Lait maternel et lait en poudre, quelles différences ?

Aujourd’hui, je vous propose de parler d’un sujet qui est injustement controversé : la différence de composition entre le lait maternel et celle des préparations commerciales pour nourrisson (lait en poudre). En effet, deux propagandes coexistent aujourd’hui. D’un côté la propagande pro préparation commerciale pour nourrisson qui tente de faire croire que le lait en poudre est quasi identique au lait maternel dans sa composition et dans les bienfaits qu’en tire bébé, et de l’autre, la propagande pro allaitement qui prône les bienfaits de l’allaitement et ses propriétés immunitaires.

Qu’en est-il vraiment ?

Même si statistiquement, il a été prouvé que d’une façon générale les bébés allaités ont bien moins d’infections bactériennes ou virales et ont un taux significativement moindre de mortalité d’origine infectieuse que leurs congénères nourris au lait en poudre, il n’en demeure pas moins, et c’est évident, que le fait d’allaiter n’immunise pas votre enfant contre TOUS les maux ni contre TOUTES les maladies, comme le fait de donner à votre enfant du lait en poudre ne signifie pas automatiquement que vous allez en faire un enfant tout le temps malade, faible et fébrile.

De même, s’il paraît évident pour certains que le lait en poudre n’est pas l’égal du lait maternel, la confusion existe encore. Ainsi, ce qu’il faut savoir lorsque l’on choisit de ne pas allaiter, ce sont les différences de composition entre le lait maternel et le lait en poudre, en être conscient et choisir son produit en étant attentifs à l’étiquette. A cette fin, il faut partir du postulat non réfutable que le lait humain est la norme biologique et naturelle, et déterminer quels sont les composants qui manquent au lait en poudre et, surtout, les composants additionnels, et pas toujours utiles, qu’il contient.

Si vous lisez les articles du blog et/ou que vous nous suivez sur facebook ou instagram, vous savez que l’allaitement a une place privilégiée dans notre famille. Ce n’est pas pour autant que nous portons un jugement sur les parents qui décident de ne pas allaiter, nous sommes dans une démarche d’information.

Dès lors, cet article se contentera de faire état des différences de composition nutritionnelles et immunitaires entre le lait maternel humain et le lait en poudre et leurs effets et nous ne développerons pas sur les effets de l’allaitement sur le développement cérébral et émotionnel de l’enfant ainsi que sur l’instinct maternel chez la mère et les bienfaits physiques et préventifs qu’il entraîne chez cette dernière.

Pour commencer rappelons les bases :

  • Qu’est-ce que le lait maternel ?

Le lait maternel qui nous intéresse (je précise car le lait de vache est également du lait maternel puisqu’il est destiné initialement à son bébé, le veau) est le lait humain produit par la mère à la suite d’une grossesse (même si des cas de lactation après adoption existent !). Dès la naissance, la mère produit du colostrum, premier lait concentré en anticorps protecteurs et nutriments essentiels. Puis la composition qualitative et quantitative du lait évolue et s’adapte en permanence aux besoins du bébé, au fur et à mesure de sa croissance. La composition du lait dit « mature » est atteinte très rapidement, 4 à 5 jours après le début de l’allaitement.

  • Qu’est-ce qu’une préparation commerciale pour nourrisson ou/ lait en poudre ou/ lait infantile ?

Fabriqués le plus souvent à base de lait de vache (même si des formules issues de protéines de soja, de lait de chèvre ou de riz existent), ces laits infantiles ont une composition adaptée aux besoins nutritionnels des nourrissons, notamment au niveau des apports en protéines, lipides, glucides et vitamines.

Un peu d’histoire…

En 1860, le pharmacien Henri Nestlé crée la première farine lactée qui commence une timide carrière jusqu’au jour de 1866 où il sauve, grâce à elle, un petit bébé de quelques mois voué à la mort : le «petit Wanner». Dès lors, la farine devient célèbre et à l’époque, c’est une véritable réponse aux mères qui ne peuvent pas allaiter, mais aussi à la pénurie de nourrices.

Le premier lait en poudre est inventé en 1908 par Maurice Guigoz et obtient la médaille d’argent à l’Exposition nationale de Berne, en 1914. Il se vend dès lors comme des petits pains dans les boulangeries et les officines et dès 1927, sur les étals des pharmacies françaises.

Mais c’est surtout après la Seconde Guerre mondiale qu’apparaît l’âge d’or du lait en poudre. Il est le symbole de la libération de la femme et permet au père de donner aussi le biberon. Simone de Beauvoir écrit à l’époque dans le Deuxième Sexe « L’allaitement est aussi une servitude épuisante ».

Mais hors de tout cadre réglementaire défini, les industriels finissent par aller trop loin et provoquent la confusion chez les parents sur la différence entre le lait en poudre et le lait maternel. Les slogans du type “Pour avoir de beaux enfants, donnez à bébé du lait Guigoz” pullulent.

Cette utilisation incorrecte et abusive des substituts du lait maternel et ses conséquences néfastes sur la pratique de l’allaitement ont conduit, à la fin des années 70, de nombreuses organisations intergouvernementales et non-gouvernementales à réagir.

