Résumés de lectures, sommeil

Résumé de lecture : Dormir avec son bébé, un guide sur le sommeil partagé du Pr McKenna

Le résumé de lecture du jour porte sur l’ouvrage Dormir avec son bébé : un guide sur le sommeil partagé du professeur James J. McKenna.

James McKenna est un scientifique reconnu dans le domaine du sommeil des bébés et professeur au département d’anthropologie de l’Université de Notre Dame, Indiana où il est également directeur du Laboratoire d’étude du comportement nocturne mère-bébé (Mother-Baby Behavioral Sleep Lab). Il a publié plus de 100 articles scientifiques sur le sommeil partagé, l’allaitement et le syndrome de mort subite du nourrisson. Il est surtout le premier à avoir mené des études comportementales permettant d’observer les différences entre un sommeil solitaire chez l’enfant et un sommeil partagé avec la mère. Le résultat de ses études a fait de lui un fervent défenseur du sommeil partagé dont il propose dans l’ouvrage résumé un guide pratique pour les parents désireux de s’y aventurer.

Résumé :

Cet ouvrage permet aux parents de faire un choix éclairé concernant le cododo et de le mettre en place de la manière la plus sécuritaire qui soit. Cet ouvrage milite évidemment en faveur du sommeil partagé mais l’approche du professeur McKenna a ceci de différent qu’elle est fondée sur des recherches et expériences scientifiques.

Ses conclusions reposent sur des faits observés et quantifiables, sur une décennie de recherche en biologie humaine, en physiologie du sommeil et en anthropologie et non sur des sondages et des études qui se contentent de généraliser des exceptions et qui font ensuite l’objet d’une interprétation circonstanciée par les pédiatres et autres prétendus experts du sommeil.

Ce qu’il faut en retenir :

La vaste majorité des parents souhaitent le meilleur pour leurs enfants. Cependant, le flot incessant d’informations auquel ils sont exposés leur laisse croire que leur savoir est insuffisant et que la prise de décisions éclairées est hors de leur portée. Comme si tout le monde savait ce qui est bon pour votre enfant, sauf vous, le parent.

La préface de l’ouvrage est signée Dr Meredith Small, primatologue, Dr Peter Fleming, spécialiste en puériculture et science du sommeil et par le vénérable Dr William Sears, pédiatre et auteur de nombreux ouvrages sur le sommeil partagé. Le Dr Small pointe très justement du doigt le fait que l’endroit où dorment les bébés est un sujet controversé dans la culture occidentale parce que l’idée de forger l’indépendance chez nos concitoyens, même les plus jeunes, est bien ancrée. Elle ajoute qu’en plus, en Occident, le lit est synonyme de sexualité, ce qui rend immédiatement suspecte l’idée de le partager avec son bébé. Ainsi dans ce contexte, le sommeil partagé est devenu un acte révolutionnaire alors qu’il s’agit d’un acte normal et naturel. Le Dr Fleming, quant à lui, salue le livre du Pr McKenna en ce qu’il cherche à éclaircir les points de vue divergents entre la littérature anthropologique, axée sur la valeur et l’importance de l’interaction mère-enfant pour faciliter et guider la croissance du bébé, et la littérature pédiatrique, axée sur les potentiels dangers de partager le lit avec son bébé. Enfin, le Dr Sears recommande la lecture de cet ouvrage en ce que le Pr McKenna réussi à démontrer scientifiquement ce que les parents savent intuitivement : quelque chose de sain se produit lorsque mère et enfant dorment ensemble.

Le cododo n’est pas seulement normal, commun et instinctif, il s’avère dans l’intérêt de toute la famille s’il est pratiqué dans une optique de protection et de réconfort du bébé, si la sécurité de l’enfant est prioritaire et si la bonne forme de sommeil partagé est choisie par chaque famille.

L’auteur commence par expliquer pourquoi le sujet du sommeil partagé l’intéresse tant. Cet intérêt lui est venu du constat que les livres de puériculture proposés au grand public n’intégraient absolument rien de l’héritage comportemental qui vient des primates et ne faisaient pas état des plus récentes découvertes des recherches menées en neurobiologie et en psychologie sur la biologie du développement de l’enfant ainsi que sur l’influence du toucher maternel dans la croissance et le bien-être de l’enfant.

