allaitement

C’est quoi au juste les recommandations de l’OMS concernant l’allaitement ?

On parle souvent des recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en matière d’allaitement et on lit souvent beaucoup de choses; certaines correctes d’autres désuètes, ou dans le pire des cas, fausses.

T’es lourde, on sait que l’OMS recommande un allaitement pendant 6 mois…C’est écrit partout…!

Vrai et Faux, l’OMS recommande un allaitement long d’au moins 2 ans. Les 6 mois ne concernent que la période d’allaitement exclusif avant l’introduction d’une alimentation solide.

Alors je vous propose de faire le point sur ce que recommande réellement l’OMS, aujourd’hui, en matière d’allaitement.

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  • Qu’est ce que l’OMS ?

Pour commencer, savez-vous ce qu’est exactement l’OMS ?

Mais si, tu sais, c’est l’organisation mondiale de la santé ! 

Oui, mais encore ?

Alors pour commencer, je vous propose un peu d’histoire…

Lorsqu’en 1945, la Conférence des Nations Unies pour l’organisation internationale se réunit à San Francisco (celle-là même qui a créé l’ONU), on ne prévoyait pas d’inclure la santé parmi les domaines d’activités définis par la Charte des Nations Unies. Mais, sur proposition de la délégation du Brésil, on finit par y inclure des dispositions à ce sujet et on admet l’idée de convoquer une conférence pour l’établissement d’une organisation internationale de la santé.

Au cours du mois de février 1946, le Conseil économique et social de l’ONU constitua dans ce but une commission technique préparatoire, composée d’experts de 16 pays (8 européens, 5 américains, 2 asiatiques et 1 africain) et c’est le 19 juin 1946 que se tint à New York la Conférence internationale de la Santé en présence de 5 Etats membres de l’ONU, 16 Etats non membres invités en qualité d’observateurs, les autorités de contrôle pour l’Allemagne, la Corée et le Japon et plusieurs organisations internationales qui avaient envoyé des représentants.

En un mois, elle acheva sa tâche principale : élaborer la Constitution de l’OMS.

La Constitution de l’OMS est signée le 22 juillet 1946 à New York et entre en vigueur le 7 avril 1948, lorsque le 26e des 61 Etats Membres signataires la ratifia. La Journée mondiale de la Santé est ainsi célébrée chaque année le 7 avril.

La Première Assemblée mondiale de la Santé (AMS) se réunit à Genève, au Palais des Nations, le 24 juin 1948.

Le but de l’OMS sera ainsi d’« amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible ». Cet objectif sera reprécisé dans les années 70 avec « la Stratégie de la Santé pour Tous d’ici l’An 2000 ».

Néanmoins, force est de constater que cet objectif est quelque peu utopique, en raison des ressources limitées de l’OMS par rapport aux immenses besoins de santé des pays en développement et des pays industrialisés.

Cet objectif pose également la question du rôle de l’OMS par rapport aux responsabilités des gouvernements pour la santé de leurs populations. En effet, en tant qu’organisation intergouvernementale, l’OMS est soumise aux décisions et instructions des Etats Membres réunis dans l’AMS et du Conseil exécutif. Ainsi, son autonomie est limitée car son rôle d’« autorité directrice et coordinatrice » ne peut être imposé aux Etats Membres. Son autorité et l’étendue de son action dépendent de la volonté politique des Etats Membres de lui accorder son domaine propre et les ressources nécessaires.

Et ainsi, l’OMS n’échappe pas à la contradiction fondamentale qui confronte toutes les organisations intergouvernementales : leur mandat, leurs ambitions, leurs déclarations, leurs programmes ont une portée internationale, mais la mise en œuvre de ces programmes ne peut être que nationale. Nationale car l’OMS agit toujours en accord avec les gouvernements et sur mandat de ceux-ci. C’est la volonté et la capacité des Etats Membres de l’OMS qui décide en dernier ressort du succès ou de l’échec d’un programme.

Néanmoins, la création de l’OMS a marqué une étape décisive dans l’appréhension des problèmes sanitaires internationaux et ainsi même s’il est aujourd’hui clair que les principaux Etats Membres de l’OMS n’ont pas l’intention de transformer l’OMS en « Ministère de la Santé » mondial, pas plus qu’ils ne désirent créer un « gouvernement mondial », l’OMS a, sans aucun doute, un rôle important à jouer.

Maintenant que l’on en sait un peu plus sur l’OMS, voyons quelles sont ses recommandations en matière d’allaitement !

  • Quelles recommandations en matière d’allaitement ?

A titre introductif, l’OMS rappelle que le lait maternel est le premier aliment naturel pour les nourrissons: il fournit toute l’énergie et les nutriments qu’il faut à l’enfant pendant les 6 premiers mois de vie et continue de couvrir la moitié ou plus de ses besoins nutritionnels pendant le second semestre de vie, et jusqu’à un tiers de ceux-ci pendant la 2e année.

Pour permettre aux mères de démarrer et de maintenir l’allaitement exclusif au sein pendant 6 mois, l’OMS et l’UNICEF recommandent:

  • le commencement de l’allaitement dès la première heure qui suit la naissance;
  • l’allaitement exclusif au sein – c’est-à-dire que le nourrisson n’absorbe que du lait maternel et aucune autre nourriture ou boisson, pas même de l’eau;
  • l’allaitement à la demande – c’est-à-dire aussi souvent que l’enfant le réclame, jour et nuit;
  • pas de biberons, de tétines ou de sucettes.
  • La durée de l’allaitement

L’état de la recherche et des expertises sont aujourd’hui unanimes, pour que sa croissance, son développement et sa santé soient optimaux, le nourrisson doit être exclusivement nourri au sein pendant les 6 premiers mois de vie. L’OMS indique même qu’il s’agit là d’une recommandation de santé publique de portée mondiale.