Fin 1979, l’OMS et l’UNICEF organisent une réunion internationale sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant qui rassemble des représentants des gouvernements, des experts médicaux, des agents de santé, des représentants des fabricants d’aliments infantiles, des associations de consommateurs et le Réseau international des groupes d’action pour l’alimentation infantile (IBFAN) et dont il ressort la nécessité d’élaborer un Code destiné à encadrer les pratiques commerciales concernant l’alimentation infantile. C’est ainsi qu’est approuvé en 1981, par une écrasante majorité de 118 voix contre une (le vote négatif émanant des États-Unis), le premier Code International de commercialisation des substituts du lait maternel. Pour plus d’information sur le Code (et plus largement sur la réglementation applicable), vous pouvez lire l’article dédié ici (ça arrive très bientôt !).

En 1991, un cadre légal est fixé en Europe avec la Directive Européenne concernant les préparations pour nourrissons et les préparations de suite. La version en vigueur aujourd’hui date de 2006. Elle concerne les préparations pour nourrissons (0-6 mois) et les préparations de suite (6-12 mois), et comme toute directive européenne, elle laisse le soin aux États membres de prendre les mesures appropriées de manière à ce que l’information diffusée assure un usage adéquat des produits concernés et n’aille pas à l’encontre de la promotion de l’allaitement maternel.

En France, cette directive a été retranscrite en droit français par l’Arrêté du 11 avril 2008 (voir ici l’Arrêté). Ainsi, les pouvoirs publics, qui entendent favoriser l’allaitement maternel, veulent éviter la confusion dans l’esprit des acheteurs. On interdit, par exemple, l’emploi des termes “humanisé”, “maternisé” et les étiquetages ne doivent plus comporter aucune représentation de bébé ou destinée à idéaliser le produit. Toutefois, l’Arrêté de 2008 applique la Directive Européenne qui, elle, n’applique pas toutes les dispositions du Code et ne s’attache qu’à certains de ses aspects. Ainsi, la publicité pour le lait 2ème âge, préparation pour nourrissons à partir de 6 mois substitut du lait maternel, est tolérée par la loi française. Mais la France a progressé dans son application du Code depuis avril 2008, en adoptant pour la première fois dans la régulation de l’étiquetage la norme de l’allaitement exclusif pendant les 6 premiers mois de l’enfant. Avant cela et malgré les recommandations OMS, UNICEF, et celles du PNNS, la diversification alimentaire était entendue « à partir de 4 à 6 mois ».

Petit focus sur les recommandations de l’OMS

L’OMS recommande l’allaitement au sein exclusif pendant les 6 premiers mois suivant la naissance. De 6 mois à 2 ans, voire plus, l’allaitement doit être complété par des aliments solides. En outre:

  • l’allaitement au sein doit commencer dans l’heure suivant la naissance;
  • l’enfant doit être allaité «à la demande», aussi souvent qu’il le désire, nuit et jour;
  • les biberons ou les tétines sont à éviter.

De l’eau a donc coulé sous les ponts, les industriels ne sont plus censés véhiculer de confusion entre le lait en poudre et le lait maternel, et aujourd’hui, un consensus existe pour dire que les préparations commerciales pour nourrisson ne sont pas équivalentes au lait maternel car il est tout bonnement impossible de reproduire à l’identique les propriétés du lait humain.

Mais, il faut le dire également, aujourd’hui, après des années de perfectionnement, les préparations commerciales pour nourrisson respectent un cahier des charges et des règles sanitaires très précis qui en font un aliment adapté aux besoins nutritionnels des enfants.

  • Détaillons maintenant les composantes principales du lait humain et leurs rôles

Puisque les préparations commerciales pour nourrisson sont élaborées sur la base de l’étude des propriétés du lait maternel, détaillons les composantes de celui-ci afin de déterminer ce que le lait en poudre devrait contenir afin de correspondre en tous points au lait maternel.

  • Les glucides 

Les glucides sont destinés aux cellules cérébrales, musculaires, graisseuses et intestinales et jouent un rôle essentiel dans la construction du cerveau, le maintien d’une glycémie stable et la purification de la bilirubine (pigment biliaire, de coloration jaune).

Globalement, le lait humain mature contient 75 g/L de glucides, dont 63 g de lactose et 12 g d’oligosaccharides, alors que le lait de vache ne comporte que du lactose.

Les oligosaccharides constituent une originalité majeure du lait humain: ils sont au nombre de plus de 130 et constituent de véritables prébiotiques. Ils jouent un rôle essentiel dans la mise en place de l’écosystème bactérien colique. Le rôle de ces oligosaccharides (quasiment absents du lait de vache) dans la protection vis-à-vis des infections digestives, mais aussi extra-digestives, est aujourd’hui bien argumenté (je vous invite à lire ici un article intéressant sur le sujet).

  • Les lipides 

Les lipides tels que les triglycérides jouent un rôle dans la myélinisation (formation de la myéline, substance grasse qui forme la gaine de certaines fibres nerveuses) du système nerveux, l’acuité (degrés de sensibilité) de la vision et la synthèse d’hormones et ils sont aussi bénéfiques au niveau cardio-vasculaire et cérébral.

Le lait maternel contient environ 35 g/L mais cela peut varier de façon importante suivant l’heure de la journée, l’âge de l’enfant, le volume de la tétée, la constitution de la mère et son type d’alimentation. Les lipides se concentrent dans le lait maternel en fin de tétée.

Si la teneur en lipides est proche de celle du lait de vache, la digestibilité et le coefficient d’absorption des graisses du lait humain sont très supérieurs (80 % contre 60 % dans les premiers jours, atteignant rapidement 95 % contre 80 % à 3 mois pour le lait de vache).

