Résumé de lecture : Que faire quand bébé pleure ? Vivre avec un bébé aux besoins intenses, du Dr William Sears

Le résumé de lecture du jour porte sur l’ouvrage Que faire quand bébé pleure ? Vivre avec un bébé aux besoins intenses du Dr William Sears. C’est dans cet ouvrage que le Dr Sears et sa femme, Martha, identifient et nomment ces bébés que tout le monde s’accorde à qualifier injustement de difficiles, épuisants, gâtés, maussades. Ce sont, selon eux, simplement des bébés aux besoins intenses.

William Sears est pédiatre et auteur. Il a été professeur agrégé de médecine clinique à l’Université de Californie à Irvine. Lui et sa femme, Martha Sears (infirmière et consultante en allaitement maternel), sont des spécialistes en matière de parentalité et d’éducation. Ensemble, ils ont écrit de nombreux ouvrages sur le sujet (voir ici pour un résumé de lecture de son ouvrage Etre parent la nuit aussi). Ils sont parents de huit enfants dont trois fils médecins.

Chaque bébé vient au monde avec un niveau de besoins qui lui est propre, en fonction de son tempérament particulier et de sa capacité à s’ajuster à son environnement.

Résumé :

Le but de cet ouvrage est de permettre aux parents de bébés exigeants, injustement qualifiés de difficiles, épuisants, capricieux, de voir leurs bébés sous un jour nouveau : il s’agit de bébés aux besoins intenses, des enfants suffisamment intelligents pour demander des soins de première qualité qui leur permettront de réaliser leur plein potentiel.

Il constate rapidement au cours de sa carrière de pédiatre que ce sont des enfants mal compris et que les conseils donnés à leurs mères contredisaient bien souvent leur intuition. Cet ouvrage a donc pour but de porter un regard neuf et juste sur ces bébés au potentiel incroyable mais qui demandent des soins et une réponse à leurs besoins au-delà de la moyenne.

Ce qu’il faut en retenir :

Le premier chapitre dresse le portrait du BABI selon le Dr Sears. Pour un article sur les bébés « aux besoins intenses », c’est ici sur le Blog.

Selon le Dr Sears, plusieurs tempéraments définissent le BABI. Il peut les regrouper tous, ou seulement certains, ou seulement à certains moments.

Le BABI est :

  • hypersensible : un BABI a une conscience aiguë de son environnement et est doté d’une grande sensibilité et facilement dérangé. Il sursaute le jour et se réveille très souvent  la nuit. Il est hypersensible et notamment avec les personnes qui ne lui sont pas familières.
  • intense : il réagit plus intensément que les autres bébés à tout. Toutes leurs émotions semblent exacerbées. Le BABI peut réagir violemment à la séparation d’avec ses parents, notamment parce qu’il leur est très fortement attaché. L’intensité de ses protestations est proportionnelle à l’intensité de l’attachement qui l’unit à ses parents.
  • exigeant : il communique un véritable sentiment d’urgence aux signaux qu’il envoie. Les « alertes rouges » dominent son répertoire de pleurs. Mais ce niveau d’exigence est nécessaire au BABI car c’est ce qui va lui permettre d’obtenir le niveau de soins dont il a besoin pour développer son plein potentiel.
  • un enfant qui a un grand besoin de contact physique, qu’il semble impossible de déposer : le BABI veut toujours les bras (tout en refusant parfois ceux des professionnels, ou des grands-parents, amis…). Il a impérativement besoin des bras, du contact humain pour s’apaiser.
  • toujours actif : un BABI est très énergique, actif et a une activité motrice constante (ce qui est différent de l’hyperactivité).
  • épuisant : un BABI draine toute l’énergie physique, mentale et émotionnelle de ses parents.
  • hypertonique : contrairement à la plupart des bébés, le BABI ne se laisse pas facilement aller dans les bras et est caractérisé par sa raideur musculaire.
  • insatisfait et imprévisible : le BABI accepte difficilement la routine.
  • un bébé ayant un grand besoin de succion pour s’apaiser : le BABI a un besoin de périodes prolongées de succion non nutritive, simplement pour le réconfort, et il mettra du temps à se sevrer.
  • un petit dormeur avec une faculté de réveil exacerbée : il s’agit de bébés super-éveillés qui ne se calment pas aisément. Ils se réveillent fréquemment, dorment peu, font de courtes siestes ou pas de siestes du tout. Un BABI peut réveiller ses parents jusqu’à 10 fois par nuit.
  • un enfant qui supporte difficilement la séparation : souvent le BABI pleure même lorsque sa mère sort de la pièce dans laquelle il se trouve.

