Résumé de lecture : Un sommeil paisible et sans pleurs, Elizabeth Pantley

Le résumé du jour porte sur l’ouvrage Un sommeil paisible et sans pleurs d’Elizabeth Pantley.

Elizabeth Pantley est spécialiste des questions familiales et éducatives et coach parentale. Elle est mère de 4 enfants, dont 2 ont été de très mauvais dormeurs. Dans son ouvrage elle propose une nouvelle approche basée sur l’observation du rythme du sommeil de son enfant pour mieux l’aider à s’endormir en trouvant des solutions adaptées.

Elle a le privilège d’une préface écrite par le Dr Sears himself (pour un résumé de lecture de son ouvrage sur le sommeil, c’est ici) ce qui normalement devrait être un gage de qualité quant au contenu de son ouvrage.

Voyons donc ce qu’il en est.

Résumé :

L’originalité de l’ouvrage d’Elisabeth Pantley réside dans son approche « pratique ». En effet, l’auteur invite son lecteur à établir un plan personnalisé de sommeil pour son enfant à partir d’une diversité d’idées et de suggestions. Ce côté pratique est complété tout au long du récit de témoignages de « mères témoins » ayant testé la méthode Pantley.

Elle s’adresse principalement aux mères épuisées et excédées par le manque de sommeil et se défend de proposer une solution miracle. Sa solution de « sommeil sans pleurs » est un programme en 10 étapes pour amener bébé à faire ses nuits. Ces 10 étapes peuvent être résumées en 4 grandes phases : la phase d’observation, l’analyse de la situation actuelle, l’élaboration du plan et la mise en pratique de celui-ci.

Ce qu’il faut en retenir :

L’auteur commence par raconter son histoire personnelle. Mère de 4 enfants, elle a connu des difficultés de sommeils avec plusieurs d’entre eux si bien qu’elle en était arrivée à essayer la méthode du « laisser pleurer ». Elle raconte alors à quel point ce fut difficile pour sa fille et conclut sur cette méthode «  J’étais convaincue qu’il s’agissait d’un façon simpliste et dure de traiter un être humain, de traiter un si précieux petit être. Laisser un bébé dans la douleur et la peur jusqu’à ce qu’il se résigne lui-même au sommeil est cruel et, pour moi, impensable. ».

Elle rappelle les conséquences physiques et psychologiques d’une telle méthode (notamment l’augmentation du taux de cortisol, hormone du stress) et fustigent les promoteurs de ces méthodes cruelles et simplistes.

Le panel des « mères témoins »

Comme énoncé plus haut, l’auteur a fait tester sa méthode sur un panel de 60 mères témoins. Au démarrage de la méthode, aucun des bébés ne « faisait ses nuits » au sens médical du terme, c’est-à-dire n’enchaînait 5 heures consécutives de sommeil. Après application de la méthode :

  • Le 10e jour, 42% des bébés faisaient leur nuit
  • Le 20e jour, 53%
  • Le 60e jour (au bout de 2 mois donc), 92% faisaient leur nuit !

N’oubliez pas que l’incapacité apparente de votre bébé à se rendormir tout seul n’est pas de sa faute […] Votre objectif est de l’aider à se sentir aimé et en sécurité tout en l’amenant à trouver des façons de s’endormir sans vous.

La méthode Pantley

La première partie de l’ouvrage développe les 10 étapes pour aider bébé à dormir toute la nuit :

1) Première étape : le contrôle de sécurité

L’auteur fait un rappel général des règles de sécurité applicables au sommeil des tout-petits. Elle rappelle ces règles pour les lits à barreaux mais également les règles de sécurité relatives au cododo.

2) Deuxième étape : Les faits de base concernant le sommeil

Dans cette partie, l’auteur effectue un rappel sur les cycles de sommeil et insiste sur le caractère évolutif du sommeil. Elle rappelle ainsi que les cycles de sommeil des bébés sont différents de ceux d’un adulte. Ainsi, les leurs sont plus courts et plus nombreux (ce qui explique que les tout-petits se réveillent fréquemment).

Elle rappelle ainsi l’importance de ces réveils fréquents pour le développement physique et la croissance du cerveau du nourrisson mais également l’instinct de survie qui habite les jeunes enfants.

L’auteur insiste ensuite sur le fait que les bébés ne savent pas comment se rendormir et ont besoin d’être accompagnés dans cette tâche.

Le problème réside dans notre perception de la manière dont un bébé devrait dormir, de même que dans notre propre besoin d’une nuit de sommeil ininterrompu.