Focus sur la digestibilité des graisses :

La meilleure digestibilité des graisses tient à la présence dans le lait humain d’une lipase ; s’y ajoute la structure différente des triglycérides bien mieux absorbés qu’avec le lait de vache. Le lait humain est riche en cholestérol (2,6 à 3,9 mM/L) alors que le lait de vache en contient peu (0,3 à 0,85 mM/L). La cholestérolémie est d’ailleurs plus élevée chez le nourrisson au sein. Il faut rappeler le rôle du cholestérol dans la structure des membranes, comme précurseur hormonal et dans le développement cérébral.

  • Les protéines

Les protéines sont nécessaires à la construction du cerveau humain, à l’absorption intestinale du fer et sont un agent anti-infectieux.

Dans le lait, on peut distinguer 2 familles de protéines : (i) les protéines solubles qui sont rapidement digérées, dissoutes dès leur passage dans l’estomac et (ii) la caséine qui se digère, elle, plus lentement.

La teneur en protéines du lait humain, comprise entre 8 et 12 g/L, est nettement inférieure à celle des autres mammifères. Néanmoins, elle est parfaitement adaptée aux besoins du nourrisson en raison d’une excellente absorption et d’une parfaite adéquation du profil de ses acides aminés. Les protéines du lait humain sont aussi très spécifiques ; même les caséines, qui ne représentent que 40 % des protéines (contre 80 % dans le lait de vache) sont différentes. Un pourcentage élevé de protéines solubles et les micelles de caséine de petite taille expliquent la coagulation plus fine du lait humain dans l’estomac du nourrisson, contribuant à une digestion plus rapide.

Parmi ces protéines solubles, certaines ont un rôle fonctionnel essentiel comme les immunoglobulines qui fournissent des défenses immunitaires et des anticorps.

La concentration des oligo-éléments est élevée dans le colostrum, ils jouent un rôle essentiel dans la constitution du squelette. Par ailleurs, les oligoéléments sont mieux absorbés dans le lait humain en raison des ligands naturellement présents.

  • Conclusion

L’observation des composants du lait maternel nous permet de conclure que le lait humain est très différent du lait de vache qui n’est pas adapté aux besoins nutritionnels des bébés humains. Le lait de vache est un aliment conçu pour favoriser une croissance rapide afin d’amener le veau à maturité le plus vite possible, ce qui est une caractéristique des espèces animales en général, mais pas de l’espèce humaine dans laquelle le développement de tout l’organisme se fait à pas mesuré, la maturité sexuelle est retardée et l’espérance de vie importante.

Le lait de chèvre ne peut pas non plus être donné tel quel aux nourrissons : trop riche en sels minéraux (risquant d’entraîner des problèmes rénaux), trop pauvre en certaines vitamines et acides gras essentiels, etc. Il doit, au même titre que le lait de vache, être modifié afin de pouvoir être donné en substitut du lait maternel.

C’est pourquoi il est nécessaire de modifier le lait de vache (ou de chèvre) en laboratoire afin de l’adapter aux besoins nutritionnels et à la fragilité de la faune digestive des nourrissons.

Voici un récapitulatif de répartition des composants entre lait de vache, lait maternel et lait en poudre :

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Partant du lait de vache, chèvre ou riz, le lait en poudre est modifié à l’aide de nutriments de synthèse et agrémenté d’additifs divers et variés en fonction des marques et de sa « spécialité » (lait anti reflux, lait épaissi, lait enrichi en oméga, etc).

Sa teneur en lipides, glucides, protéines et sels minéraux, bien qu’ils s’agissent d’éléments de synthèse, est formulée sur la base de l’étude du lait maternel. C’est pourquoi le lait en poudre est justement décrit comme adapté aux besoins nutritionnels principaux des nourrissons.

  • Ce que le lait en poudre ne peut pas reproduire

C’est un fait, comme nous venons de le voir, le lait en poudre est adapté aux besoins nutritionnels principaux des bébés. Mais vous vous en doutez et nous l’avons vu, le lait maternel ne se contente pas de répondre aux besoins nutritionnels principaux du bébé et malheureusement, plusieurs de ces éléments essentiels ne peuvent être reproduits dans les préparations commerciales.

Tout d’abord, le lait en poudre ne peut pas reproduire le colostrum. C’est le lait des 3-4 premiers jours qui est de couleur jaunâtre. Celui-ci est très riche en protéines et anticorps indispensables à l’immunisation du nouveau-né et pauvre en sucres mais a des oligosaccharides (sucres rares) qui jouent un rôle dans la croissance de la flore protectrice de la muqueuse intestinale notamment avec le bifidus. Dans le colostrum, les anticorps, sont présentes de façon massive (près de 90 g/l).

En plus du colostrum, nous l’avons vu, le lait maternel renferme un certain nombre de particularités, des éléments qui en font un produit unique : les oligosaccharides qui permettent de mettre en place la faune intestinale, les immunoglobulines pour le volet immunitaire, la lipase pour l’absorption des graisses par le bébé, la lactase, divisant les molécules de lactose en glucose et galactose, des acides aminées (taurine, histidine) grâce auxquels les protéines se forment, des hormones (insuline, prostaglandines, neurotensine) favorisant la croissance et le développement des organes sexuels propres à l’espèce, des oligo-éléments, micronutriments (calcium, chlore, cuivre…) dont la quantité est adaptée aux possibilités d’ élimination rénale du bébé, des facteurs de défense immunitaire antibactériens (diphtérie, tétanos, coqueluche, etc.), antiviraux (grippe, poliomyélite, etc.) et antiparasitaires.