Dans le deuxième chapitre, le Dr Sears tente d’expliquer pourquoi le bébé agit ainsi.

Il commence par expliquer qu’un nourrisson vient au monde doté d’un tempérament surtout déterminé par l’hérédité mais également influencé par le milieu utérin. Il faut avoir en tête que l’environnement utérin et la vie foetale sont une période de totale satisfaction pour le bébé, ses besoins sont automatiquement satisfaits, généralement libre de tout stress (sauf exception liée à l’état émotif de la mère) et hautement prévisible.

Et la naissance vient subitement changer le tableau. Désormais, le bébé doit « faire quelque chose » pour que ses besoins soient comblés: il doit agir, avoir des « comportements ».

Et ainsi, si ses besoins sont simples et qu’il peut les satisfaire simplement, on dira que c’est un bébé facile. En revanche, s’il ne s’adapte pas aisément à ce qu’on attend de lui, on dira que c’est un bébé difficile.

Or, plusieurs raisons peuvent justifier les difficultés d’adaptation d’un bébé.

  • Une barrière contre les stimuli négatifs encore immature.

C’est-à-dire qu’il est encore incapable de bloquer les stimuli négatifs aussi facilement que d’autres bébés. Les bébés qui savent se protéger contre un stimuli excessif s’endorment ou savent détourner la tête pour les éviter. Le BABI a besoin d’aide pour gérer cette « surstimulation ». Il a besoin que ses parents lui servent de barrière.

  • La nostalgie de la vie intra-utérine

Il ne parvient pas à atteindre l’état de sérénité que lui procurait le monde intra-utérin et il a besoin de votre intervention afin d’y parvenir.

  • Le concept du niveau des besoins

On qualifie souvent les BABI d’éternels insatisfaits, exigeants. Ils ont des besoins qui vont au-delà de la moyenne attendue. Cela vient souvent du fait qu’ils ont besoin de beaucoup d’attention pour se sentir confortables.

  • Le bébé qui a mal

Il n’y a pas que le cas des coliques, qui sont d’ailleurs, selon le Dr Sears, trop souvent minimisées. Un bébé qui a mal agit comme un BABI.

Ceci étant posé, le Dr Sears insiste sur un point primordial lorsque l’on est en présence d’un BABI : le bébé agit ainsi car c’est son tempérament et non à cause de l’incompétence maternelle. Ce tempérament lui est nécessaire pour réussir à s’adapter à toutes les situations qui se présenteront à lui. C’est souvent un point difficile car évidemment la mère d’un bébé au tempérament facile a tendance à croire que ce tempérament est le reflet de sa propre compétence en tant que mère, qu’elle fait du bon boulot, alors qu’au contraire, la mère du bébé au tempérament plus difficile, alors même qu’elle est tout aussi attentionnée envers son bébé, peut être portée à croire qu’elle n’est pas une bonne mère.

En revanche, bien que rien ne soit de sa faute, la mère joue un rôle essentiel dans l’organisation du comportement de son bébé : c’est à elle de l’aider à s’adapter à son nouvel environnement.

Le Dr Sears insiste ici sur le fait que la mère d’un BABI ne doit en aucun cas faire preuve de rigidité dans les soins qu’elle procure à son bébé. Elle doit être à l’écoute de son bébé, apprendre de lui et non se fier à la science ou à des conseils extérieurs qui lui suggéreraient de s’abstenir de répondre aux besoins de son bébé. Ces conseils sont de manière générale assez peu efficaces et son particulièrement désastreux pour le bébé aux besoins intenses.

La mère est programmée pour répondre immédiatement à son bébé. Lorsqu’elle l’entend pleurer, le sang afflue à ses seins, ce qui déclenche chez elle le réflexe d’éjection du lait lui rappelant de prendre et d’allaiter son bébé. La mère qui suit les conseils l’exhortant à s’abstenir de répondre à son bébé va à l’encontre de son intuition et de ses réflexes biologiques.