Tous les messages véhiculés s’appuyaient sur les idées culturelles des années 70-80 et reflétant principalement les valeurs de médecins masculins qui n’avaient non seulement jamais changé une couche mais jamais non plus pris soin de façon significative de leurs propres enfants. Ce constat qu’aucune assise scientifique ne venait éclairer ces positions l’a conduit à mener, dans les années 90, la première étude (d’une durée de 3 ans !) sur les différences physiologiques et comportementales entre le sommeil partagé et le sommeil séparé des mères et de leur bébé.

Le Pr McKenna insiste sur le fait que c’est pendant le sommeil que tout le processus physique et neurologique a lieu, et notamment le développement de l’interconnectivité entre les cellules. Il explique que la réduction au minimum du contact mère-bébé peut perturber la stabilité et l’efficacité du cadre neurologique du bébé et cela a pour conséquence d’affaiblir la base structurelle qui régit la croissance rapide de ses compétences en communication, de son émotivité et de sa capacité à gérer ses propres besoins et à y répondre.

Je veux que les familles comprennent combien la mère et son enfant communiquent par le toucher, l’odorat, l’ouïe et le goût lorsqu’ils partagent le lit, et ce même en dormant.

L’auteur fait également un focus sur le prétendu danger du partage de lit et explique qu’évidemment le partage de lit n’est pas sans risques mais que cela ne constitue pas un argument valable pour entériner l’utilisation du lit de bébé qui comporte lui aussi son lot de risques.

Nous apprenons comment bien positionner le siège d’auto et comment y asseoir notre bébé plutôt que de bannir les bébés des voitures parce que certains d’entre eux meurent à cause de la méconnaissance de certains parents quant aux normes de sécurité en vigueur.

Le premier chapitre de l’ouvrage est consacré à l’explication de ce qu’est le sommeil partagé ou cododo. Il y rappelle qu’il s’agit d’une pratique universelle et que les humains dorment côte à côte depuis des générations. Il rappelle également que le cododo ne recouvre pas seulement les situations de partage de lit mais également le partage de chambre et toute autre situation où les parents et leur bébé sont près l’un de l’autre sans toutefois être dans le même lit.

Selon l’auteur, la seule distinction qui doit être faite réside dans le fait de déterminer si le cododo est pratiqué de manière sécuritaire ou non. Il fustige ensuite toutes les personnes, professionnels comme profanes, qui condamnent le sommeil partagé de façon générale sans distinguer les pratiques dangereuses de celles qui ne le sont pas sans tenir compte des bénéfices du sommeil partagé et considère qu’il s’agit là d’amalgames de préférences personnelles, d’idéologies et de politiques publiques et de science biaisée.

Des milliers de bébés meurent du syndrome de mort subite du nourrisson dans leur lit de bébé lorsque celui-ci est utilisé de manière non sécuritaire, sans la supervision d’un adulte.

L’auteur rappelle également que dormir avec son bébé est une pratique normale puisqu’il permet aux mères de répondre aux besoins sociaux, psychologiques et physiques de leurs bébés. A ce titre, le Pr McKenna rappelle que les bébés humains naissent par essence prématurés, ils sont en « gestation externe » et que l’humain est une espèce altricielle (besoin d’un autre être humain, la mère, pour survivre).

Il revient ensuite sur l’évolution des mœurs et de la culture occidentale (lait en poudre, coucher sur le ventre, faire dormir bébé seul dans sa chambre, etc.) et à l’augmentation simultanée des décès causés par le syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN). L’auteur explique ainsi que les chercheurs savent maintenant que le facteur de risque le plus important pour le syndrome de mort subite du nourrisson est de coucher le bébé sur le ventre, suivi du tabagisme maternel avant ou après la naissance, et non le partage de lit.

L’auteur poursuit son explication en faisant un tour du monde des pratiques du sommeil pour conclure qu’il s’agit comme déjà mentionné d’une pratique largement universelle.

Coucher un bébé seul dans sa chambre est une nouveauté du siècle dernier qui existe seulement dans les sociétés occidentales industrialisées.

Il est ensuite question des bénéfices du cododo pour les bébés. Et à ce titre, l’auteur rappelle que le cododo fournit au bébé la sécurité émotionnelle dont il a besoin. Il confirme ce que nous savons maintenant déjà, laisser pleurer bébé augmente son taux de cortisol et un taux élevé de cortisol dans la petite enfance peut causer des changements physiques au cerveau traduits par une plus grande vulnérabilité aux troubles d’attachement sociaux. Le sommeil partagé permet également aux bébés de synchroniser leur respiration sur celle de leur mère et de combattre ainsi l’apnée du sommeil.