Par ailleurs, de nombreux éléments du lait humain n’ont pas encore été identifiés et leur fonction reste à découvrir.

A côté de ces éléments de composition unique, la principale différence entre la préparation commerciale pour nourrisson et le lait maternel réside dans la variation de la composition du lait maternel :

– celle-ci varie en cours de tétée : en début de tétée, le lait maternel est composé de beaucoup d’eau et de sels minéraux pour désaltérer. Puis la proportion de glucides augmente. En milieu de tétée, les protéines et lipides augmentent et à la fin de chaque tétée, les lipides se concentrent et donnent au bébé un sentiment de satiété (quand il n’a plus faim), signal de fin de tétée.

– celle-ci varie au cours de la journée : le matin, il y a plus de lactose, le midi, le lait contient plus de lipides et de protéines, l’après-midi, il y a plus d’oligosaccharides et le soir, plus de protéines.

– celle-ci varie également sur toute la durée de l’allaitement : dans les premières semaines, le lactose augmente et les oligosaccharides diminuent, la proportion des lipides double, les sels minéraux diminuent de moitié, la proportion des protéines est divisée par dix, la teneur en acides aminés libres baisse (pour remonter ensuite légèrement). Parallèlement, le volume de lait produit augmente par paliers au fil des semaines et s’adapte à la demande de bébé.

Cette variation de composition est extrêmement importante puisque le lait qu’ingère bébé est constamment (au sein d’une même journée de 24h et même au cours d’une tétée de quelques minutes !!) adapté à ses besoins, à son stade de croissance et à son état (n’oublions pas que le lait produit par la mère lorsque son bébé est malade, rhume ou autre, change de composition afin de permettre à bébé de lutter contre l’infection), ce qui n’est pas le cas du lait en poudre dont la composition est exactement la même à chaque biberon, chaque jour jusqu’au changement de type de préparation. Alors si vous faites partie de ceux qui pensent que l’horoscope des Capricornes du magazine Elle s’applique à tous les Capricornes de la planète, la préparation commerciale est faite pour vous. Si vous pensez, comme moi, que ce n’est pas possible, vous reconnaîtrez alors volontiers que remplacer un produit évolutif et adaptable par un produit à la composition fixe et immuable ne peut être considéré comme proposer aux parents un substitut d’égal à égal.

  • Les risques associés aux préparations commerciales pour nourrissons

Ces dernières années plusieurs polémiques sont venues agrémenter le débat autour des préparations commerciales pour nourrissons.

Il y a eu l’identification de la présence d’aluminium dans certaines préparations, d’huile de palme également. Puis les récents scandales sanitaires du groupe Lactalis avec le lait contaminé aux salmonelles.

S’il n’est pas discutable que l’aluminium est un élément dangereux, la taurine, elle a injustement été montrée du doigt.

Focus sur la taurine et l’huile de palme

Si l’on tente de s’informer sur le sujet, on peut lire sur le net que la raison pour laquelle on retrouve de la taurine et de l’huile de palme dans les préparations commerciales réside dans le fait qu’on les retrouve dans le lait maternel. Et rappelons-le, les laits infantiles sont élaborés sur la base de l’observation des composants du lait maternel.

Si cette affirmation est vraie pour la taurine, elle ne l’est pas pour autant pour l’huile de palme.

Commençons donc par l’huile de palme…

Le lait de mère est un lait très gras. Plus de la moitié de la valeur énergétique provient de lipides (graisses) constitués de différents acides gras dont la composition varie légèrement selon le mode alimentaire de la maman.
Les fabricants de laits en poudre doivent donc commercialiser des produits contenant beaucoup de lipides de composition en acides gras aussi proches que possible de ceux du lait maternel. Pour reconstituer ce profil d’acides gras, ces sociétés font donc appel à différentes sources de matières grasses. Parmi les acides gras que contient le lait maternel, il y a l’acide palmitique.

*** Attention, ce n’est pas de l’huile de palme !!! BREAKING NEWS, le lait maternel ne contient pas naturellement d’huile de palme. Il contient de l’acide palmitique qui fait partie de la famille des lipides.*** 

Toutefois, l’acide palmitique du lait maternel est différent de l’acide palmitique provenant de l’huile de palme que l’on retrouve dans les biscuits et les plats cuisinés puisque ce dernier contient des acides gras dits saturés dont la consommation excessive entraîne des effets négatifs sur la santé, c’est pourquoi il est recommandé d’en diminuer la consommation. La réglementation européenne et les pédiatres considèrent toutefois que la consommation d’huile de palme du nourrisson ne pose aucun problème et l’huile de palme n’est pas interdite dans la composition des préparations commerciales pour nourrisson. Sans rentrer dans le débat, certaines études mettent en exergue le fait que l’huile de palme diminue l’absorption des lipides et la fixation du calcium dont résulterait une perte de masse osseuse. Toutefois, sachez que pour apporter cet acide gras saturé dans les laits en poudre, on peut soit introduire un peu d’huile de palme, soit ajouter des matières grasses du lait (crème du lait) et que donc on peut tout à fait produire du lait en poudre sans huile de palme (de nombreuses marques proposent d’ailleurs des produits homologués « sans huile de palme »), ne serait-ce que pour tenir compte des préoccupations environnementales liée à l’huile de palme… A bon entendeur…

Et la taurine ?