Il rappelle ainsi que la mère est biologiquement programmée pour répondre aux besoins de son bébé. Par ailleurs, le bébé qui n’obtient pas de réponses à ses signaux, abandonne, il perd sa motivation à communiquer ses besoins et adopte souvent des habitudes d’autosatisfaction. Il s’attachera alors à des objets plutôt qu’à des personnes. Au contraire, le bébé qui reçoit des réponses à ses signaux, développe l’estime de soi, apprend à faire confiance.

L’auteur souligne que l’enfant qui possède un potentiel intellectuel élevé peut également être doté de traits de tempérament propres au BABI. Et le fait d’ignorer ses indices peut nuire à son développement intellectuel. Le Dr Sears fait ici une analogie avec l’artiste qui s’apprête à peindre : « si quelqu’un lui enlève constamment ses pinceaux, soit il ne finira jamais son oeuvre (c’est-à-dire qu’il n’atteindra jamais son plein potentiel), soit il l’achèvera mais à un rythme beaucoup plus lent et avec beaucoup de stress et de frustrations« . Il rappelle à ce tire que plusieurs études ont confirmé la corrélation entre le développement intellectuel de l’enfant et son environnement.

Le troisième chapitre propose quelques conseils afin d’améliorer le tempérament d’un BABI. Et ici, le Dr Sears part du constat que le comportement des parents les dernières semaines de grossesse ainsi que les premières semaines de vie de bébé peut grandement affecter et pour longtemps le tempérament du bébé. Il rappelle ainsi l’importance d’un environnement intra-utérin calme et donne quelques pistes (pensées positives, chansons appropriées). Puis, il rappelle sa théorie de l’art parental favorisant l’attachement (que vous pouvez retrouver plus en détail dans le résumé de son ouvrage dédié, ici) et explique à quel point cette approche de parentalité est avantageuse tant pour l’enfant que pour ses parents.

L’art parental favorisant l’attachement commence d’abord par une attitude d’ouverture, c’est-à-dire qu’il faut être réceptif aux indices que vous fournit votre enfant et ouvert à ce que vous dicte votre coeur.

Cette approche permet selon lui une plus grande sensibilité des parents, une meilleure intuition, un niveau d’hormones maternelles plus élevé grâce à l’allaitement (prolactine, dite hormone de la persévérance et ocytocine, hormone de la détente et du réflexe d’éjection) et in fine, un bébé moins difficile. Du côté de bébé, il n’a pas à être « difficile » pour obtenir ce dont il a besoin, ou du moins pas longtemps.

Dans le quatrième chapitre, l’auteur propose un guide sur les pleurs de bébé à l’intention des nouvelles mamans : pourquoi bébé pleure-t-il, comment améliorer ses capacités d’écoute, augmenter sa sensibilité et diminuer le besoin de pleurer chez bébé.

« Si seulement mon bébé pouvait parler, je pourrais savoir ce qu’il veut ! » s’exclamait une nouvelle maman. « Votre bébé peut parler, lui ai-je répondu, vous devez simplement apprendre à le comprendre ».

Un des points clé des conseils donnés par le Dr Sears est celui de comprendre que la relation que vous établissez aujourd’hui avec votre bébé sera à la base de votre communication au cours des années à venir.

Alors pourquoi les bébés pleurent-ils ?

Le Dr Sears explique qu’au cours des premiers mois de vie, il existe chez bébé un véritable paradoxe : ses besoins sont à leur maximum, alors que sa capacité de les communiquer est au minimum. Son seul langage : les pleurs. Il nous enseigne dès lors que chaque bébé pleure différemment et que la mère peut distinguer les pleurs de son bébé de ceux des autres bébés quelques heures à peine après la naissance. Ces sons uniques sont appelés « empreintes de pleurs » par les chercheurs. Mais les pleurs ne sont pas que des sons, ils incluent le langage corporels, ils doivent donc être vus et entendus pour être déchiffrés.

L’auteur propose ensuite un glossaire des pleurs : pleurs de douleur, de faim, de colère, de bébé malade, d’ennui, de fatigue.

Il explique ensuite que les pleurs du bébé ont plusieurs caractéristiques :

  1. ils sont avant tout des réflexes : ils sont automatiques
  2. ils sont faciles à produire : ils ne demandent pas beaucoup d’efforts au nourrisson
  3. ils dérangent suffisamment pour alerter et susciter une réponse
  4. mais ne sont toutefois pas assez dérangeants pour que le parent évite d’entrer en relation avec bébé.

