. Ca s’accélère. Les vagues s’intensifient toujours plus. J’atteins le sommet. Je cris que je ne vais pas y arriver. Je sais que je vais y arriver mais j’ai besoin de crier que je ne vais pas y arriver. C’est comme ça. Je ne me l’explique pas. Et là, ce sentiment de craquer de toutes parts. Mon bébé traverse la zone périnéale. J’ai littéralement l’impression de me déchirer. Je le cris à mon mari. J’implore ma fille de venir, bon sang que c’est long lui dis-je. Mais je sais que c’est normal, je n’ai pas peur je suis préparée à cette étape. D’autant que ma sage-femme me rassure « vous ne craquer de nulle part, continuez c’est super ». Merci à elle d’avoir eu exactement les mots qu’il fallait au moment où il fallait. Avec du recul, ce fut l’étape la plus difficile pour moi.

Lors de ces moments hyper intenses, nous ne sommes plus enlacés tous les deux, ma femme m’a tout simplement plaqué la tête contre la sienne de toutes ses forces surmaternelles. Nous sommes tellement proches que nous ne sommes plus qu’un tous les trois à cet instant là. Dans l’esprit je reste connecté avec le bébé et sa grande sœur. Ma femme crie alors qu’elle ne va pas y arriver alors que le bébé est engagé, qu’elle va mourir ! Les mots n’existent pas pour décrire cette intensité, c’est tellement extrême ! N’importe qui pourrait se mettre à stresser lorsque sa femme lui dit qu’elle va mourir alors que le bébé est entre la vie liquide et la vie aérienne. Mais ce n’était pas mon cas, je savais que cela pouvait arriver, et je reste présent, en admiration aux côtés de ma femme en train de se transcender. Il y a tellement d’énergie dans cette pièce,  il y a quelques chose d’exceptionnel qui est en train de se produire, les soignantes aussi sont en admiration de ce qui est en train de se passer. Je les regarde, nos regards se croisent, et d’un langage non verbal je comprends que c’est pour les toutes prochaines secondes. 

Puis l’anneau de feu, ça brûle, et enfin l’instant d’après, elle est là. 

Elle est là. Je demande si tout va bien. Je suis dos à eux. Tout va bien me dit-on. Je me déconnecte instantanément. Je n’ai pas envie ni besoin de la prendre tout de suite dans mes bras. J’ai besoin de redescendre. Mon mari sait que c’est normal, il la prend et attend que je sois prête pour me la tendre. J’ai pris cette petite minute pour moi. Pour souffler, pour réaliser et pour être prête à accueillir mon bébé. 

Notre sage-femme retire grossièrement les fragments de poche car le bébé est arrivé à moitié coiffé, puis voyant que la maman n’était pas disposée à prendre l’enfant tout de suite, elle hésite. C’est alors que je la prends dans mes bras. Ma femme a besoin de ce dernier moment pour elle, pour se ressourcer, c’est pourquoi je prends la relève. Je la porte contre moi, elle est couverte de vernix et encore reliée à la mère grâce au cordon. Je l’observe : « Bonjour T., je suis ton père ». Notre fille est si magnifique, elle est tellement calme, je n’en crois pas mes yeux. Comment un être peut venir au monde de façon si paisible ? Son regard a transpercé le mien et m’a immédiatement transmis sa sérénité suite à toute cette excitation. Je suis tellement fier du chemin qu’a parcouru mon épouse. Wouahou, quelle expérience. Elle a atteint le sommet. Je porte notre enfant et l’admire d’en bas. Elle est en haut !

Une seule petite heure se sera écoulée entre mon entrée dans la salle et la tétée d’accueil de ma petite fille. Un accouchement physiologique, naturel au possible et terriblement puissant. 

Cet enfantement est la plus intense expérience de ma vie. Ce sentiment de puissance est indescriptible : j’ai créé la vie, je l’ai portée et j’ai enfantée seule de notre fille. Je suis si heureuse d’avoir pu avoir l’accouchement que nous avions souhaité et imaginé. Je suis reconnaissante à l’équipe qui m’a accompagnée jusqu’au sommet et qui a accueilli ma petite fille, à cette équipe qui nous a respectés à partir du moment où nous avons mis un pied aux urgences jusqu’au moment où nous sommes remontés en chambre. Merci à elles. Merci pour elle et merci pour moi. 

Je suis reconnaissante à mon mari de son soutien sans failles et d’être la personne extraordinaire qu’il est. Comme pour tout dans notre vie commune, ce jour-là, il a été mon co-équipier. 

Je souhaite à chacune de vivre une expérience de la sorte. je souhaite à chacune d’être actrice de son enfantement et de ressentir ce super pouvoir. 

***

Quid de la douleur ? 