Quant à la taurine, c’est bien un nutriment présent naturellement dans le lait maternel et essentiel au développement du bébé que le nouveau-né n’a pas encore la possibilité de la synthétiser ; il se fournit via le lait maternel. Outre son action sur le système nerveux, la taurine est importante pour de nombreux organes comme le cœur, les muscles et la rétine. Il est important de rappeler que la taurine est neuroprotectrice et antioxydante.

Ainsi, il est bien plus inquiétant de trouver de l’aluminium dans certains laits en poudre que de la taurine. Notons à ce titre que l’Arrêté du 11 avril 2008 relatif aux préparations pour nourrissons et aux préparations de suite et modifiant l’arrêté du 20 septembre 2000 relatif aux aliments diététiques destinés à des fins médicales spéciales n’interdit pas l’utilisation de l’aluminium parmi les ingrédients prohibés.

Enfin, ce qui frappe lorsque l’on s’attarde sur une étiquette de lait en poudre, c’est surtout la liste fournie des additifs (pour une liste exhaustive des additifs et la toxicité associée, voir ici)

Par exemple, si l’on prend la composition du Modilac Lait Expert Riz AR 1er âge (produit pris au hasard) :

Ingrédients : maltodextrine, huiles végétales (palme, palmiste, colza, tournesol, tournesol oléique), hydrolysat partiel de protéines de riz, amidon précuit de maïs, triglycérides à chaînes moyennes (TCM), caroube, émulsifiants (lécithine de soja, esters citriques de mono et diglycérides d’acides gras), phosphate de calcium, chlorure de potassium, L-lysine, citrate de potassium, citrate de magnésium, vitamine C, hydroxyde de potassium, chlorure de choline, L-tryptophane, taurine, inositol, antioxydants (extrait riche en tocophérols, palmitate de L-ascorbyle), vitamine E, L-carnitine, uridine 5′ monophosphate de sodium, cytidine 5′ monophosphate, nicotinamide, sulfate de zinc, sulfate de fer, pantothénate de calcium, adénosine 5′ monophosphate, inosine 5′ monophosphate de sodium, guanosine 5′ monophosphate de sodium, riboflavine, vitamine B6, sulfate de cuivre, thiamine, vitamine A, iodure de potassium, sulfate de manganèse, acide folique, vitamine K, sélénite de sodium, biotine, vitamine D, vitamine B12.

En faisant une recherche sommaire :

> Mono- et diglycérides d’acides gras (E471) : les émulsifiants perturbent la flore intestinale et peuvent favoriser inflammations, allergies et maladies auto-immunes.

> Phosphate de calcium, potassium, sodium : selon l’encyclopédie de toxicologie d’Elsevier (scienceDirect.com, 2014), l’acide phosphorique n’est ni génotoxique ni carcinogène, mais les sels de phosphate  ont été rapportés comme promoteurs de l’activité de carcinogènes connus. Concernant les enfants : voir l’article très intéressant du Dr Frédérique Caudal sur les effets délétères des phosphates dans l’alimentation transformée (hyperactivité , troubles comportementaux).

> Inosine 5′ monophosphate : éviter chez les asthmatiques. Est, ou aurait été non recommandé, ou non permis pour les nourrissons et les jeunes enfants, les femmes enceintes ou allaitant.

> Guanosine 5′ monophosphate de sodium : majoritairement rapporté sans risque connu, aux doses absorbées et pour les personnes en bonne santé. Mais peut aussi être rapporté douteux, ou à éviter. A éviter chez les asthmatiques. Est, ou aurait été non recommandé, voire interdit pour les nourrissons et les jeunes enfants, les femmes enceintes ou allaitant.

Riboflavine : pas de danger connu à ce jour dans les concentrations utilisées. Eviter une consommation régulière, l’additif contient des résidus de production douteux.

> Citrate de potassium, citrate de magnésium : l’acide citrique est fréquemment présenté comme inoffensif, si ce n’est qu’il peut attaquer l’émail des dents, aphtoses, allergies/pseudo-allergies (intolérances, rare), et autres problèmes chez une personne sensible, à hautes doses ou en consommation régulière. Les dommages dentaires causés par l’acide citrique sont certainement les plus fréquents, surtout chez les enfants, moins à cause de l’additif lui-même qu’à cause de sa présence récurrente dans de nombreux aliments.

Ceci n’est qu’un exemple et sans doute que les doses utilisées respectent les réglementations en terme de quantité autorisée.

Toutefois, gardez en tête que la réglementation n’impose que des quantités et ne vient pas régir la fréquence d’absorption.

Enfin, tous les laits n’ont pas les mêmes ingrédients. Et il vous appartient donc de vous renseigner sur la composition du lait avec lequel vous nourrissez vos enfants au risque de leur administrer une dose d’additifs, certains inoffensifs d’autres controversés à toxiques, à chaque biberon.

  • Conclusion

La composition du lait maternel est évolutive, adaptée au terme et à la situation physiologique de l’enfant. Le lait maternel n’est pas qu’un simple ensemble de nutriments ; il contient des hormones, des facteurs de croissance, des cytokines, des cellules immuno-compétentes, etc., et possède de nombreuses propriétés biologiques. Il est, pour ces qualités, inimitable.