Le Dr Sears insiste sur le fait que les pleurs sont un signal. C’est donc plus qu’un simple son et cela signifie que ce signal a une signification.

Dès votre première rencontre avec votre bébé, considérez ses pleurs comme un signal précieux et non comme une mauvaise habitude à briser. Les pleurs de votre bébé sont un langage à écouter, à ajuster et auquel il faut répondre.

Et ce sont les réponses de la mère qui enseignent au bébé que ses signaux ont une signification. Et c’est ainsi que l’on atténue les pleurs de bébé : en y répondant ! Et non l’inverse. Bébé découvre qu’il n’a pas à pleurer fort et désespérément pour obtenir ce dont il a besoin. Il apprend qu’il peut compter sur ses parents pour le nourrir et le réconforter.

Le Dr Sears fait ici une parenthèse toujours bienvenue sur les effets néfastes des méthodes de « laisser pleurer » (vous pouvez retrouver un article du blog sur le sujet, ici). Il rappelle que la recherche a désormais (depuis les années 80 même en fait..) démontrée les effets néfastes de ces méthodes et qu’il ne s’agit plus de simples suppositions. Elles sont absolument à proscrire. Il rappelle à juste titre qu’on confond trop souvent discipline et contrôle et que la véritable discipline aide l’enfant à apprendre la maîtrise de soi. Or, l’ignorance des pleurs par les parents apprennent à l’enfant l’inverse, à ne plus se faire confiance et à se méfier des autres.

Même le coeur du bébé pleure pour être réconforté. Les pleurs sont aussi bons pour les poumons que la saignée l’est pour les veines.

Enfin, il faut toujours avoir en tête que les pleurs de bébé et le désir de la mère d’y répondre est un système de communication unique, conçu pour assurer la survie de l’enfant et la formation du parent. Ainsi, la mère qui se retient de répondre à son bébé devient insensible à ses besoins. Bref, on ne laisse pas pleurer son bébé intentionnellement.

Les pleurs existent pour être apaisés. Ils devraient déranger suffisamment pour susciter un comportement d’attachement ou de réconfort, mais pas assez pour rebuter ceux qui les entendent.

Toutefois, le Dr Sears explique que pour les parents de BABI, les pleurs incessants peuvent finir par avoir un effet négatif, un ras-le-bol. La mère peut ressentir une grande colère. Colère contre son bébé parce qu’il est si difficile, colère contre elle-même parce qu’elle se sent incapable de le réconforter, et être encore plus en colère contre elle-même car elle est en colère contre son bébé. Et il insiste sur le fait qu’il est important d’admettre sa colère et d’en parler afin de parvenir à transformer de nouveau les pleurs en un signal positif.

Le cinquième chapitre propose des conseils pour s’occuper du bébé qui souffre de coliques. Le Dr Sears explique ici qu’un BABI ne souffre pas forcément de coliques mais qu’un bébé qui souffre de coliques est souvent un BABI.

Le bébé qui souffre de coliques a mal, ses pleurs sont d’origine physique. Toutefois, le Dr Sears précise que la réponse des parents que les pleurs soient d’origine physique ou non, le plus important est d’y répondre.

La plupart des études prétendent qu’environ 12 à 16% des bébés connaîtraient des épisodes de coliques au cours des premiers 6 mois.

Les coliques ne sont pas une maladie mais un syndrome, c’est-à-dire un ensemble de symptômes. Il s’agit de douleurs physiques intenses. bébé replie ses jambes sur son abdomen tendu et serre les poings. Ses pleurs sont paroxystiques, c’est-à-dire qu’ils se manifestent en explosions brusques et imprévisibles.

Attention, bien qu’on ne sache pas s’où proviennent exactement les coliques, il faut être attentif aux signaux de bébé car les prétendues coliques peuvent cacher d’autres maux tels que les reflux gatro-oesophagien (RGO), une intolérance alimentaire (parmi lesquelles l’intolérance aux protéines de lait de vache), une infection urinaire ou encore une otite.

Le Dr Sears nous indique que les coliques se réveillent le plus souvent en soirée, et il faut se tenir prêt pour être disponible au moment où bébé en manifeste le besoin. Il nous indique également que les coliques commencent vers l’âge de 2 semaines, atteignent un sommet entre 6 et 8 semaines et disparaissent habituellement vers l’âge de 3 ou 4 mois.