L’auteur intègre dans son explication un tableau intéressant sur la moyenne des heures de sommeil diurne et nocturne des enfants.

img_1312

En observant ce tableau on se rend vite compte que notre enfant ne souffre d’aucun trouble du sommeil et dort de manière tout à fait satisfaisante.

Si je prends comme exemple le cas de Bébé Nova, à 12 mois elle faisait 2 siestes par jour d’une heure environ et dormait de 23h à 9h, soit 12 heures de sommeil consécutif en moyenne. A 18 mois, elle faisait une sieste de 2 à 3 heures la journée et dormait de 21h30 à 8h30, soit 13 heures de sommeil consécutif en moyenne. Si l’on se réfère au tableau, elle est pile dans la moyenne qui se situe entre 13 et 14h pour un enfant de 12 à 24 mois. A 24 mois, elle fait une sieste de 1h30 à 2h et dort de 22h à 8h30 environ, soit 12h en moyenne, là où la moyenne à 2 ans est de 13 heures dans le tableau !

Ma fille, qui a ce qu’on appelle communément un « sommeil difficile », est en fait tout à fait dans la moyenne des bons dormeurs.

L’auteur se penche ensuite sur l’allaitement et les réveils nocturnes. Elle précise à ce titre que les spécialistes s’accordent pour dire que les bébés ont besoin de 1 à 2 allaitements par nuit jusqu’à l’âge de 9 mois. Ceci est validé par le Dr Sears qui affirme même qu’un enfant de 18 mois peut avoir besoin d’être nourri avant de s’endormir pour apaiser sa faim.

Focus sur les « attentes réalistes » !

On considère qu’un enfant « fait ses nuits » quand il dort 5 heures consécutives.

Pas 8, 10 ou 12, mais bien 5 heures ! Alors si vous couchez votre bébé à 19h et qu’à minuit il fait la bamboula, ne lui en voulez pas, il a déjà fait sa nuit !

L’auteur cite enfin le Dr Dement, expert mondial sur les questions et les problèmes relatifs au sommeil et au manque de sommeil, qui nous apprend qu’aucune expérience scientifique n’a été menée sur la meilleure façon d’entraîner un nourrisson à dormir. Selon lui, seul l’établissement d’une routine et la création d’associations et de signaux positifs pour annoncer l’heure du coucher favorisent le sommeil de bébé.

3) Troisième étape : Les fiches de sommeil

Après les deux premières parties théoriques sur les bases du sommeil et les consignes de sécurité, cette 3e partie entre dans le vif de la méthode Pantley. Cette étape consiste à obtenir une image précise de la structure de sommeil actuelle de bébé.

Il s’agit ainsi de remplir 3 fiches : l’un concerne les siestes de bébé, l’autre le rituel du coucher et la dernière, les réveils nocturnes.

Une fois les fiches remplies, l’auteur propose une série de questions sur le sommeil de votre enfant permettant de finaliser votre cas de base et d’analyser vos attentes avant de passer, dans la quatrième étape, aux choix des solutions adaptées.

4) Quatrième étape : L’étude et le choix de solutions

C’est l’étape qui consiste à créer le plan de sommeil personnalisé de bébé (application de la méthode Pantley).

L’auteur va proposer une liste d’idée dans laquelle vous devrez piocher afin d’établir votre plan. Elle insiste sur le fait que vous devrez choisir les solutions qui vous conviennent le plus, les suivre et effectivement les respecter pour que la méthode soit efficace.

E. Pantley propose 2 sections d’idées : celles qui s’appliquent au nouveau-né plus spécifiquement et celles qui s’appliquent aux bébés de plus de 4 mois. Et pour chaque idée, il est indiqué si elle s’applique seulement ou cumulativement aux bébés allaités, nourris au biberon, dormant dans un lit à barreaux, dormant en cododo et/ou utilisant une tétine.

Ce que j’apprécie dans la démarche d’E. Pantley, c’est son approche « informative ». Elle énonce ainsi dans son ouvrage :

Plus vous possédez de connaissances, moins il est probable que les autres vous amènent à douter de vos habiletés comme parent.

et

Votre meilleure défense est la connaissance.

Voyons maintenant les idées proposées par l’ouvrage.

  • Les idées spécifiques aux nouveau-nés

Dans cette section, l’auteur commence par rappeler que les nouveau-nés ont un tout petit estomac, qu’ils croissent très vite et qu’ils digèrent très vite les aliments liquides qu’ils ingèrent. Elle rappelle également que le nouveau-né connaît des poussées de croissance (les fameux pics de croissance) qui auront des répercutions tant sur l’allaitement diurne que nocturne, et de facto sur les réveils de bébé.