Jusqu’à l’avènement des préparations commerciales actuelles (1970-1980), en raison de sa composition constamment adaptée aux besoins nutritionnels de l’enfant, le lait maternel était le seul à permettre la prévention des états de malnutrition, des situations de carences en acides gras essentiels, en oligo-éléments (fer, zinc), en vitamines. Aujourd’hui, les préparations commerciales pour nourrissons industrielles ont aussi cette capacité.

Ce n’est donc pas contestable, le lait en poudre permet de répondre aux besoins nutritionnels de bébé. Toutefois, il n’est pas comparable au lait maternel puisqu’on a vu que le lait en poudre était démuni de tout élément immunitaire et de certains éléments essentiels (oligosaccharides) favorisant notamment la mise en place de la faune intestinale (immunoglobulines, lipase).

Tableau comparatif de la composition du lait maternel et du lait en poudre

Mais on a également vu que les industriels ne se contentent pas seulement de proposer un lait en poudre aux caractéristiques « les plus proches possible » du lait maternel. Ils proposent dans la majorité des cas un produit modifié auxquels sont ajoutés des additifs divers et variés. A vous maintenant de faire le tri entre les produits proposés afin d’être certains que votre enfant ne reçoivent pas des éléments dans le meilleur des cas inutiles, dans le pire des cas dangereux.

Pour finir, on parle souvent des bienfaits de l’allaitement et de l’absence de « malfaits » du lait en poudre (vous vous souvenez ? « j’ai été nourri au lait en poudre et je me porte bien »).

Là où les bienfaits de l’allaitement ne sont pas contestables, puisque c’est la norme biologique adaptée à notre espèce, qu’en est-il des bienfaits du lait en poudre ?

Les résultats des études cliniques réalisées à ce jour confirment que l’allaitement maternel permet de prévenir les infections du jeune enfant (diminution de l’incidence et de la gravité des infections digestives, ORL et respiratoires) en cas d’allaitement maternel exclusif de plus de 3 mois. Dans les pays industrialisés, l’allaitement est associé chez le nourrisson à un moindre risque de diarrhées aiguës, d’otites aiguës et d’infections respiratoires sévères, génératrices d’hospitalisations. L’allaitement est également associé à une diminution du risque d’asthme et d’eczéma pendant les 2-3 premières années de la vie chez les enfants à risque d’allergie, ainsi qu’à une diminution du risque d’obésité et de surpoids, de diabète de type 1 et 2, de maladie cœliaque, de maladies inflammatoires du tube digestif, et de mort subite du nourrisson. Il n’est donc pas complètement faux de clamer que l’allaitement permet de réduire les maux des bébés. Mais, et c’est évident, un allaitement écourté à 1 mois ou moins ne permet pas de jouir de tous les bénéfices et intérêts qu’offre le lait maternel.

A contrario, il n’a jamais été mis en avant un quelconque bénéfice du lait en poudre, autre que celui de répondre aux besoins nutritionnels primaires de l’enfant, qui n’est pas, à notre sens, un bénéfice mais un strict minimum.

Pour développer ce sujet, je vous suggère de lire cet intéressant papier du Néstlé Nutrition Institute (ici) qui confirme très justement qu’aujourd’hui la différence ne réside plus dans la composition nutritionnelle entre les deux mais dans « les performances à court terme et à long terme de nourrissons allaités au sein et de ceux nourris au lait en poudre ».

Ces différences de performances comme la susceptibilité aux infections, les réponses immunitaires, la pression artérielle, les risques de développer une obésité ou d’autres maladies, et les conséquences sur la santé bien après l’enfance, ont mis en lumière les nombreux composants biologiques du lait maternel dont certains ne sont pas considérés comme des nutriments par eux-mêmes mais possèdent des propriétés «fonctionnelles» avérées ou potentielles.

Ce texte est intéressant car il émane du côté de l’industriel et reconnaît que malgré les modifications récentes des formules et des dernières nouveautés, ces différences de performances entre les nourrissons allaités et ceux nourris au lait maternisé persistent.

L’article conclut et je pense qu’il faut garder cela en tête, qu’il y aura toujours des limites à ce qui peut être atteint en modifiant les laits d’autres espèces. Cela explique pourquoi il est impossible de reproduire à l’identique les propriétés du lait humain.

Et si on connaît les bénéfices à court et long terme de l’allaitement, tant chez l’enfant que chez la mère, il n’a jamais été démontré que le lait en poudre permettait quelconque bénéfice chez l’enfant à court ou à long terme.

Ainsi, « j’ai été nourri au lait en poudre et je me porte très bien » n’est pas contestable, et c’est même heureux, l’inverse aurait été embêtant. Imaginez si tous les enfants nourris au lait en poudre étaient malades…

Le problème doit être pris à l’envers : le fait de ne pas avoir été nourri au lait maternel n’engendre pas un enfant forcément plus fragile, plus souvent malade que ses copains allaités, ni forcément plus idiot. Le fait de ne pas avoir été nourri au lait maternel prive l’enfant des bénéfices connus et avérés du lait maternel et des effets préventifs de ceux-ci et qui, comme nous l’avons vu, ne sont pas imitables.

La conclusion s’il doit y en avoir une est que d’un point de vue strictement nutritionnel, les bébés nourris au lait en poudre reçoivent bien l’essentiel permettant de répondre à leurs besoins nutritionnels primaires. Il ne reçoivent donc pas « moins bien » que les bébés allaités toujours d’un point de vue strictement nutritionnel. En revanche, et nous l’avons vu, ils ne bénéficient pas des particularités immunitaires, des facteurs de croissance et des hormones contenus dans le lait maternel, en résumé, ils ne bénéficient pas du « sur-mesure » qu’offre le lait maternel.  