Enfin, le chapitre se termine sur des conseils pour calmer les épisodes de colique (danse, relaxation abdominale).

Le sixième chapitre est le plus attendu. Le Dr Sears y donne des conseils pour apaiser le bébé qui pleure. Il explique que le principe fondamental pour apaiser bébé est de recourir à des activités lui rappelant sa vie intra-utérine.

Ainsi, toutes les méthodes d’apaisement ont pour but d’imiter le confort que le foetus a été programmé à attendre de son environnement.

Ces conseils sont les suivants:

  • Bouger en harmonie avec bébé
  • Portez bébé
  • Contact physique : bain avec bébé, massage, peau à peau
  • Sons apaisants : bruits blancs

Le septième chapitre fait un tour d’horizon de l’alimentation du bébé aux besoins intenses et rappelle que pour ces bébés, l’allaitement est un atout majeur encore plus que pour les autres. D’une part, il offre d’avantage de contact au bébé. D’autre part, du côté de la mère, l’allaitement augmente le taux de prolactine qui est, selon le Dr Sears, l’hormone de la persévérance et lui fournit un surcroît d’énergie pendant les périodes éprouvantes.

Il revient ensuite sur toutes les raisons liées à l’allaitement qui peuvent pousser un bébé à être « difficile » et notamment un déséquilibre entre le lait de début et de fin de tétée, une suralimentation, le fait d’avaler de l’air au sein.

Il rappelle également l’existence des allergies, intolérances et la possibilité que bébé soit incommodé par des aliments ingérés par la mère.

Focus : le sevrage d’un BABI

Le Dr Sears nous informe que non seulement les BABI ont de très grands besoins, mais leurs besoins durent également plus longtemps. Selon lui, un enfant sevré avant qu’il n’y soit prêt court des risques élevés de développer ce qu’il appelle des « maladies du sevrage prématuré » : la colère, l’agressivité, des sautes d’humeur, ainsi qu’un sentiment de mal-être.

Il conseille ainsi aux mères de bébés aux besoins intenses d’envisager l’allaitement comme une relation s’échelonnant sur des années et non sur des mois et de se rappeler que le sevrage signifie que l’enfant passe d’une étape de son développement à une autre.

Le huitième chapitre traite du rôle du père. Le Dr Sears est formel, on ne survit à un BABI qu’avec la participation et le soutien indéfectible du père !

Ensuite, il nous propose un conseil plein de bon sens mais qu’il convient de rappeler. Les bébés sont faits pour prendre et quelqu’un doit leur donner. C’est « naturellement » le rôle de la mère. « Naturellement » car le bébé est plus habitué à elle (ils ont grandi ensemble au cours des 9 derniers mois) et l’organisme de la mère est programmé, au point de vue biologique et hormonal, pour être sensible aux besoins de son bébé. 

Mais qui comble les besoins de la mère ?

C’est au père de fournir l’ingrédient manquant. 

Ainsi le père a plein d’autres façon d’aider : aide à la maison, prendre soin de la mère, prendre la relève avec bébé pendant les périodes difficiles. Mon mari appelle cela le « back-office ».

Le chapitre 9 fait un focus sur le sommeil du BABI et c’est un point difficile car là où le BABI a besoin de tout en plus grande quantité, le sommeil y fait dérogation !!

Le Dr Sears souligne ici que c’est la conscience que le BABI a de son environnement qui fait que son sommeil en est perturbé. Il rappelle également que la barrière contre les stimuli des BABI est plus immature et son seuil sensoriel plus bas. De même, son sommeil met plus de temps a atteindre sa maturité. Il a des périodes de sommeil léger plus longues et plus fréquentes (sur le sommeil de bébé, voir l’article dédié ici). Il rappelle ici que dans le kit de survie il y a évidemment l’allaitement et le cododo.

Le dixième chapitre traite de l’épuisement maternel et comment l’éviter et rappelle que la cause la plus fréquente de celui-ci est la non-participation du père.