Conformément aux conclusions et recommandations de la consultation d’experts (Genève, 28-30 mars 2001) ayant couronné l’examen systématique de la durée optimale de l’allaitement exclusif au sein (voir le document A54/INF.DOC./4 (pdf, 24kb)). Voir aussi la résolution WHA54.2 (pdf, 40kb).

La consultation d’experts recommande ainsi l’alimentation au sein exclusive pendant 6 mois puis l’introduction d’aliments complémentaires et la poursuite de l’allaitement. Cette recommandation vaut pour des populations dans leur ensemble.

« L’allaitement au sein exclusif » signifie que le nourrisson ne reçoit pas d’autre aliment ou boisson que le lait maternel – pas même de l’eau – pendant les 6 premiers mois de vie, à l’exception des solutions de réhydratation orale, ou des gouttes/sirops de vitamines, minéraux ou médicaments.

L’OMS rappelle également que l’allaitement maternel exclusif depuis la naissance est possible sauf dans quelques situations médicales (cas rares), et l’allaitement exclusif sans restriction conduit à une production tout à fait suffisante de lait maternel.

  • L’introduction d’une alimentation complémentaire

Vers l’âge de 6 mois, le nourrisson commence à avoir des besoins d’énergie et de nutriments que le lait maternel ne peut plus satisfaire en totalité, d’où le recours aux aliments de complément. À 6 mois environ, son développement lui permet aussi de s’alimenter autrement et de passer à une alimentation solide.

Selon l’OMS, les principes directeurs d’une alimentation de complément adaptée sont les suivants:

  • poursuivre un allaitement fréquent, à la demande, jusqu’à l’âge de 2 ans, ou plus;
  • être à l’écoute, (par exemple, nourrir les tout-petits directement et aider les plus grands. Nourrir les enfants lentement et patiemment, les encourager à manger mais ne pas les forcer, leur parler et garder le contact visuel avec eux. Les enfants ont besoin de temps pour apprendre à manger solide);
  • respecter les règles d’hygiène et manipuler correctement les aliments;
  • donner les aliments à la cuillère ou dans une tasse, pas au biberon;
  • commencer à 6 mois par de petites quantités et augmenter progressivement la ration alimentaire à mesure que l’enfant grandit;
  • augmenter progressivement la consistance et la variété des aliments;
  • augmenter la fréquence des repas: 2 à 3 repas par jour pour des nourrissons de 6 à 8 mois, et 3 à 4 repas par jour pour des nourrissons de 9 à 23 mois, avec une ou deux collations supplémentaires, au besoin;
  • utiliser des aliments de complément enrichis ou une supplémentation en vitamine et en minéraux, le cas échéant; et
  • augmenter l’apport liquide en cas de maladie, y compris l’allaitement, et proposer des aliments mous, que l’enfant apprécie.

 

  • Rappel des vertus de l’allaitement par l’OMS

L’OMS rappelle que l’allaitement au sein exclusif pendant une période de 6 mois présente bien des avantages pour le nourrisson et la mère, et notamment l’insigne avantage de protéger contre les infections gastro-intestinales, tant dans les pays en développement que dans les pays industrialisés (Kramer M et al., Promotion of Breastfeeding Intervention Trial (PROBIT): A randomized trial in the Republic of Belarus. Journal of the American Medical Association, 2011, 285(4): 413 420).

Une mise au sein précoce, dans l’heure qui suit la naissance, protège le nouveau-né des infections et réduit le taux de mortalité en rapport. Le risque de mortalité lié à la diarrhée et à d’autres infections peut augmenter chez les nourrissons qui sont partiellement nourris au sein ou qui ne le sont pas du tout.

Le lait maternel est aussi une source importante d’énergie et de nutriments pour les enfants de 6 à 23 mois. Il peut fournir la moitié ou plus des besoins énergétiques de l’enfant de 6 à 12 mois, et le tiers des besoins énergétiques de l’enfant de 12 à 24 mois. Le lait maternel représente aussi une source énergétique et nutritionnelle indispensable en cas de maladie et réduit le taux de mortalité des enfants dénutris.

Les enfants et les adolescents qui ont été allaités quand ils étaient bébés présentent généralement des taux moindres de surpoids et d’obésité. Ils obtiennent en plus de meilleurs résultats aux tests d’intelligence, font preuve d’une meilleure la fréquentation scolaire et d’un revenu plus élevé dans la vie adulte. Améliorer le développement de l’enfant et réduire les coûts de la santé grâce à l’allaitement génère des gains économiques pour les familles et au niveau national.

Un allaitement prolongé contribue également à la santé et au bien-être des mères: il diminue le risque de cancer du sein et des ovaires et favorise l’espacement des grossesses – l’alimentation exclusive au sein des bébés de moins de 6 mois a des répercussions hormonales qui entraînent souvent une aménorrhée. C’est une méthode naturelle (mais pas infaillible) de régulation des naissances connue sous le nom de «méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée».

En conclusion, l’OMS recommande :

  • Un allaitement exclusif pendant 6 mois;
  • Puis une poursuite de l’allaitement complété par l’introduction d’aliments complémentaires pendant 2 ans, au moins.

 

Sources :

http://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/infant-and-young-child-feeding

http://www.who.int/maternal_child_adolescent/topics/newborn/nutrition/breastfeeding/fr/

http://www.who.int/nutrition/topics/infantfeeding_recommendation/fr/

http://apps.who.int/gb/archive/pdf_files/WHA55/fa5515.pdf?ua=1

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