Pour rédiger cet article, je me suis beaucoup documentée. Je l’ai d’abord rédigé pour moi, pour être capable d’expliquer, clairement et de façon documentée, aux personnes qui questionnent ce choix tellement naturel, pourquoi j’allaite mon enfant. Je ne l’ai pas rédigé pour culpabiliser les mères non allaitantes. Celles et ceux qui lisent mes articles et celles et ceux qui me connaissent savent que je ne joue pas dans cette cour là. Mon combat n’est pas celui de la culpabilité, c’est celui de l’information. Je veux m’informer et informer, je veux questionner et comprendre, je veux me remettre en question et avancer.

Si vous souhaitez en savoir plus, je vous invite à lire en totalité le document suivant qui est une mine d’informations : ici.

Sources :

http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/allaitement.pdf

http://www.nourri-source.org/userfiles/files/tableau-comparatif-de-la-composition-du-lait-maternel.pdf

https://www.coolparentsmakehappykids.com/comment-choisir-lait-infantile-bio/

https://association-des-lactariums-de-france.fr/composition-du-lait-maternel/

https://www.lllfrance.org/vous-informer/promotion-et-protection-de-l-allaitement/940 

https://www.lllfrance.org/vous-informer/promotion-et-protection-de-l-allaitement/956-mesures-prises-en-france

https://www.lllfrance.org/1118-36-allaiter-un-bebe-malade

 

15 commentaires

  1. Autant j’ai bien aimé l’article, ni à charge ni à décharge, (quoique la mention du fameux « instinct maternel » m’a bien fait tiqué mais c’est un autre sujet) autant je trouve la dernière question tout à fait malvenue: « sans prendre en compte tout le reste? » (et la formulation tout à fait culpabilisante alors même que l’article s’en défend!)
    Dans notre cas, justement c’est la prise en compte de « tout le reste » qui a déterminé notre choix. Car ce que l’article omet c’est la dimension psychologique.
    Je ne vais pas donner ici le détail de notre parcours vers la parentalité mais il peut être beaucoup plus sinueux que: on s’aime, on fait un enfant, la maman allaite le dit enfant.
    Il aurait été intéressant, à mon avis, d’inclure ou au moins de mentionner que l’allaitement ne se décide pas uniquement en fonction de faits mesurables, de bienfaits quantifiables.

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    • Bonjour, merci pour votre message. L’article omet en effet la dimension psychologique (bien que je ne sois pas sure de comprendre de quelle dimension psychologique vous parlez) car le but de l’article n’est pas d’entrer dans ce débat là. La question finale ouverte ne s’attache qu’aux composantes biologiques et synthétiques des laits en poudre et lait maternel, et « tout le reste » ne concerne que ces propriétés biologiques. L’article ne vient faire état que des faits scientifiques avérés. La dimension psychologique est, elle, propre à chacun et le choix, propre à chaque parent.

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      • Bonsoir, merci pour votre réponse. J’allais ajouter: c’est presque « pire » alors car cette formulation tend à demander aux parents n’ayant pas fait le choix de l’allaitement de se justifier ! Comme si la société ne demandait pas déjà assez de justifications quels que soit les choix faits (lait en poudre, allaitement long etc).
        Or je vois que vous avez reformulé la question finale, merci a vous!
        Du coup pour vous répondre (car si vous posez la question c’est que vous attendez des réponses non? 😉 ): oui nous savions que le lait en poudre n’apporterait à notre enfant que les apports nutritionnels et rien d’autre. Nous avons longuement réfléchi, en pesant le pour et le contre pour arriver a la conclusion suivante: je vais essayer après la naissance et voir si les barrières psychologiques sont toujours là. Comme cela a été le cas, notre enfant a eu du colostrum puis biberon de lait en poudre une fois la montée de lait arrivée. Nous savons que nous n’avons pas fait le « meilleur » choix d’un point de vue purement factuel, sauf que je pense que le choix est rarement purement factuel. Une relations parent / enfant n’est jamais basée qu’uniquement sur des faits, l’affect rentre évidemment en ligne de compte.
        Et désolé pour le pavé !

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      • Bonjour, merci pour cet échange et pour votre réponse. Ne vous excusez pas d’avoir écrit un « pavé », ce blog est là pour ça et c’est toujours enrichissant d’échanger des points de vue et des expériences. J’ai en effet modifié la question finale car au vue de votre commentaire il me semblait qu’elle était finalement maladroitement posée et qu’elle conduisait à porter le débat là où il n’avait pas sa place. La question qui demeure est à mon sens une question réelle car j’ai rencontré bon nombre de jeunes mamans qui étaient persuadées que le lait en poudre était l’équivalent du lait maternel (plusieurs pensaient même qu’il s’agissait de lait maternel en poudre…). Bonne journée et au plaisir d’échanger à nouveau

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  2. Un grand merci pour cet article qui est extrêmement complet, qui ne tombe pas dans le jugement… et qui a dû te prendre du temps ! Je n’ai pas d’enfants mais le sujet m’intéresse beaucoup, déjà parce que je serai peut-être concernée un jour, et puis parce que je vois passer beaucoup de contenus sur le sujet (pas toujours des plus bienveillants malheureusement). Je trouve que tu résumes très bien les choses sans avoir besoin de diaboliser le lait maternel. Comme je suis très curieuse, j’aurais éventuellement quelques questions si tu as le temps à un moment donné (évidemment je vais aller chercher de mon côté aussi, je me doute que tu ne peux pas passer deux heures à répondre à tout le monde, mais si tu te souviens de quelques trucs je suis preneuse !)