Elle rappelle également que pour un nouveau-né, comme nous l’avons déjà mentionné, une nuit de 5 heures est une nuit complète !

Elle conseille ensuite aux parents de coucher bébé dans son lit en énonçant que bébé est intelligent est qu’il veut aller là où il se sent bien, c’est-à-dire dans vos bras et qu’il ne faut dès lors pas l’habituer.

J’ai sauté au plafond quand j’ai lu ces lignes, et j’ai griffonné la page du livre (de colère !!).

Mais quelques paragraphes plus loin, l’auteur nous avoue que c’est un conseil qu’elle n’a elle-même jamais respecté pour ses 4 enfants. Elle conseille donc finalement de poser bébé dans son lit lorsque cela est possible, si on le peut.

Son second conseil ne me plait pas non plus davantage, il s’agit d’essayer d’apprendre à bébé de s’endormir sans téter, sans rien dans la bouche.

Mais la démarche du livre est bien de piocher dans les solutions qui conviennent au lecteur, l’auteur se doit donc de proposer un panel de solutions les plus larges possibles.

De façon générale, j’ai été gênée par les solutions proposées pour les nouveau-nés, tels que « couvrir les bruits de la maison par des bruits blancs », « essayer de ne pas laisser votre bébé dormir trop longtemps quand il fait une sieste », si la sieste dure trop longtemps « réveillez doucement votre bébé et encouragez-le à rester éveillé et à jouer », pour réveiller bébé quand il est temps de manger « langez le bébé ou essuyez-lui le visage avec une débarbouillette mouillée » (VEO au secours !!), toujours pour le réveiller « faites bouger les bras et les jambes du bébé en un mouvement tout en douceur » (VEO au secours bis !!), « tenez bébé en position debout et chantez-lui une chanson ».

Que l’on soit fatigué lorsqu’on a un nouveau-né à la maison, je conçois très bien. Que l’on souhaite dormir, se reposer, je conçois très bien aussi. Que l’on souhaite trouver des solutions, je comprends. Mais qu’on le fasse sans respecter le fait qu’un nouveau-né, au même titre qu’un enfant, est une personne, je ne conçois pas. Et la plupart des conseils prodigués dans cette section ne considère pas le nouveau-né comme une personne et font primer le besoin de sommeil de la mère sur le bien-être du nourrisson.

Gardons à l’esprit que l’homme naît « inachevé ». Les scientifiques appellent d’ailleurs les mois qui suivent la naissance une grossesse ex utero, un « quatrième trimestre » en ce que dans les 3-4 mois qui suivent la naissance, l’enfant parfait ses organes. Ajoutez à cela, l’adaptation du nourrisson à son nouvel environnement, vous conviendrez aisément que de lui infliger ce type de solutions qui répondent à un besoin égoïste de sommeil relève d’un acte de violence à son égard…

  • Les idées pour les bébés de plus de 4 mois

En introduction de cette partie, E. Pantley pose une question très juste : au plus profond de votre cœur, votre bébé qui s’éveille et vos façons d’y réagir vous dérangent-ils vraiment ? Le problème réside-t-il plutôt dans la perception des gens de votre entourage ?

Car en effet, dans beaucoup de situation, le problème ce sont les Autres. Ces Autres qui considèrent que VOTRE bébé devrait faire ses nuits, ces Autres qui considèrent que VOTRE bébé ne devrait plus téter la nuit, ces Autres qui considèrent que VOTRE bébé se réveille trop fréquemment et que VOUS ne devriez plus subir cela.

L’auteur précise à cet égard que « la société actuelle nous amène à croire que les « bébés normaux » font leurs nuits à peu près à partir de deux mois. Mes recherches indiquent qu’il s’agit plus d’une exception que d’une règle. »

Elle réitère ensuite la nécessité de se fixer un objectif raisonnable et réaliste et propose ainsi son panel de solutions : nourrir davantage bébé le jour, mettre en place un rituel pour le coucher, agir sur l’heure du coucher, rituel des siestes, apprendre à bébé à s’endormir seul, introduire des mots clés introduisant l’heure du coucher, créer un lit familial dans sa chambre, faire dormir bébé avec ses frères et sœurs,

Ce qui ne m’a pas plus dans les idées proposées : forte recommandation d’amener bébé à s’attacher à un objet, technique de retirer le sein ou la tétine et d’appuyer sur la mâchoire de bébé pour la ferme le temps que l’envie de succion passe, transporter un bébé qui dort d’un lieu à un autre (surprise garantie au réveil…), promettre une récompense à l’enfant qui accepte de dormir seul.