Le chapitre 11 fait un focus sur la discipline de l’enfant aux besoins intenses et explique les difficultés auxquelles peuvent être confrontés les parents. Le Dr Sears est optimiste et considère que la discipline de l’enfant aux besoins intenses doit être prise différemment : on verbalise, on réoriente. Ces enfants n’ont pas le contrôle de soi requis pour gérer des émotions fortes. On l’accompagne, on lui donne des outils pour apprendre doucement à se contrôler. On ne punit pas l’enfant aux besoins intenses, on ne le menace pas. Cela n’est pas bénéfique avec les enfants de manière générale, encore moins avec un BABI car on ne lui donne aucun outil afin d’apprendre à gérer ses émotions plus tard.

Et enfin, le dernier chapitre traite des dividendes tant attendues lorsque l’on est parent de BABI. Selon le Dr Sears, les parents qui répondent aux besoins de leurs enfants sans restriction retirent bien des avantages à moyen et long terme. Leur enfant bénéficie d’un meilleur développement, il ne gaspille pas son énergie à surmonter son propre stress. Le BABI devient un enfant généreux.

Le bébé aux besoins intenses qui vit avec des parents généreux devient un enfant généreux. L’enfant qui prend beaucoup devient plus tard quelqu’un qui donne, car il a été habitué au don de soi.

Ce sont des enfants dotés d’une grande sensibilité, bien dans leur peau. Ils ont confiance en eux et dans les autres. Et ont une bonne estime d’eux-même.

Le bébé aux besoins intenses qui grandit dans un environnement où ses parents sont sensibles à ses besoins devient un enfant plus sensible aux besoins des autres enfants.

Ainsi, le bébé imprévisible, insatiable et insatisfait devient graduellement un enfant stimulant, intéressant, curieux, éveillé, confiant et brillant.

  • Conclusion

Encore un bon ouvrage de l’équipe Sears. Que l’on soit d’accord ou non avec le terme et « l’étiquette » BABI, il permet de relativiser la situation lorsque l’on est parents d’un bébé ou enfant dont les besoins nous semblent intenses et de se réconforter. Bien qu’il pose une étiquette et fabrique une case pour ces enfants qu’il qualifie de BABI, le Dr Sears en dépeint une vision très positive : mon bébé est un bébé aux besoins intenses, ce n’est pas une fatalité. Je ne suis pas un mauvais parent, c’est son tempérament. Je dois maintenant essayer de répondre au mieux à ses besoins et l’aider à s’adapter à son rythme à son nouvel environnement. Plus tard, je devrais l’aider à trouver les outils afin de gérer ses émotions. Ensemble, nous y parviendront et mon enfant deviendra un enfant confiant et brillant.

A mon sens, ce livre a un point négatif, il ne s’interroge que sur une origine « physique » ou « fonctionnelle » des besoins et non pas sur une origine émotionnelle. Selon le Dr Sears, le parent n’y est pour rien dans les besoins intenses de son enfant. Je suis un peu plus mitigée quant à cette conclusion pas parce que je pense que les parents sont fautifs des besoins de leur enfant, non, mais plutôt car les enfants sont des éponges émotionnelles ainsi que des miroirs émotionnels et que de facto, leurs émotions sont le reflet de nos propres émotions. Ainsi, bien souvent, la cause de leurs émotions sont à chercher du côté des émotions des parents sans pour autant considérer le parent comme fautif. Je n’ai pas encore abouti ma réflexion sur ce sujet mais il reste qu’à mon sens, cet ouvrage s’autorise un peu trop librement des raccourcis sur un sujet complexe qui implique plus qu’une simple compréhension et acceptation de la situation.

 

Que_faire_quand_bebe_pleure_500x0

Prix : 20 euros

4 commentaires

  1. Merci tellement pour cette belle lecture, je retrouve mon bébé et moi dans cet ouvrage! Cela m‘aide a comprendre mieux le comportement de Noah! Merci milles fois! ❤️❤️

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  2. merci pour ce récit, il est très bien construit et m’a aidé à comprendre bien des choses sur notre fille ! C’est rassurants de mettre des mots sur les maux 🙂 Maintenant, je me demande si mon mari et moi n’étions pas des BABI également, à bien lire ton résumé, on s’est également retrouvé enfants dans ce qui est décrit ! j’ai voulu acheté le livre sur le site de la LLL mais il n’y ai plus ! Je ne l’ai pas trouvé non plus sur decitre 😦 est-ce que tu aurais le numéro ISBN du livre pour que j’essaie de le commander en appelant ma librairie?

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