    – Concernant la moins grande fréquence d’infection bactériennes et virales et de mortalité infectieuse chez les enfants allaités, est-ce que tu te souviendrais de la source de cette info, ou au moins disons du lien qui la contient dans les sources que tu cites ? Et est-ce que tu sais si c’est valable de la même façon dans les pays développés ?

    – Je trouve particulièrement fascinant les changements de composition du lait maternel dans la journée, pendant la tétée et tout au long de la période d’allaitement ! Par contre je n’avais jamais entendu parler d’une adaptation de la composition du lait en cas de maladie de l’enfant, du coup j’aurais la même question pour ce point là

    – J’ai une forme de méfiance je dois avouer concernant les infos qu’on voit circuler en ligne sur les additifs (notamment sur la base des articles et ouvrages de Corinne Gouget et Thierry Souccar que je ne considère pas comme des modèles de rigueur on va dire…). J’ai passé un petit moment à chercher des infos sur les additifs (notamment phosphate) et l’hyperactivité, et je ne trouve que des sites genre espritsciencemétaphysique ou santenatureinnovation. Si je vais sur le site de l’Inserm en revanche ou sur le site de l’association française sur le TDAH (qui a un comité scientifique a priori), je ne retrouve pas ces infos mais en revanche les pistes privilégiées, en plus de facteurs génétiques, sont le tabac et l’alcool pendant la grossesse (très nettement), et ensuite d’autres pistes comme notamment les perturbateurs endocriniens type phénols, et différents facteurs comme les carences nutritionnelles maternelles, le fait d’être prématuré, des trauma cérébraux… Ensuite en tant que parent je comprends bien qu’on préfère pêcher par excès de prudence car c’est pas si évident d’y voir clair, mais je pense quand-même que beaucoup de contenus sur internet vendent de la peur (vendent au sens strict d’ailleurs car beaucoup de bouquins se vendent très bien). Vu que j’y ai passé un petit moment, j’en profite donc pour partager mes recherche.

    (Liens : https://presse.inserm.fr/exposition-prenatale-aux-perturbateurs-endocriniens-et-troubles-du-comportement-des-enfants/29573/
    et http://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/7303/MS_2010_05_487.html?sequence=22&isAllowed=y )

    Merci à toi pour cet apport important, je mets ton article de côté.

    Très belle journée

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    • Bonjour, merci pour ton commentaire qui me donne des idées de nouveaux articles à creuser 🙂
      ARTE vient de diffuser un super documentaire sur le lait maternel (disponible en replay) et qui recoupe un peu toutes ces infos et que je t’invite à visionner si tu en as l’occasion (il n’est pas très long). Sinon, je puise 70% de mes informations sur l’état des recherches sur les sites institutionnels OMS, UNICEF, IFBAN et le reste de mes lectures perso ainsi que des articles très fournis sur le site de la Leche League. Pour répondre un peu plus précisément à tes questions, les résultats des recherches sur les infections bactériennes et virales et de mortalité infectieuse chez les enfants allaités sont mesurés aussi bien dans les sociétés pauvres en ressources que dans les sociétés d’abondance. A ce sujet, tu peux lire : Kramer M et al., Promotion of Breastfeeding Intervention Trial (PROBIT): A randomized trial in the Republic of Belarus. Journal of the American Medical Association, 2011, 285(4): 413 420). Concernant la variation du lait maternel en cas de maladie de l’enfant, il est scientifiquement prouvé que les anticorps du lait maternel sont spécifiquement dirigés contre les agents pathogènes présents dans l’environnement immédiat de la mère et de l’enfant (à ce titre tu peux lire cet article assez simple et complet : https://www.lllfrance.org/1118-36-allaiter-un-bebe-malade). Le documentaire d’ARTE nous apprend également que le lait varie en fonction du sexe du bébé (j’ai découvert ceci avec le documentaire !). Sur les additifs, je te rejoins totalement sur le point de dire que les médias véhiculent de la peur. En revanche, je suis intimement persuadée que durant des décennies les lait en poudre n’ont fait l’objet que d’un contrôle sanitaire strict en omettant le contrôle des additifs qu’ils contiennent. C’est ainsi qu’on a retrouvé des substances nocives dans un bon nombre de types de lait en poudre, mais heureusement pas dans tous. Et c’est ce que j’écris dans l’article, il revient à chacun de s’interroger sur ce que porte l’étiquette de son lait en poudre, de s’informer et de ne pas en faire usage les yeux fermés. Car ce qui m’a frappé dans la réglementation française relative aux préparations commerciales pour nourrisson, c’est qu’elle ne réglemente que les quantités. Or lorsqu’on fait une recherche même sommaire sur les additifs, on se rend compte que dans beaucoup de cas, ce qui induit ou non une toxicité est lié à la fréquence d’absorption. Mais ton commentaire me pousse à m’y intéresser d’avantage et peut être que je trouverais le temps d’y consacrer un article dans les prochains mois ! Bonne journée !

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