Non, je n’ai pas enfanté dans la douleur comme le voudrait le saint présage ! J’ai enfanté dans la puissance ! Je ne peux tout simplement pas parler de douleurs ni pour les contractions ni pour les sensations ultérieures jusqu’à la délivrance. Ma préparation à la naissance m’a permise de voir les sensations de la naissance sous un autre jour. Je peux parler de puissance, d’intensité mais surement pas de douleurs. C’était clairement d’une intensité folle. Je n’ai jamais vécu quelque chose de si intense et je n’en vivrai probablement plus jamais. Mais parler de douleur signifierait que j’ai eu mal, que j’ai souffert. Or, il n’en est rien. Je ne peux pas aller jusqu’à parler de sensations agréables, orgasmiques comme on peut le lire dans certains récits de naissance mais il y a toute une palette de sensations entre la douleur et l’orgasme. Je n’ai aucune séquelle psychologique de mon accouchement, que de beaux souvenirs. Merci la vie. 

Petit focus sur l’importance d’une bonne préparation à la naissance

Autant vous dire que je n’ai pas « soufflé mon col », « soufflé mon bébé » comme on peut nous le suggérer dans les préparations ou pendant les séances d’haptonomie et franchement chapeau à celles qui arrivent à se canaliser à ce point. Moi j’avais plus le sentiment d’être une biche qui brâme (je sais que c’est le cerf qui brame mais là en l’occurrence j’étais un hybride entre les deux!) et qui va mettre bas. J’ai laissé mon corps faire ce qu’il savait visiblement faire mieux que quiconque. Je ne peux pas vraiment dire que j’étais connectée à mon bébé. Ce serait faux, j’étais en mission enfantement. Chacune son job : elle s’affairait à sortir nous rejoindre, moi à faciliter sa sortie et à l’aguiller du mieux que je pouvais.  

Mais tout l’intérêt d’une bonne préparation, ce que j’estime que nous avons eu avec la préparation de Karine Quantik Mama et de nos nombreuses lectures (à retrouver ICI), c’est que nous n’avons été surpris par aucune des étapes. Elles étaient toutes identifiées dans nos têtes, tant pour mon mari que pour moi. Le déroulé est unique à chaque enfantement mais l’identification de l’étape est clé pour éviter la panique et la peur. La sensation de se déchirer de partout par exemple est super déconcertante, savoir que c’est une phase normale et que rien ne se déchire en réalité aide à avancer. Idem pour la phase de désespérance et cette impression et ce besoin de crier qu’on va mourir. Savoir que c’est normal et qu’il n’en est rien permet de passer à la phase suivante.

Par ailleurs, comme mentionné plus haut concernant la notion de douleur, la préparation a été la clé de ma perception des sensations de l’enfantement. Déconstruire cette vision douloureuse de l’accouchement et se défaire de cette nécessité d’avoir mal. 

Je ne peux donc que recommander de bien s’entourer et de s’informer au maximum afin d’avoir l’enfantement le plus éclairé possible ! 

11 commentaires sur “Notre récit de naissance (à deux plumes)

  1. Wahou 🤩🤩🤩 quelle puissance ! Quel beau récit, j’en ai des frissons et même temps il donne énormément d’énergie je trouve !
    Félicitations à tous les 3 pour ce travail d’équipe.

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  2. Woaw ! C’est génial ! Très puissant comme écrit, c’est génial d’avoir aussi écrit le point de vue de ton mari ! Très émouvant !
    Merci pour ce récit 🙏😍

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  3. Wahou!! Je retrouve beaucoup d’éléments de mon propre accouchement, notamment les cris haha
    Cette sensation animale, cet abandon total à son instinct, son corps et ses capacités, je n’avais jamais rien expérimenté de tel. Mon 2nd accouchement reste aussi gravé dans ma mémoire et dans ma chair.
    Félicitations !

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  4. Wouahhhh !!! Merci pour ce magnifique témoignage ! J’en ai pleuré ; sûrement car je suis à 8mois de grossesse et j’ai moi aussi décidé de m'(in)former sur l’accouchement et je souhaite de tout coeur vivre cette expérience à fond. Je suis actuellement en train de déconstruire ce qu’on appelle « douleur » et ce genre de témoignage aide beaucoup.
    Merci !

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  5. quel beau témoignage !!! J’en ai versé quelques larmes, c’est si beau :). Je me retrouve totalement dans certains des passages , j’ai accouché il y a un mois et pareil je ne peux que parler de douleur et de ( panique ?) au moment ou je ne maîtrise plus rien.
    J’avoue être admirative de cette belle equipe que vous avez formé avec votre mari, mon seul regret pour cette naissance et de pas avoir réussi à l’embarquer avec moi.

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  6. Quel magnifique double témoignage! J’adore quand une femme arrive à garder ce lien avec son corps et à suivre ce que la nature lui indique, malgré l’intensité du moment et du ressenti! Bravo! Et quoi de mieux que d’être bien accompagnée par un conjoint bien préparé et soutenant! En tant que sage-femme, ce sont des accouchements qui m’émeuvent toujours beaucoup! Je suis alors toujours très fière de la nouvelle maman et des femmes en général 😀
    Bravo à tous les 2 (enfin tous les 3!) et quelle bonne préparation!!

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