La clé des solutions proposées et le succès de la méthode résident dans la réalisation graduelle et la flexibilité par rapport aux réactions de votre enfant.

A la suite de la lecture du panel d’idées, vous devez avoir noté celles que vous souhaitez mettre en œuvre.

5) Cinquième étape : Votre plan de sommeil personnel

Il s’agit ici de mettre de l’ordre dans votre plan et de démarrer la méthode.

Dans cette partie, l’auteur propose une sorte de formulaire qui permet de mettre de l’ordre dans les idées et de personnaliser un plan de sommeil.

6) Sixième étape : La mise en application du plan de sommeil personnel pendant 10 jours

7) Septième étape : La rédaction de fiches de sommeil après 10 jours

Cette étape est importante puisqu’elle permettra ensuite d’apprécier la différence avec les fiches de sommeil de départ.

8) Huitième étape : l’analyse de succès et la révision si besoin

Il s’agit ici d’analyser vos efforts.

Cette partie contient également une liste de problèmes médicaux ou de croissance (dentition, angoisse de la séparation, rhume, fièvre, vaccin, gaz, coliques, otite, etc) qui permettent d’expliquer pourquoi vous vous confrontez à un échec de la méthode.

9) Neuvième étape : La mise en application du plan de sommeil personnel pendant 10 jours supplémentaires

10) Dixième étape : La rédaction de fiches, l’analyse de succès et la révision tous les 10 jours au besoin.

La seconde partie, beaucoup plus courte, se concentre quant à elle sur les mères.

  • Conclusion :

Le point positif de cette méthode : l’objectif zéros pleurs.

L’auteur souhaite vraiment aider ses lecteurs à atteindre leur objectif de sommeil sans que bébé n’ait à pleurer (d’où le nom de sa méthode). Toutefois, il est à noter qu’elle propose tout de même une méthode aménagée de la méthode du « laisser pleurer » dans les cas extrêmes dans lesquels aucune des solutions proposées n’aurait fonctionné et que les parents demeurent toujours épuisés.

La méthode repose donc sur un panel de solutions dans lesquelles le parent désemparé peut piocher afin de mettre en place un plan de sommeil personnalisé pour son bébé.

Pour être tout à fait franche, je ne trouve pas sa méthode révolutionnaire contrairement à ce que j’ai pu lire comme avis sur le bouquin avant de l’acheter. Elle fustige les marchands de sommeils qui proposent des solutions miracles mais son ouvrage n’est pour moi pas une nouveauté et sans proposer une méthode miracle, elle propose beaucoup de solutions qui relèvent du bon sens. Alors je trouve qu’elle capitalise un peu, comme les marchands de sommeil, sur le volet « désemparé » du parent…

Alors oui, elle réunit dans un même ouvrage quasiment toutes les solutions bienveillantes et raisonnables (permettant un changement sans pleurs) mais finalement, l’intérêt de son ouvrage, et sa seule originalité, est qu’il propose une « assistance ». Et le fait de guider le parent par les fiches, les formulaires et leur application garanti forcément un meilleur succès de la méthode que de laisser les parents mettre en oeuvre une méthode sans suivi.

Le parent désemparé a besoin d’une lumière dans la nuit, et c’est ce que propose cet ouvrage.

Et en effet, le fait de faire une fiche du sommeil actuel de bébé et d’en réaliser une après avoir fait des changements/efforts, permet certainement d’apprécier plus clairement les changements.

Ainsi si elle ne propose pas une méthode révolutionnaire, il faut également lui concéder qu’elle ne vend pas non plus du rêve puisqu’elle énonce dès l’introduction et jusqu’au bout de son ouvrage que celui-ci n’a pas pour but de proposer une méthode miracle court-termiste. Seulement, à mesure que le parent rencontre des difficultés dans la mise en place de la méthode, la bienveillance des solutions de départ laisse place à des solutions proches de ce que proposent les méthodes de dressage du sommeil.

Par ailleurs, elle propose tout de même une méthode, et cela va, à mon sens, à l’encontre de la réalité qui est que le sommeil est une acquisition qui se fait par étapes et graduellement et sur lequel les parents ne devraient pas avoir à intervenir, comme le développe fort bien le Dr Jové dans son ouvrage (à retrouver ici).

IHOhEg7NW3U28ykSi6bHTo8yKUg

Prix : 21 euros

Un commentaire

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s