Du côté de la mère, le sommeil partagé et le contact avec bébé entraîne une hausse significative du taux d’ocytocine.

Le partage du lit est un processus biologique qui permet au bébé de voir sa température corporelle régulée et sa respiration stabilisée en partie grâce aux sons produits par la respiration de sa mère.

L’auteur rappelle également que le sommeil partagé est particulièrement indiqué lors de l’allaitement et qu’il permet de faciliter celui-ci et de rendre le sommeil plus facile pour la mère comme pour le bébé. Selon lui, la pratique correcte du sommeil partagé combinée à l’allaitement nocturne est innée et procure des effets bénéfiques cliniques.

A contrario, le Pr McKenna explique que les études ont montré que les mères qui donnent le biberon ont moins le réflexe de dormir face à bébé de façon sécuritaire et sont moins stimulées par les mouvements de bébé que les mères allaitantes et préconise de ce fait pour les parents donnant le biberon, un partage de lit différent, en couchant bébé sur une autre surface séparée du lit.

Pour finir ce premier chapitre, l’auteur explique pourquoi la société considère la pratique du sommeil partagé comme dangereuse.

Il revient sur les cas de décès et pointe du doigt la manière dont est traité le cododo comparé au sommeil solitaire du bébé dans un berceau. Pour lui, si décès il y a, ils sont dus aux conditions du cododo et non au cododo lui-même. Et il en va de même pour les décès dans les berceaux. Or, les milliers de bébés morts dans leur lit de bébé ne justifient pas le retrait du marché de ces lits.

D’un côté, aux yeux de certaines autorités médicales, chaque décès qui survient dans un environnement de partage de lit justifie la condamnation de cette pratique, et de l’autre, les milliers de décès dus au SMSN qui surviennent dans les lits d’enfant sont décrits comme un « tragique problème à résoudre » plutôt qu’une « pratique à éliminer ». Bel exemple du deux poids, deux mesures.

Il s’indigne également de la façon dont les médias s’emparent du sujet et les avertissements publics qui sont donnés sans distinction des causes du décès et des facteurs environnants (présence d’enfants plus âgés dans le lit, tabagisme de la mère, espace entre le matelas et le meuble, etc).

Et pour clouer le bec à tous ces opposants au partage de lit, le Pr McKenna rappelle que les données de l’étude sur la mort inattendue de nourrissons, la plus vaste étude du genre, révèlent que chez les enfants qui partagent la chambre avec leurs parents, le risque de SMSN est approximativement la moitié de celui des bébés qui dorment seuls.

Autrement dit, coucher son bébé dans une pièce séparée double les risques du SMSN.

Le second chapitre de l’ouvrage s’intitule « Comment faire du cododo » et traite des façon sécuritaire de dormir avec son bébé. En voici quelques extraits :

img_0124img_0125

img_0126.jpg

img_0127

img_0128.jpg

img_0129

L’ouvrage se termine avec une foire aux questions en lien avec le sommeil partagé et notamment la question de l’autonomie de l’enfant, l’inquiétude que l’enfant ne développe pas de saines habitudes de sommeil, qu’il ne dorme jamais des nuits complètes. L’auteur rappelle à ce titre qu’aucune étude scientifique n’a recensé quelconque avantage à dormir des nuits complètes, que ce soit chez les enfants en bas âge ou même chez les adultes. Y sont également abordées les questions du partage de lit avec des jumeaux ou triplés, un bébé adopté, en voyage, la durée du cododo, etc.

Conclusion :

En conclusion, cet ouvrage permet de mettre une dose de fondements scientifiques à la pratique du cododo. Et pour les parents qui souhaitent mettre en place cette pratique, il fournit un guide précieux sur les aménagements sécuritaires et les bienfaits du sommeil partagé.

C’est à notre sens un ouvrage à lire en combiné avec celui du Dr Sears, dont vous trouverez un résumé ici.

dormir-avec-son-bebe_500x0

Prix : 20€

1 réflexion au sujet de “Résumé de lecture : Dormir avec son bébé, un guide sur le sommeil partagé du Pr McKenna”

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s